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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 06:03
Hier soir nous avons fini le repas en partageant une délicieuse poire Belle Hélène.

Allez savoir pourquoi : j’avais une furieuse envie de lécher l’assiette !
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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 13:39
Ils sont restés longtemps enlacés, debout, elle entièrement recouverte de laine, pantalons et chaussettes. Elle demande sa chaleur, la tête contre son épaule ; son amour, son amitié. Il voudrait avoir mille mains pour la toucher en entier, les mamelons à travers le pull, la rencontre de sa peau sur ses hanches, la vie de son sexe à travers le vêtement pendant qu’il frotte son museau entre ses seins (tu es belle en hiver, belle en été, les saisons ne se feront plus attendre et je serai ton confident, ton soutien, ton amant chaque fois que tu m’appelleras).

Leurs lèvres et leurs langues ont joué à se mouiller, se goûter, se prendre et échapper aux morsures pour rire jusqu’à ce qu’elles renoncent à la victoire et qu’il ait envie de la contempler, silencieuse sous la lumière rougeoyante du feu, offerte à l’impudeur de son regard et de doigts qui écartent les plis secrets.

Plus tard ils sont allongés sous une épaisse couverture, lui blotti contre elle, innocemment réunis comme une sœur et son frère au milieu d’un bivouac. Il ne faut pas que les autres s’aperçoivent que leurs sexes se sont rencontrés. Elle le caresse tendrement. Il retient son souffle quand elle en serre la racine en se cambrant imperceptiblement, elle aime sentir la palpitation de sa verge et l’ivresse presque liquide du gland égaré tout près de sa matrice. Ils s’abandonnent sagement, sans bruit, à ce plaisir secret.

Quand il a pris ses poignets elle s’est doucement laissée posséder.
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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 23:57
Sur une tonalité mineure

Elle avait 25 ans et moi 15.
— J’ai son adresse. Je suis allé vérifier dimanche dernier, son nom est bien sur la sonnette de l’immeuble.
— Tu es sûr qu’elle vit seule ?
— Bah, qu’est-ce qu’on risque ? On a bien le droit d’aller rendre visite à sa prof de math, un dimanche après-midi !
— Euh…
— Tu crois qu’elle vit seule ?
— Bah, qu’est-ce qu’on risque ? On a bien le droit d’aller rendre visite à sa prof de math, un dimanche après-midi !
— Euh…
— J’achèterai des fleurs.
— Et moi une bouteille. Voyons… De la Chartreuse verte ?
— La jaune est moins forte.
— Va pour la jaune. Moi je vais chercher un cadeau. Un livre ?
— Une boîte de chocolats. Sans liqueur, des fois qu’elle ne boirait pas d’alcool…
— Une Polonaise qui ne boit pas d’alcool ? Tu rigoles, sans charre !
— C’est sûr qu’elle nous saoûle avec la géométrie analytique. Pfff… Toi qui as de bonnes notes en math, tu parleras dans l’interphone après qu’on ait sonné.
— Ah, et on va faire la liste des sujets de discussion. Surtout pas de politique avec une immigrée. Le tourisme dans la région, les films qu’on a vus au club…
— Les fleurs. Moi j’aimerais lui parler des fleurs.
— T’es pédé ou quoi ?
Je n’étais pas premier en math mais le premier de la classe n’était pas dans le coup. Nous étions trois à comploter une visite impromptue chez la jeune prof qui hantait nos existences grises de pensionnaires libidineux. Elle était apparue un matin de septembre, comme une pépite d’or au milieu des galets, vêtue d’une blouse blanche (« et rien dessous » affirmait Bruno), sa longue chevelure blonde sagement maintenue par une barrette rouge… Elle nous avait mitraillés de son regard bleu puis avait écrit un nom imprononçable sur le tableau noir : Irène A.

Pour moi elle était die schönste Lorelei qu’on chantait en classe d’allemand. Assise sur son rocher, elle attendait que nous fassions naufrage. Mais j’étais assez bon navigateur en algèbre et même en théorie des ensembles. Assis au premier rang, comme le premier de la classe dont je briguais le titre, je ne la quittais pas des yeux pendant toute l’heure. Elle non plus ne nous lâchait jamais. Les bavards étaient impitoyablement pris en flagrant délit car au moindre bruit elle se retournait vers nous comme une patineuse dans une pirouette de haut niveau.

Les objets mathématiques devenaient autant de formules d’envoûtements en passant par sa bouche. Sa bouche, j’aurais aimé… Ses petits seins se gonflaient de colère, à chaque mot, pointant sous la blouse, offerts malgré elle à notre convoitise et à nos délires nocturnes.

Ceux qui avaient une mauvaise moyenne l’appelaient entre eux « La pucelle ». Pour nous trois, le club des adorateurs, « Irène » tout simplement. Notre amour est resté platonique car nous avons chaque fois reporté l’expédition, n’ayant pas réussi à régler tous les détails vestimentaires et protocolaires.

Un qui se prenait pour un intellectuel parce que son père était au Parti Communiste nous disait en ricanant : « Le con d’Irène ». Je ne savais pas de quoi il parlait : c’est qui le con ? Un jour il nous a lu un extrait :
Charmantes lèvres, votre bouche est pareille à celle d’un visage qui se penche sur un dormeur, non pas transverse et parallèle à toutes les bouches du monde, mais fine et longue, et cruciale aux lèvres parleuses qui la tentent dans leur silence, prête à un long baiser ponctuel, lèvres adorables qui avez su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti.
Eh oui, c’étaient bien les lèvres de ma Polonaise surdouée. Celui qui voulait lui offrir des fleurs s’est consolé en écrivant un poème à sa gloire, qui commençait par quelque chose du style : « Venue des steppes du Nord de l’Europe… » C’était beau, bien mieux qu’Aragon.

Un peu avant Pâques le drame est arrivé. Elle venait de rendre nos devoirs du samedi avec un barême particulièrement sévère qui flinguait nos moyennes et menaçait de redoublement les plus démunis. La classe grondait de colère quand elle est sortie, plus raide que jamais. Elle marchait vivement sous les arcades quand quelqu’un a crié : « Pucelle ! » Elle a fait demi-tour, comme une particule soumise à un choc élastique, et s’est écriée :
— Qui a dit ça ?
— …
— QUI a dit ÇA ?
Cent-vingt puceaux avaient perdu l’usage de la parole. Irène est repartie furieuse. Dix minutes plus tard, le Proviseur s’est pointé et nous a alignés pour un sermon qui ressemblait à une exécution capitale. Il avait décidé de coller toute la promotion pendant les trois premiers jours des congès de Pâques. Nous avions honte car il avait raison. Nous avons fait les trois jours, occupés par des exercices de math — j’adorais — mais le soir je rêvais d’elle, son corps nu frottant à travers la blouse sur ma bedaine. J’aurais aimé lui écrire :
Le guide agite son bâton, et le simoun se lève de terre, Irène se souvient soudain de l’ouragan. Le mirage apparaît, et ses belles fontaines… Le mirage est assis tout nu dans le vent pur. Beau mirage membré comme un marteau-pilon. Beau mirage de l’homme entrant dans la moniche. Beau mirage de source et de fruits lourds fondant. Voici les voyageurs fous à frotter leurs lèvres.

Sur une tonalité majeure

Elle avait 15 ans et moi 25.

C’était la petite sœur de l’ami polonais dont je convoitais la tendre épouse (voir « Douche brûlante dans le Marais »). Ils l’hébergeaient pour qu’elle finisse son année scolaire « dans de bonnes conditions ». Insoumise, insolente, elle ajoutait une louche d’insouciance à ce studio ouvert à tous les vents de l’amitié et des amours bizarres. Son truc à elle, c’était d’être vierge et de le proclamer bien haut. Nous étions tous fous dingues d’elle et pleins d’attention pour ce petit animal qui jouait avec nos désirs. Un jour j’ai trouvé en rentrant les deux femmes nues allongées sur le lit.
— Tu vois, Julien, c’est bien plus amusant entre femmes !
J’étais tellement surpris par leur absence de surprise que je n’ai même pas essayé de jouer à l’homme providentiel.

Un autre soir la petite Polonaise devait partager notre chambre, ou plutôt un tapis déroulé au sol avec quelques couvertures. Aimée et moi étions déjà couchés quand elle s’est relevée pour nous montrer « quelque chose d’extraordinaire » : elle allumait des bâtonnets d’encens et traçait des figures dans l’obscurité en les faisant tournoyer. Chaque fois qu’elle craquait une allumette je voyais son corps nu sous la flamme rougeoyante. Je disais : « Encore ! »

J’étais déjà près du ciel quand elle est venue s’allonger sur mon côté gauche. Je me souviens d’un fourmillement extraordinaire qui partait de mon coccys, agitait mes hanches et mon sexe pour remonter comme un brasier le long de mon dos. « Agréable et effrayant », comme l’écrirait mon amie lointaine. La petite Polonaise s’était enroulée dans sa couverture. Je me suis tourné lentement vers elle, je lui ai pris fermement la taille, j’ai pétri ses fesses et ses cuisses, frotté son dos, ébouriffé ses cheveux, mais elle est restée solidement empaquetée en poussant de petits gloussements de bien-être.

Un dimanche soir elle s’est plainte de devoir se réveiller brusquement le matin pour partir à l’école.
— J’aimerais être réveillée doucement… (Ses yeux bleus fixés sur moi)
— Je peux te réveiller demain, je ferai de mon mieux.
— Merci !
Belles endormiesTôt le matin je suis allé vers on lit et je l’y ai trouvée allongée, nue autant que moi. Je l’ai longtemps contemplée, mon visage à quelques centimètres de sa peau pour en saisir les odeurs et le moindre détail. (Aujourd’hui, je ne manquerais pas de penser aux Belles endormies de Kawabata.)

Son sexe, surtout. Le pubis d’une jeune blonde est plus nu que nature. Ses lèvres dessinaient de voluptueuses courbes, semblables aux sillons tracés par un petit bâteau sur un lac tranquille. Je suis remonté lentement, admirant un très fin duvet sur son ventre qui se gonflait doucement dans le sommeil. Des seins de petite sirène : j’ai soufflé sur chaque mamelon pour le voir se dresser. Ce n’était pas suffisant pour la réveiller.

J’ai passé un doigt près de ses lèvres mais sans les toucher. Elle souriait et je n’aurais jamais voulu la déranger. Mais l’heure tournait et je ne voulais pas faillir à ma promesse. Alors j’ai glissé une main dans ses cheveux. Elle s’est éveillée brusquement. « Ah, c’est toi ? Merci ! »

La dernière fois je me souviens qu’on était seuls et qu’elle me parlait de la bêtise de ses copains de classe.
— Ils me traitent de pimbèche parce que je ne couche pas ! Mais je ferai l’amour quand j’en aurai envie, et avec un homme, un vrai, pas ces idiots.
— Hum. Tu sais, si tu en as envie maintenant, je pourrais…
Elle a fait non avec la tête et m’a regardé contrariée. Ce jour là j’ai perdu mon job de réveille-en-douceur.

Coda

Les Polonaises aiment les poètes un peu déjantés, pas les bons élèves…
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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 12:57
Pour une fois, un rêve érotique qui ne s’achève pas dans une brûlante sensation de manque…

Séverine s’est allongée sur moi, légère comme une plume, à peine protégée par une tunique aux couleurs d’automne. Elle a anesthésié toute résistance (comme si j’avais pu résister !) en m’imposant l’odeur ennivrante de sa nuque. Devenue torrent elle a fait de moi un lit de galets qui gémissent sous des tourbillons de désir. Don du plaisir, elle en connaît les arcanes : voilà que nos cellules se touchent ou se mettent à vibrer de concert.

Seules nos mains s’agitent autour des corps momifiés, comme quatre enfants qui feraient les fous autour d’une procession. Les siennes dans mes cheveux. Il n’y a aucune prise. Ma main droite essaie l’étoffe légère et la peau entremêlées, le creux de ses reins, le flanc d’une petite montagne brûlante — son sein gauche — mais c’est lui qui s’empare de mes doigts pour leur intimer l’ordre de pincer, de pétrir, c’est lui qui commande la caresse… et le cœur, là dessous, s’en donne à cœur joie.

Pourtant nous n’avons pas quitté cette étreinte chaste. Mon sexe était devenu immense, à la mesure du désir qui nous taquinait comme une pluie chaude de mousson, mais j’avais l’impression que nous y étions blottis ensemble — oui, dans mon sexe, ce n’était qu’un rêve — comme deux écureuils dans un arbre creux.

Puis j’ai dormi profondément. Elle dormait peut-être, à des milliers de kilomètres, avec sur les lèvres un sourire que j’ai parfois épié dans son sommeil.

Très tôt le matin, Aimée s’est réveillée dans mes bras, baignée par la vague du désir qui continuait à déferler. Elle m’a pris en elle, laissé venir ma jouissance, sans bruit, puis j’ai eu cette sensation que mon arbre buvait sa propre sève et qu’un plaisir d’une nature inconnue envahissait nos corps enlacés. Le temps s’est arrêté.

L’image : ce bol chantant que je lui ai offert à Noël. Avec beaucoup de patience, une fois épuisés les harmoniques stridents et les râclements du désir, un son très grave venu de nulle part monte imperceptiblement jusqu’à occuper tout le vase (soudain ridiculement petit) puis l’espace ambiant s’il ne rencontre pas d’obstacle.
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30 novembre 2006 4 30 /11 /novembre /2006 21:59
J’ai revu l’accordéonniste qui jouait la 2e valse de Chopin (opus 64) à la station Concorde. Cette fois j’ai pris le temps de l’écouter, de le remercier et de lui glisser quelques pièces. Premier réconfort dans cette ville grise, un jour gris après un déjeûner solitaire avalé de travers dans un thaï minable de l’avenue Duquesne.

Le musicien a une bouille ronde souriante, un type « de l’Est » sans doute. Quelle brillance, pour moi qui déteste l’accordéon !

St Paul. J’y viens très rarement, mais il y a longtemps c’était mon point de chute. Dans quelle rue habitaient ce couple d’amis rencontrés au bord du Gange qui nous hébergeaient à chaque virée ? D’ordinaire mes pieds retrouvent spontanément les chemins battus, parfois de manière spectaculaire, comme les pattes d’un chien qu’on ne peut pas perdre, mais là, rue de Rivoli, aucun douvenir. J’ai trop tourné dans ce quartier. Rien à flairer, les pistes sont brouillées. Déçu, je m’engouffre rue du Pavé pour rejoindre la rue de Payenne où je dois visiter une galerie d’art. Au croisement… rue du Roi de Sicile, c’était là, il faudra revenir voir ! Quant à la galerie, elle n’est pas encore ouverte et ça m’apprendra à ne plus porter de montre. Je fais demi-tour et pénètre dans un café proche de la synagogue.

J’ai l’impression que — comment dire pour ne blesser personne ? — les « marqueurs communautaires » s’affichent avec plus de force : je n’ai pas le souvenir de kippas, de barbes ni de sacoches brodées de signes hébraïques. À l’intérieur, c’est Jérusalem (ou ce que j’en imagine). L’établissement est décoré comme une librairie, avec de faux livres, mais la bedaine du patron a tout l’air authentique. Ils sont gentils. Ils parlent des préparatifs d’une fête : « On mettra les hommes là-bas (au fond) et les femmes ici (près de la caisse)… » Ah, les valeurs traditionnelles.

Nos amis logaient donc dans un 2 pièces cuisine rue du Roi de Sicile. Comment ai-je pu oublier ? Lui de mon âge, elle quatre ans plus jeune, vingt ans à peine. Au coin de la rue, je revois Le Ravaillac, un restaurant aussi polonais que notre hôte, où l’on se gavait de bitok bien arrosé. À l’autre extrêmité du bloc, un salon de tatouage qui n’existait pas encore.

Je me souviens d’un dîner où lui et moi parlions fortement de nos passions pour les voyages lointains ; à la table voisine, un jeune mec renfrogné nous avait invectivés en fin de repas : « P’tain, ça fait une plombe que j’écoute vos conneries. Si vous saviez ce que ça me donne envie de me masturber ! » Lui : « Mais vas-y, mon vieux, branle-toi ! » Et de m’expliquer que ça fait ce genre d’effet, les amphétamines. Lui a tout essayé, méthodiquement, de la ganja à la coke par doses croissantes, en passant par le LSD. Mais il s’est rangé dans la tradition ancestrale : clope et alcool.

(Il y a quelques années je l’ai retrouvé dans l’annuaire, devenu commerçant. J’ai appelé, j’ai entendu sa voix comme étranglée par un nœud de cravate ; on a échangé quelques mots sans intérêt et j’ai raccroché. Pfff. Il a dû se demander ce que je voulais.)

Il buvait et elle prenait la pilule. Un couple bobo à l’époque où tout le monde était baba. Les babas, on en riait entre deux cuites de notre hôte : Castaneda l’imposteur, le plombier irlandais Lobsang Rampa, le maharishi Mahesh Yogi et son accent si drôle… Daniel Odier et les fêlés du tantra n’avaient pas encore exploité le filon.

Elle était plus petite que nous, brune aux yeux noisette, la poitrine ronde. Trop ronde à mon goût, vu que je préférais les nymphes aux côtes saillantes, mais on ne choisit pas les nichons des petites amies de ses amis. Ils s’étaient mariés pour épater la galerie. Elle couchait un peu, dans les moments d’ennui, parfois même avec des vieux de 30 ans ; lui, avec ses clientes, lorsque l’occasion se présentait.

Il était rare que nous leur rendions visite ensemble car il nous fallait alterner les séjours à Paris pour des raisons de garde de chien. Chacun de nous avait donc un rapport privilégié avec le couple. À cette époque, le mot « échangisme » ne faisait pas partie du vocabulaire, mais du désir flottait au détour des mots ou des regards. Nous étions beaux, insolents, tranquilles et sans aucune crainte.

Il nous expliquait, très prof d’ethno : « Le Marais est une méditerranée, une sorte de melting pot juif-arable. » Il nous racontait les blagues qu’on entendait dans les magasins, celles de communautés toujours prêtes à rire d’elles-mêmes et de leurs différences. Il était clair que l’humanité venait d’entrer dans une ère nouvelle d’apaisement, de justice, de progrès matériel, et que tous les religieux allaient se noyer dans l’eau bénite et les cons dans le ridicule, en dépit des niaiseries débitées par Malraux. Les filles auraient toujours envie de faire l’amour, pas la lessive, mais ce n’est pas si grave, tu reprendras du café ?

Pour le melting pot, je jette un coup d’œil dans la rue et j’ai subitement l’impression de vivre un mauvais rêve.

Le téléphone a sonné pendant qu’elle prenait sa douche dans la cuisine. Elle est entrée ruisselante dans le salon et s’est agenouillée au bout du canapé où je faisais semblant de dormir. Sa meilleure copine : « Ah, c’est toi ! » J’ai rampé vers ses cuisses, frotté mon nez contre la touffe couverte de rosée tiède et tendu mes lèvres comme un oisillon dans le nid. La conversation est devenue très animée. Elle riait, je ne sais si c’était à cause de moi ou de son interlocutrice — peut-être les deux mais je n’avais pas envie de savoir — quand elle a semblé chercher un peu de stabilité en écartant les genoux, cédant le passage à la voracité du jeune loup.

Sa bouche qui rit, les lèvres d’en bas qui se prêtent aux morsures et aux visites de ma langue, ses mamelons qui roulent entre mes doigts, dressés par les giclées impudiques de la douche… Elle parle fort, respire, soupire, feint de ne pas me remarquer tout en m’offrant un déluge au goût de savonnette et de désirs mélangés. Vivent les femmes qui prennent la pilule, prêtes à jouir, pendant que lui cuve sa vodka en rêvant à ses prochaines conquêtes.

Il me disait : « On est des chiens. Dès que je monte dans une rame de métro, je cherche la fille la plus baisable et je ne la quitte pas des yeux jusqu’à la descente. » On était des chiens. Je suis toujours un chien, avec juste un peu de poil gris sur l’encolure. En tout cas, j’ai continué à lécher sa chienne, jolie brune à la poitrine trop ronde qui s’abandonnait aux fantaisies de mes mains.

Après avoir raccroché elle est repartie à la cuisine finir sa douche.
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4 avril 2006 2 04 /04 /avril /2006 21:02
J’ai déjà prononcé son nom au début d’une autre histoire, mais sa présence était si forte hier soir que je ne peux pas parler d’autre chose que de notre rencontre. Marie-Ange incarne une de mes plus belles relations d’amitié amoureuse, la seule peut-être pour laquelle je n’éprouve ni regret ni nostalgie.

Madison a écrit en conclusion d’un émouvant récit de Maylis :
Je pense que c’est à ça qu’on mesure l’amour… c’est que, même fini, même s’il y a eu des moments douloureux, il ne laisse que de bons souvenirs…
Avec Marie-Ange il n’y a eu qu’un petit passage douloureux.

Pour situer un peu l’action, mettons que ça s’est passé dans mon « Afrique lointaine » en des « temps anciens ». ;-) Marie-Ange y étudiait la danse et je m’adonnais à l’une des passions qui forment la mosaïque de ma vie professionnelle. Nous nous sommes vus presque quotidiennement pendant plus de cinq ans car, au début, elle était la petite amie de Jack, mon collègue de travail — le même qui avait proposé à Melinda une partie triangulaire sans suite. Je ne sais pas si Jack était partageur. Jamais la question ne s’est posée de « partager » Marie-Ange pour la simple raison que, pendant tout le temps de leur vie commune, ni elle ni moi n’avons jamais laissé apparaître la moindre attirance. Elle était belle comme le sont parfois les danseuses : un corps souple et vénusien, un visage, un regard, un nez d’une extraordinaire finesse et des lèvres que je ne suis pas prêt d’oublier.

Marie-Ange, c’était aussi un cœur immense qui apportait beaucoup à Jack, vieux célibataire renfrogné au moment de leur rencontre. Je me souviens de sa fureur le jour où elle lui a avoué avoir offert à un mendiant les économies de toute une semaine, simplement parce qu’elle avait craqué face à son regard. Cette bonté qui émanait de Marie-Ange était une des raisons pour lesquelles je respectais sa fidélité apparente — ou sa modestie ? Je n’aurais voulu pour rien ternir sa relation avec Jack. Mais je n’avais pas beaucoup de mérite, car il y avait bien d’autres raisons que déjà évoquées, dont une qui s’appellait Grietje et d’autres, sans oublier que la reine des reines était ma compagne légitime.

Jack s’est éloigné de Marie-Ange pour épouser une femme « locale ». Son histoire romantique — et par certains côtés cocasse — a même fait l’objet d’un reportage sur une chaîne télévisée française. Il n’a donc pas quitté Marie-Ange par désamour mais par nécessité. Elle s’est longtemps préparée à cette séparation. D’ailleurs je ne pense pas qu’ils aient jamais pensé former un couple. Ils vivaient ensemble pour des raisons économiques et pour des passions artistiques communes, sans oublier que, me disait souvent Jack avant leur séparation, she’s fabulous in love making !

Notre courte histoire commence donc la quatrième année, un mois avant la séparation officielle de Jack et Marie-Ange. Je les accompagne à une station de montagne où nous sommes chargés de réserver une location pour un groupe d’amis pendant la saison des pluies. Dans le train, Jack pique une colère parce que Marie-Ange a profité de son absence pour jeter par la fenêtre la réserve de ganja qu’il avait préparée pour le week-end. « J’en ai marre de vivre avec un drogué », lui lance-t-elle sur le ton de la moquerie. Quelques heures plus tard, nous sommes à la montagne, transis de froid. Je les ai laissés seuls pendant un bon moment, à me geler les couilles au village, pendant qu’ils « essaient la chambre ». Je ne sais plus de quoi nous avons dîné. En tout cas, Jack a retrouvé le sourire grâce aux talents de Marie-Ange. Nous bavardons un peu, la nuit venue, puis nous allons nous blottir ensemble sur un grand lit, car nous ne sommes pas équipés pour un tel froid.

C’est une situation intéressante. Il ne m’est jamais venue à l’idée, avant que nous partagions ce lit, que Marie-Ange pourrait éprouver l’envie d’être proche des deux amis qui l’accompagnent ce week-end. Je ne pense pas non plus qu’elle ait prémédité quoi que ce soit car il n’y a jamais eu entre nous de parole ni de regard complice. Mais le fait est qu’elle se trouve maintenant allongée entre deux mâles à qui elle demande de lui tenir chaud . On est en droit de se demander si c’est seulement une question de calories vu qu’elle n’a gardé sur elle qu’un t-shirt. Jack n’a pas tardé à s’endormir. C’est bien pratique que les hommes s’endorment si vite après l’amour, et bien mieux s’ils ronflent pour signaler qu’ils ont baissé la garde.

Moi qui ne suis pas du tout frileux, je me blottis contre Marie-Ange, couchée à ma gauche, le dos tourné. J’ai beau faire l’innocent et ne penser à rien, ma main droite sur sa hanche est devenue brûlante. Elle n’a pas tremblé quand je me suis câlé contre elle en repliant mes genoux sous ses cuisses, bien qu’elle ait senti le contact d’un sexe tout naturellement dressé. Elle y a répondu par une fine ondulation de la taille. Ma main a glissé sur la cuisse nue, grisée par la douceur de sa peau, puis elle est remontée sur sa croupe en retroussant son vêtement. Ce sont des caresses sensuelles et amicales, exceptionnelles parce que la situation est exceptionnelle… Marie-Ange se sent en pleine confiance.

Après le ventre que je sens vibrer, ma main a fouillé un court instant la toison de son pubis, sans descendre jusqu’au sexe que j’imagine entièrement apaisé. (Que j’étais innocent à cette époque !) Je l’ai serrée un peu plus fort pour donner à ma main l’excuse de remonter sous le t-shirt et de rcouvrir un sein à la pointe dressée. Ce n’est pas une poitrine de danseuse mais plus celle d’une des déesses couvertes de fleurs qu’on asperge de lait dans les temples.

Nous avons atteint une intimité parfaitement accordée avec nos sentiments. Comme des enfants, le sommeil nous a emportés immédiatement. Je n’ai pas le souvenir d’avoir ressenti un manque après cette nuit sensuelle dans le silence hivernal.

Quelques mois plus tard Marie-Ange est séparée de Jack. Il est allé, comme prévu, passer l’été dans la maison que nous avons louée, mais nous ne l’avons pas suivi. Elle est partie dans une autre direction, un village de montagne fréquenté par des moines et des touristes désargentés. Il n’y avait rien de prémédité au fait que je suis allé passer deux semaines dans le même village. Nous n’étions pas au même hôtel. J’avais besoin de longues promenades solitaires en forêt et de méditations à proximité des temples. En fin d’après-midi, lorsque le soleil déclinait, je passais la voir à son hôtel. Je la trouvais toujours dans sa chambre, allongée sur le lit comme une princesse orientale, et je me posais dans un fauteuil en face d’elle. Nous parlions à cœur ouvert pendant des heures. Elle me racontait ses déboires avec la vie artistique (son cours de danse était une catastrophe), sa déception avec un artiste qui se faisait passer pour un maître spirituel (mais qui, elle avait fini par le comprendre, avait surtout envie de coucher avec elle), sa tristesse de quitter Jack, lequel avait quand même bien de la chance de suivre son propre chemin. Elle avait décidé de rentrer en France, après sept ou huit ans de séjour ici, bien qu’elle n’ait aucun projet en France. Nous parlions philosophie, de la vie, des sensations qui nous permettent de nous orienter dans l’obscurité du désir, et, je me souviens, de ces intuitions fulgurantes qui nous font paradoxalement nous sentir libres aux moments où l’on n’a pas le choix.

Nous étions bien dans ces rencontres quotidiennes. Je me souviens de son rire. Ami-amie, frère-sœur ? Aucun désir exprimé en surface. Ou plutôt, nos désirs existaient, occupant tout l’espace, ils étaient sans doute la seule raison de nous revoir, mais nos instruments n’étaient pas encore accordés. À vrai dire, j’étais déjà dans l’univers de Grietje bien que le choc de notre rencontre amoureuse n’ait pas encore eu lieu. Quant à Marie-Ange, elle s’efforçait, dans ces chastes rencontres, d’évacuer l’amertume d’une histoire « sans lendemain » avec un artiste marié à une Irlandaise qui n’avait pas une vision très libertaire du couple. Elle avait reçu de nombreuses charges de haine de la femme humiliée, amplifiées par les regards désapprobateurs/jaloux du microcosme d’expatriés dans lequel nous vivions.

Quelques semaines plus tard, Marie-Ange accomplit les dernières formalités avant son départ définitif. Elle a demandé l’hospitalité chez nous, n’ayant plus de logement, et nous l’avons accueillie malgré l’exiguïté du nôtre. C’est la période caniculaire de la saison sèche. Le seul moyen de survivre est de s’habiller d’un simple rectangle de coton et de passer sous la douche entre deux suées. Notre salle de bains toute simple avait une poire à douche au plafond et un écoulement sur toute la surface.

Un jour, je trouve les deux femmes ensemble sous la douche et je me joins à elles. Scène paradisiaque, jeux d’eau, jeux de mains. Ma cmpagne nous laisse seuls sous un prétexte quelconque. Nous jouons à chacun-savonne-l’autre comme des enfants pas sages. Je me souviens d’avoir longuement frotté et caressé ses épaules, son long coup qui s’inclinait pour sentir un peu plus de mes mains, les lobes d’oreilles qui aiment tant les morsures. Puis la lente descente sur ses seins, surtout ne pas manquer le moindre carré de peau, si douce et si ferme, faire semblant de ne pas remarquer un mamelon qui se dresse entre les doigts, revenir quand même dessus, comme si on avait oublié, descendre sur les hanches. Tout est calculé pour arriver à court de savon au bon endroit. Alors je frotte la savonnette sur sa toison pubienne et j’y reviens inlassablement quand sa peau devient moins glissante. Encore un peu de savon, je sens ses jambes fléchir un peu, laissant le passage à une main prétenduement maternelle qui glisse à la surface de son sexe pour aller chercher la racine, l’entrée cachée, et s’en revient sur les lèvres soudain écloses. Sensation d’onctuosité qui pourrait se passer de savon, mais j’en ajoute encore comme si je n’avais rien remarqué, car voilà qu’elle s’est mise à accompagner mon geste, offrant à ma main une caresse voluptueuse pendant que l’eau continue à ruisseler sur ses seins, son visage… Ses lèvres qu’elle me donne à boire alors que mes mains la pressent contre moi et mon pénis a pris le relais pour savonner (sans la pénétrer) sa fleur ouverte. Puis c’est son tour de me laver. Elle ne néglige rien, comme si cette intimité était convenue de longue date entre nous. Enfin, nous rinçons soigneusement ce savon qui n’était qu’un prétexte et nous nous séchons mutuellement, bien que ce soit inutile par une telle température, mais c’est encore l’occasion de jouer avec d’autres sensations.

Le même soir nous nous sommes allongés sur le grand lit qui occupait toute la pièce. Marie-Ange repartait le lendemain. Cette fois, c’est l’homme qui est entouré de deux femmes. L’homme c’est moi, pardi. Cette fois il fait très chaud. Je crois me souvenir (mais c’est peut-être un fantasme) d’une lueur de bougie ou de lampe à pétrole qui papillotait sur nos peaux nues. Nos mains se rencontrent souvent, nos lèvres aussi de temps en temps. Jack m’avait « mis en garde », affectant d’être choqué, que sa compagne était bisexuelle, ce qui m’avait bien fait rire.

La lumière éteinte, Marie-Ange me dit doucement :
— Toi et moi sommes tellement proches, je crois qu’un jour nous ferons l’amour.
— Oui, un jour sans doute…
J’ai passé mon bras autour de son épaule, caressé son cou toujours aussi souple, elle s’est allongée sur le ventre et je masse légèrement son dos. Mes mains descendent sur sa taille puis prennent ses fesses. À ce moment je sens ses hanches bouger et je retrouve la même ondulation que sous la douche. Ma main glisse doucement à la rencontre d’un volcan en activité. C’est elle qui caresse mes doigts avec son sexe. Je m’allonge sur elle pour glisser mon arbre près de l’entrée de la grotte brûlante. Soudain c’est l’éruption alors que j’ai à peine franchi la porte… Marie-Ange crie de plaisir, s’apaise, puis nous explique calmement qu’elle était terriblement en manque, n’ayant pas fait l’amour depuis son aventure interrompue.

À présent elle s’est allongée entre nous. Aimée, ma compagne, a préparé de la gelée contraceptive au cas où… Marie-Ange l’applique puis m’invite à venir en elle. Comme si toutes les gouttelettes de désir en suspension dans l’air se condensaient brusquement dans un orage de plaisir — c’est une ivresse qui s’empare de ma raison, dont aucun mot ne pourrait retourner la moindre saveur.

J’ai perdu conscience du lieu et des acteurs après un tel éblouissement. Est-ce pour cela que je me suis réfugié dans les bras d’Aimée ? Pour Marie-Ange c’est comme un abandon. En fait, je n’ai pas su vivre avec elle cette relation inclusive que je découvrirai bien plus tard (voir « J’aime ce(ux) qu’elle aime »). Le lendemain, elle me fait part de la solitude et de la détresse qu’elle a ressenties pendant la nuit.

J’ai revu Marie-Ange encore une fois dans le même village de montagne où elle a décidé de passer la dernière semaine de son séjour. C’était ma première sortie seul avec Grietje. Nous avons appris à quel hôtel elle était descendue. Je me souviens d’elle, toujours allongée comme une reine, prise de fièvre avec son beau sourire et un regard triste. Nos mains se sont serrées, nous avons reparlé de l’abandon et nous avons fait la paix.

J’ai eu quelques nouvelles par une amie commune avec qui elle s’est fâchée par la suite, ce qui fait que nous avons perdu contact.

Mardi 21 août 2012

Il y a quelques jours j’ai eu envie de rechercher la trace de ces femmes qui ont embelli ma vie et nourrissent encore mes fantasmes aujourd’hui. Très souvent je repense au désir de Marie-Ange le soir de notre unique rencontre sexuelle ; c’est un peu comme si mes doigts et l’extrêmité de mon sexe avaient capturé ce désir pour qu’il vienne féconder le corps vibrant qui m’accueille…

J’ai retrouvé Marie-Ange sans difficulté, et sans aucune ambiguité car la photo affichée sur Facebook est exactement celle du visage que j’ai aimé passionnément. Elle enseigne maintenant le Qi-Jong dans un pays assez lointain pour que la brûlure du plaisir reste dans mes rêves.
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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 15:09
On l’a toujours connue par un surnom qui signifie « amour ». Je l’appellerai donc « Love ».

Tara Le corps de Love est le plus beau corps de femme que j’ai eu le privilège de contempler et de caresser jusqu’au seuil de l’ivresse. L’épisode de notre rencontre ne figure pas, bien entendu, sur sa biographie que je viens de découvrir sur Internet : sans surprise, une vie consacrée à des expériences dégoulinantes de mysticisme et de frivolités ésotériques. Sur une photo vous la reconnaîtrez peut-être avec dans les bras une statue de Tara — ou d’une quelconque déesse sponsorisée par le clergé tibétain — telle une madonne à l’enfant, avec sur le visage cet eternal smile qui avait choqué Grietje mais qui de toute évidence lui assure des fins de mois confortables…

Notre rencontre a été pour elle un bref « retour sur terre » et c’est sans doute la raison pour laquelle elle n’a pas répondu aux messages proposant de renouer contact. Il manque donc à sa biographie quelques détails nécessaires pour comprendre ce que j’ai vécu avec elle.

J’ai fait sa connaissance dans un village d’émigrés tibétains où nous étions plusieurs à nous reposer quelques semaines pendant les grandes chaleurs estivales. Sa chambre donnait sur le même balcon que la mienne. J’étais avec mon jeune fils, ma compagne étant restée en ville. Un jour je l’aperçois assise au sol en train de cuisiner sur le seuil de sa chambre. Elle porte un vêtement ample et léger qui souligne sa beauté sans aucune arrogance. Elle a 27 ans. Nous parlons de choses diverses, certainement de philosophie car mes séjours dans ce village sont l’occasion de lectures et de méditations éloignées de mes occupations quotidiennes.

Puis elle m’expose sa situation : elle est confrontée à un grave problème car son mari est en prison. Il devait venir la rejoindre mais il s’est fait arrêter par les douaniers en possession d’un peu d’or qu’il avait l’intention de revendre ici. Le couple habite dans le sud de l’Inde où ils pratiquent la musique et la danse avec un attrait inconditionnel vers la spiritualité. J’ai même aperçu à son cou un pendentif orné d’un portrait d’Osho — alias Bhagvan Rajneesh, le milliardaire du tantrisme à l’occidentale ! Mais voilà : même si je la trouve un peu ridicule dans son effusion de naïveté, elle est si désirable que je fais tout pour la revoir. Et puis nous pouvons l’aider, l’héberger pendant qu’elle accomplit d’innombrables démarches pour faire libérer son mari.

C’est ainsi qu’un lien d’amitié improbable se tisse entre nous. Un soir, nous marchons ensemble vers un hameau qui abrite une source fraîche. Je lui fais part de mon désir. Elle répond qu’elle est touchée par mon aveu car c’est la première fois qu’elle s’autorise à accueillir le désir d’un autre homme depuis son récent mariage. Au gré de nos échanges elle me racontera ce qui l’a amenée en Inde : il y a quelques années elle exerçait comme strip-teaseuse avec beaucoup de succès, mais, rétrospectivement, une grande culpabilité. « Pour oser me dénuder je faisais en sorte d’inviter au spectacle un ami/amant et je dansais pour lui ! » (Je rêve parfois encore qu’elle m’a invité à son show pour me rejoindre ensuite à la sortie des artistes…)

Après cette période elle est allée dans une expérience plus trash : rabatteuse pour une communauté gay. « J’attirais de jeunes hommes, je leur faisais l’amour pour qu’ils rejoignent le groupe… » C’est là qu’elle a connu la disgrâce. Elle dit aujourd’hui qu’elle a « failli être assassinée ». Je connais surtout l’épisode où, suite à des pratiques à risque, elle a été victime d’une grave infection qui a entraîné une opération qui l’a rendue stérile. Il y a en effet une petite ligne de césarienne au bas de son ventre.

C’est alors qu’elle a opéré un renversement total dans ses choix de vie. Elle est partie en Inde s’engager comme secrétaire d’une organisation philosophique. C’est là qu’elle a rencontré celui qui est devenu son mari.

Pour elle, reconnaître mon désir — et, implicitement, me faire part du sien — est une réconciliation avec une sensualité qu’elle avait refoulée du fait de sa « conversion » et de son installation dans une vie de couple conventionnelle. Elle me dira peu après qu’elle a souvent des douleurs au moment de la pénétration sexuelle, sauf si elle ressent un désir très intense, mais qu’elle tint à focaliser ce désir sur son mari… Je n’ai pas l’intention de briser cette forme de contrat, encore moins de profiter de son désarroi ni de l’absence de son homme, mais je ne fais pas pour autant l’impasse sur mon désir ni sur l’éblouissement que m’inspire sa beauté.

Elle est donc venue loger chez nous, pour quelques jours, chaque fois qu’elle rencontrait l’avocat de son mari. Il faudra un an environ, et beaucoup d’argent, pour qu’il retrouve la liberté. Il sait qu’il se passe quelque chose entre Love et moi, dans le registre du désir, mais il me dit ne pas ressentir de jalousie ni de rivalité.

Un jour nous sommes seuls. Il fait chaud, elle est allongée sur le lit. Elle veut bien que je masse ses jambes. Mes mains ne remontent pas jusqu’à son sexe. Je suis persuadé qu’elle ne me désire pas, ou qu’elle contient ce désir par exclusivité pour son homme.

Un autre soir, il fait très chaud à cause d’une coupure d’électricité et nous sommes allongés nus dans une minuscule piscine gonflable. Je suis blotti entre deux femmes belles comme des déesses, mon sexe épanoui de plaisir. Mes mains caressent leurs cuisses, je fais couler de l’eau sur les seins de Love en titillant leurs pointes dressées. Nous rions à notre propre spectacle. Je n’ose pas la caresser plus intimement. Puis Aimée, ma compagne, nous laisse seuls. Nous nous relevons et chacun prend beaucoup de temps à sécher l’autre dans une grande serviette, simple prétexte à de nouvelles caresses. Je presse sa rose des sables à travers la serviette sans chercher à connaître son désir. J’essuie longuement ses seins dont la forme est encore gravée dans ma mémoire profonde. Puis j’embrasse en le mordillant chaque mamelon et je la sens frémir de plaisir sous cette caresse. Je glisse mon pénis entre ses cuisses, l’invitant à le serrer, immobile et sans contact avec la vulve… Ce sera notre seule étreinte.

Plus tard, Aimée me dira qu’elle nous avait laissé seuls car elle voyait bien que Love était pétrie de désir. C’est probable. Un peu la timidité, un peu la culpabilité, et aussi la crainte d’être confrontée à sa douleur physique, ont fait que j’ai renoncé à jouir avec elle.

Cet hiver nous sommes partis en visite chez Love et son mari, accompagnés d’un amant d’Aimée. Il fait assez chaud pour des baignades sur une plage déserte. J’y vais avec Love. Je la caresse avec gourmandise mais nous n’allons pas jusqu’à nous isoler pour une rencontre sensuelle.

Un autre soir elle est chez nous avec son mari. Je me suis rendu un moment dans une petite pièce que nous consacrons à la danse et à la méditation. Love me rejoint. Elle me dit qu’elle a suivi un de mes « conseils »… Elle m’avait parlé de son professeur de danse, un homme d’âge moyen qu’elle aime beaucoup. Elle reconnaissait qu’il avait certainement envie d’elle maintenant qu’elle osait de nouveau regarder le désir des hommes. Je lui avais dit que, dans ce cas, elle pourrait lui faire le cadeau d’une rencontre amoureuse. C’est ce qu’elle a fait. Après son aveu, elle retire tous ses vêtements, met une musique et se met à danser nue devant moi. Je la contemple, je la désire, mais encore une fois je n’ose pas l’inviter à un accouplement qu’elle aurait certainement aimé connaître en final de sa chorégraphie.

Il y a eu un dernier soir où j’étais seul à la maison et elle a débarqué sans prévenir car son homme venait d’être de nouveau emprisonné suite à un problème de caution. Nous avons dormi ensemble enlacés. Comme je la caressais en espérant cette fois que nous irions au bout de notre désir, elle me dit que « quelque chose ne va pas, avec les caresses ou avec les habits… » Je lui suggère de quitter nos habits mais elle ne répond pas. En fait elle est épuisée et démoralisée, ce qui enlève toute disponibilité. J’essaie quand même d’embrasser ses lèvres mais elle me repousse en disant : « I do not like love kiss! » J’apprendrai bien plus tard, avec Hannah, que le baiser des lèvres est une expérience bien plus sensuelle que l’accouplement des sexes ou même la caresse buccale d’une vulve ou d’un pénis.

Mardi 21 août 2012

J’ai retrouvé sur Internet la trace de Love. Expérience cauchemardesque. Les photos me renvoient l’image d’une femme qui a perdu toute grâce, comme si elle s’était gavée de hamburgers et de Coca, ce qui n’était certainement pas son style. Mais les fanfreluches mysticothérapeutiques sont bien toujours présentes… L’impression désagréable que la tête dit une chose et le corps son contraire.
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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 18:00
Melinda ressemble étrangement à l’actrice américaine Reese Witherspoon. C’est pourquoi je n’arrête pas de penser à elle depuis que j’ai vu le film « Walk the line » de James Mangold, où Reese Witherspoon et Joaquin Phoenix interprètent avec un immense talent les rôles des musiciens June Carter et Johnny Cash.

Dans un premier temps, Melinda est danseuse. J’ai tourné une vidéo d’elle en solo que je n’ose pas revoir de peur de sombrer dans la nostalgie. C’est une petite femme au visage expressif comme la June Carter du film, regard pétillant, à la fois sévère et sensuel. Mais aussi cet accent du Tennessee et les mouvements de lèvres qui vont avec…

Les hommes qui n’ont pas couché avec Melinda disent qu’elle couche avec tout le monde. Les femmes la tiennent à distance — Don’t ever come near my daughters ! criait Mme Cash… Je n’ai pas couché avec elle, non par conviction, mais parce qu’il y a déjà trop de femmes autour de moi, à commencer par Grietje qui focalise mon désir. Melinda n’est le genre de femme fatale qui part à la conquête des hommes. Elle adore rire, danser, faire l’amour et vivre. Un jour elle vient prendre le thé chez mon associé américain et nous mettre au courant des derniers commérages. Nous échangeons un clin d’œil et le grand dadais lui demande : « Hey Melinda, did you ever make love with two men ? » Un sourire pour toute réponse. Il ne se passe rien et sans doute c’était mieux ainsi.

Dans un deuxième temps elle a de graves ennuis. Elle s’est amourachée d’un aventurier qu’elle accompagne dans de longues enquêtes auprès d’une population de renonçants vivant à l’écart des lois et de la morale ordinaire. Attiré par les expériences extrêmes, le jeune couple se laisse piéger dans la défonce sous le couvert de mysticisme. Mais le corps a ses limites. Un soir ils débarquent chez nous. Squelettique, elle a cessé de parler, de dormir et de s’alimenter depuis deux semaines, suite à une fête qui a « mal tourné », dit-il. Mais il a attendu la dernière extrêmité pour envisager des soins. Précaution : je le mets à la porte. Il part au poste de police se plaindre que nous « séquestrons sa femme ». Hélas pour lui, ils ne sont pas mariés et il est immédiatement arrêté car il a vendu leurs passeports. Un officier de police très distingué nous rend visite le lendemain matin ; il comprend vite la situation et nous lui recommandons de garder son client « au chaud » pendant que nous organisons le rapatriement sanitaire de la jeune femme. Cela prend une bonne quinzaine. Son père, psychologue, est immédiatement arrivé des USA et nous logeons tous ensemble pendant cette période. Melinda se remet lentement à s’alimenter et à parler. Après son départ, nous faisons sortir de prison son ex compagnon, à grands frais d’avocat et sans aucun soutien de l’ambassade.

Nous avons appris par la suite qu’elle avait retrouvé la santé au bout d’un an grâce aux soins attentifs de ses parents. Qu’elle avait fait une croix sur ce délire. Qu’elle s’était mariée et « rangée »…

Nous la revoyons dix ans plus tard. Elle est venue nous remercier et solliciter encore notre aide pour guérir d’une amnésie presque totale sur l’époque de sa chute. Je lui copie des enregistrements d’interviews réalisées au début de son périple tragique. Elle se souvient très vaguement de cette fête qui l’a rendue folle. Certes, elle était empoisonnée à la dhatura, une drogue qui produit des effets désastreux sur le long terme, mais il s’est passé quelque chose de terrifiant qu’elle ne parvient pas à reconstituer. Je ne serais pas surpris qu’elle ait été témoin d’un sacrifice humain.

Son mariage n’a pas tenu. Elle a de nouveau accroché à la drogue, jusqu’au jour où elle a eu un grave accident en conduisant défoncée. Un pied très endommagé, elle marche avec difficulté. Mais cet accident est pour elle un avertissement : à présent il lui faut marcher droit, walking the line comme le répétait June Carter à Johnny Cash. Elle est donc venue reprendre ses études de la danse, malgré la souffrance. Puis elle a rencontré Vitold, un « nice guy » qu’elle a décidé d’épouser.

Ils nous ont invités à leur banquet de noces. Triste comme un jour sans pain, avec tout le gratin friqué de la capitale. Le père de Vitold, aujourd’hui décédé, était un personnage charismatique, homme d’affaires et diplomate. Mais le fils est une caricature de déchéance. Il a eu des problèmes de toxicomanie, il est fiché comme dealer, il se bat avec l’alcoolisme et vit d’une rente que lui octroie son frère aîné à partir du patrimoine familial. Melinda, grand cœur, a décidé de lui apprendre walking the line. Il joue de la guitare et travaille occasionnellement avec un groupe de musiciens amateurs. Mais (même si sa sœur est musicienne professionnelle) il ne deviendra pas Johnny Cash.

Nous avons vu ce couple sombrer lentement dans l’ennui et l’indifférence mutuelle. Ils aiment nous inviter pour changer d’air. Je la croise souvent dans la rue de son école de danse près de notre domicile. Elle soupire en parlant de Vitold et the Family. Je me souviens d’un soir chez eux. Melinda est fatiguée, allongée sur un lit, nous parlons avec elle pendant que Vitold gratte sa guitare en broyant du noir dans une autre pièce. Un peu pâle, vêtue de blanc léger, elle ouvre grands les yeux et je me rends compte soudain qu’elle nous aime. Elle nous dit que, depuis le mariage, Vitold ne veut plus de relations sexuelles car il a peur de « perdre son énergie ». Au moment de nous séparer ils nous accompagnent jusqu’au portail, mais comme je suis toujours pressé de partir j’ai déjà passé la grille avant de prendre congé. Elle me fait signe d’approcher. À travers les barreaux, elle pose délicatement ses lèvres chaudes sur les miennes. Je pense à un insecte butinant les pétales d’une plante aquatique. Nos langues font connaissance pendant les quelques secondes de cette intimité. Personne ne nous a vus, ou bien on fait semblant de rien.

Je suis chaviré de découvrir le désir entre nous. Depuis des années je n’ai jamais voulu y penser car j’étais du côté des gens raisonnables, ceux dont le rôle est de protéger cette petite chose perdue : son père, ce beau-père très présent bien que disparu, que j’admirais tant… Soudain, je rencontre la femme, une femme puissante, troublante Melinda qui a souvent joué avec la vie et la mort.

Quelques semaines ont passé. Je vis seul à la maison. Un jour elle me rend visite pour quelques minutes pendant que son chauffeur attend devant la porte. Nous partageons encore un baiser, puis elle dit : « Au fait, toi et moi, nous n’avons jamais eu de romance ? » La question est saugrenue car nous faisons semblant de chercher la réponse dans un souvenir lointain. Mais je réalise qu’elle pense à son amnésie. « Non, Melinda, il ne s’est jamais rien passé. » J’ai un frisson dans le dos à l’idée que des hommes ont pu abuser de sa faiblesse lorsqu’elle divaguait. Me voilà redevenu son protecteur, j’ai honte de la désirer. Nous buvons le thé, elle s’en va.

Mais le désir a creusé son chemin et la vie solitaire me livre aux fantasmes. Un jour je vais l’attendre à la sortie du cours de danse. Elle est ravie de me voir mais un peu effrayée qu’on nous voie ensemble. Nous convenons que le lendemain elle viendra directement chez moi. Elle se débrouillera pour échapper une heure à la vigilance de the Family.

Je l’ai attendue avec fébrilité tout en anticipant qu’elle n’ose pas venir. Mais la voici, un peu essoufflée et en nage car nous sommes au début de la saison chaude. Je la laisse se rafraîchir dans la salle de bains. Elle ressort toute pimpante, couverte d’une tunique très légère en coton. J’ai oublié de dire (car je ne tiens pas à passer pour obsédé) qu’elle avait de magnifiques petits seins. J’y repense (encore aujourd’hui) en la voyant glisser la brassière dans son sac. Nous nous asseyons sur le lit. Boissons fraîches.
— Well, Julien, I guess that we should make love now ?
— …
Elle m’a laissé sans voix. Oui, tout est bien calculé, elle n’a qu’une heure et il vaudrait mieux se mettre au travail tout de suite. Mais… Il y a quelque chose qui me retient face à son assurance de femme libre. En premier, l’impression qu’elle est venue me rétribuer pour services rendus. Puis la peur. Ce virus dont on entend parler depuis quelques années, elle qui a fréquenté des toxicos, son homme qui en a sans doute fréquenté lui aussi. Je me dis que je n’ai pas envie de risquer ma vie, encore moins celle des femmes que j’aime, pour à peine une heure de plaisir.

« Si je n’avais qu’une heure à vivre, je m’approcherais doucement de toi, belle fontaine… » ai-je envie de lui répondre. Mais elle a bien senti que quelque chose ne coulait pas de source.
— You know, in fact I’m bisexual. My dream is to make love with you and Aimée.
She’s not bisexual, I fear…
J’ai pris ses mains dans les miennes pour ne pas être tenté de me jeter sur ses lèvres, ses seins, son ventre que je sens en ébullition. Nous restons longtemps silencieux à nous regarder. Puis elle me parle de « chez elle » aux USA. Elle me montre des photos de ses parents, de sa maison… L’heure passe, elle doit partir, je la prends dans mes bras. Pas de baiser pour ne pas rallumer l’incendie.

Dernier épisode. C’est le jour de notre déménagement. Melinda et Vitold ont proposé de nous emmener à l’aéroport. Vitold conduit le 4x4 familial. Aimée est assise à côté de lui, Melinda et moi à l’arrière avec les chiens. J’ai osé prendre sa taille, l’embrasser, caresser ses seins en pinçant un peu les pointes entre mes doigts. À mi-chemin, Vitold me demande de prendre le volant car son genou lui fait mal. Walk the line, man. Rideau.
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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 16:17
Je me suis demandé ce qui me pétrifiait de désir dans les illustrations de Frédéric Boilet que Ligérienne vient de me faire découvrir. La beauté des modèles, le charme asiatique, l’incongruité et le réalisme des situations n’expliquent pas tout. D’ordinaire je suis plutôt réfractaire à la BD « pour adultes » et les Japonaises ne m’inspirent pas beaucoup de fantasmes. Mais là… je reste en arrêt — oui, comme un chien la queue dressée — devant chaque image. Ces corps que je rêve de caresser avec mes lèvres pendant des heures. Caresser, lécher et mordre, sans franchir leur intimité, comme le vieil homme des « Belles endormies » [1]… C’est une question de saveur, je crois, et sur la table japonaise ce sont les couleurs qui mettent en appétit [2][3].

Terres de Sienne, ocres, argiles déclinées dans toutes leurs teintes et nuances. Chaque corps surpris par le regard de l’artiste dans une étreinte amoureuse s’ajoute à la fresque voluptueuse du temps, de l’espace et des souvenirs de corps en fête.

Mon souvenir est à mi-chemin entre Manali et Leh. Nous avons piqué la tente après le Rohtang pass pour attendre la fin d’un mal de tête causé par notre ascension rapide à plus de 4000 mètres. Les Tibétains qui tiennent une tea shop sous un chapiteau au bord de la route ont accepté, goguenards, de nous préparer une tisane avec le serpolet cueilli sur la steppe. Puis nous avons marché le long d’un éboulement vers la rivière qui s’étire sur de paresseux méandres. La berge est couverte d’argile, cette denrée miraculeuse que les civilisés achètent en pharmacie alors que les médecins traditionnels en ont oublié l’usage ici.

L’eau fraîche a calmé la fournaise de nos têtes. L’amant s’est mis à nous asperger de boue. La femme s’est jetée sur lui pour le faire disparaître sous un torrent de barbotine. Il ne reste plus que sa verge tendue pour l’identifier. Puis les danseurs se sont jetés sur moi et je me suis senti pétri amoureusement comme un vase sur le tour du potier. Enfin nous avons fait subir le même sort à la femme, sans pudeur ni ménagement, malgré les extrêmités qui s’obstinaient à rester roses, embrassées sans relâche par des lèvres rugueuses. Nous avons continué à nous frotter aux sensations oubliées depuis l’enfance, dans une danse sauvage, frémissements dans les hanches, sexes en position de décollage et une folle envie de hurler de plaisir.

Il a bien fallu se rincer dans l’eau grise car le soleil menaçait de nous anéantir. Il nous a séchés aussi vite qu’un four à micro-ondes. Nous sommes retournés au campement. À l’abri sous la toile, nous avons longuement savouré l’argile sur les peaux rougies et purifiées. Le plaisir en a fait ses méandres.

C’est cette saveur qui me revient à la bouche et au ventre en contemplant ces images. Vous avez dit « épinard » ? Mmmh… Pourquoi pas ?

[1] La traduction française de ce roman de Kawabata est décevante ; essayez plutôt le texte anglais si vous ne lisez pas le japonais.
[2] Mais aussi : « Pour moi, la réalité est plus surprenante que tout ce qu'on peut inventer » (Boilet)
[3] Anne Archet vient d’avoir la bonne idée de s’étendre sur la table japonaise
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23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 01:48
Il est dentiste. Il nous a fait rire en parlant de sa secrétaire qu’il surnomme « la Saucisse ». Un jour il l’en entendue dire à sa copine :
— Tu sais pas ?
— Euh, quoi ?
— Eh ben, Zacquot, il m’a refait mes zacquettes…
— Ah oui, et alors ?
— Alors, depuis ce zour, ze zozotte plus !
Il nous amuse aussi en maudissant « ces femmes qui nous piquent nos hommes ». Puis il raconte un traquenard de la Saucisse et sa copine, une blonde vraiment canon, qui l’ont toutes deux coincé dans le lit d’une maison de campagne. Ce jour là, elles ont tout essayé mais il n’a pas pu bander. On évoque aussi un jeune couple archi-coincé, lui est un toubib débutant plein de fric et de complexes, elle une magnifique femme sauvage.
— Je vais me la faire. Il la mérite pas, ce con.
— Jacques, si tu lui fais l’amour, pense très fort à moi au moment de jouir !
— Mais je pense toujours à toi, mon chou.
Nous l’avons invité parce qu’il est officiellement homo, très beau et toujours en train de déconner. Il m’a détartré les dents gratuit avec son petit crayon à ultrasons.
— Je te fais pas mal au moins ?
— Non, c’est génial !
— Mais, tu sais, je mouille beaucoup. Et puis, je vais te dire, ma spécialité c’est de boucher les trous.
Voilà, ça va durer comme ça tout le week-end. En fait, c’est plus sérieux, j’ai envie de savoir pourquoi j’ai tellement horreur de l’homosexualité. Il y a un vieux souvenir qui remontera lorsque nous serons plus proches : j’ai 13 ans, au pensionnat on nous oblige à aller chez le coiffeur de la maison une fois par mois, mais ce coiffeur est un sale type qui se frotte la bite contre nos épaules. Et moi comme les autres je le laisse faire, d’ailleurs je ne sais pas vraiment ce qu’il fait, sauf que ça me met vraiment mal. Je ne suis jamais retourné chez un coiffeur depuis cette époque. Plus tard, à quinze ans, j’éprouve des impressions bizarres face à un grand musicien blond qui me fascine et me terrorise. Quelque chose qui ne veut pas se dire ou ne veut pas sortir. Alors, aujourd’hui, à 22 ans, je veux affronter tout cela, comprendre. J’ai une femme avec moi pour me protéger, une femme extraordinairement belle car j’ai beaucoup de chance.

[HARD] Il n’y avait pas de meuble dans notre appartement. Juste une épaisse moquette couleur de feu, achetée d’occasion. Il était allongé, nous assis à ses côtés. Nous nous sommes mis nus. Il a ouvert les yeux et a dit : « Mon dieu, que vous êtes beaux ! » Puis il a quitté ses habits lui aussi. J’ai vu son sexe se dresser quand elle l’a caressé. Il l’a embrassée longuement, puis il s’est allongé sur moi en posant ses lèvres sur les miennes. J’ai un peu desserré les dents. J’ai senti son sexe dur s’entrechoquer avec le mien. C’était drôle mais je n’ai pas aimé ; je n’ai pas aimé sa bouche, sa langue, non, rien à faire, je ne peux pas être attiré par un homme, même celui-là si beau, si drôle, avec une peau douce comme celle d’une femme. Alors je me suis allongé à son côté. Je l’ai regardé caresser la belle femme. Ah, quand même, il apprécie… Puis j’ai pris son sexe dans la main pour en sentir la consistance. Mais plusieurs fois il m’a dit que je le serrais trop fort. Je me demande si, inconsciemment, il n’y avait pas quelque chose en moi qui cherchait à détruire ce sexe, au point que je ne sente pas ma force. La bite du coiffeur, peut-être. J’ai abandonné cette caresse. Il est allé vers la femme et s’est allongé sur elle. J’ai vu leurs sexes très proches, c’était magnifique. Mais, à un moment, bizarrement, il a dit un mot qui rompait la magie. Elle n’a plus voulu de lui en elle. Il s’est allongé sur le côté, face à elle, entre nous deux. La suite, je ne peux pas la raconter sans changer de catégorie. ;-) [/HARD]

Nous avons passé un beau dimanche, dans les rues, lui essayant de nous persuader qu’il y a bien plus d’hommes que de femmes consommables. Ouais… Puis nous sommes rentrés pour d’autres jeux érotiques. Il m’a dit qu’il enseignait l’art de la fellation à des prostituées. Je lui ai donné une mention très honorable. Mais, rien à faire, je préfère une femme, même inexpérimentée. Surtout, jamais je n’ai pu toucher un homme sans qu’il y ait entre nous une femme. J’en suis là, mais je me dis qu’un jour j’essaierai peut-être de sauter ce dernier obstacle.
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Published by Julien Lem - dans Sexe
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