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    <title><![CDATA[Fils invisibles (Essais)]]></title>
    <link>http://www.fils-invisibles.net/categorie-314422.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Essais&quot; du blog &quot;Fils invisibles&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Fils invisibles (Essais)]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/categorie-314422.html</link>
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    <pubDate>Mon, 19 Oct 2009 06:47:35 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Mon, 19 Oct 2009 06:47:35 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010, Julien Lem</copyright>            <category>Essais</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Canicule XXX]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2050587.html</link>        <description><![CDATA[<strong>Journal pour une amante, juillet 2002</strong><br /><blockquote>Je me suis r&eacute;veill&eacute;e au souvenir de caresses &agrave; peine &eacute;bauch&eacute;es. Quand il a pris ma taille et pass&eacute; la main sur mon ventre, une seule fois&hellip; Quelle bonne id&eacute;e de porter ce gilet de laine bleue qui l&rsquo;a rendu fou&nbsp;! Quand il a embrass&eacute; et mordu ma peau, au dessus de mes seins, de plus en plus bas, de plus en plus tendre. Il avait envie de descendre encore, mais non, je n&rsquo;&eacute;tais pas encore pr&ecirc;te&hellip; Et puis si, j&rsquo;aurais aim&eacute;, mais pas sur le seuil de la maison&nbsp;!<br /><br />Maintenant je suis nue sur le lit, un peu d&rsquo;air frais rend ma peau tr&egrave;s sensible, je sens de nouveau ses mains sur mon ventre, &agrave; moins que ce ne soient les miennes&nbsp;?<br /><br />La fra&icirc;cheur fait dresser les pointes de mes seins. Elles regardent le plafond, arrogantes comme de petits sexes d&rsquo;homme. Elles rendraient fou le sexe d&rsquo;un homme. Mes mains (ses mains&nbsp;?) remontent doucement, caressent longuement les courbes du bas de mes seins, les contournent. Elles viennent sur les c&ocirc;t&eacute;s &mdash; l&agrave; o&ugrave; il dit que c&rsquo;est le plus bel endroit du corps des femmes. Vrai, la courbure y &eacute;pouse parfaitement celle des paumes. Les mains appuient l&eacute;g&egrave;rement, resserrent mes seins, les pointes sont encore plus nettement dirig&eacute;es vers le ciel, encore plus dures. J&rsquo;esp&egrave;re qu&rsquo;il ne va pas se jeter dessus, le charme serait rompu.<br /><br /><img src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/dessin-mur.jpg" alt="" class="DrteTexte" />J&rsquo;ai envie qu&rsquo;il vienne doucement, &agrave; mon rythme, et puisque je suis seule je vais laisser mes mains venir, entourer, contourner, pincer l&eacute;g&egrave;rement la surface de ma peau, se reposer sur le haut de mon buste &mdash; oh que j&rsquo;aime quand il met une main l&agrave; et que je peux la couvrir des miennes&nbsp;! Je me sens presque apais&eacute;e&hellip; Mais le vent frais continue &agrave; me taquiner, mes mains reprennent leur ballet en spirales, elles tournent rapidement, parfois elles effleurent une ar&eacute;ole sans s&rsquo;y attarder&hellip; J&rsquo;aime ces caresses fortuites. Comme hier quand je me suis avanc&eacute;e pendant qu&rsquo;il maintenait le calque, et que mon sein s&rsquo;est appuy&eacute; sur le dos de sa main. Sa main n&rsquo;a pas boug&eacute;, mais il &eacute;tait bouillant de d&eacute;sir. Je dessinais des courbes qui &eacute;taient autant de caresses dans nos t&ecirc;tes&hellip; Caresses qui seront inscrites sur les murs, au vu de tous, et dont nous serons seuls &agrave; conna&icirc;tre le secret&nbsp;!<br /><br />A force de les effleurer, mes doigts ont envie d&rsquo;entourer un mamelon. Il se faufile de lui-m&ecirc;me entre deux doigts. Le d&eacute;sir est trop fort, je serre. C&rsquo;est une grande vague qui me secoue. Je serre encore une fois, deux fois, comme il essayait de le faire avant-hier &agrave; travers mes habits (il devait maudire les sous-v&ecirc;tements), et je sens cette vague qui me cambre, ouvre mes hanches, contracte mon p&eacute;rin&eacute;e. J&rsquo;aimerais qu&rsquo;il donne un baiser sur les pointes enflamm&eacute;es, qu&rsquo;il les morde avec tendresse, qu&rsquo;il aspire, qu&rsquo;il ouvre grand la bouche comme pour avaler mon sein tout entier&hellip; Mais ce sont mes mains qui racontent tout &ccedil;a&nbsp;!<br /><br />Mon ventre a soif de caresses. Ma main gauche (bien s&ucirc;r, je suis gauch&egrave;re) a d&eacute;j&agrave; entrepris de le satisfaire. Elle pince la peau autour du nombril, elle compte mes c&ocirc;tes un peu saillantes (oui, je suis mince), elle fait des cercles de plus en plus grands sur mon ventre, jusqu&rsquo;&agrave; la petite for&ecirc;t. Sa main n&rsquo;est jamais pass&eacute;e par l&agrave;. Il a trop peur que je la retire, car les caresses des hommes sont souvent impatientes et invasives quand elles approchent le sexe d&rsquo;une femme. Lui m&rsquo;a dit qu&rsquo;il pouvait &ecirc;tre patient et &agrave; l&rsquo;&eacute;coute de mon d&eacute;sir&hellip; Peut-&ecirc;tre, mais cette nuit c&rsquo;est moi seule qui m&egrave;ne la danse. Je vais permettre &agrave; ma main de descendre, de fouiller dans la broussaille, de tirer les touffes entre ses doigts. Pendant que ma main droite continue &agrave; embraser mes seins, caressant les deux mamelons en m&ecirc;me temps&hellip;<br /><br />J&rsquo;ai repli&eacute; mes jambes, mes pieds sont contre mes fesses, genoux &eacute;cart&eacute;s. Je serais bien vuln&eacute;rable, s&rsquo;il &eacute;tait pr&eacute;sent, press&eacute; de caresser et mordre mes cuisses, de se coucher sur moi et de frotter son sexe contre mon pubis, de forcer le passage peut- &ecirc;tre&hellip; Mais je suis seule, avec un amant imaginaire, plus que parfait, libre de mes caresses&nbsp;! Mes genoux s&rsquo;&eacute;cartent encore, ma main peut descendre un peu. Elle effleure les grandes l&egrave;vres, une bouche encore ferm&eacute;e. Je me demande s&rsquo;il oserait les embrasser. Il y a une odeur de plaisir qui doit lui &ecirc;tre irr&eacute;sistible, puisqu&rsquo;il sent mon d&eacute;sir quand nous sommes sagement assis c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te&hellip; Je plonge les doigts de ma main gauche dans ma bouche, pour les impr&eacute;gner de salive, et je retourne &agrave; mon sexe. Maintenant, c&rsquo;est agr&eacute;able d&rsquo;effleurer les l&egrave;vres, elles s&rsquo;&eacute;cartent doucement pour recevoir la salive. Oui, elles aiment les baisers, mais la plupart des hommes ne le savent pas. Tout ce qu&rsquo;ils cherchent, c&rsquo;est un endroit chaud et humide pour y fourrer leur queue.<br /><br />Je remets de la salive sur mes doigts, ces m&ecirc;mes doigts qui me renvoient la saveur de mon petit jardin. C&rsquo;est ennivrant, en effet&hellip; Mes cuisses s&rsquo;ouvrent encore, je sens mon bassin s&rsquo;ouvrir, mon dos se cambrer un peu plus. Maintenant, mon sexe est ouvert, le vent frais lui raconte plein d&rsquo;histoires pas tr&egrave;s racontables&nbsp;! Il est comme les poissons que nous avons dessin&eacute;s hier, qui ouvrent la bouche toute grande &agrave; la surface&hellip; Je passe doucement un doigt &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur des l&egrave;vres&hellip; Non, c&rsquo;est encore trop fort, alors je prends les l&egrave;vres dans ma main et je les serre l&rsquo;une contre l&rsquo;autre, pour refermer la bouche du poisson. Mais c&rsquo;est tr&egrave;s agr&eacute;able&nbsp;: au milieu, mon petit bouton de plaisir est en &eacute;bullition&nbsp;! Les hommes n&rsquo;y comprennent pas grand chose&nbsp;: ils le cherchent, ils le trouvent avec difficult&eacute;, et quand ils le sentent ils se jettent dessus avec leurs grosses pattes ou leur langue. Ils croient que c&rsquo;est comme le bout de leur sexe, qui demande &agrave; &ecirc;tre frott&eacute; et mordu. Non, c&rsquo;est quelque chose de tr&egrave;s intime, il n&rsquo;y a pas de pr&eacute;puce, aucune protection&hellip; J&rsquo;y pense en serrant fort mes l&egrave;vres, car il r&eacute;pond en me donnant des secousses de plaisir. Oh, trouver un homme qui ressente &ccedil;a&nbsp;!<br /><br />J&rsquo;ai ajout&eacute; encore de la salive, peut-&ecirc;tre plus pour go&ucirc;ter une nouvelle fois le nectar du plaisir. Car &agrave; pr&eacute;sent il y a tant de nectar dans mon sexe qu&rsquo;il est glissant comme la mousse sur les galets d&rsquo;une rivi&egrave;re, et plein de remous &agrave; se r&eacute;veiller ainsi. Je glisse deux doigts &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur des l&egrave;vres, de chaque c&ocirc;t&eacute;. Maintenant mes doigts sont comme dans un &eacute;tui fait expr&egrave;s pour les recevoir. Ils contournent mon petit bouton, ils l&rsquo;effleurent parfois, ils serrent tr&egrave;s l&eacute;g&egrave;rement, s&rsquo;arr&ecirc;tant d&egrave;s que le spasme devient trop fort. Seule une femme sait faire &ccedil;a&nbsp;!<br /><br />Je change de main. La gauche remonte sur mon ventre, qu&rsquo;elle masse doucement, elle passe sous mes fesses aussi (il n&rsquo;a jamais os&eacute;&nbsp;!), elle revient sur mes seins&hellip; Que c&rsquo;est beau, un corps de femme&nbsp;! Ma main droite est descendue dans le brasier&hellip; Elle glisse un peu plus bas. Elle pose un doigt &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de mon jardin. Toc toc toc, c&rsquo;est ferm&eacute;&nbsp;! Alors elle va chercher une peu de salive, elle y ajoute un peu de nectar de plaisir, et elle frappe encore plus doucement. C&rsquo;est un clapotis &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e d&rsquo;une grotte qui donne sur la mer. Mes reins se cambrent, mon vagin s&rsquo;ouvre un peu. Un homme serait fou, il plongerait&nbsp;! (Et lui&nbsp;?) Mais je suis une femme, j&rsquo;ai toute la nuit pour jouir, mon amant le vent frais ne va pas se lasser&hellip; Ma main reprend le clapotis. Elle appuie aussi, l&eacute;g&egrave;rement, sur mon bouton, qui continue &agrave; m&rsquo;envoyer des spasmes d&eacute;licieux. Mon autre main est devenue plus audacieuse&nbsp;: voil&agrave; qu&rsquo;elle recommence &agrave; pincer un mamelon&nbsp;! C&rsquo;est trop, mon jardin s&rsquo;ouvre, aspire le doigt qui glisse doucement, h&eacute;site, remonte, puis s&rsquo;abandonne dans cette aspiration. Je sens une douce chaleur p&eacute;n&eacute;trer dans mon ventre. C&rsquo;est moins br&ucirc;lant qu&rsquo;un sexe d&rsquo;homme, mais c&rsquo;est un doigt tr&egrave;s fin, d&eacute;licat, familier, qui me rend visite. Je l&rsquo;aspire en entier.<br /><br /><img src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/dsc01951-coupe.gif" alt="" class="GcheTexte" />Le doigt explore un peu les parois. Mon jardin se contracte pour briser l&rsquo;intrus. Mais le contact avec le doigt minuscule est si agr&eacute;able qu&rsquo;il ne peut que r&eacute;pondre par des salves de son propre nectar. J&rsquo;ai envie de le go&ucirc;ter, celui-ci aussi&hellip; Oh, je comprends ce qui ennivre les hommes (et quelques femmes)&nbsp;! Vite, le doigt retourne &agrave; son &oelig;uvre. Mais, il a trich&eacute;&nbsp;? Un deuxi&egrave;me doigt a profit&eacute; de la confusion pour se glisser &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s. Ils sont polissons, jamais ensemble, ils s&rsquo;&eacute;cartent, s&rsquo;enroulent l&rsquo;un sur l&rsquo;autre, d&eacute;plient les parois de ma grotte, c&rsquo;est la r&eacute;volution l&agrave; dedans&hellip; Et toujours la paume de la main qui, n&eacute;gligemment, &eacute;crase mon clitoris. Je n&rsquo;en peux plus, j&rsquo;en veux encore&nbsp;! Je voudrais un sexe d&rsquo;homme, qui se faufilerait tout br&ucirc;lant entre mes doigts, apportant son propre nectar. Je voudrais encore les l&egrave;vres de cer homme sur mes l&egrave;vres.<br /><br />Un troisi&egrave;me doigt s&rsquo;est gliss&eacute; entre les deux, profitant de la viscosit&eacute; ambiante. Maintenant c&rsquo;est comme si j&rsquo;&eacute;tais visit&eacute;e par un sexe de forte taille mais tellement plus agile. Et puis, ce sont mes propres doigts qui sont en train de faire jouir une femme. Et cette femme c&rsquo;est moi&nbsp;! J&rsquo;ai envie de monter ainsi dans le plaisir de donner et recevoir en m&ecirc;me temps, plus haut que je n&rsquo;ai jamais os&eacute;. Quatre doigts&nbsp;: j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; surprise, je me sens &eacute;cartel&eacute;e comme pour une naissance, j&rsquo;ouvre mon bassin, encore, puis je demande au petit doigt de sortir car ce n&rsquo;est pas de son &acirc;ge&nbsp;! Il ressort d&eacute;pit&eacute;, impr&eacute;gn&eacute; de nectar, et s&rsquo;en va caresser un peu plus bas, l&rsquo;autre entr&eacute;e de mon corps. Mmmh, il s&rsquo;y aventure un peu, mais ce n&rsquo;est pas la m&ecirc;me sensation&hellip; Un jour j&rsquo;essaierai de savoir ce que les hommes sentent quand on les p&eacute;n&egrave;tre. Mais pas aujourd&rsquo;hui.<br /><br />Mes doigts, mes mains, mes hanches, ont entam&eacute; une danse rythm&eacute;e. Heureusement, je suis seule au lit. Je peux respirer fort, secouer la t&ecirc;te, mordre mes propres l&egrave;vres. C&rsquo;est bien agr&eacute;able&hellip; Tant pis pour ceux qui m&rsquo;ait fait croire que ce n&rsquo;&eacute;tait pas bien&nbsp;! Je monte doucement dans le plaisir. J&rsquo;enregistre des sensations pour les faire d&eacute;couvrir plus tard &agrave; mes amants. Je me sens comme ces poissons qui sautent &agrave; la surface de l&rsquo;eau, ceux qui fr&eacute;tillaient dans ma main alors qu&rsquo;on &eacute;tait assis, c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te, pleins de d&eacute;sir, et qu&rsquo;il caressait parfois mes hanches. J&rsquo;ai la permission des poissons, j&rsquo;ai droit au plaisir&hellip; La vague devient beaucoup plus forte, elle monte et elle descend, et soudain ma respiration se bloque, &agrave; pleins poumons, mes seins vont-il &eacute;clater&nbsp;? Je sens une onde qui part de mon sexe et remonte jusqu&rsquo;&agrave; ma t&ecirc;te, un &eacute;blouissement de lumi&egrave;re blanche, mon ventre serre mes trois doigts coquins au point de les broyer, &ccedil;a para&icirc;t durer une &eacute;ternit&eacute;, puis mon souffle revient, je r&acirc;le, je crie, pendant que mon ventre est agit&eacute; de convulsions, une goutte de lait perle &agrave; mon sein, ma bouche est remplie du souvenir des baisers&hellip;. Je voudrais tant jouir ainsi avec un homme. (Avec lui&nbsp;?)<br /><br />Je me suis apais&eacute;e lentement. Puis la vague est revenue, encore plus forte&hellip; &Ccedil;a, les hommes ils ne connaissent pas. J&rsquo;ai cru mourir de plaisir cette fois&hellip; Je me suis repli&eacute;e en f&oelig;tus. J&rsquo;aime mon corps et les plaisirs qu&rsquo;il vient de me donner. J&rsquo;aime les hommes qui m&rsquo;y font penser. Je suis heureuse. Je m&rsquo;endors doucement.</blockquote>Le lendemain, S&eacute;verine est venue me remercier &agrave; sa fa&ccedil;on pour ce texte.  (Voir <a href="http://fils-invisibles.over-blog.com/article-718011.html">&laquo; L&rsquo;&icirc;le des gauchers &raquo;</a>)]]></description>
        <pubDate>Sat, 18 Mar 2006 12:00:47 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2050587.html</guid>
                <category>Essais</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2050587-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La cavalière invisible (4)]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2163365.html</link>        <description><![CDATA[<blockquote>Lui, il sait, il sent mon d&eacute;sir, il donne le temps aux sensations de na&icirc;tre&hellip; Une deuxi&egrave;me main, s&oelig;ur jumelle, s&rsquo;allonge contre la premi&egrave;re, puis elle glisse au-dessus du plexus, tandis que ce qui restait de mon angoisse s&rsquo;effondre.<br /><br />Mes yeux sont devenus humides, une larme coule. Tu me fais du bien, vieux loup. [&Agrave; suivre]<br /><br />
<p align="right"><a href="http://www.fils-invisibles.net/article-2051804.html">&laquo;&nbsp;La cavali&egrave;re invisible (3)&nbsp;&raquo;</a></p>
</blockquote>Je n&rsquo;ai pas pris le train de 14h25 mais celui de 13h24 dans la direction oppos&eacute;e.  Toujours &agrave; l&rsquo;arrache car j&rsquo;ai trop failli rater de trains dans les m&eacute;tropoles asiatiques.  Avant midi je m&rsquo;&eacute;tais quand m&ecirc;me arr&ecirc;t&eacute; quelques secondes pour contempler la tour Eiffel depuis le Palais de Chaillot, le soleil dans les yeux entre les cam&eacute;ras des touristes japonais&hellip;&nbsp;Un jour il faudra bien que je grimpe sur ce tas de ferraille, dire que j&rsquo;ai v&eacute;cu un an &agrave; Paris.<br /><br />Ne pas perdre de temps.  Comme d&rsquo;habitude j&rsquo;avais une heure d&rsquo;avance &agrave; la Gare de Lyon.  Aucune envie d&rsquo;un snack dans ce palais de la malbouffe, juste me c&acirc;ler avec une bonne lecture dans un fauteuil du salon Grand Voyageur (boisson chaude gratuite).  J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; attir&eacute; par un livre au magasin de journaux, ce n&rsquo;est pas raisonnable puisque je viens d&rsquo;acheter Lib&eacute; et il y a de l&rsquo;info &agrave; rattraper, mais tant pis, je craque pour le titre. &laquo;&nbsp;Rien de grave&nbsp;&raquo; de Justine L&eacute;vy, probablement la fille du philosophe people, mais c&rsquo;est pas grave &ccedil;a non plus. J&rsquo;ai mis le nez dedans et ne me suis arr&ecirc;t&eacute; de lire que pour dormir, m&ecirc;lant l&rsquo;histoire &agrave; mes r&ecirc;ves, &agrave; mes souvenirs de conversations des derniers jours, celle avec une psy amie et confidente, hier soir, et aussi ma conf&eacute;rence qui &eacute;tait vraiment bien car le d&eacute;bat &eacute;tait houleux, je repense &agrave; cette conne qui m&rsquo;a sorti un argument &agrave; la con auquel je m&rsquo;attendais, ce qui fait que j&rsquo;ai pu l&rsquo;&eacute;craser comme une merde. J&rsquo;aime semer la zizanie quand il y a une vraie cause &agrave; d&eacute;fendre. En tout cas, les organisatrices &eacute;taient ravies de m&rsquo;entendre dire ce qu&rsquo;elles n&rsquo;osaient pas dire pour des raisons de strat&eacute;gie politique. En plus, elles ont offert aux intervenants de jolies bo&icirc;tes de chocolats.<br /><br /><img src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/riendegrave.jpg" alt="" class="GcheTexte" />Je languissais et redoutais d&rsquo;arriver.  D&rsquo;abord, le TGV va trop vite, je n&rsquo;aurai pas fini ce roman dont je n&rsquo;ai soudain plus envie de d&eacute;crocher. Un vrai journal intime comme je les aime. Je redoutais d&rsquo;arriver, aussi, de peur du regard qu&rsquo;une femme inconnue allait poser sur moi, mais je n&rsquo;ai pas eu le temps de jouer &agrave; me faire peur car l&rsquo;annonce de la gare m&rsquo;a tir&eacute; du demi-sommeil. Dans quelques minutes elle sera l&agrave;, en face de moi, avec un regard venu de nulle part &mdash;&nbsp;du fond de mon imagination. Il me faut affronter, avancer jusqu&rsquo;au bureau de tabac o&ugrave; elle m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle serait debout &agrave; m&rsquo;attendre, mais non, il n&rsquo;y a pas de bureau de tabac &agrave; cette sortie&hellip; et si je m&rsquo;&eacute;tais tromp&eacute; de gare&nbsp;? Mais soudain j&rsquo;hallucine car le haut-parleur crie mon nom, ou plus exactement pas mon nom mais mon pseudo du blog, comme si le r&ecirc;ve avait pris le relais&nbsp;! Mon pseudo est convoqu&eacute; au bureau d&rsquo;accueil, et mon pseudo bien docile s&rsquo;y rend, une vraie blonde tend le t&eacute;l&eacute;phone &agrave; monsieur Lem et j&rsquo;entends la m&ecirc;me voix qu&rsquo;hier soir, je me demande &agrave; quoi elle ressemble avec sa voix d&rsquo;infirmi&egrave;re en chef, incroyablement ferme.  Je m&rsquo;entends r&eacute;pondre par des miaulements inhabituels pour compenser ce trop s&eacute;rieux, encore une fois je me demande ce qu&rsquo;elle va penser de moi.<br /><br />Elle s&rsquo;est tromp&eacute;e de gare et je suis soulag&eacute; de b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;un peu de r&eacute;pit pour me pr&eacute;parer, v&eacute;rifier que je n&rsquo;ai pas un sourcil en bataille et qu&rsquo;on ne voit pas le raccomodage de mon pantalon, j&rsquo;ai tellement horreur d&rsquo;acheter des fringues que &ccedil;a doit faire dix ans que je le porte. Non, le plan s&eacute;duction ce sera pour une autre fois, peut-&ecirc;tre en plein &eacute;t&eacute; quand j&rsquo;&eacute;change des kilos contre une vraie gueule de m&eacute;diterran&eacute;en. On a convenu que je prendrai la navette et qu&rsquo;elle m&rsquo;attendra au centre ville.  Je n&rsquo;en reviens pas qu&rsquo;elle ait calcul&eacute; le temps gagn&eacute; sur l&rsquo;autre solution qui consistait pour elle &agrave; venir me chercher.  Qui est cette femme toute &agrave; l&rsquo;inverse de son blog&nbsp;? D&eacute;cid&eacute;ment c&rsquo;est pour la curiosit&eacute; maintenant qu&rsquo;il me tarde de la conna&icirc;tre.<br /><br />Elle est arriv&eacute;e de l&rsquo;ombre, v&ecirc;tue de noir avec ses yeux noirs, silhouette fine et puissante, on dirait Barbara entrant sur sc&egrave;ne, regard de fauve, merci j&rsquo;aime les fauves. On se fait la bise, deux, ah non chez nous c&rsquo;est trois, ben c&rsquo;est sans importance, j&rsquo;aurais pr&eacute;f&eacute;r&eacute; tenir ses mains un moment dans les miennes ou la serrer vraiment dans mes bras, mais je n&rsquo;ai pas os&eacute;, dieu sait ce qu&rsquo;elle aurait pu imaginer ou craindre avec tous les d&eacute;lires qu&rsquo;elle a lus dans mon journal intime.  On se conna&icirc;t par la t&ecirc;te, les mots, le c&oelig;ur m&ecirc;me un peu, mais les corps ne savent rien. Si nos mots se tutoient imm&eacute;diatement, eux continueront &agrave; se dire vous, avec les deux bises ah non chez nous c&rsquo;est trois. Il n&rsquo;y a pas le temps, pas le temps d&rsquo;un d&eacute;sir ni m&ecirc;me pour le fantasme d&rsquo;un d&eacute;sir.<br /><br />Quelques minutes dans un bar &agrave; siroter un caf&eacute; et un chocolat chaud,  c&rsquo;est le d&eacute;but de notre relation sociale et la fin d&rsquo;un r&ecirc;ve. Puis nous montons &agrave; l&rsquo;&eacute;tage au-dessus d&rsquo;un autre bar, car c&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;elle vit avec sa fille.  Je fais la connaissance de cette &laquo;&nbsp;gamine&nbsp;&raquo; de 14 ans au visage ouvert, regard intelligent, bonne &eacute;l&egrave;ve inqui&egrave;te d&rsquo;une difficult&eacute; passag&egrave;re, qui parle sans rougir de ses d&eacute;boires avec son amoureux. On parle de p&egrave;res-filles et tout se d&eacute;roule comme dans un kal&eacute;idoscope, entre le p&egrave;re-fille que j&rsquo;ai lu dans &laquo;&nbsp;Rien de grave&nbsp;&raquo;, le regard de cette fille en manque de p&egrave;re et qui respecte les hommes proches de sa m&egrave;re, et puis la belle histoire d&rsquo;amour que sa m&egrave;re me raconte, celle d&rsquo;un p&egrave;re qui lui a appris &agrave; devenir elle-m&ecirc;me et &agrave; ne d&eacute;pendre de personne.<br /><br />Nous voil&agrave; partis dans le d&eacute;roulement des histoires personnelles, chacun veillant &agrave; ne pas s&rsquo;y perdre car il est si facile de se tenir &agrave; distance en meublant toute incertitude par le d&eacute;ballage de souvenirs. Mais je d&eacute;couvre une femme singuli&egrave;re quand elle se met &agrave; me parler de son m&eacute;tier, quelque chose que je n&rsquo;aurais jamais soup&ccedil;onn&eacute; tellement c&rsquo;est une autre face de ce qu&rsquo;elle nous donne &agrave; lire sur son blog. Elle m&rsquo;emm&egrave;ne aussi dans des souvenirs anciens &mdash;&nbsp;le m&eacute;tier pour lequel j&rsquo;avais &eacute;t&eacute; form&eacute;, mais j&rsquo;ai chang&eacute; plusieurs fois dans plusieurs vies successives.  Elle prononce des termes technologiques que je n&rsquo;ai pas entendus depuis une &eacute;ternit&eacute;, comme si c&rsquo;&eacute;tait un autre moi-m&ecirc;me qui avait appris tout cela dans son enfance.  Je retrouve l&rsquo;amn&eacute;sie qui me guette chaque fois que je vais acheter du mat&eacute;riel de plomberie pour m&rsquo;apercevoir au magasin que j&rsquo;ai oubli&eacute; toute la terminologie des professionnels.<br /><br />De mani&egrave;re inattendue, c&rsquo;est dans cette partie cach&eacute;e de ma vie et des &eacute;crits de mon h&ocirc;te que nous trouvons des lignes de pens&eacute;e communes, alors que tout nous s&eacute;pare en apparence, la g&eacute;ographie des souvenirs, le v&eacute;cu familial et social, les exp&eacute;riences de vie en couple.  Puis, au fil des heures, nous commen&ccedil;ons &agrave; toucher d&rsquo;autres zones de complicit&eacute; qui me reconnectent &agrave; la personnalit&eacute; que j&rsquo;avais entrevue dans ses &eacute;crits&nbsp;: la voici vraiment femme, voici un regard qui m&rsquo;accueille enfin dans son intimit&eacute;, un peu de chaleur &eacute;rotique amplifi&eacute;e par des rasades de rouge&nbsp;: j&rsquo;aurais aim&eacute; lui donner une carte postale achet&eacute;e dans la rue, calligraphie du proverbe &laquo;&nbsp;les yeux sont les fen&ecirc;tres de l&rsquo;&acirc;me&nbsp;&raquo;, si je ne l&rsquo;avais pas discr&egrave;tement gliss&eacute;e samedi dernier dans la bo&icirc;te aux lettres de Marie.  Mais nous ouvrons la bo&icirc;te de chocolats pour s&rsquo;autoriser la jouissance.<br /><br />Quand elle parle, maintenant, sa bouche ne fait pas les m&ecirc;mes mouvements, ou plut&ocirc;t c&rsquo;est l&rsquo;inclinaison de la t&ecirc;te qui a chang&eacute; et qui me la fait voir diff&eacute;remment. L&agrave; j&rsquo;ai une pens&eacute;e secr&egrave;te&nbsp;: le constat renouvel&eacute; que toutes mes amies (plus ou moins intimes, chacune &agrave; sa mani&egrave;re) portent des pr&eacute;noms diff&eacute;rents.  Or je connais une deuxi&egrave;me V., une qui s&rsquo;exprime de la m&ecirc;me mani&egrave;re, avec un accent tr&egrave;s diff&eacute;rent mais les m&ecirc;mes jeux de l&egrave;vres.  Il n&rsquo;y a pas que la bouche qui est ressemblante, elles ont aussi les m&ecirc;mes corps, car, m&ecirc;me si mon h&ocirc;te reconna&icirc;t s&rsquo;&ecirc;tre soigneusement dissimul&eacute;e sous des fringues aust&egrave;res, j&rsquo;ai bien vu qu&rsquo;elle avait un corps, j&rsquo;ai repens&eacute; aux petits seins tr&egrave;s fermes que cette V. m&rsquo;avait donn&eacute;s &agrave; caresser un soir d&rsquo;ivresse, &agrave; cette bouche bavarde sur la mienne&hellip; Mais je me suis souvenu aussi que nous en avions gard&eacute; une sensation d&rsquo;inachev&eacute;, qui chez elle s&rsquo;&eacute;tait mu&eacute;e en nostalgie teint&eacute;e d&rsquo;amertume. Alors, ce soir, je n&rsquo;ai pas envie que &ccedil;a recommence&nbsp;: il me faut entretenir ce regard, lui permettre de focaliser mon d&eacute;sir, laisser les seins pleins de vie sous le pull &agrave; l&rsquo;abri de toute convoitise, ne pas d&eacute;sirer ces hanches ni ces l&egrave;vres. Le regard f&eacute;lin comme apprivois&eacute; devenu tendre et f&eacute;minin suffit &agrave; tout br&ucirc;ler sur son passage. Tout br&ucirc;ler, m&ecirc;me le d&eacute;sir.<br /><br />Je me suis senti combl&eacute; par cette intimit&eacute; au point qu&rsquo;il ne me semblait pas qu&rsquo;il y e&ucirc;t de place pour la satisfaction des muqueuses ou l&rsquo;alchimie des fluides.  Je n&rsquo;ai pas pour autant senti d&rsquo;obstacle, j&rsquo;ai eu confiance en V. pour dire oui ou non sans me blesser, et c&rsquo;est peut-&ecirc;tre la raison de cette pl&eacute;nitude que nous avons tous deux ressentie.<br /><br /><strong>Mercredi 15 mars 2006</strong><br /><br />Nous avons pass&eacute; la matin&eacute;e &agrave; dormir puis d&eacute;je&ucirc;n&eacute; avec sa fille rentr&eacute;e du coll&egrave;ge.  Ensuite, retour &agrave; la gare, quelques &eacute;changes autour du dernier caf&eacute;.  Cette fois notre embrassade &eacute;tait simple, rien &agrave; compter, rien &agrave; agripper, aucune convention, on se conna&icirc;t maintenant, on se reverra parfois.<br /><br />J&rsquo;ai repris le roman d&egrave;s le d&eacute;part du train.  Les histoires se sont emm&ecirc;l&eacute;es, il m&rsquo;a fallu un moment pour d&eacute;brouiller les fils, car toutes les histoires vraies vont ainsi : on les croise sans peine, ce ne sont que des passages.]]></description>
        <pubDate>Tue, 14 Mar 2006 02:34:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2163365.html</guid>
                <category>Essais</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2163365-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La cavalière invisible (3)]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2051804.html</link>        <description><![CDATA[<blockquote>J&rsquo;ai pos&eacute; la main droite sur son sexe. Je sais que ce n&rsquo;est pas une mani&egrave;re convenable d&rsquo;aborder un homme inconnu. Mais nous &eacute;tions rest&eacute;s si longtemps &eacute;tendus face &agrave; face dans l&rsquo;obscurit&eacute; de la chambre 18 de l&rsquo;H&ocirc;tel des Brumes, &agrave; &eacute;couter nos souffles jusqu&rsquo;&agrave; les confondre, et nos c&oelig;urs qui s&rsquo;agitaient comme deux oiseaux pris dans une voli&egrave;re. Cette vague de fi&egrave;vre qui me prend le ventre&hellip;<br /><br />
<p align="right">(Journal de la cavali&egrave;re invisible, mardi 14 mars 2006)</p>
</blockquote>
<p align="right">(Voir le <a href="http://www.fils-invisibles.net/article-2007634.html">r&ecirc;ve pr&eacute;c&eacute;dent</a>)</p>
<br />Elle continue, d&rsquo;une &eacute;criture h&acirc;ch&eacute;e&nbsp;:<br /><blockquote>Alors j&rsquo;ai pos&eacute; ma main l&agrave;, comme n&rsquo;importe qui la plongerait dans l&rsquo;eau du bain avant de s&rsquo;y jeter toute enti&egrave;re.  Simple geste de pr&eacute;caution&nbsp;: j&rsquo;ai touch&eacute; le sexe du visiteur de la pleine lune, et maintenant je suis plus assur&eacute;e que lui, car au moins moi je sais que c&rsquo;est vraiment un homme, alors que lui peut encore douter de mon sexe.&nbsp;;-)<br /><br />Sous mes doigts quelque chose de tendre enroul&eacute; et paisible comme un oiseau endormi. L&rsquo;homme n&rsquo;a pas boug&eacute;. Je n&rsquo;entends plus sa respiration. Tout reste fig&eacute; dans l&rsquo;attente, comme dans les secondes vertigineuses d&rsquo;une chute libre qui s&rsquo;&eacute;coulent dans une &eacute;ternit&eacute;. Puis le courant ascendant a fait son &oelig;uvre&nbsp;: l&rsquo;objet s&rsquo;est d&eacute;ploy&eacute;, remplissant vite ma paume et filant entre mes doigts.  Je les ai referm&eacute;s autour de la tige devenue forte. Nous voil&agrave; r&eacute;unis, toi, le d&eacute;sir, vous, mon d&eacute;sir. Ce sexe est beau, chaud et satin&eacute;, il bat vigoureusement comme le c&oelig;ur de son ma&icirc;tre.<br /><br />Le loup gris ne fait pas un mouvement vers moi.  Il se donne &agrave; l&rsquo;&eacute;treinte de ma main, essayant de me voir toute enti&egrave;re dans la seule texture des doigts.<br /><br />Nous flottons dans un calme &eacute;trange en une telle situation &mdash; mais je n&rsquo;ai jamais v&eacute;cu une telle situation. J&rsquo;ai l&rsquo;image insolite du soleil au dessus d&rsquo;une mer en flammes. Je sais intimement qu&rsquo;il sera tendre et pr&eacute;venant&nbsp;; je savoure d&rsquo;avance ses avances. Oui, la mani&egrave;re la plus galante (et la moins risqu&eacute;e) d&rsquo;aborder un homme est bien de toucher son sexe, quelle hypocrisie de croire le contraire&nbsp;!<br /><br />Je devine un sourire sur des l&egrave;vres que je ne connais pas encore. Les miennes y r&eacute;pondent en silence. Ma main rest&eacute;e libre s&rsquo;&eacute;carte un peu jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;elle rencontre la sienne. Le dos d&rsquo;abord, mais, les mains &eacute;tant bien moins patientes que les sexes, elles ne tardent pas &agrave; s&rsquo;&eacute;treindre. La sienne est pareille &agrave; la mienne, des doigts tr&egrave;s fins (il parlait de <a target="_blank" href="http://fils-invisibles.over-blog.com/article-860528.html">mains de sage-femme</a>). Nous sommes probablement de la m&ecirc;me taille&nbsp;; peu importe, il n&rsquo;y aura jamais personne pour nous voir dans la rue.<br /><br />Une grande chaleur m&rsquo;envahit &agrave; travers sa main. Je voudrais qu&rsquo;il me touche maintenant. Mais je le sens blotti dans son sexe pour ne pas perdre le moindre fr&eacute;missement de mes doigts. Alors, lentement, je sollicite sa main pour la poser &agrave; plat sur mon ventre, &agrave; la lisi&egrave;re du pubis. Maintenant, il sait tout sur moi. Son sexe a encore grandi dans ma main, je le serre un peu plus fort en d&eacute;roulant deux fois le pr&eacute;puce pour soulager la tension. J&rsquo;ai senti ses hanches accompagner cette premi&egrave;re vraie caresse.  Mais la main sur mon ventre est rest&eacute;e extraordinairement calme et pr&eacute;sente. J&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;elle b&eacute;nit ma matrice. Il sait, il sent mon d&eacute;sir, il donne le temps aux sensations de na&icirc;tre&hellip; Une deuxi&egrave;me main, s&oelig;ur jumelle, s&rsquo;allonge contre la premi&egrave;re, puis elle glisse au-dessus du plexus, tandis que ce qui restait de mon angoisse s&rsquo;effondre.<br /><br />Mes yeux sont devenus humides, une larme coule. Tu me fais du bien, vieux loup.</blockquote><br />
<p align="center">[A suivre&hellip;]</p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 05 Mar 2006 11:00:50 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2051804.html</guid>
                <category>Essais</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2051804-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La cavalière invisible (2)]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2007634.html</link>        <description><![CDATA[Dans son journal, le 14 mars 2006, il raconte la suite de son <a href="http://www.fils-invisibles.net/article-1939194-6.html">r&ecirc;ve</a>. Il a pris le train de 14h25 pour d&eacute;barquer &agrave; 15h50 dans une m&eacute;tropole inconnue &agrave; la rencontre d&rsquo;une femme inconnue. Le ciel est nuageux&nbsp;; un sourire lui &eacute;chappe en pensant aux &laquo;&nbsp;brumes du d&eacute;sir&nbsp;&raquo; qu&rsquo;il &eacute;voquait il y a juste trois semaines. Se pouvait-il qu&rsquo;elle ait lu son r&ecirc;ve&nbsp;? Il n&rsquo;aime pas vraiment les brumes, c&rsquo;est un homme de soleil, mais pour le d&eacute;sir d&rsquo;une brune il traverserait bien l&rsquo;Europe enti&egrave;re. (Ce jeu de mots est trop b&ecirc;te, il ne faudra pas l&rsquo;&eacute;crire.) <br /><br />L&rsquo;Inconnue lui a indiqu&eacute; un h&ocirc;tel o&ugrave; il&nbsp;a retenu une chambre sous un faux nom. Il marche en souriant. Et si elle ne venait pas &mdash; si c&rsquo;&eacute;tait son tour de lui jouer un bon tour&nbsp;? Si elle prenait peur de tomber sur un sadique ou un cul de jatte&nbsp;? (Il ne sait pas qu&rsquo;elle a choisi un h&ocirc;tel sans ascenseur, car on ne prend jamais assez de pr&eacute;cautions.) Il a &eacute;crit&nbsp;:<br /><blockquote>Je suis arriv&eacute; &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel en premier et je dors quelques heures dans le grand lit.  On a convenu qu&rsquo;elle me rejoindrait un peu plus tard, selon son d&eacute;sir. Elle pousserait doucement la porte dont le penne est bloqu&eacute; par une feuille pli&eacute;e en quatre.</blockquote>C&rsquo;est un peu plus compliqu&eacute; car la porte est maintenue par un verrou &eacute;lectronique. Saloperie de trucs modernes. Une pantoufle fera l&rsquo;affaire. C&rsquo;est plouc de voyager avec des pantoufles, mais trop pratique dans certaines situations&hellip;<br /><br />Elle a failli faire demi-tour devant l&rsquo;h&ocirc;tel. Elle est d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s en retard, car, comme par hasard, son mari, ce jour l&agrave;&hellip; Elle aussi a r&ecirc;v&eacute; de cette rencontre, balanc&eacute;e entre la peur, la curiosit&eacute; et le d&eacute;sir. Elle se sent belle, dans le d&eacute;sir du c&oelig;ur, la vraie <em>cavali&egrave;re invisible</em> qu&rsquo;il a appel&eacute; de ses mots. Elle a choisi soigneusement les couleurs des habits qu&rsquo;elle est suppos&eacute;e &ocirc;ter dans l&rsquo;obscurit&eacute;. Si elle ose&hellip; Elle a lu et relu son message, trembl&eacute; d&eacute;licieusement en lui &eacute;crivant. Aujourd&rsquo;hui, elle a peur, mais elle se met &agrave; penser &agrave; sa peur &agrave; lui, et devant l&rsquo;inutilit&eacute; de tout cela &mdash;&nbsp;<em>carpe diem</em> &mdash;  elle pousse la porte en riant. &laquo;&nbsp;Monsieur Loup est arriv&eacute;, chambre 18&nbsp;!&nbsp;&raquo; Quelle id&eacute;e de choisir un tel nom, elle a failli pouffer de rire devant le grand dadais de la r&eacute;ception.<br /><br />Il avait pr&eacute;vu de l&rsquo;entendre pousser la porte et de faire semblant de dormir. Elle savait peut-&ecirc;tre qu&rsquo;il ferait semblant, mais ils avaient tacitement convenu qu&rsquo;elle ferait semblant d&rsquo;y croire. Il ne savait pas qu&rsquo;il s&rsquo;endormirait &agrave; 17h00 dans la chambre 18 de l&rsquo;H&ocirc;tel des Brumes. Qu&rsquo;elle l&rsquo;entendrait respirer profond&eacute;ment &agrave; travers la porte entrouverte. Qu&rsquo;elle prendrait aussi une longue inspiration avant d&rsquo;entrer. Qu&rsquo;elle s&rsquo;assi&eacute;rait au sol derri&egrave;re la porte, au lieu de s&rsquo;approcher, &agrave; &eacute;couter sa respiration et palper l&rsquo;air de sa pr&eacute;sence.<br /><br />Il r&ecirc;ve d&rsquo;elle dans son propre r&ecirc;ve&nbsp;: elle s&rsquo;est fait remplacer par un chat qui saute sur le lit et lui masse le ventre, consciencieusement, avec ses griffes un peu sorties. Il n&rsquo;ose pas le toucher. Il n&rsquo;osera pas la toucher. Sait-elle au moins qu&rsquo;il est timide&nbsp;? Alors il se met &agrave; grogner en imitant le chien. Le chat s&rsquo;enfuit et le loup se r&eacute;veille, la peur au ventre qu&rsquo;elle soit partie.<br /><br />Tourn&eacute; vers la porte, il ne sait pas qu&rsquo;elle s&rsquo;est plac&eacute;e discr&egrave;tement de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; du lit. Elle ne voudrait pas l&rsquo;effrayer en se manifestant brusquement&nbsp;. Elle-m&ecirc;me est effray&eacute;e. Mon dieu que c&rsquo;est difficile, impossible de fuir maintenant. Alors elle &eacute;coute encore la respiration du m&acirc;le et y accorde la sienne.  Bient&ocirc;t leurs souffles ne vont faire qu&rsquo;un et les fant&ocirc;mes pourront enfin se rapprocher.<br /><br />Il sait qu&rsquo;elle est pr&eacute;sente car quelque chose a chang&eacute; dans l&rsquo;odeur de la pi&egrave;ce. Un parfum de femme qui ne met pas de parfum, un air de volupt&eacute;. Il se tourne doucement sur le dos pour savourer cette pr&eacute;sence &agrave; pleins poumons. Il l&rsquo;appelle silencieusement en faisant battre son c&oelig;ur.  Il a r&ecirc;v&eacute; mille fois de cet instant, cette &laquo;&nbsp;griserie de l&rsquo;attente&nbsp;&raquo; qu&rsquo;il &eacute;voquait dans son r&ecirc;ve&nbsp;; chaque fois son sexe se dressait douloureusement&hellip;&nbsp;Viens, je te veux&hellip; Mais aujourd&rsquo;hui la pr&eacute;sence est vraiment pr&eacute;sente et s&rsquo;infiltre dans toutes les cellules de son corps. D&eacute;sir de lumi&egrave;re. Il ne la d&eacute;sire pas, il ne sait pas, il ne pense pas au sexe ni &agrave; rien, son corps flotte au-dessus de son &acirc;me. Bref, il ne bande pas et se garderait bien d&rsquo;en &eacute;prouver la moindre inqui&eacute;tude.<br /><br />Elle a profit&eacute; d&rsquo;une expiration plus longue pour s&rsquo;allonger doucement &agrave; droite du loup, v&ecirc;tue d&rsquo;une chemise de soie l&eacute;g&egrave;re que, par pr&eacute;caution, elle avait gard&eacute; sous ses habits. Son ventre vibre d&rsquo;une palpitation qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais connue.<br /><br />
<p align="center">[A suivre&hellip;]</p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 28 Feb 2006 01:02:49 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2007634.html</guid>
                <category>Essais</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2007634-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La cavalière invisible (1)]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-1939194.html</link>        <description><![CDATA[J&rsquo;ai r&ecirc;v&eacute; d&rsquo;une destination inconnue vers une femme invisible mais combien pr&eacute;sente dans les brumes du d&eacute;sir. Ouvrir dans la p&eacute;nombre une porte au fond de nos jardins secrets, et contempler avec un ravissement enfantin les flots tumultueux qui envahiraient nos espaces, l&rsquo;espace d&rsquo;une heure ou d&rsquo;une nuit. Courir le risque d&rsquo;y prendre plaisir ou de s&rsquo;enfuir &agrave; toutes jambes.<br /><br />Il fallait pour cela une chambre dans un endroit discret et des volets qui volent vraiment la lumi&egrave;re. Chacun a promis d&rsquo;apporter son test vih ; chacun se sent libre de dire oui, non, encore, de go&ucirc;ter, de se refuser ou de se reprendre.<br /><br /><strong>14 mars 2006</strong><br /><br />Je suis arriv&eacute; &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel en premier et je dors quelques heures dans le grand lit.  On a convenu qu&rsquo;elle me rejoindrait un peu plus tard, selon son d&eacute;sir. Elle pousserait doucement la porte dont le penne est bloqu&eacute; par une feuille pli&eacute;e en quatre.  Je l&rsquo;entends poser un sac, h&eacute;siter dans l&rsquo;obscurit&eacute;, prendre son courage &agrave; deux mains et s&rsquo;approcher du lit.  S&rsquo;incliner lentement, &eacute;couter mon souffle et poser le sien sur mes narines, comme on le fait pour amadouer un cheval.<br /><br />(Si l&rsquo;envie lui prenait, elle se glisserait entre les draps.)<br /><br />Nous sommes rest&eacute;s &eacute;tendus sans bouger, dans un semblant de sommeil, &eacute;coutant nos c&oelig;urs battre furieusement, savourant la griserie de nos pr&eacute;sences presque immat&eacute;rielles.  ((Je ne sais plus quelle main a fr&ocirc;l&eacute; en premier l&rsquo;autre visage&nbsp;; je crois qu&rsquo;il y a eu un mouvement simultan&eacute;, un d&eacute;sir unique. Puis, son front contre le mien, des flots de pens&eacute;es.))<br /><br />Oui, c&rsquo;est bien vous, et la lune est pleine aujourd&rsquo;hui.<br /><br />Le r&eacute;veil a sonn&eacute;.<br />
<p align="center">[A suivre&hellip;]</p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 21 Feb 2006 19:00:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-1939194.html</guid>
                <category>Essais</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-1939194-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Courrier du cur]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-1862605.html</link>        <description><![CDATA[Le th&egrave;me de <a target="_blank" href="http://coitus.impromptus.free.fr/">Co&iuml;tus Impromptus</a>, cette semaine, est <em>Courrier du c&oelig;ur (adressez une lettre d'affection/admiration/amiti&eacute;/amour &agrave; un autre participant du Co&iuml;tus)</em>.<br /><br />J&rsquo;avais &eacute;crit un texte sans songer un instant que sa destinatrice n&rsquo;est pas participante. Pour &eacute;viter qu&rsquo;il s&rsquo;&eacute;gare, le voici :<br /><blockquote><strong>V</strong>alentin va venir, Valentin a r&ecirc;v&eacute; ton sein<br /><strong>A</strong>mie amoureuse d&rsquo;Amant, ton &acirc;me en &eacute;moi<br /><a target="_blank" href="http://amoursbruxelloises.over-blog.org/"><strong>L</strong>ig&eacute;rienne</a> la Lune pleine au dessus du toit<br /><strong>E</strong>ph&eacute;m&egrave;res effusions effac&eacute;es le matin<br /><br /><strong>N</strong>uit de nudit&eacute; nos amours libertins<br /><strong>T</strong>endres mots tenus &agrave; mi-voix<br /><strong>I</strong>magine loup gris une nuit sous ton toit<br /><strong>N</strong>e me dis rien je t&rsquo;aimerai c&acirc;lin</blockquote>]]></description>
        <pubDate>Mon, 13 Feb 2006 15:00:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-1862605.html</guid>
                <category>Essais</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-1862605-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Blanche]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-1518236.html</link>        <description><![CDATA[Un autre r&ecirc;ve du Nouvel an...<br /><br /><blockquote>Dans une chambre &agrave; deux lits de la villa de mes parents est allong&eacute;e une jeune fille v&ecirc;tue d&rsquo;une chemise de nuit &eacute;tincelante, la peau blanche sur des draps blancs.  C&rsquo;est elle que je surnommais &laquo;&nbsp;Blanche&nbsp;&raquo;, le premier amour de mes 17 ans, dont la virginit&eacute; &eacute;tait promise &agrave; un mariage en blanc. (Je n&rsquo;aimais pas la sonorit&eacute; du pr&eacute;nom que lui avait donn&eacute; son p&egrave;re, un Autrichien converti au nazisme, bien qu&rsquo;elle f&ucirc;t n&eacute;e apr&egrave;s guerre.)<br /><br />C&rsquo;est elle, je n&rsquo;en doute pas, avec ses grands cheveux noirs mais un autre visage, une bouche sensuelle, de celles qui me faisaient peur car je les croyais d&eacute;voratrices et capables de me faire perdre raison &mdash; mon fonds de commerce amoureux.<br /><br />Blanche dort les l&egrave;vres entrouvertes et son souffle est &agrave; peine perceptible.  Bient&ocirc;t je poserai mes l&egrave;vres sur les siennes, ce sera l&rsquo;explosion du d&eacute;sir et le d&eacute;part d&rsquo;une vie.  Elle attend mes l&egrave;vres et mon sexe, car elle n&rsquo;en a cure d&rsquo;attendre <em>ihren guten Julien</em> comme une morte vivante drap&eacute;e dans le catholicisme.<br /><br />La chambre d&rsquo;&agrave; c&ocirc;t&eacute; est celle de ma m&egrave;re. L&rsquo;absence de mon p&egrave;re est significative. Ma m&egrave;re, je voudrais qu&rsquo;elle entende le petit cri de surprise et de plaisir que Blanche poussera au moment o&ugrave; je serai devenu un homme. Mais, pour le moment, mon sexe est encore dans la candeur, celle d&rsquo;un nouveau-n&eacute;&nbsp;; il me faudra d&rsquo;abord go&ucirc;ter jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ivresse le souffle de la jeune fille.<br /><br />Et puis, ce r&ecirc;ve n&rsquo;a ni queue ni t&ecirc;te car je dois bient&ocirc;t partir&nbsp;: mon train est &agrave; 10h25 et je lis 10h00 sur la montre J&auml;ger Lecoultre en inox offerte par mon p&egrave;re.  (Il m&rsquo;a dit qu&rsquo;il l&rsquo;avait port&eacute;e dans son slip pour passer la douane de Suisse en France&nbsp;; tout cela manque de go&ucirc;t, mais pas de sens&hellip;) La J&auml;ger des couilles paternelles m&rsquo;intime donc de partir &mdash; les vacances sont termin&eacute;es &mdash; mais la vie est l&agrave;, sur les l&egrave;vres entrouvertes d&rsquo;une oie blanche. Et ma m&egrave;re qui s&rsquo;inqui&egrave;te &agrave; c&ocirc;t&eacute;.<br /><br />J&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;oublier le train et de rester un jour de plus. Blanche sourit d&rsquo;une feinte innocence en devinant, sous le pyjama, un sexe qui ose enfin se dresser.</blockquote>]]></description>
        <pubDate>Tue, 03 Jan 2006 18:01:13 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-1518236.html</guid>
                <category>Essais</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-1518236-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[Atelier d'écriture]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-1145789.html</link>        <description><![CDATA[<blockquote><b>A</b>u premier mot premier tracé<br><b>T</b>races et tourbillons<br><b>E</b>motions<br><b>L</b>e lien, vite, du lien à la ligne<br><b>I</b>mages chuchotées, projetées dans des interstices<br><b>E</b>t les fils invisibles de nos pensées<br><b>R</b>etour<br><br><b>D</b>abord il va falloir ranger tout cela<br><b>E</b>crire, élargir, étirer, élaguer<br><b>C</b>ar les mots, une fois posés<br>sen<b>R</b>acinent<br><b>I</b>ls cherchent des appuis, des points et des virgules<br>du <b>T</b>exte travaillé, raccommodé<br><b>U</b>ne voix posée, pesée sur la pensée<br><b>R</b>etour<br><b>E</b>motions</blockquote>]]></description>
        <pubDate>Sat, 05 Nov 2005 00:00:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-1145789.html</guid>
                <category>Essais</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-1145789-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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