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    <title><![CDATA[Fils invisibles (Sexe)]]></title>
    <link>http://www.fils-invisibles.net/categorie-219769.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Sexe&quot; du blog &quot;Fils invisibles&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Fils invisibles (Sexe)]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/categorie-219769.html</link>
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    <pubDate>Mon, 19 Oct 2009 06:47:35 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Mon, 19 Oct 2009 06:47:35 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010, Julien Lem</copyright>            <category>Sexe</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Rêve d'automne]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-15440065.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    Ils sont restés longtemps enlacés, debout, elle entièrement recouverte de laine, pantalons et chaussettes. Elle demande sa chaleur, la tête contre son épaule&nbsp;; son amour, son amitié. Il
    voudrait avoir mille mains pour la toucher en entier, les mamelons à travers le pull, la rencontre de sa peau sur ses hanches, la vie de son sexe à travers le vêtement pendant qu’il frotte son
    museau entre ses seins (tu es belle en hiver, belle en été, les saisons ne se feront plus attendre et je serai ton confident, ton soutien, ton amant chaque fois que tu m’appelleras).<br>
    <br>
    Leurs lèvres et leurs langues ont joué à se mouiller, se goûter, se prendre et échapper aux morsures pour rire jusqu’à ce qu’elles renoncent à la victoire et qu’il ait envie de la contempler,
    silencieuse sous la lumière rougeoyante du feu, offerte à l’impudeur de son regard et de doigts qui écartent les plis secrets.<br>
    <br>
    Plus tard ils sont allongés sous une épaisse couverture, lui blotti contre elle, innocemment réunis comme une sœur et son frère au milieu d’un bivouac. Il ne faut pas que les autres s’aperçoivent
    que leurs sexes se sont rencontrés. Elle le caresse tendrement. Il retient son souffle quand elle en serre la racine en se cambrant imperceptiblement, elle aime sentir la palpitation de sa verge
    et l’ivresse presque liquide du gland égaré tout près de sa matrice. Ils s’abandonnent sagement, sans bruit, à ce plaisir secret.<br>
    <br>
    Quand il a pris ses poignets elle s’est doucement laissée posséder.
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 27 Oct 2007 14:39:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-15440065.html</guid>
                <category>Sexe</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-15440065-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Deux Polonaises]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-5599738.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <strong>Sur une tonalité mineure</strong><br>
    <br>
    Elle avait 25 ans et moi 15.<br>
    <blockquote>
      —&nbsp;J’ai son adresse. Je suis allé vérifier dimanche dernier, son nom est bien sur la sonnette de l’immeuble.<br>
      —&nbsp;Tu es sûr qu’elle vit seule&nbsp;?<br>
      —&nbsp;Bah, qu’est-ce qu’on risque&nbsp;? On a bien le droit d’aller rendre visite à sa prof de math, un dimanche après-midi&nbsp;!<br>
      —&nbsp;Euh…<br>
      —&nbsp;Tu crois qu’elle vit seule&nbsp;?<br>
      —&nbsp;Bah, qu’est-ce qu’on risque&nbsp;? On a bien le droit d’aller rendre visite à sa prof de math, un dimanche après-midi&nbsp;!<br>
      —&nbsp;Euh…<br>
      —&nbsp;J’achèterai des fleurs.<br>
      —&nbsp;Et moi une bouteille. Voyons…&nbsp;De la Chartreuse verte&nbsp;?<br>
      —&nbsp;La jaune est moins forte.<br>
      —&nbsp;Va pour la jaune. Moi je vais chercher un cadeau. Un livre&nbsp;?<br>
      —&nbsp;Une boîte de chocolats. Sans liqueur, des fois qu’elle ne boirait pas d’alcool…<br>
      —&nbsp;Une Polonaise qui ne boit pas d’alcool&nbsp;? Tu rigoles, sans charre&nbsp;!<br>
      —&nbsp;C’est sûr qu’elle nous saoûle avec la géométrie analytique. Pfff…&nbsp;Toi qui as de bonnes notes en math, tu parleras dans l’interphone après qu’on ait sonné.<br>
      —&nbsp;Ah, et on va faire la liste des sujets de discussion. Surtout pas de politique avec une immigrée. Le tourisme dans la région, les films qu’on a vus au club…<br>
      —&nbsp;Les fleurs. Moi j’aimerais lui parler des fleurs.<br>
      —&nbsp;T’es pédé ou quoi&nbsp;?
    </blockquote>Je n’étais pas premier en math mais le premier de la classe n’était pas dans le coup. Nous étions trois à comploter une visite impromptue chez la jeune prof qui hantait nos
    existences grises de pensionnaires libidineux. Elle était apparue un matin de septembre, comme une pépite d’or au milieu des galets, vêtue d’une blouse blanche («&nbsp;et rien dessous&nbsp;»
    affirmait Bruno), sa longue chevelure blonde sagement maintenue par une barrette rouge… Elle nous avait mitraillés de son regard bleu puis avait écrit un nom imprononçable sur le tableau
    noir&nbsp;: Irène A.<br>
    <br>
    Pour moi elle était <em>die schönste Lorelei</em> qu’on chantait en classe d’allemand. Assise sur son rocher, elle attendait que nous fassions naufrage. Mais j’étais assez bon navigateur en
    algèbre et même en théorie des ensembles. Assis au premier rang, comme le premier de la classe dont je briguais le titre, je ne la quittais pas des yeux pendant toute l’heure. Elle non plus ne
    nous lâchait jamais. Les bavards étaient impitoyablement pris en flagrant délit car au moindre bruit elle se retournait vers nous comme une patineuse dans une pirouette de haut niveau.<br>
    <br>
    Les objets mathématiques devenaient autant de formules d’envoûtements en passant par sa bouche. Sa bouche, j’aurais aimé… Ses petits seins se gonflaient de colère, à chaque mot, pointant sous la
    blouse, offerts malgré elle à notre convoitise et à nos délires nocturnes.<br>
    <br>
    Ceux qui avaient une mauvaise moyenne l’appelaient entre eux «&nbsp;La pucelle&nbsp;». Pour nous trois, le club des adorateurs, «&nbsp;Irène&nbsp;» tout simplement. Notre amour est resté
    platonique car nous avons chaque fois reporté l’expédition, n’ayant pas réussi à régler tous les détails vestimentaires et protocolaires.<br>
    <br>
    Un qui se prenait pour un intellectuel parce que son père était au Parti Communiste nous disait en ricanant&nbsp;: «&nbsp;Le con d’Irène&nbsp;». Je ne savais pas de quoi il parlait&nbsp;: c’est
    qui le <em>con</em>&nbsp;? Un jour il nous a lu un extrait&nbsp;:<br>
    <blockquote>
      Charmantes lèvres, votre bouche est pareille à celle d’un visage qui se penche sur un dormeur, non pas transverse et parallèle à toutes les bouches du monde, mais fine et longue, et cruciale
      aux lèvres parleuses qui la tentent dans leur silence, prête à un long baiser ponctuel, lèvres adorables qui avez su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti.
    </blockquote>Eh oui, c’étaient bien les lèvres de ma Polonaise surdouée. Celui qui voulait lui offrir des fleurs s’est consolé en écrivant un poème à sa gloire, qui commençait par quelque chose
    du style&nbsp;: «&nbsp;Venue des steppes du Nord de l’Europe…&nbsp;» C’était beau, bien mieux qu’Aragon.<br>
    <br>
    Un peu avant Pâques le drame est arrivé. Elle venait de rendre nos devoirs du samedi avec un barême particulièrement sévère qui flinguait nos moyennes et menaçait de redoublement les plus
    démunis. La classe grondait de colère quand elle est sortie, plus raide que jamais. Elle marchait vivement sous les arcades quand quelqu’un a crié&nbsp;: «&nbsp;Pucelle&nbsp;!&nbsp;» Elle a fait
    demi-tour, comme une particule soumise à un choc élastique, et s’est écriée&nbsp;:<br>
    <blockquote>
      —&nbsp;Qui a dit ça&nbsp;?<br>
      —&nbsp;…<br>
      —&nbsp;QUI a dit ÇA&nbsp;?
    </blockquote>Cent-vingt puceaux avaient perdu l’usage de la parole. Irène est repartie furieuse. Dix minutes plus tard, le Proviseur s’est pointé et nous a alignés pour un sermon qui ressemblait
    à une exécution capitale. Il avait décidé de coller toute la promotion pendant les trois premiers jours des congès de Pâques. Nous avions honte car il avait raison. Nous avons fait les trois
    jours, occupés par des exercices de math —&nbsp;j’adorais&nbsp;— mais le soir je rêvais d’elle, son corps nu frottant à travers la blouse sur ma bedaine. J’aurais aimé lui écrire&nbsp;:<br>
    <blockquote>
      Le guide agite son bâton, et le simoun se lève de terre, Irène se souvient soudain de l’ouragan. Le mirage apparaît, et ses belles fontaines… Le mirage est assis tout nu dans le vent pur. Beau
      mirage membré comme un marteau-pilon. Beau mirage de l’homme entrant dans la moniche. Beau mirage de source et de fruits lourds fondant. Voici les voyageurs fous à frotter leurs lèvres.
    </blockquote><br>
    <strong>Sur une tonalité majeure</strong><br>
    <br>
    Elle avait 15 ans et moi 25.<br>
    <br>
    C’était la petite sœur de l’ami polonais dont je convoitais la tendre épouse (voir <a href="http://www.fils-invisibles.net/article-4750911.html">«&nbsp;Douche brûlante dans le Marais&nbsp;»</a>).
    Ils l’hébergeaient pour qu’elle finisse son année scolaire «&nbsp;dans de bonnes conditions&nbsp;». Insoumise, insolente, elle ajoutait une louche d’insouciance à ce studio ouvert à tous les
    vents de l’amitié et des amours bizarres. Son truc à elle, c’était d’être vierge et de le proclamer bien haut. Nous étions tous fous dingues d’elle et pleins d’attention pour ce petit animal qui
    jouait avec nos désirs. Un jour j’ai trouvé en rentrant les deux femmes nues allongées sur le lit.<br>
    <blockquote>
      —&nbsp;Tu vois, Julien, c’est bien plus amusant entre femmes&nbsp;!
    </blockquote>J’étais tellement surpris par leur absence de surprise que je n’ai même pas essayé de jouer à l’homme providentiel.<br>
    <br>
    Un autre soir la petite Polonaise devait partager notre chambre, ou plutôt un tapis déroulé au sol avec quelques couvertures. Aimée et moi étions déjà couchés quand elle s’est relevée pour nous
    montrer «&nbsp;quelque chose d’extraordinaire&nbsp;»&nbsp;: elle allumait des bâtonnets d’encens et traçait des figures dans l’obscurité en les faisant tournoyer. Chaque fois qu’elle craquait une
    allumette je voyais son corps nu sous la flamme rougeoyante. Je disais&nbsp;: «&nbsp;Encore&nbsp;!&nbsp;»<br>
    <br>
    J’étais déjà près du ciel quand elle est venue s’allonger sur mon côté gauche. Je me souviens d’un fourmillement extraordinaire qui partait de mon coccys, agitait mes hanches et mon sexe pour
    remonter comme un brasier le long de mon dos. «&nbsp;Agréable et effrayant&nbsp;», comme l’écrirait mon amie lointaine. La petite Polonaise s’était enroulée dans sa couverture. Je me suis tourné
    lentement vers elle, je lui ai pris fermement la taille, j’ai pétri ses fesses et ses cuisses, frotté son dos, ébouriffé ses cheveux, mais elle est restée solidement empaquetée en poussant de
    petits gloussements de bien-être.<br>
    <br>
    Un dimanche soir elle s’est plainte de devoir se réveiller brusquement le matin pour partir à l’école.<br>
    <blockquote>
      —&nbsp;J’aimerais être réveillée doucement… (Ses yeux bleus fixés sur moi)<br>
      —&nbsp;Je peux te réveiller demain, je ferai de mon mieux.<br>
      —&nbsp;Merci&nbsp;!
    </blockquote><a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/Belles-Endormies-Yasunari-Kawabata/dp/2253029890/"><img border="0" alt="Belles endormies" src=
    "http://ec1.images-amazon.com/images/P/2253029890.08._AA240_SCLZZZZZZZ_.jpg" class="DrteTexte"></a>Tôt le matin je suis allé vers on lit et je l’y ai trouvée allongée, nue autant que moi. Je l’ai
    longtemps contemplée, mon visage à quelques centimètres de sa peau pour en saisir les odeurs et le moindre détail. (Aujourd’hui, je ne manquerais pas de penser aux <a target="_blank" href=
    "http://www.amazon.fr/Belles-Endormies-Yasunari-Kawabata/dp/2253029890/">Belles endormies</a> de Kawabata.)<br>
    <br>
    Son sexe, surtout. Le pubis d’une jeune blonde est plus nu que nature. Ses lèvres dessinaient de voluptueuses courbes, semblables aux sillons tracés par un petit bâteau sur un lac tranquille. Je
    suis remonté lentement, admirant un très fin duvet sur son ventre qui se gonflait doucement dans le sommeil. Des seins de petite sirène&nbsp;: j’ai soufflé sur chaque mamelon pour le voir se
    dresser. Ce n’était pas suffisant pour la réveiller.<br>
    <br>
    J’ai passé un doigt près de ses lèvres mais sans les toucher. Elle souriait et je n’aurais jamais voulu la déranger. Mais l’heure tournait et je ne voulais pas faillir à ma promesse. Alors j’ai
    glissé une main dans ses cheveux. Elle s’est éveillée brusquement. «&nbsp;Ah, c’est toi&nbsp;? Merci&nbsp;!&nbsp;»<br>
    <br>
    La dernière fois je me souviens qu’on était seuls et qu’elle me parlait de la bêtise de ses copains de classe.<br>
    <blockquote>
      —&nbsp;Ils me traitent de pimbèche parce que je ne couche pas&nbsp;! Mais je ferai l’amour quand j’en aurai envie, et avec un homme, un vrai, pas ces idiots.<br>
      —&nbsp;Hum. Tu sais, si tu en as envie maintenant, je pourrais…
    </blockquote>Elle a fait non avec la tête et m’a regardé contrariée. Ce jour là j’ai perdu mon job de réveille-en-douceur.<br>
    <br>
    <strong>Coda</strong><br>
    <br>
    Les Polonaises aiment les poètes un peu déjantés, pas les bons élèves…
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 10 Feb 2007 23:57:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-5599738.html</guid>
                <category>Sexe</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-5599738-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Vibration]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-5068855.html</link>        <description><![CDATA[Pour une fois, un r&ecirc;ve &eacute;rotique qui ne s&rsquo;ach&egrave;ve pas dans une br&ucirc;lante sensation de manque&hellip;<br /><br /><a href="http://fils-invisibles.over-blog.com/article-718011.html">S&eacute;verine</a> s&rsquo;est allong&eacute;e sur moi, l&eacute;g&egrave;re comme une plume, &agrave; peine prot&eacute;g&eacute;e par une tunique aux couleurs d&rsquo;automne. Elle a anesth&eacute;si&eacute; toute r&eacute;sistance (comme si j&rsquo;avais pu r&eacute;sister&nbsp;!) en m&rsquo;imposant l&rsquo;odeur ennivrante de sa nuque. Devenue torrent elle a fait de moi un lit de galets qui g&eacute;missent sous des tourbillons de d&eacute;sir. Don du plaisir, elle en conna&icirc;t les arcanes&nbsp;: voil&agrave; que nos cellules se touchent ou se mettent &agrave; vibrer de concert.<br /><br />Seules nos mains s&rsquo;agitent autour des corps momifi&eacute;s, comme quatre enfants qui feraient les fous autour d&rsquo;une procession. Les siennes dans mes cheveux. Il n&rsquo;y a aucune prise. Ma main droite essaie l&rsquo;&eacute;toffe l&eacute;g&egrave;re et la peau entrem&ecirc;l&eacute;es, le creux de ses reins, le flanc d&rsquo;une petite montagne br&ucirc;lante &mdash;&nbsp;son sein gauche &mdash; mais c&rsquo;est lui qui s&rsquo;empare de mes doigts pour leur intimer l&rsquo;ordre de pincer, de p&eacute;trir, c&rsquo;est lui qui commande la caresse&hellip; et le c&oelig;ur, l&agrave; dessous, s&rsquo;en donne &agrave; c&oelig;ur joie.<br /><br />Pourtant nous n&rsquo;avons pas quitt&eacute; cette &eacute;treinte chaste. Mon sexe &eacute;tait devenu immense, &agrave; la mesure du d&eacute;sir qui nous taquinait comme une pluie chaude de mousson, mais j&rsquo;avais l&rsquo;impression que nous y &eacute;tions blottis ensemble &mdash;&nbsp;oui, dans mon sexe, ce n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;un r&ecirc;ve&nbsp;&mdash; comme deux &eacute;cureuils dans un arbre creux.<br /><br />Puis j&rsquo;ai dormi profond&eacute;ment. Elle dormait peut-&ecirc;tre, &agrave; des milliers de kilom&egrave;tres, avec sur les l&egrave;vres un sourire que j&rsquo;ai parfois &eacute;pi&eacute; dans son sommeil.<br /><br />Tr&egrave;s t&ocirc;t le matin, Aim&eacute;e s&rsquo;est r&eacute;veill&eacute;e dans mes bras, baign&eacute;e par la vague du d&eacute;sir qui continuait &agrave; d&eacute;ferler. Elle m&rsquo;a pris en elle, laiss&eacute; venir ma jouissance, sans bruit, puis j&rsquo;ai eu cette sensation que mon arbre buvait sa propre s&egrave;ve et qu&rsquo;un plaisir d&rsquo;une nature inconnue envahissait nos corps enlac&eacute;s. Le temps s&rsquo;est arr&ecirc;t&eacute;.<br /><br />L&rsquo;image&nbsp;: ce bol chantant que je lui ai offert &agrave; No&euml;l. Avec beaucoup de patience, une fois &eacute;puis&eacute;s les harmoniques stridents et les r&acirc;clements du d&eacute;sir, un son tr&egrave;s grave venu de nulle part monte imperceptiblement jusqu&rsquo;&agrave; occuper tout le vase (soudain ridiculement petit) puis l&rsquo;espace ambiant s&rsquo;il ne rencontre pas d&rsquo;obstacle.]]></description>
        <pubDate>Sat, 30 Dec 2006 12:57:46 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-5068855.html</guid>
                <category>Sexe</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-5068855-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Douche  brûlante dans le Marais]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-4750911.html</link>        <description><![CDATA[J&rsquo;ai revu l&rsquo;accord&eacute;onniste qui jouait la 2<sup>e </sup>valse de Chopin (opus 64) &agrave; la station Concorde. Cette fois j&rsquo;ai pris le temps de l&rsquo;&eacute;couter, de le remercier et de lui glisser quelques pi&egrave;ces. Premier r&eacute;confort dans cette ville grise, un jour gris apr&egrave;s un d&eacute;je&ucirc;ner solitaire aval&eacute; de travers dans un  <em>tha&iuml;</em> minable de l&rsquo;avenue Duquesne.<br /><br />Le musicien a une bouille ronde souriante, un type &laquo;&nbsp;de l&rsquo;Est&nbsp;&raquo; sans doute. Quelle brillance, pour moi qui d&eacute;teste l&rsquo;accord&eacute;on&nbsp;!<br /><br />St Paul. J&rsquo;y viens tr&egrave;s rarement, mais il y a longtemps c&rsquo;&eacute;tait mon point de chute. Dans quelle rue habitaient ce couple d&rsquo;amis rencontr&eacute;s au bord du Gange qui nous h&eacute;bergeaient &agrave; chaque vir&eacute;e&nbsp;? D&rsquo;ordinaire mes pieds retrouvent spontan&eacute;ment les chemins battus, parfois de mani&egrave;re spectaculaire, comme les pattes d&rsquo;un chien qu&rsquo;on ne peut pas perdre, mais l&agrave;, rue de Rivoli, aucun douvenir. J&rsquo;ai trop tourn&eacute; dans ce quartier. Rien &agrave; flairer, les pistes sont brouill&eacute;es. D&eacute;&ccedil;u, je m&rsquo;engouffre rue du Pav&eacute; pour rejoindre la rue de Payenne o&ugrave; je dois visiter une galerie d&rsquo;art. Au croisement&hellip;&nbsp;rue du Roi de Sicile, c&rsquo;&eacute;tait l&agrave;, il faudra revenir voir&nbsp;! Quant &agrave; la galerie, elle n&rsquo;est pas encore ouverte et &ccedil;a m&rsquo;apprendra &agrave; ne plus porter de montre. Je fais demi-tour et p&eacute;n&egrave;tre dans un caf&eacute; proche de la synagogue.<br /><br />J&rsquo;ai l&rsquo;impression que &mdash;&nbsp;comment dire pour ne blesser personne&nbsp;? &mdash; les &laquo;&nbsp;marqueurs communautaires&nbsp;&raquo; s&rsquo;affichent avec plus de force&nbsp;: je n&rsquo;ai pas le souvenir de kippas, de barbes ni de sacoches brod&eacute;es de signes h&eacute;bra&iuml;ques. &Agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur, c&rsquo;est J&eacute;rusalem (ou ce que j&rsquo;en imagine). L&rsquo;&eacute;tablissement est d&eacute;cor&eacute; comme une librairie, avec de faux livres, mais la bedaine du patron a tout l&rsquo;air authentique. Ils sont gentils. Ils parlent des pr&eacute;paratifs d&rsquo;une f&ecirc;te&nbsp;: &laquo;&nbsp;On mettra les hommes l&agrave;-bas (au fond) et les femmes ici (pr&egrave;s de la caisse)&hellip;&nbsp;&raquo; Ah, les valeurs traditionnelles.<br /><br />Nos amis logaient donc dans un 2 pi&egrave;ces cuisine rue du Roi de Sicile. Comment ai-je pu oublier&nbsp;? Lui de mon &acirc;ge, elle quatre ans plus jeune, vingt ans &agrave; peine. Au coin de la rue, je revois Le Ravaillac, un restaurant aussi polonais que notre h&ocirc;te, o&ugrave; l&rsquo;on se gavait de <em>bitok</em> bien arros&eacute;. &Agrave; l&rsquo;autre extr&ecirc;mit&eacute; du bloc, un salon de tatouage qui n&rsquo;existait pas encore.<br /><br />Je me souviens d&rsquo;un d&icirc;ner o&ugrave; lui et moi parlions fortement de nos passions pour les voyages lointains&nbsp;; &agrave; la table voisine, un jeune mec renfrogn&eacute; nous avait invectiv&eacute;s en fin de repas&nbsp;: &laquo;&nbsp;P&rsquo;tain, &ccedil;a fait une plombe que j&rsquo;&eacute;coute vos conneries. Si vous saviez ce que &ccedil;a me donne envie de me masturber&nbsp;!&nbsp;&raquo; Lui&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Mais vas-y, mon vieux, branle-toi&nbsp;!&nbsp;&raquo; Et de m&rsquo;expliquer que &ccedil;a fait ce genre d&rsquo;effet, les amph&eacute;tamines. Lui a tout essay&eacute;, m&eacute;thodiquement, de la <em>ganja</em> &agrave; la coke par doses croissantes, en passant par le LSD. Mais il s&rsquo;est rang&eacute; dans la tradition ancestrale&nbsp;: clope et alcool.<br /><br />(Il y a quelques ann&eacute;es je l&rsquo;ai retrouv&eacute; dans l&rsquo;annuaire, devenu commer&ccedil;ant. J&rsquo;ai appel&eacute;, j&rsquo;ai entendu sa voix comme &eacute;trangl&eacute;e par un n&oelig;ud de cravate&nbsp;; on a &eacute;chang&eacute; quelques mots sans int&eacute;r&ecirc;t et j&rsquo;ai raccroch&eacute;. Pfff. Il a d&ucirc; se demander ce que je voulais.)<br /><br />Il buvait et elle prenait la pilule. Un couple bobo &agrave; l&rsquo;&eacute;poque o&ugrave; tout le monde &eacute;tait baba. Les babas, on en riait entre deux cuites de notre h&ocirc;te&nbsp;: Castaneda l&rsquo;imposteur, le plombier irlandais Lobsang Rampa, le maharishi Mahesh Yogi et son accent si dr&ocirc;le&hellip;&nbsp;Daniel Odier et les f&ecirc;l&eacute;s du tantra n&rsquo;avaient pas encore exploit&eacute; le filon.<br /><br />Elle &eacute;tait plus petite que nous, brune aux yeux noisette, la poitrine ronde. Trop ronde &agrave; mon go&ucirc;t, vu que je pr&eacute;f&eacute;rais les nymphes aux c&ocirc;tes saillantes, mais on ne choisit pas les nichons des petites amies de ses amis. Ils s&rsquo;&eacute;taient mari&eacute;s pour &eacute;pater la galerie. Elle couchait un peu, dans les moments d&rsquo;ennui, parfois m&ecirc;me avec des vieux de 30&nbsp;ans&nbsp;; lui, avec ses clientes, lorsque l&rsquo;occasion se pr&eacute;sentait.<br /><br />Il &eacute;tait rare que nous leur rendions visite ensemble car il nous fallait alterner les s&eacute;jours &agrave; Paris pour des raisons de garde de chien. Chacun de nous avait donc un rapport privil&eacute;gi&eacute; avec le couple. &Agrave; cette &eacute;poque, le mot &laquo;&nbsp;&eacute;changisme&nbsp;&raquo; ne faisait pas partie du vocabulaire, mais du d&eacute;sir flottait au d&eacute;tour des mots ou des regards. Nous &eacute;tions beaux, insolents, tranquilles et sans aucune crainte.<br /><br />Il nous expliquait, tr&egrave;s prof d&rsquo;ethno&nbsp;: &laquo;&nbsp;Le Marais est une m&eacute;diterran&eacute;e, une sorte de <em>melting pot</em> juif-arable.&nbsp;&raquo; Il nous racontait les blagues qu&rsquo;on entendait dans les magasins, celles de communaut&eacute;s toujours pr&ecirc;tes &agrave; rire d&rsquo;elles-m&ecirc;mes et de leurs diff&eacute;rences. Il &eacute;tait clair que l&rsquo;humanit&eacute; venait d&rsquo;entrer dans une &egrave;re nouvelle d&rsquo;apaisement, de justice, de progr&egrave;s mat&eacute;riel, et que tous les religieux allaient se noyer dans l&rsquo;eau b&eacute;nite et les cons dans le ridicule, en d&eacute;pit des niaiseries d&eacute;bit&eacute;es par Malraux. Les filles auraient toujours envie de faire l&rsquo;amour, pas la lessive, mais ce n&rsquo;est pas si grave, tu reprendras du caf&eacute;&nbsp;?<br /><br />Pour le <em>melting pot</em>, je jette un coup d&rsquo;&oelig;il dans la rue et j&rsquo;ai subitement l&rsquo;impression de vivre un mauvais r&ecirc;ve.<br /><br />Le t&eacute;l&eacute;phone a sonn&eacute; pendant qu&rsquo;elle prenait sa douche dans la cuisine. Elle est entr&eacute;e ruisselante dans le salon et s&rsquo;est agenouill&eacute;e au bout du canap&eacute; o&ugrave; je faisais semblant de dormir. Sa meilleure copine&nbsp;: &laquo;&nbsp;Ah, c&rsquo;est toi&nbsp;!&nbsp;&raquo; J&rsquo;ai ramp&eacute; vers ses cuisses, frott&eacute; mon nez contre la touffe couverte de ros&eacute;e ti&egrave;de et tendu mes l&egrave;vres comme un oisillon dans le nid. La conversation est devenue tr&egrave;s anim&eacute;e. Elle riait, je ne sais si c&rsquo;&eacute;tait &agrave; cause de moi ou de son interlocutrice &mdash;&nbsp;peut-&ecirc;tre les deux mais je n&rsquo;avais pas envie de savoir &mdash; quand elle a sembl&eacute; chercher un peu de stabilit&eacute; en &eacute;cartant les genoux, c&eacute;dant le passage &agrave; la voracit&eacute; du jeune loup.<br /><br />Sa bouche qui rit, les l&egrave;vres d&rsquo;en bas qui se pr&ecirc;tent aux morsures et aux visites de ma langue, ses mamelons qui roulent entre mes doigts, dress&eacute;s par les gicl&eacute;es impudiques de la douche&hellip; Elle parle fort, respire, soupire, feint de ne pas me remarquer tout en m&rsquo;offrant un d&eacute;luge au go&ucirc;t de savonnette et de d&eacute;sirs m&eacute;lang&eacute;s. Vivent les femmes qui prennent la pilule, pr&ecirc;tes &agrave; jouir, pendant que lui cuve sa vodka en r&ecirc;vant &agrave; ses prochaines conqu&ecirc;tes.<br /><br />Il me disait&nbsp;: &laquo;&nbsp;On est des chiens. D&egrave;s que je monte dans une rame de m&eacute;tro, je cherche la fille la plus baisable et je ne la quitte pas des yeux jusqu&rsquo;&agrave; la descente.&nbsp;&raquo; On &eacute;tait des chiens. Je suis toujours un chien, avec juste un peu de poil gris sur l&rsquo;encolure. En tout cas, j&rsquo;ai continu&eacute; &agrave; l&eacute;cher sa chienne, jolie brune &agrave; la poitrine trop ronde qui s&rsquo;abandonnait aux fantaisies de mes mains.<br /><br />Apr&egrave;s avoir raccroch&eacute; elle est repartie &agrave; la cuisine finir sa douche.]]></description>
        <pubDate>Thu, 30 Nov 2006 21:59:45 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-4750911.html</guid>
                <category>Sexe</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-4750911-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[Marie-Ange]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2336491.html</link>        <description><![CDATA[J&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; prononc&eacute; son nom au d&eacute;but d&rsquo;une <a target="_blank" href="http://fils-invisibles.over-blog.com/article-709041.html">autre histoire</a>, mais sa pr&eacute;sence &eacute;tait si forte hier soir que je ne peux pas parler d&rsquo;autre chose que de notre rencontre. Marie-Ange incarne une de mes plus belles relations d&rsquo;amiti&eacute; amoureuse, la seule peut-&ecirc;tre pour laquelle je n&rsquo;&eacute;prouve ni regret ni nostalgie.<br /><br /><a target="_blank" href="http://espace-prive.over-blog.com/">Madison</a> a &eacute;crit en conclusion d&rsquo;un &eacute;mouvant r&eacute;cit de <a target="_blank" href="http://mythicmaylis.blogspirit.com/archive/2006/03/31/l-ivoire-et-l-ebene-suite.html">Maylis</a>&nbsp;:<br /><blockquote>Je pense que c&rsquo;est &agrave; &ccedil;a qu&rsquo;on mesure l&rsquo;amour&hellip; c&rsquo;est que, m&ecirc;me fini, m&ecirc;me s&rsquo;il y a eu des moments douloureux, il ne laisse que de bons souvenirs&hellip;</blockquote>Avec Marie-Ange il n&rsquo;y a eu qu&rsquo;un petit passage douloureux.<br /><br />Pour situer un peu l&rsquo;action, mettons que &ccedil;a s&rsquo;est pass&eacute; dans mon &laquo;&nbsp;Afrique lointaine&nbsp;&raquo; en des &laquo;&nbsp;temps anciens&nbsp;&raquo;.&nbsp;;-) Marie-Ange y &eacute;tudiait la danse et je m&rsquo;adonnais &agrave; l&rsquo;une des passions qui forment la mosa&iuml;que de ma vie professionnelle. Nous nous sommes vus presque quotidiennement pendant plus de cinq ans car, au d&eacute;but, elle &eacute;tait la petite amie de Jack, mon coll&egrave;gue de travail &mdash; le m&ecirc;me qui avait propos&eacute; &agrave; <a target="_blank" href="http://www.fils-invisibles.net/article-2266802.html">Melinda</a> une partie triangulaire sans suite. Je ne sais pas si Jack &eacute;tait partageur. Jamais la question ne s&rsquo;est pos&eacute;e de &laquo;&nbsp;partager&nbsp;&raquo; Marie-Ange pour la simple raison que, pendant tout le temps de leur vie commune, ni elle ni moi n&rsquo;avons jamais laiss&eacute; appara&icirc;tre la moindre attirance.  Elle &eacute;tait belle comme le sont parfois les danseuses&nbsp;: un corps souple et v&eacute;nusien, un visage, un regard, un nez d&rsquo;une extraordinaire finesse et des l&egrave;vres que je ne suis pas pr&ecirc;t d&rsquo;oublier.<br /><br />Marie-Ange, c&rsquo;&eacute;tait aussi un c&oelig;ur immense qui apportait beaucoup &agrave; Jack, vieux c&eacute;libataire renfrogn&eacute; au moment de leur rencontre. Je me souviens de sa fureur le jour o&ugrave; elle lui a avou&eacute; avoir offert &agrave; un mendiant les &eacute;conomies de toute une semaine, simplement parce qu&rsquo;elle avait craqu&eacute; face &agrave; son regard.  Cette bont&eacute; qui &eacute;manait de Marie-Ange &eacute;tait une des raisons pour lesquelles je respectais sa fid&eacute;lit&eacute; apparente &mdash; ou sa discr&eacute;tion&nbsp;? Je n&rsquo;aurais pas voulu ternir sa relation avec Jack. Mais je n&rsquo;avais pas beaucoup de m&eacute;rite, car il y avait bien d&rsquo;autres raisons que d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;es, dont une qui s&rsquo;appellait <a target="_blank" href="http://fils-invisibles.over-blog.com/article-818683.html">Grietje</a> et bien d&rsquo;autres, sans oublier que la reine des reines &eacute;tait ma compagne l&eacute;gitime.<br /><br />Jack s&rsquo;est &eacute;loign&eacute; de Marie-Ange pour &eacute;pouser une femme &laquo;&nbsp;locale&nbsp;&raquo;. Son histoire romantique et cocasse a m&ecirc;me &eacute;t&eacute; le sujet d&rsquo;un reportage sur une cha&icirc;ne t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e fran&ccedil;aise.  Il n&rsquo;a donc pas quitt&eacute; Marie-Ange par d&eacute;samour mais par n&eacute;cessit&eacute;. Elle s&rsquo;est longtemps pr&eacute;par&eacute;e &agrave; cette s&eacute;paration. D&rsquo;ailleurs je ne pense pas qu&rsquo;ils aient jamais pens&eacute; former un couple. Ils vivaient ensemble pour des raisons &eacute;conomiques et pour des passions artistiques communes, sans oublier que, me disait Jack avant leur s&eacute;paration, <em>she&rsquo;s fabulous in love making</em>.<br /><br />Notre courte histoire commence donc la quatri&egrave;me ann&eacute;e, un mois avant la s&eacute;paration officielle de Jack et Marie-Ange. Je les accompagne &agrave; une station de montagne o&ugrave; nous sommes charg&eacute;s de r&eacute;server une location pour tout un groupe d&rsquo;amis pendant la saison des pluies. Dans le train, Jack pique une col&egrave;re parce que Marie-Ange a profit&eacute; de son absence pour jeter par la fen&ecirc;tre la r&eacute;serve de <em>ganja</em> qu&rsquo;il avait pr&eacute;par&eacute;e pour le week-end. &laquo;&nbsp;J&rsquo;en ai marre de vivre avec un drogu&eacute;&nbsp;&raquo;, lui lance-t-elle sur le ton de la moquerie. Quelques heures plus tard, nous sommes &agrave; la montagne, transis de froid. Je les ai laiss&eacute;s seuls pendant un bon moment, &agrave; me geler les couilles au village, pendant qu&rsquo;ils &laquo;&nbsp;essaient la chambre&nbsp;&raquo;. Je ne sais plus de quoi nous avons d&icirc;n&eacute;. En tout cas, Jack a retrouv&eacute; le sourire gr&acirc;ce au talent de Marie-Ange. Nous bavardons un peu, la nuit venue, puis nous allons nous blottir ensemble sur un grand lit, car nous ne sommes pas &eacute;quip&eacute;s pour un tel froid.<br /><br />C&rsquo;est une situation int&eacute;ressante.  Il ne m&rsquo;est jamais venue &agrave; l&rsquo;id&eacute;e, avant que nous partagions ce lit, que Marie-Ange pourrait &eacute;prouver l&rsquo;envie d&rsquo;&ecirc;tre proche des deux amis qui l&rsquo;accompagnent ce week-end.  Je ne pense pas non plus qu&rsquo;elle ait pr&eacute;m&eacute;dit&eacute; quoi que ce soit, il n&rsquo;y a eu entre nous aucune parole ni regard complice. Mais le fait est qu&rsquo;elle se trouve maintenant allong&eacute;e entre deux m&acirc;les &agrave; qui elle demande de lui tenir chaud . On est en droit de se demander si c&rsquo;est seulement une question de calories vu qu&rsquo;elle n&rsquo;a gard&eacute; qu&rsquo;un t-shirt. Jack n&rsquo;a pas tard&eacute; &agrave; s&rsquo;endormir. C&rsquo;est bien pratique que les hommes s&rsquo;endorment si vite apr&egrave;s l&rsquo;amour, et encore mieux qu&rsquo;ils ronflent un peu pour signaler qu&rsquo;ils ont baiss&eacute; la garde.<br /><br />Moi qui ne suis pas du tout frileux, je me blottis aussi contre Marie-Ange, couch&eacute;e &agrave; ma gauche, le dos tourn&eacute;. J&rsquo;ai beau faire l&rsquo;innocent et ne penser &agrave; rien, ma main droite sur sa hanche est devenue br&ucirc;lante. Elle n&rsquo;a pas trembl&eacute; quand je me suis c&acirc;l&eacute; contre elle en repliant mes genoux sous ses cuisses, bien qu&rsquo;elle ait senti la pression d&rsquo;un sexe tout naturellement dress&eacute;. Elle m&rsquo;a r&eacute;pondu par une tr&egrave;s fine ondulation de la taille. Ma main a gliss&eacute; sur la cuisse nue, gris&eacute;e par la douceur de sa peau, puis elle est remont&eacute;e sur sa croupe en retroussant son v&ecirc;tement. Ce sont des caresses sensuelles et amicales, exceptionnelles parce que la situation est exceptionnelle&hellip; Marie-Ange se sent en pleine confiance.<br /><br />Apr&egrave;s le ventre que je sens vibrer, ma main a fouill&eacute; un court instant la toison de son pubis, sans descendre jusqu&rsquo;au sexe que je crois enti&egrave;rement apais&eacute;. Je l&rsquo;ai serr&eacute;e un peu plus fort pour donner &agrave; ma main l&rsquo;excuse de remonter sous le t-shirt et de recouvrir un sein &agrave; la pointe dress&eacute;e. Ce n&rsquo;est pas une poitrine de danseuse mais plut&ocirc;t celle d&rsquo;une de ces g&eacute;n&eacute;reuses d&eacute;esses couvertes de fleurs qu&rsquo;on asperge de lait dans les temples.<br /><br />Nous avons atteint une intimit&eacute; parfaitement accord&eacute;e avec nos sentiments. Comme des enfants, le sommeil nous a emport&eacute;s imm&eacute;diatement.  Je n&rsquo;ai pas le souvenir d&rsquo;avoir ressenti un manque apr&egrave;s cette nuit sensuelle dans le silence hivernal.<br /><br />Quelques mois plus tard Marie-Ange est s&eacute;par&eacute;e de Jack. Il est all&eacute;, comme pr&eacute;vu, passer l&rsquo;&eacute;t&eacute; dans la maison que nous avons lou&eacute;e, mais nous ne l&rsquo;avons pas suivi.  Elle est partie dans une autre direction, un village de montagne fr&eacute;quent&eacute; par des moines et des touristes d&eacute;sargent&eacute;s.  Il n&rsquo;y avait rien de pr&eacute;m&eacute;dit&eacute; au fait que je suis all&eacute; passer deux semaines dans le m&ecirc;me village. Nous n&rsquo;&eacute;tions pas au m&ecirc;me h&ocirc;tel. J&rsquo;avais besoin de longues promenades solitaires en for&ecirc;t et de m&eacute;ditations &agrave; proximit&eacute; des temples. En fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi, lorsque le soleil d&eacute;clinait, je passais la voir &agrave; son h&ocirc;tel.  Je la trouvais toujours dans sa chambre, allong&eacute;e sur le lit comme une princesse orientale, et je me posais dans un fauteuil en face d&rsquo;elle. Nous parlions &agrave; c&oelig;ur ouvert pendant des heures. Elle me racontait ses d&eacute;boires avec la vie artistique (son cours de danse &eacute;tait une catastrophe), sa d&eacute;ception avec un artiste qui se faisait passer pour un ma&icirc;tre spirituel (mais qui, elle avait fini par l&rsquo;admettre, avait surtout envie de coucher avec elle), sa tristesse de quitter Jack, lequel avait quand m&ecirc;me bien de la chance de suivre son propre chemin. Elle avait d&eacute;cid&eacute; de rentrer en France, apr&egrave;s sept ou huit ans de s&eacute;jour ici, bien qu&rsquo;elle n&rsquo;ait aucun projet en France.  Nous parlions philosophie, de la vie, des sensations qui nous permettent de nous orienter dans l&rsquo;obscurit&eacute; du d&eacute;sir, et, je me souviens, de ces intuitions fulgurantes qui nous font paradoxalement nous sentir libres aux moments o&ugrave; l&rsquo;on n&rsquo;a pas le choix.<br /><br />Nous &eacute;tions bien dans ces rencontres quotidiennes. Je me souviens de son rire. Ami-amie, fr&egrave;re-s&oelig;ur&nbsp;? Aucun d&eacute;sir exprim&eacute; en surface.  Ou plut&ocirc;t, nos d&eacute;sirs existaient, ils &eacute;taient m&ecirc;me la seule raison de nous revoir, mais les instruments n&rsquo;&eacute;taient pas encore accord&eacute;s. &Agrave; vrai dire, j&rsquo;&eacute;tais d&eacute;j&agrave; dans l&rsquo;univers de Grietje, bien que le choc de notre rencontre n&rsquo;ait pas encore eu lieu. Quant &agrave; Marie-Ange, elle s&rsquo;effor&ccedil;ait, dans ces chastes rencontres, d&rsquo;&eacute;vacuer l&rsquo;amertume d&rsquo;une histoire &laquo;&nbsp;sans lendemain&nbsp;&raquo; avec un artiste mari&eacute; &agrave; une Irlandaise qui n&rsquo;avait pas une vision tr&egrave;s libertaire du couple. Elle avait re&ccedil;u de nombreuses charges de haine de la femme humili&eacute;e, amplifi&eacute;es par les regards d&eacute;sapprobateurs/jaloux du microcosme d&rsquo;expatri&eacute;s dans lequel nous vivions. <br /><br />Quelques semaines plus tard, Marie-Ange accomplit les derni&egrave;res formalit&eacute;s avant son d&eacute;part d&eacute;finitif. Elle a demand&eacute; l&rsquo;hospitalit&eacute; chez nous, n&rsquo;ayant plus de logement, et nous l&rsquo;avons accueillie malgr&eacute; l&rsquo;exigu&iuml;t&eacute; du n&ocirc;tre. C&rsquo;est la p&eacute;riode caniculaire de la saison s&egrave;che. Le seul moyen de survivre est de s&rsquo;habiller d&rsquo;un simple rectangle de coton et de passer sous la douche entre deux su&eacute;es. Notre salle de bains toute simple avait une poire &agrave; douche au plafond et un &eacute;coulement sur toute la surface.<br /><br />Un jour, je trouve les deux femmes ensemble sous la douche et je me joins &agrave; elles. Sc&egrave;ne paradisiaque, jeux d&rsquo;eau, jeux de mains. Aim&eacute;e nous laisse seuls sous un pr&eacute;texte quelconque. Nous jouons &agrave; chacun-savonne-l&rsquo;autre comme des enfants pas sages. Je me souviens d&rsquo;avoir longuement frott&eacute; et caress&eacute; ses &eacute;paules, son long coup qui s&rsquo;inclinait pour sentir un peu plus de mes mains, les lobes d&rsquo;oreilles qui aiment tant les morsures. Puis la lente descente sur ses seins, surtout ne pas manquer le moindre carr&eacute; de peau, si douce et si ferme, faire semblant de ne pas remarquer un mamelon qui se dresse entre les doigts, revenir quand m&ecirc;me dessus, comme si on avait oubli&eacute;, descendre sur les hanches. Tout est calcul&eacute; pour arriver &agrave; court de savon au bon endroit. Alors je frotte la savonnette sur sa toison pubienne et j&rsquo;y reviens inlassablement quand sa peau devient moins glissante.  Encore un peu de savon, je sens ses jambes fl&eacute;chir un peu, laissant le passage &agrave; une main pr&eacute;tenduement maternelle qui glisse &agrave; la surface de son sexe pour aller chercher la racine, l&rsquo;entr&eacute;e cach&eacute;e, et s&rsquo;en revient sur les l&egrave;vres soudain &eacute;closes. Sensation d&rsquo;onctuosit&eacute; qui pourrait se passer de savon, mais j&rsquo;en ajoute encore comme si je n&rsquo;avais rien remarqu&eacute;, car voil&agrave; qu&rsquo;elle s&rsquo;est mise &agrave; accompagner mon geste, offrant &agrave; ma main une caresse voluptueuse pendant que l&rsquo;eau continue &agrave; ruisseler sur ses seins, son visage&hellip; Ses l&egrave;vres qu&rsquo;elle me donne &agrave; boire alors que mes mains la pressent contre moi et mon arbre s&rsquo;est mis &agrave; savonner sa fleur ouverte.  Puis c&rsquo;est son tour de me laver. Elle ne n&eacute;glige rien, comme si cette intimit&eacute; &eacute;tait convenue de longue date entre nous. Enfin, nous rin&ccedil;ons soigneusement ce savon qui n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;un pr&eacute;texte et nous nous s&eacute;chons mutuellement, bien que ce soit inutile par une telle temp&eacute;rature, mais c&rsquo;est encore l&rsquo;occasion de jouer avec d&rsquo;autres sensations.<br /><br />Le m&ecirc;me soir nous nous sommes allong&eacute;s t&ocirc;t sur le grand lit qui occupait toute la pi&egrave;ce. Marie-Ange repartait le lendemain. Cette fois, c&rsquo;est l&rsquo;homme qui est entour&eacute; de deux femmes, et l&rsquo;homme c&rsquo;est moi, pardi. Cette fois il fait tr&egrave;s chaud. Je crois me souvenir (mais c&rsquo;est peut-&ecirc;tre un fantasme) d&rsquo;une lueur de bougie ou de lampe &agrave; p&eacute;trole qui papillotait sur nos peaux nues. Nos mains se rencontrent souvent, nos l&egrave;vres aussi de temps en temps. Jack m&rsquo;avait &laquo;&nbsp;mis en garde&nbsp;&raquo;, un peu choqu&eacute;, que sa compagne &eacute;tait bisexuelle, ce qui m&rsquo;avait bien fait rire.<br /><br />La lumi&egrave;re &eacute;teinte, Marie-Ange me dit doucement&nbsp;:<br /><blockquote>&mdash;&nbsp;Toi et moi sommes tellement proches, je crois qu&rsquo;un jour nous ferons l&rsquo;amour.<br />&mdash;&nbsp;Oui, un jour sans doute&hellip;</blockquote>J&rsquo;ai pass&eacute; mon bras autour de son &eacute;paule, caress&eacute; son cou toujours aussi souple, elle s&rsquo;est allong&eacute;e sur le ventre et je masse l&eacute;g&egrave;rement son dos. Mes mains descendent sur sa taille puis prennent ses fesses. &Agrave; ce moment je sens ses hanches bouger et je retrouve la m&ecirc;me ondulation que sous la douche. Ma main glisse doucement &agrave; la rencontre d&rsquo;un volcan en activit&eacute;. C&rsquo;est elle qui caresse mes doigts avec son sexe.  Je m&rsquo;allonge sur elle pour glisser mon arbre pr&egrave;s de l&rsquo;entr&eacute;e de la grotte br&ucirc;lante.  Soudain c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;ruption alors que je n&rsquo;ai m&ecirc;me pas franchi la porte&hellip;  Marie-Ange crie de plaisir, s&rsquo;apaise, puis nous explique calmement qu&rsquo;elle &eacute;tait terriblement en manque, n&rsquo;ayant pas fait l&rsquo;amour depuis son aventure interrompue.<br /><br />&Agrave; pr&eacute;sent elle s&rsquo;est allong&eacute;e entre nous. Ma reine nous a pr&eacute;par&eacute; de la gel&eacute;e contraceptive au cas o&ugrave;&hellip;  Marie-Ange l&rsquo;applique puis elle m&rsquo;invite &agrave; venir en elle. Comme si toutes les gouttelettes de d&eacute;sir en suspension dans l&rsquo;air se condensaient brusquement dans un orage de plaisir &mdash; c&rsquo;est une ivresse totale qui s&rsquo;empare de ma raison, dont aucun mot ne pourrait retourner la moindre saveur.<br /><br />J&rsquo;ai perdu conscience du lieu et des acteurs apr&egrave;s un tel &eacute;blouissement. Est-ce pour cela que je me suis r&eacute;fugi&eacute; dans les bras d&rsquo;Aim&eacute;e&nbsp;? Pour Marie-Ange c&rsquo;est comme un nouvel abandon. En fait, je n&rsquo;ai pas su vivre avec elle cette relation inclusive que je d&eacute;couvrirai bien plus tard (voir <a target="_blank" href="http://www.fils-invisibles.net/article-1850370.html">&laquo;&nbsp;J&rsquo;aime ce(ux) qu&rsquo;elle aime&nbsp;&raquo;</a>). Le lendemain, elle me fait part de la solitude et de la d&eacute;tresse qu&rsquo;elle a ressenties pendant la nuit.<br /><br />J&rsquo;ai revu Marie-Ange encore une fois dans le m&ecirc;me village de montagne o&ugrave; elle a d&eacute;cid&eacute; de passer la derni&egrave;re semaine de son s&eacute;jour.  C&rsquo;&eacute;tait ma premi&egrave;re sortie seul avec Grietje. Nous avons appris, je ne sais plus comment, &agrave; quel h&ocirc;tel elle &eacute;tait descendue.  Je me souviens d&rsquo;elle, toujours allong&eacute;e comme une reine, prise de fi&egrave;vre avec son beau sourire et un regard triste. Nos mains se sont serr&eacute;es, nous avons reparl&eacute; de l&rsquo;abandon et nous avons fait la paix.<br /><br />J&rsquo;ai eu quelques nouvelles par une amie commune avec qui elle s&rsquo;est f&acirc;ch&eacute;e par la suite, ce qui fait que nous avons perdu contact.]]></description>
        <pubDate>Tue, 04 Apr 2006 22:02:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2336491.html</guid>
                <category>Sexe</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2336491-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[Melinda]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2266802.html</link>        <description><![CDATA[<img class="DrteTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/reese.jpg" />Melinda ressemble &eacute;trangement &agrave; l&rsquo;actrice am&eacute;ricaine <a href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=5475.html" target="_blank">Reese Witherspoon</a>. C&rsquo;est pourquoi je n&rsquo;arr&ecirc;te pas de penser &agrave; elle depuis que j&rsquo;ai vu le film <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=51768.html" target="_blank">&laquo;&nbsp;Walk the line&nbsp;&raquo;</a> de James Mangold, o&ugrave; Reese Witherspoon et Joaquin Phoenix interpr&egrave;tent avec un immense talent les r&ocirc;les des musiciens June Carter et Johnny Cash.<br /><br />Dans un premier temps, Melinda est danseuse. J&rsquo;ai tourn&eacute; une vid&eacute;o d&rsquo;elle en solo que je n&rsquo;ose pas revoir de peur de sombrer dans la nostalgie.  C&rsquo;est une petite femme au visage expressif comme la June Carter du film, regard p&eacute;tillant, &agrave; la fois s&eacute;v&egrave;re et sensuel. Mais aussi cet accent du Tennessee et les mouvements de l&egrave;vres qui vont avec&hellip;<br /><br />Les hommes qui n&rsquo;ont pas couch&eacute; avec Melinda disent qu&rsquo;elle couche avec tout le monde. Les femmes la tiennent &agrave; distance &mdash; <em>Don&rsquo;t ever come near my daughters&nbsp;!</em> criait Mme Cash&hellip; Je n&rsquo;ai pas couch&eacute; avec elle, non par conviction, mais parce qu&rsquo;il y a d&eacute;j&agrave; trop de femmes autour de moi, &agrave; commencer par <a href="http://fils-invisibles.over-blog.com/article-818683.html" target="_blank">Grietje</a> qui focalise mon d&eacute;sir. Melinda n&rsquo;est le genre de femme fatale qui part &agrave; la conqu&ecirc;te des hommes. Elle adore rire, danser, faire l&rsquo;amour et vivre. Un jour elle vient prendre le th&eacute; chez mon associ&eacute; am&eacute;ricain et nous mettre au courant des derniers comm&eacute;rages. Nous &eacute;changeons un clin d&rsquo;&oelig;il et le grand dadais lui demande&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Hey Melinda, did you ever make love with two men&nbsp;?&nbsp;&raquo;</em> Un sourire pour toute r&eacute;ponse. Il ne se passe rien et sans doute c&rsquo;&eacute;tait mieux ainsi.<br /><br />Dans un deuxi&egrave;me temps elle a de graves ennuis. Elle s&rsquo;est amourach&eacute;e d&rsquo;un aventurier qu&rsquo;elle accompagne dans de longues enqu&ecirc;tes aupr&egrave;s d&rsquo;une population de renon&ccedil;ants vivant &agrave; l&rsquo;&eacute;cart des lois et de la morale ordinaire. Attir&eacute; par les exp&eacute;riences extr&ecirc;mes, le jeune couple se laisse pi&eacute;ger dans la d&eacute;fonce sous le couvert de mysticisme. Mais le corps a ses limites. Un soir ils d&eacute;barquent chez nous. Squelettique, elle a cess&eacute; de parler, de dormir et de s&rsquo;alimenter depuis deux semaines, suite &agrave; une f&ecirc;te qui a &laquo;&nbsp;mal tourn&eacute;&nbsp;&raquo;, dit-il. Mais il a attendu la derni&egrave;re extr&ecirc;mit&eacute; pour envisager des soins.  Pr&eacute;caution&nbsp;: je le mets &agrave; la porte. Il part au poste de police se plaindre que nous &laquo;&nbsp;s&eacute;questrons sa femme&nbsp;&raquo;. H&eacute;las pour lui, ils ne sont pas mari&eacute;s et il est imm&eacute;diatement arr&ecirc;t&eacute; car il a vendu leurs passeports. Un officier de police tr&egrave;s distingu&eacute; nous rend visite le lendemain matin&nbsp;; il comprend vite la situation et nous lui recommandons de garder son client &laquo;&nbsp;au chaud&nbsp;&raquo; pendant que nous organisons le rapatriement sanitaire de la jeune femme. Cela prend une bonne quinzaine. Son p&egrave;re, psychologue, est imm&eacute;diatement arriv&eacute; des USA et nous logeons tous ensemble pendant cette p&eacute;riode. Melinda se remet lentement &agrave; s&rsquo;alimenter et &agrave; parler. Apr&egrave;s son d&eacute;part, nous faisons sortir de prison son ex compagnon, &agrave; grands frais d&rsquo;avocat et sans aucun soutien de l&rsquo;ambassade.<br /><br />Nous avons appris par la suite qu&rsquo;elle avait retrouv&eacute; la sant&eacute; au bout d&rsquo;un an gr&acirc;ce aux soins attentifs de ses parents. Qu&rsquo;elle avait fait une croix sur ce d&eacute;lire. Qu&rsquo;elle s&rsquo;&eacute;tait mari&eacute;e et &laquo;&nbsp;rang&eacute;e&nbsp;&raquo;&hellip;<br /><br />Nous la revoyons dix ans plus tard. Elle est venue nous remercier et solliciter encore notre aide pour gu&eacute;rir d&rsquo;une amn&eacute;sie presque totale sur l&rsquo;&eacute;poque de sa chute. Je lui copie des enregistrements d&rsquo;interviews r&eacute;alis&eacute;es au d&eacute;but de son p&eacute;riple tragique. Elle se souvient tr&egrave;s vaguement de cette f&ecirc;te qui l&rsquo;a rendue folle. Certes, elle &eacute;tait empoisonn&eacute;e &agrave; la <em>dhatura</em>, une drogue qui produit des effets d&eacute;sastreux sur le long terme, mais il s&rsquo;est pass&eacute; quelque chose de terrifiant qu&rsquo;elle ne parvient pas &agrave; reconstituer.  Je ne serais pas surpris qu&rsquo;elle ait &eacute;t&eacute; t&eacute;moin d&rsquo;un sacrifice humain.<br /><br />Son mariage n&rsquo;a pas tenu. Elle a de nouveau accroch&eacute; &agrave; la drogue, jusqu&rsquo;au jour o&ugrave; elle a eu un grave accident en conduisant d&eacute;fonc&eacute;e.  Un pied tr&egrave;s endommag&eacute;, elle marche avec difficult&eacute;.  Mais cet accident est pour elle un avertissement&nbsp;: &agrave; pr&eacute;sent il lui faut marcher droit, <em>walking the line</em> comme le r&eacute;p&eacute;tait June Carter &agrave; Johnny Cash. Elle est donc venue reprendre ses &eacute;tudes de la danse, malgr&eacute; la souffrance. Puis elle a rencontr&eacute; Vitold, un <em>&laquo;&nbsp;nice guy&nbsp;&raquo;</em> qu&rsquo;elle a d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;&eacute;pouser.<br /><br />Ils nous ont invit&eacute;s &agrave; leur banquet de noces. Triste comme un jour sans pain, avec tout le gratin friqu&eacute; de la capitale. Le p&egrave;re de Vitold, aujourd&rsquo;hui d&eacute;c&eacute;d&eacute;, &eacute;tait un personnage charismatique, homme d&rsquo;affaires et diplomate. Mais le fils est une caricature de d&eacute;ch&eacute;ance. Il a eu des probl&egrave;mes de toxicomanie, il est fich&eacute; comme <em>dealer</em>, il se bat avec l&rsquo;alcoolisme et vit d&rsquo;une rente que lui octroie son fr&egrave;re a&icirc;n&eacute; &agrave; partir du patrimoine familial. Melinda, grand c&oelig;ur, a d&eacute;cid&eacute; de lui apprendre <em>walking the line</em>. Il joue de la guitare et travaille occasionnellement avec un groupe de musiciens amateurs. Mais (m&ecirc;me si sa s&oelig;ur est musicienne professionnelle) il ne deviendra pas Johnny Cash.<br /><br />Nous avons vu ce couple sombrer lentement dans l&rsquo;ennui et l&rsquo;indiff&eacute;rence mutuelle. Ils aiment nous inviter pour changer d&rsquo;air. Je la croise souvent dans la rue de son &eacute;cole de danse pr&egrave;s de notre domicile. Elle soupire en parlant de Vitold et <em>the Family</em>. Je me souviens d&rsquo;un soir chez eux. Melinda est fatigu&eacute;e, allong&eacute;e sur un lit, nous parlons avec elle pendant que Vitold gratte sa guitare en broyant du noir dans une autre pi&egrave;ce.  Un peu p&acirc;le, v&ecirc;tue de blanc l&eacute;ger, elle ouvre grands les yeux et je me rends compte soudain qu&rsquo;elle nous aime. Elle nous dit que, depuis le mariage, Vitold ne veut plus de relations sexuelles car il a peur de &laquo;&nbsp;perdre son &eacute;nergie&nbsp;&raquo;. Au moment de nous s&eacute;parer ils nous accompagnent jusqu&rsquo;au portail, mais comme je suis toujours press&eacute; de partir j&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; pass&eacute; la grille avant de prendre cong&eacute;. Elle me fait signe d&rsquo;approcher. &Agrave; travers les barreaux, elle pose d&eacute;licatement ses l&egrave;vres chaudes sur les miennes. Je pense &agrave; un insecte butinant les p&eacute;tales d&rsquo;une plante aquatique. Nos langues font connaissance pendant les quelques secondes de cette intimit&eacute;. Personne ne nous a vus, ou bien on fait semblant de rien.<br /><br />Je suis chavir&eacute; de d&eacute;couvrir le d&eacute;sir entre nous. Depuis des ann&eacute;es je n&rsquo;ai jamais voulu y penser car j&rsquo;&eacute;tais du c&ocirc;t&eacute; des gens raisonnables, ceux dont le r&ocirc;le est de prot&eacute;ger cette petite chose perdue&nbsp;: son p&egrave;re, ce beau-p&egrave;re tr&egrave;s pr&eacute;sent bien que disparu, que j&rsquo;admirais tant&hellip; Soudain, je rencontre la femme, une femme puissante, troublante Melinda qui a souvent jou&eacute; avec la vie et la mort.<br /><br />Quelques semaines ont pass&eacute;. Je vis seul &agrave; la maison. Un jour elle me rend visite pour quelques minutes pendant que son chauffeur attend devant la porte. Nous partageons encore un baiser, puis elle dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;Au fait, toi et moi, nous n&rsquo;avons jamais eu de <em>romance</em>&nbsp;?&nbsp;&raquo; La question est saugrenue car nous faisons semblant de chercher la r&eacute;ponse dans un souvenir lointain. Mais je r&eacute;alise qu&rsquo;elle pense &agrave; son amn&eacute;sie. &laquo;&nbsp;Non, Melinda, il ne s&rsquo;est jamais rien pass&eacute;.&nbsp;&raquo; J&rsquo;ai un frisson dans le dos &agrave; l&rsquo;id&eacute;e que des hommes ont pu abuser de sa faiblesse lorsqu&rsquo;elle divaguait. Me voil&agrave; redevenu son protecteur, j&rsquo;ai honte de la d&eacute;sirer. Nous buvons le th&eacute;, elle s&rsquo;en va.<br /><br />Mais le d&eacute;sir a creus&eacute; son chemin et la vie solitaire me livre aux fantasmes. Un jour je vais l&rsquo;attendre &agrave; la sortie du cours de danse. Elle est ravie de me voir mais un peu effray&eacute;e qu&rsquo;on nous voie ensemble. Nous convenons que le lendemain elle viendra directement chez moi. Elle se d&eacute;brouillera pour &eacute;chapper une heure &agrave; la vigilance de <em>the Family</em>.<br /><br />Je l&rsquo;ai attendue avec f&eacute;brilit&eacute; tout en anticipant qu&rsquo;elle n&rsquo;ose pas venir. Mais la voici, un peu essouffl&eacute;e et en nage car nous sommes au d&eacute;but de la saison chaude.  Je la laisse se rafra&icirc;chir dans la salle de bains. Elle ressort toute pimpante, couverte d&rsquo;une tunique tr&egrave;s l&eacute;g&egrave;re en coton. J&rsquo;ai oubli&eacute; de dire (car je ne tiens pas &agrave; passer pour obs&eacute;d&eacute;) qu&rsquo;elle avait de magnifiques petits seins. J&rsquo;y repense (encore aujourd&rsquo;hui) en la voyant glisser la brassi&egrave;re dans son sac. Nous nous asseyons sur le lit. Boissons fra&icirc;ches.<br /><blockquote>&mdash;&nbsp;<em>Well, Julien, I guess that we should make love now&nbsp;?</em><br />&mdash; &hellip;</blockquote>Elle m&rsquo;a laiss&eacute; sans voix. Oui, tout est bien calcul&eacute;, elle n&rsquo;a qu&rsquo;une heure et il vaudrait mieux se mettre au travail tout de suite. Mais&hellip; Il y a quelque chose qui me retient face &agrave; son assurance de femme libre. En premier, l&rsquo;impression qu&rsquo;elle est venue me r&eacute;tribuer pour services rendus. Puis la peur. Ce virus dont on entend parler depuis quelques ann&eacute;es, elle qui a fr&eacute;quent&eacute; des toxicos, son homme qui en a sans doute fr&eacute;quent&eacute; lui aussi. Je me dis que je n&rsquo;ai pas envie de risquer ma vie, encore moins celle des femmes que j&rsquo;aime, pour &agrave; peine une heure de plaisir.<br /><br />&laquo;&nbsp;Si je n&rsquo;avais qu&rsquo;une heure &agrave; vivre, je m&rsquo;approcherais doucement de toi, belle fontaine&hellip;&nbsp;&raquo; ai-je envie de lui r&eacute;pondre. Mais elle a bien senti que quelque chose ne coulait pas de source.<br /><blockquote>&mdash;&nbsp;<em>You know, in fact I&rsquo;m bisexual. My dream is to make love with you and Aim&eacute;e.</em><br />&mdash; <em>She&rsquo;s not bisexual, I fear&hellip;</em></blockquote>J&rsquo;ai pris ses mains dans les miennes pour ne pas &ecirc;tre tent&eacute; de me jeter sur ses l&egrave;vres, ses seins, son ventre que je sens en &eacute;bullition. Nous restons longtemps silencieux &agrave; nous regarder. Puis elle me parle de &laquo;&nbsp;chez elle&nbsp;&raquo; aux USA.  Elle me montre des photos de ses parents, de sa maison&hellip; L&rsquo;heure passe, elle doit partir, je la prends dans mes bras. Pas de baiser pour ne pas rallumer l&rsquo;incendie.<br /><br />Dernier &eacute;pisode. C&rsquo;est le jour de notre d&eacute;m&eacute;nagement. Melinda et Vitold ont propos&eacute; de nous emmener &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport. Vitold conduit le 4x4 familial. Aim&eacute;e est assise &agrave; c&ocirc;t&eacute; de lui, Melinda et moi &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re avec les chiens. J&rsquo;ai os&eacute; prendre sa taille, l&rsquo;embrasser, caresser ses seins en pin&ccedil;ant un peu les pointes entre mes doigts. &Agrave; mi-chemin, Vitold me demande de prendre le volant car son genou lui fait mal. <em>Walk the line, man</em>. Rideau.]]></description>
        <pubDate>Fri, 31 Mar 2006 19:00:51 +0200</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2266802.html</guid>
                <category>Sexe</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2266802-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[Les couleurs du plaisir]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2255015.html</link>        <description><![CDATA[<a target="_blank" href="http://www.boilet.net/fr/"><img border="0" src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/boilet.jpg" alt="" class="DrteTexte" /></a>Je me suis demand&eacute; ce qui me p&eacute;trifiait de d&eacute;sir dans les illustrations de <a target="_blank" href="http://www.boilet.net/fr/">Fr&eacute;d&eacute;ric Boilet</a> que <a target="_blank" href="http://amoursbruxelloises.over-blog.org/article-2242669.html">Lig&eacute;rienne</a> vient de me faire d&eacute;couvrir. La beaut&eacute; des mod&egrave;les, le charme asiatique, l&rsquo;incongruit&eacute; et le r&eacute;alisme des situations n&rsquo;expliquent pas tout. D&rsquo;ordinaire je suis plut&ocirc;t r&eacute;fractaire &agrave; la BD &laquo;&nbsp;pour adultes&nbsp;&raquo; et les Japonaises ne m&rsquo;inspirent pas beaucoup de fantasmes. Mais l&agrave;&hellip; je reste en arr&ecirc;t &mdash;&nbsp;oui, comme un chien la queue dress&eacute;e&nbsp;&mdash; devant chaque image. Ces corps que je r&ecirc;ve de caresser avec mes l&egrave;vres pendant des heures. Caresser, l&eacute;cher et mordre, sans franchir leur intimit&eacute;, comme le vieil homme des <a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2253029890">&laquo;&nbsp;Belles endormies&nbsp;&raquo;</a> [1]&hellip; C&rsquo;est une question de saveur, je crois, et sur la table japonaise ce sont les couleurs qui mettent en app&eacute;tit [2][3].<br /><br /><a target="_blank" href="http://www.dotapea.com/terresdesienne.htm">Terres de Sienne</a>, ocres, argiles d&eacute;clin&eacute;es dans toutes leurs teintes et nuances. Chaque corps surpris par le regard de l&rsquo;artiste dans une &eacute;treinte amoureuse s&rsquo;ajoute &agrave; la fresque voluptueuse du temps, de l&rsquo;espace et des souvenirs de corps en f&ecirc;te.<br /><br />Mon souvenir est &agrave; mi-chemin entre Manali et Leh. Nous avons piqu&eacute; la tente apr&egrave;s le <em>Rohtang pass</em> pour attendre la fin d&rsquo;un mal de t&ecirc;te caus&eacute; par notre ascension rapide &agrave; plus de 4000 m&egrave;tres. Les Tib&eacute;tains qui tiennent une <em>tea shop</em> sous un chapiteau au bord de la route ont accept&eacute;, goguenards, de nous pr&eacute;parer une tisane avec le serpolet cueilli sur la steppe. Puis nous avons march&eacute; le long d&rsquo;un &eacute;boulement vers la rivi&egrave;re qui s&rsquo;&eacute;tire sur de paresseux m&eacute;andres. La berge est couverte d&rsquo;argile, cette denr&eacute;e miraculeuse que les civilis&eacute;s ach&egrave;tent en pharmacie alors que les m&eacute;decins traditionnels en ont oubli&eacute; l&rsquo;usage ici.<br /><br />L&rsquo;eau fra&icirc;che a calm&eacute; la fournaise de nos t&ecirc;tes. L&rsquo;amant s&rsquo;est mis &agrave; nous asperger de boue. La femme s&rsquo;est jet&eacute;e sur lui pour le faire dispara&icirc;tre sous un torrent de barbotine.  Il ne reste plus que sa verge tendue pour l&rsquo;identifier.  Puis les danseurs se sont jet&eacute;s sur moi et je me suis senti p&eacute;tri amoureusement comme un vase sur le tour du potier. Enfin nous avons fait subir le m&ecirc;me sort &agrave; la femme, sans pudeur ni m&eacute;nagement, malgr&eacute; les extr&ecirc;mit&eacute;s qui s&rsquo;obstinaient &agrave; rester roses, embrass&eacute;es sans rel&acirc;che par des l&egrave;vres rugueuses. Nous avons continu&eacute; &agrave; nous frotter aux sensations oubli&eacute;es depuis l&rsquo;enfance, dans une danse sauvage, fr&eacute;missements dans les hanches, sexes en position de d&eacute;collage et une folle envie de hurler de plaisir.<br /><br /><a target="_blank" href="http://www.boilet.net/fr/yukiko2.html"><img border="0" src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/horenso.jpg" alt="" class="GcheTexte" /></a>Il a bien fallu se rincer dans l&rsquo;eau grise car le soleil mena&ccedil;ait de nous an&eacute;antir. Il nous a s&eacute;ch&eacute;s aussi vite qu&rsquo;un four &agrave; micro-ondes. Nous sommes retourn&eacute;s au campement. &Agrave; l&rsquo;abri sous la toile, nous avons longuement savour&eacute; l&rsquo;argile sur les peaux rougies et purifi&eacute;es. Le plaisir en a fait ses m&eacute;andres.<br /><br />C&rsquo;est cette saveur qui me revient &agrave; la bouche et au ventre en contemplant ces images. Vous avez dit <a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2910946266/">&laquo;&nbsp;&eacute;pinard&nbsp;&raquo;</a>&nbsp;? Mmmh&hellip;&nbsp;Pourquoi pas&nbsp;?<br /><br />[1]&nbsp;<em>La traduction fran&ccedil;aise de ce roman de Kawabata est d&eacute;cevante&nbsp;; essayez plut&ocirc;t le <a target="_blank" href="http://www.amazon.com/gp/product/4770029756/">texte anglais</a> si vous ne lisez pas le japonais.</em><br />[2]&nbsp;<em>Mais aussi : &laquo; Pour moi, la r&eacute;alit&eacute; est plus surprenante que tout ce qu'on peut inventer &raquo; (<a target="_blank" href="http://www.boilet.net/yukiko/yukiko.html">Boilet</a>)</em><br />[3]&nbsp;<em>Anne Archet vient d&rsquo;avoir la bonne id&eacute;e de s&rsquo;&eacute;tendre sur la <a target="_blank" href="http://archet.net/?p=796">table japonaise</a>&hellip;</em>]]></description>
        <pubDate>Fri, 31 Mar 2006 17:17:13 +0200</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2255015.html</guid>
                <category>Sexe</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2255015-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[À voile et à vapeur]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2232408.html</link>        <description><![CDATA[<img src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/20060322cocktail.jpg" alt="" class="DrteTexte" />Il est dentiste. Il nous a fait rire en parlant de sa secr&eacute;taire qu&rsquo;il surnomme &laquo;&nbsp;la Saucisse&nbsp;&raquo;. Un jour il l&rsquo;en entendue dire &agrave; sa copine&nbsp;:<br /><blockquote>&mdash;&nbsp;Tu sais pas&nbsp;?<br />&mdash;&nbsp;Euh, quoi&nbsp;?<br />&mdash;&nbsp;Eh ben, Zacquot, il m&rsquo;a refait mes zacquettes&hellip;<br />&mdash;&nbsp;Ah oui, et alors&nbsp;?<br />&mdash;&nbsp;Alors, depuis ce zour, ze zozotte plus&nbsp;!</blockquote>Il nous amuse aussi en maudissant &laquo;&nbsp;ces femmes qui nous piquent nos hommes&nbsp;&raquo;. Puis il raconte un traquenard de la Saucisse et sa copine, une blonde vraiment canon, qui l&rsquo;ont toutes deux coinc&eacute; dans le lit d&rsquo;une maison de campagne.  Ce jour l&agrave;, elles ont tout essay&eacute; mais il n&rsquo;a pas pu bander. On &eacute;voque aussi un jeune couple archi-coinc&eacute;, lui est un toubib d&eacute;butant plein de fric et de complexes, elle une magnifique femme sauvage.<br /><blockquote>&mdash;&nbsp;Je vais me la faire. Il la m&eacute;rite pas, ce con.<br />&mdash;&nbsp;Jacques, si tu lui fais l&rsquo;amour, pense tr&egrave;s fort &agrave; moi au moment de jouir&nbsp;!<br />&mdash; Mais je pense toujours &agrave; toi, mon chou.</blockquote>Nous l&rsquo;avons invit&eacute; parce qu&rsquo;il est officiellement homo, tr&egrave;s beau et toujours en train de d&eacute;conner. Il m&rsquo;a d&eacute;tartr&eacute; les dents gratuit avec son petit crayon &agrave; ultrasons.<br /><blockquote>&mdash;&nbsp;Je te fais pas mal au moins&nbsp;?<br />&mdash;&nbsp;Non, c&rsquo;est g&eacute;nial&nbsp;!<br />&mdash; Mais, tu sais, je mouille beaucoup.  Et puis, je vais te dire, ma sp&eacute;cialit&eacute; c&rsquo;est de boucher les trous.</blockquote>Voil&agrave;, &ccedil;a va durer comme &ccedil;a tout le week-end. En fait, c&rsquo;est plus s&eacute;rieux, j&rsquo;ai envie de savoir pourquoi j&rsquo;ai tellement horreur de l&rsquo;homosexualit&eacute;. Il y a un vieux souvenir qui remontera lorsque nous serons plus proches&nbsp;: j&rsquo;ai 13 ans, au pensionnat on nous oblige &agrave; aller chez le coiffeur de la maison une fois par mois, mais ce coiffeur est un sale type qui se frotte la bite contre nos &eacute;paules. Et moi comme les autres je le laisse faire, d&rsquo;ailleurs je ne sais pas vraiment ce qu&rsquo;il fait, sauf que &ccedil;a me met vraiment mal. Je ne suis jamais retourn&eacute; chez un coiffeur depuis cette &eacute;poque. Plus tard, &agrave; quinze ans, j&rsquo;&eacute;prouve des impressions bizarres face &agrave; un grand musicien blond qui me fascine et me terrorise.  Quelque chose qui ne veut pas se dire ou ne veut pas sortir. Alors, aujourd&rsquo;hui, &agrave; 22 ans, je veux affronter tout cela, comprendre. J&rsquo;ai une femme avec moi pour me prot&eacute;ger, une femme extraordinairement belle car j&rsquo;ai beaucoup de chance.<br /><br />[HARD]&nbsp;Il n&rsquo;y avait pas de meuble dans notre appartement. Juste une &eacute;paisse moquette couleur de feu, achet&eacute;e d&rsquo;occasion.  Il &eacute;tait allong&eacute;, nous assis &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s. Nous nous sommes mis nus. Il a ouvert les yeux et a dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;Mon dieu, que vous &ecirc;tes beaux&nbsp;!&nbsp;&raquo; Puis il a quitt&eacute; ses habits lui aussi. J&rsquo;ai vu son sexe se dresser quand elle l&rsquo;a caress&eacute;. Il l&rsquo;a embrass&eacute;e longuement, puis il s&rsquo;est allong&eacute; sur moi en posant ses l&egrave;vres sur les miennes. J&rsquo;ai un peu desserr&eacute; les dents. J&rsquo;ai senti son sexe dur s&rsquo;entrechoquer avec le mien.  C&rsquo;&eacute;tait dr&ocirc;le mais je n&rsquo;ai pas aim&eacute;&nbsp;; je n&rsquo;ai pas aim&eacute; sa bouche, sa langue, non, rien &agrave; faire, je ne peux pas &ecirc;tre attir&eacute; par un homme, m&ecirc;me celui-l&agrave; si beau, si dr&ocirc;le, avec une peau douce comme celle d&rsquo;une femme. Alors je me suis allong&eacute; &agrave; son c&ocirc;t&eacute;. Je l&rsquo;ai regard&eacute; caresser la belle femme. Ah, quand m&ecirc;me, il appr&eacute;cie&hellip;&nbsp;Puis j&rsquo;ai pris son sexe dans la main pour en sentir la consistance. Mais plusieurs fois il m&rsquo;a dit que je le serrais trop fort.  Je me demande si, inconsciemment, il n&rsquo;y avait pas quelque chose en moi qui cherchait &agrave; d&eacute;truire ce sexe, au point que je ne sente pas ma force. La bite du coiffeur, peut-&ecirc;tre. J&rsquo;ai abandonn&eacute; cette caresse. Il est all&eacute; vers la femme et s&rsquo;est allong&eacute; sur elle. J&rsquo;ai vu leurs sexes tr&egrave;s proches, c&rsquo;&eacute;tait magnifique. Mais, &agrave; un moment, bizarrement, il a dit un mot qui rompait la magie. Elle n&rsquo;a plus voulu de lui en elle. Il s&rsquo;est allong&eacute; sur le c&ocirc;t&eacute;, face &agrave; elle, entre nous deux. La suite, je ne peux pas la raconter sans changer de cat&eacute;gorie.&nbsp;;-)&nbsp;[/HARD]<br /><br />Nous avons pass&eacute; un beau dimanche, dans les rues, lui essayant de nous persuader qu&rsquo;il y a bien plus d&rsquo;hommes que de femmes consommables. Ouais&hellip; Puis nous sommes rentr&eacute;s pour d&rsquo;autres jeux &eacute;rotiques. Il m&rsquo;a dit qu&rsquo;il enseignait l&rsquo;art de la fellation &agrave; des prostitu&eacute;es. Je lui ai donn&eacute; une mention tr&egrave;s honorable. Mais, rien &agrave; faire, je pr&eacute;f&egrave;re une femme, m&ecirc;me inexp&eacute;riment&eacute;e.  Surtout, jamais je n&rsquo;ai pu toucher un homme sans qu&rsquo;il y ait entre nous une femme. J&rsquo;en suis l&agrave;, mais je me dis qu&rsquo;un jour j&rsquo;essaierai peut-&ecirc;tre de sauter ce dernier obstacle.]]></description>
        <pubDate>Thu, 23 Mar 2006 01:48:10 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2232408.html</guid>
                <category>Sexe</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2232408-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[Diététique]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2187728.html</link>        <description><![CDATA[J&rsquo;ai cherch&eacute; sur Internet la composition du sperme humain.  Mis &agrave; part les spermatos &mdash; 5% de la masse &mdash; qui se font de plus en plus d&eacute;sirer, que peut-on trouver dans cette substance visqueuse, nectar pour les un(e)s et objet de d&eacute;go&ucirc;t pour les autres, &agrave; la saveur am&egrave;re ou plut&ocirc;t douce et sal&eacute;e&nbsp;? (J&rsquo;aime le mien et je tenais &agrave; ce que vous le sussiez.)<br /><br />Un jour j&rsquo;ai lu en salle d&rsquo;attente du dentiste (je ne fr&eacute;quente pas les coiffeurs) qu&rsquo;une giclette d&rsquo;homo erectus contenait assez de prot&eacute;ines, ou je ne sais quoi, pour subvenir au repas du soir d&rsquo;une famille nombreuse. Sans doute l&rsquo;info &eacute;tait-elle tendancieuse.  Je soup&ccedil;onne un mandarin en mal de pipe d&rsquo;avoir cherch&eacute; maladroitement &agrave; r&eacute;habiliter une pratique d&eacute;nonc&eacute;e par les f&eacute;ministes comme embl&eacute;matique de la phallocratie triomphante.<br /><br /><a target="_blank" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jism">Wikipedia en anglais</a> est un peu plus prolixe &agrave; ce sujet que sa <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sperme">d&eacute;clinaison fran&ccedil;aise</a>.  Les deux mentionnent des trucs sympas, qui donnent envie d&rsquo;en manger, comme le fructose et le sorbitol.  (Ce dernier est un sucre invers&eacute;, recommand&eacute; aux diab&eacute;tiques, qui donne cette sensation de fra&icirc;cheur lorsqu&rsquo;on laisse fondre un <em>carembar</em>). De la vitamine B12 aussi&nbsp;: les pipeuses v&eacute;g&eacute;taliennes n&rsquo;ont plus besoin d&rsquo;en demander &agrave; la Biocoop&hellip;<br /><br /><img src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/coluche045.jpg" alt="" class="DrteTexte" />Toutefois, si l&rsquo;on en croit Wikipedia <em>made in France</em>, le sperme des coco-ricos ne contiendrait pas les lipides, acides amin&eacute;s et prostaglandines g&eacute;n&eacute;reusement fabriqu&eacute;s par les coco-ricains&hellip; C&rsquo;est &agrave; se demander &agrave; quoi servent nos prostates hexagonales. Car ce sont les substances qui ont des chances de produire les fameux acides gras polyinsatur&eacute;s &agrave; longues cha&icirc;nes (DHA), notamment les omega-3 indispensables &agrave; la croissance et la survie de nos cellules c&eacute;r&eacute;brales, en vente dans toutes les pharmacies.<br /><br />Quid du foutre qu&eacute;b&eacute;cois&nbsp;? Je veux bien croire que les virtuoses de la <em>turlute</em> adoucie au sirop d&rsquo;&eacute;rable b&eacute;n&eacute;ficient d&rsquo;un r&eacute;gime exceptionnellement riche en DHA &mdash; suivez la surdou&eacute;e <a target="_blank" href="http://archet.net/?p=779">Anne Archet</a> sur ce terrain glissant&hellip;<br /><br />Tous comptes faits, je crois que Wikipedia se trompe car les Fran&ccedil;ais(es) ne sont pas en reste. Les <a target="_blank" href="http://vingtenaires.over-blog.com/article-2173220.html">&laquo;&nbsp;Joies de l&rsquo;amour buccal&nbsp;&raquo;</a> ont quand m&ecirc;me suscit&eacute; 74 commentaires, hier, hommes et femmes con-fondus&hellip; Nombreuses sont les jeunes femmes qui en ont assez de s&rsquo;entendre dire que sucer leur partenaire les range dans la cat&eacute;gorie &laquo;&nbsp;putes et/ou soumises&nbsp;&raquo;. <em>On</em> ose dire enfin qu&rsquo;on peut y trouver du plaisir, ce qui d&eacute;pend pour beaucoup de l&rsquo;attitude de l&rsquo;homme qui re&ccedil;oit cette caresse. (Mais cette condition ne vaut pas que pour la fellation.) J&rsquo;&eacute;cris &laquo;&nbsp;on&nbsp;&raquo; car il ne faudrait pas oublier que des hommes, aussi, aiment cela.  (Pour la confidence, j&rsquo;en reparlerai le jour o&ugrave; j&rsquo;aurai essay&eacute; un homme &agrave; la saveur douce et sal&eacute;e.)<br /><br />Nina n&rsquo;y va pas avec le dos de la cuill&egrave;re &mdash; d&rsquo;ailleurs pas un accessoire indispensable &agrave; l&rsquo;amour buccal.  Au sujet de la fellation ou de positions comme la levrette, elle &eacute;crit&nbsp;:<br /><blockquote>&mdash; Mais des fois, je me demande dans quelles mesures le &laquo;&nbsp;f&eacute;minisme&nbsp;&raquo; ne permet pas &agrave; certaines d&rsquo;&eacute;chapper &agrave; des pratiques qu&rsquo;elles n'aiment tout simplement pas.</blockquote>Implacable d&eacute;nonciation d&rsquo;un ordre moral qui revient &agrave; la (d&eacute;)charge, par derri&egrave;re ou par devant&nbsp;!  Mais je me permettrai de compl&eacute;ter en disant que c&rsquo;est la r&eacute;plique en miroir d&rsquo;un machisme qui permet aux hommes de s&rsquo;affranchir de qualit&eacute;s humaines comme la patience, la tendresse, l&rsquo;&eacute;coute du d&eacute;sir de leur partenaire, au profit de d&eacute;monstrations aussi vaines que ridicules de leur &laquo;&nbsp;virilit&eacute;&nbsp;&raquo;.]]></description>
        <pubDate>Sun, 19 Mar 2006 09:51:14 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2187728.html</guid>
                <category>Sexe</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2187728-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[Perles de désir]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2186458.html</link>        <description><![CDATA[<a href="http://espace-prive.over-blog.com/article-2149505.html" target="_blank"><img border="0" class="DrteTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/madison.jpg" />Elle</a> m&rsquo;a dit oui en rougissant&hellip; puis elle a tourn&eacute; la t&ecirc;te du c&ocirc;t&eacute; droit, les yeux ferm&eacute;s.  J&rsquo;ai pos&eacute; d&eacute;licatement mes l&egrave;vres sur sa peau mouill&eacute;e.  La pointe du mamelon s&rsquo;est dress&eacute;e sous les effleurements et petits coups r&eacute;p&eacute;t&eacute;s du bout de ma langue.<br /><br /><em>Je t&rsquo;ai entendue inspirer profond&eacute;ment, ton ventre s&rsquo;est creus&eacute;, et ma bouche s&rsquo;est pos&eacute;e sur ton sein gauche avec un peu plus d&rsquo;insistance.  La saveur de cette excroissance blonde, charnue sans doute comme les l&egrave;vres que tu caches sous ton visage, j&rsquo;ai cru sentir une goutte de lait m&eacute;lang&eacute;e &agrave; ta peau, ou bien &eacute;tait-ce un souvenir enfoui de sexe et d&rsquo;enfance&nbsp;? Comme un b&eacute;b&eacute; j&rsquo;ai soulev&eacute; le sein avec ma main droite pour l&rsquo;amener dans un contact plus intime&nbsp;; cette fois j&rsquo;ai aspir&eacute; fort, pour ma survie, serrant le mamelon pleinement d&eacute;ploy&eacute; entre la langue et les dents du haut&hellip; Non je ne vais pas te mordre, amie-amante, je veux seulement aspirer un peu de miel de la vie, du plaisir, go&ucirc;ter les gouttelettes qui perlent sur ta peau, cette belle peau blanche qui aime tant les hommes sauvages.  Je voudrais qu&rsquo;un chamane ou un sorcier de pacotille me pr&ecirc;te la sienne, juste pour une heure, que tu aies envie de moi et que tu d&eacute;vores mon sexe comme je d&eacute;vore mon d&eacute;sir en ce moment.</em>]]></description>
        <pubDate>Sat, 18 Mar 2006 04:42:16 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2186458.html</guid>
                <category>Sexe</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2186458-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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