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    <title><![CDATA[Fils invisibles (Pensées en vrac)]]></title>
    <link>http://www.fils-invisibles.net/categorie-218840.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Pensées en vrac&quot; du blog &quot;Fils invisibles&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Fils invisibles (Pensées en vrac)]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/categorie-218840.html</link>
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    <pubDate>Wed, 28 Jul 2010 14:24:57 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Wed, 28 Jul 2010 14:24:57 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010 www.fils-invisibles.net</copyright>            <category>Pensées en vrac</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Piaf la midinette]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-5522112.html</link>        <description><![CDATA[Je viens juste de voir l&rsquo;&eacute;mission que Sabatier a consacr&eacute;e &agrave; Edith Piaf. Bien faite, pour une fois &mdash;&nbsp;pas dans le genre sirupeux&nbsp;&mdash; avec des t&eacute;moignages sans complaisance de ses proches. Quelle vie... et quelle chanteuse.  Cela dit, la romanticisation de l&rsquo;amour (je crois que c&rsquo;est plut&ocirc;t un mot anglais, peu importe) dans son r&eacute;pertoire ne me touche pas beaucoup.  C&rsquo;&eacute;tait d&rsquo;ailleurs assez int&eacute;ressant d&rsquo;entendre celle qui fut sa coiffeuse et sa confidente dire sans h&eacute;siter que c&rsquo;&eacute;tait une &laquo;&nbsp;midinette&nbsp;&raquo;.<br /><br />On a l&rsquo;impression que la culture ne nous donne pour l&rsquo;amour qu&rsquo;un choix binaire entre le romantisme et la &laquo;&nbsp;consommation sexuelle&nbsp;&raquo;.  Un peu comme si en musique on nous donnait &agrave; choisir entre Charles Trenet et le hard rock.  La palette de l&rsquo;exp&eacute;rience humaine est tellement plus riche.<br /><br />Catherine me parle souvent du libertinage comme d&rsquo;une apologie de la consommation sexuelle&nbsp;; puis elle s&rsquo;offre 4 ou 5 orgasmes &agrave; la cha&icirc;ne. Ensuite elle d&eacute;vore l&rsquo;&oelig;uvre compl&egrave;te de Michel Onfray.  Je l&rsquo;aime beaucoup pour le non avec la t&ecirc;te et le oui avec le corps.]]></description>
        <pubDate>Sun, 04 Feb 2007 17:04:03 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-5522112.html</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-5522112-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Deux visions de la sexualité ?]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-5167872.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    Il existe pour moi au moins deux visions de la sexualité. La réalité serait un mélange subtil, toujours en mouvement, entre ces extrêmes. La première vision, celle qui prévaut dans les
    représentations culturelles modernes, je la désigne comme «&nbsp;pénétration-jouissance&nbsp;». Elle se nourrit d’une énergie sexuelle que je qualifie de «&nbsp;masculine&nbsp;» indistinctement
    chez les deux partenaires. La seconde vision, plus rarement exposée bien qu’elle soit l’objet principal de mon journal intime, pourrait s’appeler «&nbsp;fusion-extase&nbsp;». Elle met en œuvre
    une énergie «&nbsp;féminine&nbsp;» qui s’apparente à la <em>«&nbsp;shakti&nbsp;»</em> de la cosmologie hindoue. (Cette cosmologie ne reconnaissant pas d’autre énergie que féminine, les deux
    visions ne sont pas symétriques.)<br>
    <br>
    Commençons par une mise en garde&nbsp;: s’il m’arrive de puiser dans un vocabulaire banalisé en Occident sous l’étiquette de «&nbsp;tantrisme&nbsp;», ou encore dans un réservoir idéologique plus
    vaste —&nbsp;le «&nbsp;monde indien&nbsp;» aux confluents de l’hindouisme, du bouddhisme, du tantrisme, du soufisme etc.&nbsp;— je ne me sens connecté à aucune pratique ni enseignement qui s’en
    réclamerait. Mon aversion pour les écoles mystiques n’est donc pas seulement motivée par le détournement d’enseignements réputés «&nbsp;authentiques&nbsp;» par les gourous/thérapeutes
    occidentaux. Elle reflète plutôt mon engouement pour une pensée critique au service de la construction d’une philosophie existentielle.<br>
    <br>
    Le détournement de l’expérience vécue vers la «&nbsp;pensée pure&nbsp;» existe depuis des siècles en Inde. Les textes anciens sont soumis à l’équarrissage lorsque la démarche philosophique cède
    le pas à des pratiques codifiées. Le procédé n’est pas sans rappeller l’interprétation littérale des textes religieux judéo-chrétiens&nbsp;: certains fanatiques, par exemple, ont inventé des
    rituels dans lesquels les adeptes doivent manipuler des serpents venimeux sous le prétexte que «&nbsp;ceux qui ont la foi résistent à la morsure du serpent&nbsp;».<br>
    <br>
    Il y a des images qui n’ont qu’une valeur symbolique, disent les gens raisonnables en réponse à ces dérives intégristes, il ne faut pas les prendre au premier degré. Je ne pense pas que le choix
    soit aussi binaire. Mon approche consiste plutôt à relier l’image à des sensations vécues dans le corps. Dans cette perspective, la sexualité n’est rien d’autre qu’une «&nbsp;religion du
    corps&nbsp;». Toutefois, pour que ce lien soit significatif il faut que la sensation précède l’image et l’interprétation qui en est faite. La démarche fondamentale du tantrisme en tant que
    philosophie (je me réfère au shivaisme cachemirien dont le texte fondateur serait le <em>Vijnânabhairava tantra</em>) est la reconnaissance des sensations (<em>«&nbsp;tattvas&nbsp;»</em>) comme
    principes primordiaux, sans aucune discontinuité entre le «&nbsp;physique&nbsp;» et le «&nbsp;psychique&nbsp;». <em>[…] En défendant la thèse de la vérité absolue des sensations (sensualisme),
    Épicure indique la voie d’une connaissance possible, en coupant court aux illusions de la pensée pure&nbsp;; mais c’est une voie critique, car en réalité nul n’a montré davantage de prudence dans
    la mise en œuvre des sensations.</em> (J.-F. Balaudé, introduction de <em>Épicure&nbsp;: Lettres, maximes, sentences</em>, Livre de Poche 4628, p.7-8)<br>
    <br>
    Je m’en tiens là&nbsp;: les sensations comme seule réalité tangible. C’est déjà tout un programme pour un Occidental à qui on a inculqué que toute sensation n’était que subjective et donc sans
    intérêt… Je me fiche donc éperdument de la suite de l’exposé&nbsp;: l’énumération et la classification des <em>«&nbsp;tattvas&nbsp;»</em> par les théoriciens du tantrisme.<br>
    <br>
    Tout ce qui a été écrit, enseigné, pratiqué par la suite n’est que de l’interprétation, l’adaptation nécessaire de cette philosophie au contexte social de l’époque, et son intégration aux
    religions officielles. Ainsi, il est convenu aujourd’hui de distinguer entre tantrisme «&nbsp;hindou&nbsp;» et «&nbsp;bouddhiste&nbsp;» (Varenne 1997). J’ai aussi entendu dire que le
    <em>Vijnânabhairava tantra</em> serait le texte fondateur du yoga, alors que ce que l’on entend par «&nbsp;philosophie du yoga&nbsp;» est principalement orienté vers la maîtrise, le contrôle
    volontaire, la progression spirituelle, toutes notions étrangères au tantrisme des shivaïstes cachemiriens.<br>
    <br>
    Passons à la pratique. Des textes «&nbsp;tantriques&nbsp;» parlent de rituels d’accouplement entre un pratiquant (forcément masculin) et une femme initiatrice, une <em>«&nbsp;dâkini&nbsp;»</em>.
    Le rituel commencerait par une éjaculation du mâle, sa semence se mêlerait au «&nbsp;fluide vital&nbsp;» féminin. Puis le pratiquant réabsorberait les fluides mélangés, ce qui marquerait le début
    d’une expérience mystique de très haut niveau (<em>maïthuna</em>).<br>
    <br>
    Première observation&nbsp;: si l’on prend à la lettre cette description du «&nbsp;rituel&nbsp;», le personnage masculin est seul appelé à vivre une expérience «&nbsp;mystique&nbsp;». Sa
    partenaire est, au pire un objet rituel, au mieux une énergie féminine désincarnée. Le premier détournement a donc consisté à mettre en place un système de prostitution rituelle, en Inde, avec
    des femmes (<em>«&nbsp;devâdasi&nbsp;»</em>) louées à des hommes riches et bien nés (brahmanes) en quête de sensations fortes sous le couvert de mysticisme. (Cf. Varenne 1997)<br>
    <br>
    Il était inévitable que cette forme dévoyée devienne dominante dans une société patriarcale. Abolie à l’aire coloniale, la prostitution rituelle existe encore sous forme clandestine. Les
    «&nbsp;danseuses de temples&nbsp;» les plus débrouillardes se sont recyclées dans la «&nbsp;danse sacrée&nbsp;» — cf. l’histoire non fantasmée du <em>Bharata Natyam</em> au début du
    20<sup>e</sup> siècle. De leur côté, les <em>«&nbsp;dâkinis&nbsp;»</em> siliconées (certifiées <em>BA in Psychology</em>) sont en vitrine <a href="http://www.russburdickphoto.com/Dakini/" target=
    "_blank">sur Internet</a>.&nbsp;:-(<br>
    <br>
    Pour moi, réfuter cette vision machiste de la sexualité «&nbsp;mystique&nbsp;» n’est pas une position basée sur l’égalité des sexes selon le féminisme. Ce n’est pas non plus inventer de toutes
    pièces une version dignifiée de la <em>«&nbsp;dâkini&nbsp;»</em>, comme l’a fait Daniel Odier avec une initiatrice prétendument rencontrée au fin fond de l’Himalaya — à moins que ce ne soit sur
    un coin de table de <em>guesthouse</em> pour babacools à Pahar Ganj, New Delhi&nbsp;?… Ni se lancer dans un discours démagogique sur «&nbsp;la Femme&nbsp;» comme le sinistre <a href=
    "http://www.bibleandporno.com/rajneesh.htm" target="_blank">Rajneesh</a> (alias Osho)…<br>
    <br>
    Cette évidence s’est imposée à moi par la rencontre de femmes ouvertes, sans aucune prétention mystique ni intellectuelle, à une approche «&nbsp;spirituelle&nbsp;» de la sexualité qui a
    bouleversé la mienne. C’est aussi une observation attentive qui m’incite à penser que le vécu de la sexualité «&nbsp;fusion-extase&nbsp;» n’est pas fonction de particularités anatomiques qui font
    de nous un homme ou une femme. Même la sensation physique de pénétrer/être pénétré(e) peut devenir confuse (et sans intérêt) quand s’ouvrent d’autres dimensions du plaisir.<br>
    <br>
    C’est une grossière manipulation d’instrumentaliser la séduction sous le couvert d’une expérience mystique — dont, bien sûr, la partenaire pourra garder quelques miettes. Ce jeu est très répandu,
    en Occident autant qu’en Inde, avec pour acteurs des hommes qui se prétendent porteurs d’une «&nbsp;tradition tantrique&nbsp;» pour mettre le grappin sur des femmes à la recherche d’une autorité
    spirituelle.<br>
    <br>
    Pour moi, décider qu’on va vivre une «&nbsp;expérience&nbsp;» avec la personne de son choix (en couple ou dans une rencontre fortuite) c’est aller vers une désillusion totale ou accepter de se
    mentir à soi-même. Il n’y a pas de technique menant à l’extase. À partir du moment où l’on se soumet à une technique en vue d’atteindre un état particulier, on se détourne des sensations (la
    seule réalité objective) et d’une relation «&nbsp;de cœur à cœur&nbsp;» avec sa/son partenaire. La première étape d’une ouverture de la sexualité me paraît donc d’admettre qu’il y ait des choses
    qui se décident en dehors de nos pensées, de nos croyances et de nos sentiments. Une relation peut très bien se vivre de cœur à cœur dans le registre de la jouissance et une autre se dissoudre
    dans la sècheresse à force d’attentes d’extases jamais comblées. <em>Les désirs ne tiennent jamais leurs promesses.</em> (Schopenhauer)<br>
    <br>
    Je ne vois pas de barrière fixe entre une sexualité sensuelle («&nbsp;physique&nbsp;») et une autre qui se prétendrait spirituelle («&nbsp;de l’âme&nbsp;») quels que soient les gestes accomplis
    et l’intimité vécue entre les êtres. Mais l’absence de barrière n’entraîne pas qu’il soit honnête d’aborder une personne du sexe opposé sous le couvert d’une amitié tendre, de nature
    «&nbsp;spirituelle&nbsp;», tout en espérant que cette relation pourra ensuite se déployer dans la sensualité. J’ai envie d’être honnête, de reconnaître la dimension sexuelle et de la partager
    avec l’autre. (Ne pas rester dans le non-dit, sans pour autant se noyer dans les confidences.) J’ai envie d’être honnête parce que j’ai éprouvé le goût amer de la manipulation, dans un sens ou
    dans l’autre.<br>
    <br>
    Se tenir enlacés, sagement immobiles, peut passer pour «&nbsp;non sexuel&nbsp;» jusqu’au moment où je me rends compte que je n’aurais pas envie de cette intimité amicale avec un homme, un enfant
    ou une femme non désirée. Même s’il a été dit clairement qu’il n’y avait pas un désir partagé d’aller vers l’accouplement, je n’ai pas envie de cacher le plaisir de recevoir de ma partenaire la
    chaleur de ses seins, de son ventre et de son sexe, l’odeur de ses cheveux, son haleine, qui sont pour moi autant de manifestations sexuelles que son regard et son sourire. Je peux aimer la
    pression de ses seins sur ma poitrine sans avoir envie de faire rouler un mamelon entre mes doigts, et la pression voluptueuse de son ventre sans lui faire subir la tension de mon sexe. J’aime
    qu’une embrassade embrasse aussi cette dimension sexuelle, à condition qu’elle soit vécue comme une telle et non comme un «&nbsp;préliminaire&nbsp;». J’aime aussi qu’une fois l’embrassade
    terminée on se quitte sans regret&nbsp;: l’art de «&nbsp;défusionner&nbsp;».<br>
    <br>
    Une autre pratique «&nbsp;tantrique&nbsp;» que je qualifie de détournement est celle qui consiste à prendre au pied de la lettre l’image du mélange des fluides. Dans la symbolique des mystiques
    <em>«&nbsp;bâul&nbsp;»</em> du Bengale (Bhattacharya 2002) le fluide masculin est le sperme (<em>«&nbsp;bîj&nbsp;»</em>) et le fluide féminin le sang menstruel (<em>«&nbsp;rajas&nbsp;»</em>). Ce
    qui signifie que l’union sexuelle mystique ne pourrait avoir lieu que pendant les règles de la femme. Ajoutons que la pratique est pimentée par la croyance que l’union avec une fille vierge est
    hautement souhaitée. (J’aurais été surpris qu’ils recommandent une partenaire ménopausée&nbsp;!) Dans mon expérience il n’y a aucun lien entre le choix d’une période et la qualité de la
    rencontre. Il y a des femmes qui aiment s’accoupler pendant les règles, d’autres qui détestent, ce choix m’est indifférent. Quant aux femmes ménopausées, elles peuvent être de merveilleuses
    partenaires&nbsp;!<br>
    <br>
    Cette idée de réabsorber les fluides fait fantasmer beaucoup de monde. En Inde, des hommes essaient de la produire matériellement en s’exerçant à aspirer des liquides à travers leur sexe (Darmon
    2002). Ils y parviennent par un contrôle de la prostate après s’être enfilé une sonde médicale à travers l’urètre. Cette manipulation peut les amener au septième ciel, car l’exercice produit des
    orgasmes d’une grande ampleur qui sont perçus comme des «&nbsp;extases&nbsp;». Mais pour beaucoup l’expérience se termine à l’hôpital&nbsp;!<br>
    <br>
    Tout cela me paraît aux antipodes du tantrisme originel. Dans des conditions particulières (ce que le tantrisme appellerait «&nbsp;orgasme de la vallée&nbsp;») j’ai eu la sensation d’une
    éjaculation très diffuse associée à une perte (ou un oubli) de l’érection et une détente totale du corps et de l’esprit. Dans cet état particulier j’ai eu l’impression que mon corps réabsorbait
    les «&nbsp;fluides&nbsp;» comme une éponge.<br>
    <br>
    À l’opposé de cela, je peux vivre une jouissance intense pendant laquelle j’ai l’impression que mon sexe est devenu immense, très vigoureux, et cette jouissance se prolonge parfois pendant
    plusieurs minutes — elle semble ne jamais s’arrêter jusqu’à ce que je le décide. (J’ai surtout vécu cela en jouissant seul, et dans une moindre mesure avec une parternaire.)<br>
    <br>
    Il me semble que les hommes sont conditionnés par la croyance qu’après l’éjaculation tout est fini. Ils sentent leur sexe perdre toute sa vigueur et ils ont envie de s’endormir en tournant le dos
    à leur partenaire, si ce n’est de se rhabiller et de rentrer chez eux. C’est une triste réalité qu’on entend trop souvent. Je me suis aperçu que si l’homme lachait cette croyance (et sans doute
    d’autres habitudes néfastes) l’érection pouvait continuer après l’orgasme, alimentée par le désir et non comme une prolongation qu’il conviendrait de programmer pour «&nbsp;satisfaire&nbsp;» sa
    partenaire. Ce qui permet d’atteindre une telle pratique est le contrôle du périnée pour que l’orgasme ait lieu sans éjaculation, et pourtant dans un lâcher-prise total. (La technique n’est pas
    très difficile, voir <a href="http://www.fils-invisibles.net/article-35178166.html"><em>«&nbsp;Certif. fellation&nbsp;»</em></a>.)<br>
    <br>
    Dans le rituel tantrique décrit par Varenne (1997) et autres auteurs, tout commence par l’éjaculation de l’homme. On peut imaginer qu’il y aurait un orgasme (dont pourrait aussi être gratifiée la
    partenaire féminine) et qu’ensuite les amants continuent sur ce que j’appelle la «&nbsp;voie de l’extase&nbsp;». Je ne l’ai vécu que récemment et pour une faible durée. La plupart du temps, quand
    ma partenaire avait envie d’un ou de plusieurs orgasmes, je n’ai pas senti de prolongation vers une sexualité extatique. Par contre, ce qui me vient sans y penser, c’est le retour de l’érection
    après l’orgasme qui me libère de l’appréhension de «&nbsp;jouir en premier&nbsp;» et donc de «&nbsp;décevoir ma partenaire&nbsp;». Cette faculté s’est mise en place progressivement, après une
    période où des femmes me disaient apprécier que je mette peu de temps à «&nbsp;ressusciter d’entre les morts&nbsp;».<br>
    <br>
    La bifurcation entre «&nbsp;pénétration-jouissance&nbsp;» et «&nbsp;fusion-extase&nbsp;» se fait spontanément à un certain moment de la rencontre sexuelle. Elle est involontaire mais peut aussi
    être encouragée par les circonstances&nbsp;: le fait, par exemple, que la femme risque d’être fécondée. Elle peut avoir lieu pendant l’accouplement des sexes ou bien avant. Elle peut se traduire
    par l’absence d’accouplement ou au contraire un accouplement prolongé pendant des heures. Cette voie m’a été imposée, au départ, par une femme devenue allergique à la jouissance des hommes et qui
    avait beaucoup de difficultés à «&nbsp;ouvrir son sexe&nbsp;». Il y aurait de belles pages à écrire sur l’ouverture (thème relié bien sûr à l’enfantement) mais je me contenterai de dire que si
    pour nous elle se matérialisait dans le sexe il s’agissait avant tout d’ouverture «&nbsp;du cœur&nbsp;».<br>
    <br>
    Il peut paraître simple d’accoupler les sexes et de rester quasiment immobiles, l’homme allongé sur le dos et la femme à califourchon, mais c’est un apprentissage (fort agréable) car,
    physiquement déjà, cela suppose que le sexe de la femme reste «&nbsp;ouvert&nbsp;», chaud, ruisselant de désir, tandis que celui de l’homme reste présent et puissamment déployé. Quand j’étais
    contraint à cet exercice comme seule forme possible d’accouplement, je sentais parfois le sexe de mon amante refroidir, alors qu’elle s’évadait dans des pensées, et le mien finissait par
    s’ennuyer et se replier. Elle me le reprochait, c’était une lutte entre nous, puis nous avons fait du chemin, ensemble et chacun de son côté, jusqu’à être capables de «&nbsp;présence&nbsp;» et de
    perméabilité au flot qui traversait nos corps et bien au delà.<br>
    <br>
    Dans cette phase de découverte nous nous sommes aperçus que certains gestes inhibaient totalement le processus. Par exemple tout ce qui visait à exciter l’autre&nbsp;: toucher le clitoris,
    caresser ou pincer les seins, faire des mouvements brusques. Ce qui n’empêche qu’il lui est arrivé (rarement) de me faire allonger sur elle pour jouir «&nbsp;comme un taureau&nbsp;» en lui
    pétrissant les seins. Les gestes ne sont donc pas liés aux préférences ni aux habitudes des partenaires mais plutôt à la situation qu’ils sont en train de vivre.<br>
    <br>
    Cet «&nbsp;apprentissage&nbsp;» a débuté, les premiers mois, par des rencontres où nous faisions l’amour pendant des journées entières sans accoupler nos sexes, car elle ne supportait même pas la
    pénétration de l’homme. C’était frustrant pour nous, à l’époque, mais plus tard j’ai appris à goûter les rencontres amoureuses «&nbsp;jouissives&nbsp;» ou «&nbsp;extatiques&nbsp;» où l’intimité
    est totale sans pour autant que les sexes ne soient sollicités.<br>
    <br>
    Pour conclure, je regrette qu’on enferme la sexualité dans des stéréotypes, que ce soit la recherche de la jouissance maximum aussi souvent que possible, ou au contraire le désir d’extase supposé
    nous libérer de cette sexualité «&nbsp;bestiale&nbsp;». Mon ambition est de devenir un dieu sans cesser d’être un loup.&nbsp;;-)<br>
    <br>
    Lire aussi&nbsp;:<br>
    <em>Le tantrisme&nbsp;: mythes, rites, métaphysique&nbsp;». Jean Varenne. Albin Michel, 1997.<br>
    De sang et de sperme&nbsp;: la pratique mystique bâul et son expression métaphorique dans les chants. Grance Bhattacharya. In V. Bouillier &amp; G. Tarabout (eds.) Images du corps dans le monde
    hindou, CNRS éditions, 2002 , p.&nbsp;241-272<br>
    Vajrolî mudrâ&nbsp;: la rétention séminale chez les yogis vâmâcâri. Richard A. Darmon. In V. Bouillier &amp; G. Tarabout (eds.) Images du corps dans le monde hindou, CNRS éditions, 2002 ,
    p.&nbsp;213-240</em><br>
    <br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 07 Jan 2007 19:37:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-5167872.html</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-5167872-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Moteur]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-5024930.html</link>        <description><![CDATA[Elle, c&rsquo;est <a href="http://fils-invisibles.over-blog.com/article-709041.html">Marie</a>. Assise en amazone sur le porte-bagages de ma mobylette verte. Nous avons roul&eacute; en descente jusqu&rsquo;&agrave; une petite ville, travers&eacute; quelques carrefours, et je m&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; prendre une petite route qui remonte lentement vers la montagne. Je ne sais pas vraiment o&ugrave; l&rsquo;emmener&nbsp;; seulement qu&rsquo;avant de passer le pont nous pourrons nous arr&ecirc;ter dans un pr&eacute; bord&eacute; de joncs, les pieds dans l&rsquo;herbe humide sous un ciel bleu qui pourrait &ecirc;tre le <a href="http://fils-invisibles.over-blog.com/article-733101.html">Portugal</a>.<br /><br />Il n&rsquo;y a pas grand chose &agrave; attendre. D&rsquo;ailleurs, Marie reste silencieuse &agrave; me regarder, le visage &eacute;clair&eacute; d&rsquo;un sourire qui me vide de toute pens&eacute;e.<br /><br />Nous avons pris la route. Soudain je m&rsquo;aper&ccedil;ois que le moteur ne donne rien&nbsp;: le carburateur fait encore des siennes. En me penchant pour le nettoyer je m&rsquo;aper&ccedil;ois que je suis v&ecirc;tu d&rsquo;un pantalon de grossi&egrave;re toile noire dont la braguette est ouverte.<br /><br />Le clocher voisin a sonn&eacute; neuf coups et notre petite chienne a saut&eacute; sur le lit pour nous r&eacute;veiller. Il faut rejoindre la famille.]]></description>
        <pubDate>Tue, 26 Dec 2006 10:01:15 +0100</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-5024930.html</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-5024930-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[À votre santé !]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-3665423.html</link>        <description><![CDATA[Plus jeune que moi, elle a d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; &agrave; payer la note de cet oubli de soi qui consiste &agrave; vivre &laquo;&nbsp;comme tout le monde&nbsp;&raquo;&nbsp;: malbouffe, tabac et autres d&eacute;pendances, ne pas respecter ses besoins de repos ou de sommeil&hellip; Je croise de plus en plus de gens qui commencent &agrave; payer tr&egrave;s t&ocirc;t. Il y a l&rsquo;apparence physique &mdash;&nbsp;certain(e)s &agrave; 30 ans en paraissent 15 de plus &mdash;&nbsp;mais aussi, moins visibles, des signaux dont on parle parfois&nbsp;: fatigue chronique, vertiges, perte de cheveux, insomnies, allergies (ou &laquo;&nbsp;intol&eacute;rances&nbsp;&raquo;), douleurs articulaires&nbsp;; puis la lassitude, l&rsquo;irritabilit&eacute;, l&rsquo;impossibilit&eacute; de s&rsquo;ajuster &agrave; son entourage, au point de ne plus pouvoir supporter personne, enfin un &eacute;tat de l&eacute;thargie affective/sexuelle qui se traduit par des s&eacute;parations sans motif bien apparent.<br /><br />Ces conversations me laissent sans voix. Je ne peux pas dire &agrave; mon amie qu&rsquo;elle est responsable de son &eacute;tat, car elle me r&eacute;p&egrave;tera qu&rsquo;elle a fait mieux que tout le monde, puisqu&rsquo;elle ne s&rsquo;est jamais gav&eacute;e de m&eacute;dicaments et n&rsquo;accorde aucun cr&eacute;dit &agrave; ce que disent les m&eacute;decins (qu&rsquo;elle consulte quand m&ecirc;me). Elle a vu tout ce qu&rsquo;on pouvait inventer comme hom&eacute;opathes, acupuncteurs, naturopathes qui n&rsquo;ont rien pu faire pour elle&hellip; D&rsquo;ailleurs, tout cela remonte &agrave; son enfance, sa m&egrave;re et des gens disparus avant sa naissance,  elle l&rsquo;a lu dans un bouquin &eacute;patant sur la psychog&eacute;n&eacute;alogie.<br /><br />Il y a des facteurs qu&rsquo;on ne peut pas ma&icirc;triser. Contrairement &agrave; la soupe de gourou que voudrait me faire avaler S&eacute;verine, tout le monde ne peut pas vivre dans une jolie maison d&rsquo;un pays de r&ecirc;ve, &agrave; 500 m&egrave;tres d&rsquo;une ferme bio, avec des gens merveilleux, un boulot sympa et un compte bancaire toujours approvisionn&eacute;.  Je ne vais pas cautionner cette doctrine <em>new age</em> qui veut qu&rsquo;on soit chacun la cause de son propre malheur, y compris les avalanches, accidents d&rsquo;avion et autres viols sur un parking. Un peu de compassion vous rendrait moins puants, bande de nases. (Pfff, du m&ecirc;me m&eacute;tal, vous avez vu le documentaire sur Tom Cruise et la scientologie&nbsp;?)<br /><br />Le capital g&eacute;n&eacute;tique y est pour quelque chose&nbsp;; il conditionne sans doute le temps que nous passons chez le dentiste. Mais il y a aussi des facteurs ma&icirc;trisables &agrave; port&eacute;e de (presque) toutes les bourses&nbsp;: rechercher une alimentation adapt&eacute;e &agrave; ses besoins, &eacute;viter toute d&eacute;pendance, suivre son rythme de sommeil quel qu&rsquo;il soit, faire confiance &agrave; son corps au lieu de se pr&eacute;cipiter chez le gu&eacute;risseur ou le pharmacien.<br /><br />Je n&rsquo;ai jamais eu de difficult&eacute; &agrave; m&rsquo;&eacute;couter, sauf un manque d&rsquo;attention aux cycles d&rsquo;anorexie et de boulimie. Hier je suis sorti de 3 semaines de je&ucirc;ne qui furent un vrai bonheur &mdash;&nbsp;l&rsquo;occasion d&rsquo;observer au microscope mes envies. Le jour je n&rsquo;ai jamais ressenti la faim, jusqu&rsquo;&agrave; hier soir o&ugrave; j&rsquo;ai compris que le cycle d&rsquo;&eacute;puration &eacute;tait termin&eacute;. Une fois, quand m&ecirc;me, je suis sorti du bureau avec une envie folle de saucisse fum&eacute;e, et j&rsquo;aurais pu tuer quelqu&rsquo;un pour &ccedil;a &mdash;&nbsp;oui, allez-y pour le bracelet &eacute;lectronique&hellip;&nbsp;Ces envies subites sont des r&eacute;actions psychiques, de m&ecirc;me que la nuit, tr&egrave;s souvent, j&rsquo;ai r&ecirc;v&eacute; que je mangeais des trucs d&eacute;gueux jusqu&rsquo;&agrave; en &eacute;prouver la naus&eacute;e.<br /><br />Dans ces r&ecirc;ves et dans la p&eacute;riode de r&eacute;adaptation commenc&eacute;e aujourd&rsquo;hui, je comprends de mieux en mieux que mon d&eacute;sir est li&eacute; au stress. Le fait de manger apaise les battements du c&oelig;ur, sauf chez ceux qui ont des souvenirs traumatisants de sc&egrave;nes familiales associ&eacute;es &agrave; la prise de nourriture. Pour les autres &mdash;&nbsp;enfin, les gens normaux comme moi&nbsp;&mdash; le frigo fobctionne comme un antid&eacute;presseur. &Ccedil;a tombe bien, il est vide et il me faudra donc g&eacute;rer le stress autrement.<br /><br />J&rsquo;ai une th&eacute;orie qui dit que la m&ecirc;me quantit&eacute; de nourriture ne produit pas les m&ecirc;mes effets selon l&rsquo;&eacute;tat mental du mangeur. Face &agrave; un danger, par un vieux r&eacute;flexe de survie, le corps humain stockera plus volontiers les exc&eacute;dents.  Si c&rsquo;est vrai (je pense l&rsquo;avoir v&eacute;rifi&eacute; pour moi) rien ne sert de se rationner tant qu&rsquo;on n&rsquo;a pas &eacute;vacu&eacute; son stress. Corollaire&nbsp;: il suffit que je tombe amoureux pour que mes r&eacute;serves fondent sans que j&rsquo;aie &agrave; changer mes habitudes de vie.<br /><br />Tout cela est du ressort de la mani&egrave;re douce. Je passe sur ce qui ne me pose aucun probl&egrave;me&nbsp;: fi&egrave;vres, infections, douleurs accidentelles pour lesquelles je n&rsquo;ai consult&eacute; personne ni absorb&eacute; ne serait-ce qu&rsquo;une tisane depuis mon enfance. Mais je crois que la mani&egrave;re douce ne suffit pas sur le long terme car notre environnement a chang&eacute;. En plus des probl&egrave;mes de pollution dont on ne sait pas encore chiffrer l&rsquo;impact, nous sommes de plus en plus sollicit&eacute;s, manipul&eacute;s, coup&eacute;s de nos v&eacute;ritables besoins et canalis&eacute;s sur des envies fabriqu&eacute;es par d&rsquo;autres. Par exemple, nos frigos ne sont pas vides&nbsp;: ils sont souvent remplis de produits pr&ecirc;ts &agrave; consommer &laquo;&nbsp;parce que c&rsquo;est si pratique&nbsp;&raquo;. Or les jeunes enfants s&rsquo;habituent tr&egrave;s vite au grignotage avec tous les d&eacute;s&eacute;quilibres alimentaires qui en d&eacute;coulent.<br /><br />Au risque de passer pour un vieux con, j&rsquo;oserai dire qu&rsquo;on a besoin de discipline, la meilleure &eacute;tant celle qu&rsquo;on applique &agrave; soi-m&ecirc;me en toute connaissance de cause. L&rsquo;abolition du grignotage est une d&eacute;cision aussi vitale que le refus de toute d&eacute;pendance &agrave; des substances toxiques. Un petit calcul pour les jeunes candidats &agrave; la boulimie invisible (celle des &laquo;&nbsp;en-cas&nbsp;&raquo;)&nbsp;: si l&rsquo;on s&rsquo;autorise &agrave; prendre un kilo par an, ce qui n&rsquo;est rien vous en conviendrez, en partant de 60&nbsp;kg &agrave; 20 ans, &agrave; quoi va-t-on ressembler &agrave; 50&nbsp;?<br /><br />Je n&rsquo;ai utilis&eacute; de chiffres que pour l&rsquo;exemple. En fait j&rsquo;y accorde tr&egrave;s peu d&rsquo;importance car pour moi la sant&eacute; est le rapport de bien-&ecirc;tre que nous entretenons avec notre corps, m&ecirc;me hors-norme ou &laquo;&nbsp;malade&nbsp;&raquo; selon le sens commun. Une fois par an environ, je suis pris d&rsquo;une violente fi&egrave;vre et je m&rsquo;enferme sous les draps pendant 8 &agrave; 12 heures. C&rsquo;est un vrai bonheur, un moment privil&eacute;gi&eacute;, un peu comme la cuisson du potier.<br /><br />J&rsquo;&eacute;coute cette femme qui tire cigarette sur cigarette en me parlant de ses d&eacute;boires de sant&eacute; et de l&rsquo;incomp&eacute;tence des m&eacute;decins. Que lui r&eacute;pondre&nbsp;?]]></description>
        <pubDate>Tue, 29 Aug 2006 00:25:04 +0200</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-3665423.html</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-3665423-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Nous avions refait le monde]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-3180745.html</link>        <description><![CDATA[<img src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/chemin.jpg" alt="" class="DrteTexte" />Deux fois je suis revenu ici sans Marie. Le sillon de sa pr&eacute;sence est encore frais. Ce chemin creux o&ugrave; nous parlions de choses profondes, vite oubli&eacute;es&nbsp;&mdash; comme un clavier vide garde une trace de l&rsquo;accord final &mdash; la saveur de l&rsquo;air, les asp&eacute;rit&eacute;s, un brin d&rsquo;amertume, mais tout cela n&rsquo;a plus de sens, n&rsquo;est-ce pas.<br /><br />Marie lumi&egrave;re, Marie musique, Marie mon enfance retrouv&eacute;e au terme d&rsquo;un printemps de folie. Marie plaisir, encore, prends, mon amour, la source est intarissable.<br /><br />Je n&rsquo;ai rien de plus beau que le feuillage d&rsquo;un tremble pour &eacute;voquer l&rsquo;&eacute;blouissement des sens, la jouissance &agrave; l&rsquo;&eacute;tat pur qui persiste une fois le vent tomb&eacute;. (La petite tricheuse d&eacute;teste que j&rsquo;&eacute;crive &laquo;&nbsp;extase&nbsp;&raquo;, mais pourquoi faut-il que je croise encore son chemin&nbsp;?)<br /><br />C&rsquo;est d&rsquo;une autre vie que je vous parle. Nous avions piqu&eacute; deux tentes au bout du champ. Deux pour que les autres ne sachent pas. Bien s&ucirc;r ils savaient. S&rsquo;ils me voyaient seul&nbsp;: &laquo;&nbsp;O&ugrave; est Marie&nbsp;?&nbsp;&raquo; Pas d&rsquo;ombre sans lumi&egrave;re.<br /><br />Mon regard et mon haleine ont gard&eacute; l&rsquo;empreinte de l&rsquo;Amoureuse. Des femmes la reconnaissent, d&eacute;&ccedil;ues de ne pas y trouver leur reflet. <br /><br />Ici nous avions refait le monde, un peu, et l&rsquo;amour, beaucoup.]]></description>
        <pubDate>Mon, 03 Jul 2006 00:13:50 +0200</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-3180745.html</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-3180745-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Machines]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-3013689.html</link>        <description><![CDATA[<img class="DrteTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/ligeti.gif" />Ligeti est mort. Gy&ouml;rgi. Compositeur autrichien n&eacute; en Hongrie, rescap&eacute; du nazisme puis du stalinisme. Un grand bonhomme. &Eacute;chelles harmoniques non temp&eacute;r&eacute;es, polyrythmes, illusions sonores&hellip;&nbsp;Si vous avez le courage de regarder jusqu&rsquo;au bout &laquo;&nbsp;2001, Odys&eacute;e de l&rsquo;espace&nbsp;&raquo; (je m&rsquo;y suis attel&eacute; trois fois avant de recycler la cassette) vous entendrez son <em>Requiem</em>.<br /><br />Tout un monde qui refait surface dans une vie que je croyais accomplie (d&rsquo;o&ugrave; ma pr&eacute;sence en pointill&eacute;s sur la blogosph&egrave;re). Depuis janvier, <em>on</em> me contacte pour faire revivre un projet, j&rsquo;ouvre les tiroirs poussi&eacute;reux, tout est l&agrave;, servez-vous les gars, ma cervelle est en <em>open source</em>, mes couilles en licence BSD. <em>On</em> m&rsquo;invite&nbsp;: Graz en octobre, Edinburgh en novembre. Reprise du r&ocirc;le, retour en sc&egrave;ne.<br /><br />Mais Ligeti est mort. Merde. Un homme qui a &eacute;crit pour des machines. <em>M&eacute;canismes d&eacute;r&eacute;gl&eacute;s</em>. Avant ma mort, j&rsquo;&eacute;crivais des machines qui &eacute;crivent pour les humains.<br /><br />Sa photo &eacute;tait dans <em>Le Monde</em> (14 juin page 30). D&eacute;j&agrave; pass&eacute;&hellip; Je suis triste.]]></description>
        <pubDate>Wed, 14 Jun 2006 01:05:25 +0200</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-3013689.html</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-3013689-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Scène de cul dans la glacière]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-3003995.html</link>        <description><![CDATA[Le radio-r&eacute;veil s&rsquo;est mis en marche. Tais-toi, andouille&nbsp;!<br /><br />&mdash; Aouh, j&rsquo;ai pas envie de me lever&hellip;<br />&mdash; Je vais te chasser du lit&nbsp;!<br /><br />J&rsquo;ai bondi comme un chien mal &eacute;lev&eacute; sur le lit de 240.<br /><br />&mdash;&nbsp;Tu as bien dormi&nbsp;? Pas trop chaud&nbsp;?<br />&mdash;&nbsp;J&rsquo;aime dormir &agrave; la dure, tu sais bien&hellip;<br />&mdash;&nbsp;Et moi j&rsquo;ai chaud chaque fois que tu arrives.<br /><br />Elle sait bien. Elle sait tout, la grande. Bient&ocirc;t elle fera couler du bon caf&eacute;, mettra sur la petite table une baguette, du miel et ma confiture pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e, du beurre all&eacute;g&eacute; &mdash;&nbsp;car on se soigne comme des vieux.<br /><br />De vieux amis. Jamais joui. C&rsquo;est la seule femme qui me r&eacute;sistera jusqu&rsquo;&agrave; ce que les dents nous tombent. Les siennes, d&rsquo;ailleurs, sont tr&egrave;s belles. Elle est belle, mince, &eacute;l&eacute;gante, des jambes de reine, brillante. (D&eacute;pressive.) Je me serre contre elle, son joli cul contre mon arbre effervescent, une main sur sa hanche qui glisse sur son ventre, puis gratouiller le sein qui n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; op&eacute;r&eacute;. Nous sommes des jumeaux, l&rsquo;image me revient.<br /><br />Elle ne veut pas de sexe sans passion amoureuse, mais elle &eacute;coute mes d&eacute;sirs et mes histoires de baise comme une grande s&oelig;ur limite incestueuse, toujours dans mon camp. (&Agrave; propos de M.) &laquo;&nbsp;Oh ben elle est compl&egrave;tement cingl&eacute;e, celle-l&agrave;&nbsp;!&nbsp;&raquo;<br /><br />Pour elle, aucun doute, les femmes devraient &ecirc;tre &agrave; mes pieds. Elle n&rsquo;y sera jamais.  Nous restons lov&eacute;s dans un demi-sommeil. Puis elle se l&egrave;ve doucement, sans se retourner. Elle porte juste un tee-shirt. Jambes et jolie touffe. Je prends une douche en &eacute;coutant le percolateur. Elle en fait toujours trop&nbsp;; je vais &ecirc;tre survolt&eacute; &agrave; la conf&eacute;rence de presse.<br /><br />Il faisait chaud &agrave; Paris hier soir. Jeunes femmes aux l&egrave;vres de Marie, les seins en vol libre dans le m&eacute;tro. Trop chaud. Heureusement, je suis descendu &agrave; Glaci&egrave;re.]]></description>
        <pubDate>Tue, 13 Jun 2006 02:36:15 +0200</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-3003995.html</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-3003995-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ma psy]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2808216.html</link>        <description><![CDATA[Ma psy d&eacute;prime. Non, ce n&rsquo;est pas dr&ocirc;le.<br /><br />Que fait un(e) psy en d&eacute;pression&nbsp;? Il/elle consulte un autre psy. Mais voil&agrave;, &ccedil;a n&rsquo;a pas vraiment march&eacute; pour Claudia. Nous voici attabl&eacute;s en train de lui remonter le moral. Ou plut&ocirc;t c&rsquo;est elle qui s&rsquo;est mise &agrave; table en esp&eacute;rant comprendre comment nous trouvons de la saveur &agrave; la vie.<br /><br />Elle scrute l&rsquo;anatomie d&rsquo;un homme heureux. Le petit couplet sur &laquo;&nbsp;moi aussi, j&rsquo;ai des moments de d&eacute;pression, l&rsquo;envie de rien faire&nbsp;&raquo; n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; du meilleur effet. Un passage &agrave; vide de 24 heures (suis-je m&ecirc;me all&eacute; jusque l&agrave;&nbsp;?) n&rsquo;a rien &agrave; voir avec la d&eacute;pression qui lui bouffe la cervelle depuis des ann&eacute;es. La vague a d&eacute;ferl&eacute; encore plus fort quand elle a souffert d&rsquo;un cancer mal d&eacute;pist&eacute;&nbsp;; une erreur m&eacute;dicale qui a effac&eacute; ses derni&egrave;res r&ecirc;ves de maternit&eacute;. Ensuite elle s&rsquo;est mise &agrave; soigner des enfants en difficult&eacute; avec beaucoup de c&oelig;ur et de talent. Ce qui ne l&rsquo;emp&ecirc;che pas, aujourd&rsquo;hui, de penser que sa vie n&rsquo;a aucun sens. Et ce qu&rsquo;elle envisage pour une retraite annonc&eacute;e lui para&icirc;t futile.<br /><br />Dans son travail de dissection elle a cru tenir quelques pistes&nbsp;: (1)&nbsp;je ne reviens jamais sur le pass&eacute;&nbsp;; (2)&nbsp;je n&rsquo;&eacute;prouve aucun regret pour les erreurs commises&nbsp;; (3)&nbsp;j&rsquo;accorde peu d&rsquo;importance aux liens de parent&eacute; et ne me sens redevable de rien envers mes parents&nbsp;; (4)&nbsp;les probl&egrave;mes relationnels des autres ne me touchent qu&rsquo;en surface et je ne fais pas d&rsquo;effort pour les aider &agrave; les r&eacute;soudre. D&rsquo;ailleurs, Claudia sait que si je m&rsquo;int&eacute;resse &agrave; son &laquo;&nbsp;cas&nbsp;&raquo; c&rsquo;est qu&rsquo;elle a toujours &eacute;t&eacute; pour moi une femme digne d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t&nbsp;: j&rsquo;ai envie de la prendre dans mes bras et de lui faire l&rsquo;amour. S&ucirc;r qu&rsquo;elle reprendrait go&ucirc;t &agrave; la vie.&nbsp;;-)<br /><br />Elle conclut que l&rsquo;&eacute;picurisme est sans doute le secret du bonheur. Mais en interrogeant Aim&eacute;e elle obtient exactement les r&eacute;ponses inverses. Nous sommes aux antipodes sur tous ces points, bien que passionn&eacute;s de vivre et heureux d&rsquo;&ecirc;tre ensemble dans ces diff&eacute;rences.<br /><br />Le bonheur n&rsquo;est pas une &laquo;&nbsp;attitude face &agrave; la vie&nbsp;&raquo;. Certes, on a besoin d&rsquo;attitudes pendant les ann&eacute;es de recherche du minimum de s&eacute;curit&eacute; mat&eacute;rielle et de reconnaissance sociale, mais une fois la barque lanc&eacute;e c&rsquo;est autre chose qui nous &eacute;chappe.  Son sentiment d&rsquo;inutilit&eacute; vient peut-&ecirc;tre de ce qu&rsquo;elle a pass&eacute; sa vie &agrave; r&eacute;soudre des probl&egrave;mes&nbsp;: les siens, qui &eacute;taient de taille &mdash;&nbsp;et il en reste &mdash; mais aussi ceux des autres dans les m&eacute;tiers qu&rsquo;elle a exerc&eacute;s. Claudia s&rsquo;est forg&eacute; une id&eacute;e en creux du bonheur comme &laquo;&nbsp;absence de probl&egrave;mes&nbsp;&raquo;. Or elle entrevoit que, le jour o&ugrave; elle sera d&eacute;charg&eacute;e des probl&egrave;mes des autres il ne lui restera que le vide existentiel. Avec des &eacute;chappatoires&nbsp;: voyager, &eacute;crire, peut-&ecirc;tre m&ecirc;me un blogue&hellip;<br /><blockquote>&mdash;&nbsp;&laquo;&nbsp;Mais, la saveur, c&rsquo;est quoi&nbsp;?&nbsp;&raquo; demande-t-elle en plongeant sa cuill&egrave;re dans un fabuleux marscapone.<br />&mdash;&nbsp;La polygamie&nbsp;!</blockquote>Confidente depuis des ann&eacute;es de mes rencontres amoureuses, elle rit. Or ce n&rsquo;est pas le libertinage que je cherche &agrave; lui vendre, mais la multiplicit&eacute; des amours de la vie, les choses du pr&eacute;sent, les aventures artistiques ou intellectuelles, l&rsquo;engagement social, les relations humaines&hellip;  On ne peut pas vivre que pour un m&eacute;tier, une famille, un loisir du dimanche.<br /><br />Nos regards se croisent. Entre nous, des ann&eacute;es d&rsquo;effleurement, de gestes tendres &agrave; peine &eacute;bauch&eacute;s et de d&eacute;sirs contr&ocirc;l&eacute;s. Elle n&rsquo;a jamais pu vivre plus de six mois avec un homme car elle ne veut pas d&rsquo;intimit&eacute; en dehors de la passion, avec tout ce que cela contient de destructeur. Claudia a besoin d&rsquo;aimer avec la peur de perdre&nbsp;; elle reconna&icirc;t se sentir &eacute;trang&egrave;re face &agrave; deux &ecirc;tres qui n&rsquo;ont pas peur de se perdre.<br /><br />Elle esp&eacute;rait que la peur de la mort, il y a quelques ann&eacute;es, lui redonne le go&ucirc;t de vivre. Mais la pulsion morbide est encore bien pr&eacute;sente. Elle pleure, pour la premi&egrave;re fois devant nous. Elle dit qu&rsquo;elle a besoin de passer par cette crise douloureuse.<br /><br />J&rsquo;aurais voulu partager avec elle une vision qui sorte de cet encha&icirc;nement&nbsp;: aimer, retenir et perdre. Mais les mots que j&rsquo;utilise n&rsquo;ont pas de sens en dehors du flot d&rsquo;hormones de l&rsquo;amour.<br /><br />Nous sortons.  Elle a retrouv&eacute; de la contenance, &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;assurance.  Elle nous prend dans ses bras, je m&rsquo;abandonne au d&eacute;sir.]]></description>
        <pubDate>Wed, 24 May 2006 00:26:46 +0200</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2808216.html</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2808216-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Sucer n’est pas une pipe]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2445821.html</link>        <description><![CDATA[
  <p>
    <a onmouseover="document.photo.src='http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/pipeavr2.gif'" onmouseout="document.photo.src='http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/pipeavr3.gif'" href=
    "http://www.votretania.com/article-2415035-6.html" target="_blank"><img border="0" src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/pipeavr.gif" alt="" class="CtreTexte" name="photo" id=
    "photo"></a>Petit clin d’œil à <a href="http://membres.lycos.fr/reno3000/magritte.html" target="_blank">René Magritte</a> (1898-1967), suite à un reportage aperçu hier soir aux infos de France 2
    — je n’ai pas fait attention au prétexte.<br>
    <br>
    Lui qui avait dit&nbsp;:
  </p>
  <blockquote>
    L’on me reprocha la rareté de mes préoccupations. Singulier reproche de la part de gens pour qui la rareté est signe de grande valeur.<br>
    <br>
    L’on me reprocha encore beaucoup de choses et enfin de montrer dans les tableaux des objets situés là où nous ne les rencontrons jamais. Cependant, il s’agit là de la réalisation d’un désir réel,
    sinon conscient, pour la plupart des hommes. En effet, déjà, le peintre banal essaye dans les limites qu’on lui a fixées de déranger un peu l’ordre dans lequel il voit toujours les objets. Il se
    permettra de timides audaces, de vagues allusions. Etant donnée ma volonté de faire si possible hurler les objets les plus familiers, l’ordre dans lequel l’on place généralement les objets devait
    être évidemment bouleversé&nbsp;; les lézardes que nous voyons dans nos maisons et sur nos visages, je les trouvais plus éloquentes dans le ciel&nbsp;; les pieds de table en bois tourné perdaient
    l’innocente existence qu’on leur prête s’ils apparaissaient dominant soudain une forêt&nbsp;; un corps de femme flottant au-dessus d’une ville remplaçait avantageusement les anges qui ne
    m’apparurent jamais&nbsp;; je trouvais très utile de voir les dessous de la Vierge Marie et je la montrai sous ce jour nouveau&nbsp;; les grelots de fer pendus aux cous de nos admirables chevaux,
    je préférais croire qu’ils poussaient comme des plantes dangereuses au bord des gouffres…<br>
    <br>
    Quant au mystère, à l’énigme que mes tableaux étaient, je dirai que c’était la meilleure preuve de ma rupture avec l’ensemble des absurdes habitudes mentales qui tiennent généralement lieu d’un
    authentique sentiment de l’existence.
  </blockquote>

  
]]></description>
        <pubDate>Sat, 15 Apr 2006 11:28:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2445821.html</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2445821-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Tout va bien !]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-2344903.html</link>        <description><![CDATA[<img class="DrteTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/cpe7.jpg" />Cher Nicolas Villepin,<br /><br />J&rsquo;ai une bonne nouvelle &agrave; t&rsquo;annoncer&nbsp;: les rues sont vides. Je n&rsquo;ai crois&eacute; ce matin, dans une des plus grandes villes de France, qu&rsquo;une poign&eacute;e d&rsquo;irr&eacute;ductibles, 250&nbsp;000 &agrave; tout casser (ils n&rsquo;ont m&ecirc;me rien cass&eacute;) en train de fl&acirc;ner, de chanter des airs folkloriques ou de jouer &agrave; la marelle&hellip; Il ne faut pas croire ce qu&rsquo;on raconte &agrave; la TV, d&rsquo;ailleurs ils ne montrent que des images d&rsquo;archives. Le peuple fran&ccedil;ais a enfin compris o&ugrave; &eacute;tait son int&eacute;r&ecirc;t gr&acirc;ce aux brillantes explications du pr&eacute;sident Chirac. Les fran&ccedil;ais sont b&ecirc;tes, il faut sans arr&ecirc;t qu&rsquo;on leur explique, je ne voudrais pas &ecirc;tre &agrave; votre place.<br /><br />Dominique Sarkozy et toi pouvez y aller sans crainte.  Les enfants vont retourner &agrave; l&rsquo;&eacute;cole. Nos entreprises vont enfin pouvoir embaucher des jeunes, le ch&ocirc;mage va dispara&icirc;tre de la plan&egrave;te, la vie est belle&nbsp;!]]></description>
        <pubDate>Tue, 04 Apr 2006 12:06:37 +0200</pubDate>        <guid >http://www.fils-invisibles.net/article-2344903.html</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-2344903-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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