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    <title><![CDATA[Fils invisibles]]></title>
    <link>http://www.fils-invisibles.net/</link>
    <description>Un loup gris partage les émotions, intuitions et désirs au fil de ses « voyages » d'amitié amoureuse.</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Fils invisibles]]></title>
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    <pubDate>Sat, 21 Jan 2012 20:01:03 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Sat, 21 Jan 2012 20:01:03 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.fils-invisibles.net</copyright>            <category>Vie perso / Journal intime</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Célébration]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-celebration-86182696.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <img src="http://img.over-blog.com/199x300/0/11/13/87/nude.jpg" class="DrteTexte" alt="nude.jpg" height="300" width="199">Dans mon rêve de cette nuit, elle était debout au sommet de la rue, face
    à une foule indifférente. Moi légèrement en retrait. J’ai fait glisser la chemise de ses épaules. La peau de son buste est apparue comme lumineuse. Je sentais son plaisir : pas celui d’être belle
    et de s’exposer nue, mais d’avoir célébré la vie dans son corps (avec cet homme). Un homme entre parenthèses, car je reste dans l’ombre ; pas celui qui la prend, mais un possédé sous l’emprise de
    son toucher. Je venais de lire :
    <blockquote>
      Elle apprit tant de choses au cours de cette brève nuit d'été. Elle s'était imaginé qu'une femme en mourrait de honte. Et ce fut la honte qui mourut. La honte, c'est-à-dire la peur : cette
      profonde honte organique, cette très ancienne peur physique tapie dans les racines de notre corps, et que seul peut évacuer le feu de la sensualité. (D.H. Lawrence, <em>L’amant de Lady
      Chatterley.</em> Livre de Poche, 1991, p. 315)
    </blockquote>
    <p style="text-align: center;">
      [À suivre]
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 08 Oct 2011 23:01:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">1c75b83a07b8925b9bb02eaa52e6ad1a</guid>
                <category>Lire de bas en haut</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-celebration-86182696-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La démocratie du toucher]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-la-democratie-du-toucher-84112553.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/0/11/13/87/LadyChatterley.jpg" class="DrteTexte" alt="LadyChatterley.jpg" height="288" width="175">Lu, dans <em>Lady Chatterley’s lover</em>, cet échange un
    peu surréaliste entre les <em>cronies</em> qui fréquentent le couple Chatterley (Clifford et Constance). Ils ont tous un peu picolé et en viennent à dire que tout pourrait finir par disparaître,
    à commencer par les fonctions corporelles : les hommes flotteraient dans l’air comme des nuages de fumée, et les femmes seraient « immunisées » du besoin d’un corps puisqu’on élèverait les bébés
    dans des bouteilles.<br>
    <blockquote>
      <em>“So long as you can forget your body you are happy,” said Lady Bennerley. “And the moment you begin to be aware of your body, you are wretched. So, if civilization is any good, it has to
      help us to forget our bodies, and then time passes happily without our knowing it.”</em><br>
      <br>
      « Tant que vous pouvez oublier votre corps vous êtes heureux », dit Mme Bennerley. « Et dès l’instant où vous commencez à prendre conscience de votre corps, vous êtes foutu. Alors, si la
      civilisation sert à quelque chose, c’est à nous aider à oublier nos corps, de sorte que le temps passe joyeusement sans que nous ne nous en rendions compte ».<br>
      <br>
      […]<br>
      <br>
      <em>“There might even be real men, in the next phase,” said Tommy. “Real, intelligent, wholesome men, and wholesome nice women! Wouldn’t that be a change, an enormous change from us? We are not
      men, and the women aren’t women. We’re only celebrating makeshifts, mechanical and intellectual experiments. There may come a civilisation of genuine men and women, instead of our little lot of
      clever-jacks, all at the intelligence-age of seven. It would be even more amazing than men of smoke or babies in bottles.”<br>
      “Oh, when people begin to talk about real women, I give up,” said Olive.<br>
      “Certainly nothing but the spirit in us is worth having,” said Winterslow.<br>
      “Spirits!” said Jack, drinking his whiskey and soda.<br>
      “Think so? Give me the resurrection of the body!” said Dukes. “But it’ll come, in time, when we’ve shoved the cerebral stone away a bit, the money and the rest. Then we’ll get a democracy of
      touch, instead of a democracy of pocket.”<br>
      Something echoed inside Connie. “Give me the democracy of touch, the resurrection of the body!” She didn’t at all know what it meant, but it comforted her, as meaningless things may do.<br>
      Anyway everything was terribly silly, and she was exasperatedly bored by it all, by Clifford, by Aunt Eva, by Olive and Jack, and Winterslow, and even by Dukes. Talk, talk, talk! What hell it
      was, the continual rattle of it!<br>
      Then, when all the people went, it was no better. She continued plodding on, but exasperation and irritation had got hold of her lower body, she couldn’t escape.</em><br>
      <br>
      « Il pourrait même exister des hommes véritables, dans la phase suivante », dit Tommy. « Des hommes réels, sains, et des femmes gentilles et saines ! Est-ce que ce ne serait pas quelque chose
      de nouveau, d’entièrement nouveau pour nous ? Nous ne sommes pas des hommes, et les femmes ne sont pas des femmes. Nous ne faisons que vénérer des choses artificielles, des bricolages
      mécaniques et intellectuels. Il pourrait venir une civilisation d’hommes et de femmes authentiques, au lieu de notre lot de petits branleurs, sept ans d’âge mental. Ce serait encore plus
      admirable que des hommes en fumée ou des bébés dans des bouteilles. »<br>
      « Oh, quand on commence à parler de vraies femmes, j’abandonne », dit Olive.<br>
      « Il n’y a rien d’autre qu’il vaille le coup de posséder, à part l’esprit [spirit] », dit Winterslow.<br>
      « Les alcools [spirits] ! » dit Jack en avalant son whisky et soda.<br>
      « Vous croyez ? Donnez-moi la résurrection du corps ! » dit Dukes. « Car elle arrivera, en temps utile, lorsque nous aurons repoussé un peu la pierre cérébrale, le fric et le reste. Alors nous
      aurons une démocratie du toucher, au lieu de la démocratie de la poche ».<br>
      Quelque chose fit écho en Connie. « Donnez-moi la démocratie du toucher, la résurrection du corps ! » Elle ne savait pas ce que cela pouvait vouloir dire, mais cela la réconfortait, comme des
      choses insignifiantes le font parfois.<br>
      En tout cas, tout lui semblait terriblement stupide, et tout l’ennuyait désespérément, que ce soit Clifford, la tante Eva, Olive et Jack, et Winterslow, et même Dukes. Des paroles, des paroles,
      des paroles ! Quel enfer, ce bruit de crécelle incessant !<br>
      Ensuite, une fois tout le monde parti, ce n’était pas mieux. Elle continuait à avancer, mais l’exaspération et l’irritation s’étaient emparé du bas de son corps de manière incontrôlée.<br>
      <br>
      (D.H. Lawrence. <em>Lady Chatterley’s Lover</em>. Bantam Classic 2007, p.79-80.)
    </blockquote>Ce passage a probablement provoqué mon rêve de la nuit dernière.<br>
    <br>
    Une jeune femme me parle, assise au bord d’un lit. Nous sommes détendus, en pleine osmose affective et intellectuelle. Mais je regarde la peau de son buste se soulever quand elle reprend son
    souffle.<br>
    <br>
    Cheveux courts et noirs, visage rond, peau mate, elle ne ressemble à aucune de mes amies proches, mais je sais qui elle est, « à l’intérieur »…<br>
    <br>
    Je ne cherche pas à la rencontrer sexuellement. Pourtant j’ai posé mes mains sur son cou et je la renverse très doucement pour qu’elle s’allonge sur le lit. Nous y restons immobiles, émerveillés
    par le silence et apaisés par la présence l’un de l’autre.
  </div>]]></description>
        <pubDate>Mon, 12 Sep 2011 22:39:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">111d21055f3a5b6c2d5d485e3111558c</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-la-democratie-du-toucher-84112553-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Sauvée de l'ennui par un motard]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-sauvee-de-l-ennui-par-un-motard-83927715.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    Nolwen (la mère de Marie) m’en a raconté une bien bonne.<br>
    <br>
    Son premier mariage, à 20 ans&nbsp;: une grande famille protestante, des dizaines d’invités, tout le gratin de la bougeoisie locale. Après la cérémonie ce beau monde se retrouve dans la salle du
    banquet. Elle est assise en face d’un copain artiste. Il s’aperçoit qu’elle n’est pas au sommet de sa forme.<br>
    <blockquote>
      —&nbsp;Qu’est-ce qui t’arrive&nbsp;? Tu as l’air de t’ennuyer&nbsp;!<br>
      —&nbsp;Oui je m’ennuie, je n’en peux plus de cette ambiance, tous ces gens...<br>
      —&nbsp;Tu préfèrerais être ailleurs&nbsp;?<br>
      — Oh oui...<br>
      —&nbsp;Si tu veux, je t’emmène&nbsp;?<br>
      — Oh oui&nbsp;!
    </blockquote>Ils ont sauté sur sa moto et pris la route sans autre formalité. Elle n’a pas donné signe de vie pendant trois jours puis elle est rentrée sagement au foyer conjugal.<br>
    <br>
    Que croyez-vous qu’il arriva&nbsp;? Ils ont vécu une quinzaine d’années avant de divorcer. Chacun avait compris qu’il devait respecter l’espace de l’autre&nbsp;: pas besoin d’explications, de
    contrat, de cloisons, de précautions.<br>
    <br>
    Je n’ai pu retenir ma curiosité de ce qui s’est passé pendant leurs trois jours de «&nbsp;congés de noces&nbsp;». Eh bien, rien du tout&nbsp;: le motard sauveteur était un copain. Si Nolwen est
    une des personnalités les plus excentriques que je connaisse, elle est incorrigiblement monogame. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a souvent changé de partenaire et conçu ses enfants
    avec plusieurs hommes différents. Personne n’est parfait&nbsp;!<br>
    <br>
    <em>Il y a des femmes dont l'infidélité est le seul lien qui les attache encore à leur mari.</em> (Sacha Guitry)<br>
    <br>
    En tout cas Nolwen m’a appris une chose&nbsp;: se libérer des relations «&nbsp;toxiques&nbsp;», faire le tri dans son environnement plutôt que d’espérer progresser dans l’acceptation de
    l’inacceptable. D’ailleurs, elle me l’a enseigné à ses dépens puisque j’ai fini par m’éloigner d’elle le jour où notre relation est devenue trop pesante.
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 11 Sep 2011 08:49:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e3521e171e1264e4a00921e0f650905f</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-sauvee-de-l-ennui-par-un-motard-83927715-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Touche pas à ma pute !]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-touche-pas-a-ma-pute-80552803.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <img src="http://img.over-blog.com/239x300/0/11/13/87/OnSamuse.jpg" class="DrteTexte" alt="OnSamuse.jpg" height="300" width="239"> Un des <a href="http://www.trussel.com/maig/ls-communf.htm"
    target="_blank">plus célèbres auteurs français de romans policiers</a> a déclaré sans honte qu’il avait besoin de consommer de la prostitution trois fois par jour pour assouvir ses besoins…
    Aujourd’hui il serait pointé du doigt comme un individu dangereux et pervers. On peut s’amuser entre ami-e-s, tous âges confondus (pas vrai TB&nbsp;?) mais payer pour du plaisir, rien ne va
    plus&nbsp;!<br>
    <br>
    Certains hommes vivent très mal leur dépendance au sexe tarifé, confrontés à un gouffre d’incohérence entre leurs escapades sexuelles et une vie familiale soucieuse du qu’en-dira-t’on. Ce
    décalage est d’autant plus douloureux que la réussite sociale leur accorde une certaine respectabilité. (On l’a vu de façon vertigineuse avec le déboulonnage de la statue DSK, mais je n’y
    reviendrai pas.)<br>
    <br>
    Acheter le consentement d’une partenaire revient à nier leur capacité de séduire, eux pour qui la conquête est un ingrédient indispensable de la réussite sociale. C’est pourquoi ce mal-être
    touche en priorité ceux qui ont les moyens de s’offrir du sexe. Comme l’ivrogne avouant au Petit Prince qu’il boit «&nbsp;pour oublier qu’il a honte de boire&nbsp;», leur consommation serait une
    manière de camoufler un sentiment d’échec. Ce mécanisme d’autopunition par le plaisir me paraît plus crédible qu’une supposée addiction au sexe&nbsp;: pour que se mette en place une accoutumance
    il faudrait que l’organisme du consommateur éprouve le besoin de substances qu’il ne peut trouver ailleurs que dans la répétition de l’acte&nbsp;; or le sexe ne crée pas cette forme de dépendance
    puisqu’il existe mille manières de fabriquer de l’ocytocine.<br>
    <br>
    J’ai entendu plusieurs témoignages de femmes qui ont eu pour conjoint un client maladif de la prostitution. Leurs histoires ont des points de ressemblance. Elles révèlent chez leur partenaire un
    fonds commun de croyances, de procès d’intention et de jugements sans appel.<br>
    <br>
    Vanessa a vécu 15 ans en épouse vertueuse d’un paranoïaque qui la plaçait sous surveillance et piquait des crises de jalousie en la traitant de «&nbsp;pute&nbsp;». Pour cette vie qu’elle estimait
    <em>normale</em> avec le père de ses trois enfants, elle avait renoncé à ses études et à une partie de sa vie sociale. Mais quoi de plus naturel que de se sacrifier pour ses enfants&nbsp;?<br>
    <br>
    Elle me raconte&nbsp;:<br>
    <blockquote>
      —&nbsp;Un matin, j’étais assise en face de lui au petit-déjeuner. Tout à coup une idée s’incruste dans ma tête&nbsp;: <em>«&nbsp;Ce mec est un con&nbsp;!&nbsp;»</em><br>
      —&nbsp;Et après&nbsp;?<br>
      —&nbsp;L’univers de mes illusions avait basculé. La situation de notre couple s’est vide dégradée… Et, tu sais quoi&nbsp;?<br>
      —&nbsp;???<br>
      —&nbsp;Un jour il m’a lancé à la figure que, depuis notre mariage il se tapait régulièrement des putes. Il dit en avoir consommé plus de 200… Alors, mes petits soins, ma fidélité exemplaire, et
      mes tentatives de raviver son désir, tu vois à quoi ça pouvait servir&nbsp;!
    </blockquote>Vanessa avait affaire à un homme déchiré entre la maman et la putain, un stéréotype dans lequel des féministes comme Nancy Huston enferment tous les clients de la prostitution
    féminine (<em>Mosaïque de la pornographie</em>, 1982/2004). C’est une erreur de juger à partir de catégories aussi restrictives. Il n’empêche que ce conflit maman/putain est apparent dans la
    manière dont certains hommes parlent des femmes, plus particulièrement de leur compagne, et qu’il mérite d’être analysé pour atténuer les souffrances infligées à leur entourage.<br>
    <br>
    L’homme qui traite sa compagne de salope est dans un besoin compulsif de dominer des femmes. Cherche-t-il à compenser une soumission vécue avec sa mère, ses sœurs, une rivalité castratrice avec
    son père&nbsp;? Les explications psy ne me paraissent pas d’une grande utilité. Contentons-nous d’observer&nbsp;: le «&nbsp;compagnon d’une pute&nbsp;» est dans un besoin compulsif d’asservir des
    femmes, les réduire à des objets, et surtout les avilir pour les punir du pouvoir qu’elles sont supposées exercer par leurs jeux de la séduction. Pour compenser ce vice (c’en est un) il a besoin
    de jouir d’une icone vertueuse à la maison&nbsp;: une vestale admiratrice de sa réussite et pleine de gratitude pour ses bontés —&nbsp;car, matériellement, il ne la prive de rien… Cette compagne
    doit être servile au point de ne pas prêter attention aux parfums étrangers qui flottent sur ses habits quand il rentre tardivement&nbsp;!<br>
    <br>
    Vanessa ne se doutait de rien. À vrai dire, elle n’était pas en mesure d’imaginer, ni pour elle ni pour lui, une vie au-delà des barrières qu’il avait érigées autour de leur couple.<br>
    <br>
    Je ne prétends pas que ce modèle se reproduit à l’identique. Il en existe de nombreuses déclinaisons (dans le registre SM) mais, chaque fois que j’apprends qu’une femme se fait traiter de
    «&nbsp;pute&nbsp;» par le père de ses enfants, je me dis qu’elle a affaire, sinon à un consommateur, du moins à un homme qui a des difficultés avec son envie de consommer.<br>
    <br>
    Face à une telle violence, elle est submergée par un sentiment de culpabilité cruellement entretenu. C’est ce qui permet à la jalousie maladive de virer au harcèlement moral puis à la
    manipulation. Le martèlement de condamnations et d’interdictions sur un esprit en demande de reconnaissance et d’amour engendre de la confusion, une immense frustration, la haine de soi et le
    rappel de désirs refoulés qui justifient a posteriori les accusations.<br>
    <br>
    Pour la victime&nbsp;: ostracisation, mal-être psychique inexpliqué parce que toutes les causes ont été invoquées sauf celle du harcèlement… La personne ainsi affaiblie devient une cible pour
    ceux/celles qui cherchent un exutoire dans les abus de pouvoir. Elle ne peut se juger que malade, anormale et monstrueuse, telle que la décrit son seigneur et maître. Elle finit surtout par ne
    plus croire à l’existence de gens <em>normaux</em>, vivants, heureux, ouverts, sensuels, libres et respectueux de la liberté d’autrui. Cet enfermement est en bien des points similaire à celui
    d’un mouvement sectaire.<br>
    <br>
    À moins de briser le cercle&nbsp;? Un matin, Vanessa s’est assise en face de R. au petit-déjeuner. Elle a levé les yeux et osé parler vrai. <em>Je ne suis plus ta pute.</em><br>
    <br>
    Par un sursaut de clairvoyance elle faisait sien le deuxième <em>accord toltèque</em>. Les années lui ont donné raison&nbsp;:<br>
    <blockquote>
      Lorsque les gens disent une chose et en font une autre, c’est vous mentir que de ne pas écouter leurs actes. Mais si vous êtes honnête envers vous-même, vous vous épargnerez beaucoup de douleur
      émotionnelle. Certes, accepter la vérité sur quelque chose ou quelqu’un peut s’avérer douloureux, mais il n’est pas nécessaire de vous attacher à cette douleur. La guérison est en chemin et ce
      n’est qu’une affaire de temps avant que votre situation ne s’améliore.<br>
      <br>
      Si quelqu’un ne vous traite pas avec amour et respect, prenez comme un cadeau qu’il vous quitte un jour. S’il ne le fait pas, vous passerez certainement des années à souffrir avec lui (ou
      elle). La séparation sera douloureuse pendant quelque temps, mais votre cœur guérira. Puis vous pourrez choisir ce que vous voulez. Vous découvrirez que vous avez besoin de faire confiance
      moins aux autres qu’à votre propre capacité à effectuer de bons choix.<br>
      <br>
      Don Miguel Ruiz. <em>Les quatre accords toltèques</em>. Jouvence, 1997, p.&nbsp;61
    </blockquote>Même couverte de boue, les paupières ornées de petites rides, Vanessa est un hymne à la vie. Comme elle souriait quand je lui ai parlé de <a href=
    "http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Amant_de_lady_Chatterley" target="_blank">Lady Chatterley</a>&nbsp;!
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 31 Jul 2011 11:04:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">867f6ddcd4c7478455cb0d8b702273a5</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-touche-pas-a-ma-pute-80552803-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Quatre accords pour une belle symphonie]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-quatre-accords-pour-une-belle-symphonie-80550863.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    Sans la recommandation de Nanou je n’aurais sans doute jamais ouvert <em>Les quatre accords toltèques</em> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Miguel_Ruiz" target="_blank">Don Miguel
    Ruiz</a>, démotivé par un quatrième de couverture qui le présente comme un best-seller du New Age « dans la tradition de Castaneda »… Car ce texte remarquable est aux antipodes de l’imposture
    d’un mysticisme pour écervelés. Peu m’importe l’origine ancestrale supposée des idées de Don Miguel. Ce n’est pas ce qui compte, mais la mise en application pratique de propositions
    compréhensibles à tous ceux qui cherchent à se libérer de l’emprise des croyances et de la victimisation.<br>
    <br>
    Aucun besoin d’un emballage exotique pour un enseignement qui pourrait nous venir du Jardin d’Épicure après un détour par Nietzsche —&nbsp;sans oublier la neurophysiologie exercée par
    l’auteur&nbsp;!<br>
    <br>
    Quelques passages qui m’ont profondément touché&nbsp;:<br>
    <blockquote>
      (p. 26) Combien de fois fait-on payer la même erreur à son conjoint, à ses enfants, ou à ses parents ? Chaque fois qu’on s’en souvient, on les juge à nouveau, on leur transmet tout le poison
      émotionnel que nous fait ressentir cette injustice, puis on les fait payer pour leur erreur.<br>
      <br>
      Est-ce là de la justice ?<br>
      <br>
      Le Juge a tort parce que le système de croyances, le Livre de la Loi, est faux. Le rêve tout entier se fonde sur une loi fausse. Quatre-vingt-quinze pour cent des croyances que nous avons
      gravées dans notre mémoire ne sont que des mensonges, et nous souffrons de croire ces mensonges.<br>
      <br>
      Dans le rêve de la planète, il semble normal que les humains souffrent, qu’ils vivent dans la peur et provoquent des drames émotionnels. Ce rêve n’est pas agréable ; c’est un rêve de violence,
      de peur, de guerre, un rêve d’injustice. Quant aux rêves personnels des humains, même s’ils présentent quelques variations, de manière générale ce sont des cauchemars.<br>
      <br>
      Si l’on regarde la société humaine, on constate que la raison pour laquelle il est si difficile d’y vivre est qu’elle est régie par la peur. Aux quatre coins de la planète on voit de la
      souffrance humaine, de la colère, un esprit de revanche, des toxicomanies, de la violence dans la rue, et une incroyable injustice. Présente à des niveaux différents dans chaque pays, la peur
      contrôle tout le rêve de la planète.<br>
      <br>
      [...]<br>
      <br>
      (p. 29) C’est pour cela que les humains résistent à la vie. Être vivant est leur plus grande peur. Ce n’est pas la mort, mais le risque d’être vivant et d’exprimer qui l’on est vraiment qui
      suscite la peur la plus importante. Être simplement soi-même, voilà ce que l’on redoute le plus. Nous avons appris à vivre en nous efforçant de satisfaire les besoins d’autrui, à vivre en
      fonction du point de vue des autres, de peur de ne pas être accepté et de ne pas être assez bien à leurs yeux.<br>
      <br>
      [...]<br>
      <br>
      (p. 31) Au cours de toute votre existence, personne ne vous a jamais davantage maltraité que vous-même. Et les limites que vous mettez à vos propres mauvais traitements envers vous-même sont
      exactement celles que vous tolérez de la part d’autrui. Si quelqu’un vous maltraite un peu plus que vous-même, sans doute le fuirez-vous. Mais s’il le fait un peu moins que vous-même, vous
      continuerez probablement cette relation et tolérerez cette situation indéfiniment.<br>
      <br>
      [...]<br>
      <br>
      (p. 32) Si vous vous maltraitez terriblement, vous pouvez même supporter quelqu’un qui vous bat, qui vous humilie et vous traite comme moins que rien. Pourquoi ? Parce que, dans votre système
      de croyance, vous vous dites : « Je le mérite. Cette personne me fait une faveur d’être avec moi. Je ne suis pas digne d’amour et de respect. Je ne suis pas assez bon(ne). »<br>
      <br>
      [...]<br>
      <br>
      (p. 94) L’une des fonctions du cerveau est de transformer l’énergie matérielle en énergie émotionnelle. Le cerveau est notre usine à émotions. Et nous avons dit que la fonction principale de
      l’esprit est de rêver. Les Toltèques croient que le parasite —&nbsp;le Juge, la Victime et le système de croyances&nbsp;— contrôle votre esprit&nbsp;; il contrôle votre rêve personnel. Le
      parasite rêve à travers votre esprit et vit sa vie au moyen de votre corps. Il survit grâce aux émotions engendrées par la peur et prospère grâce aux drames et aux souffrances.<br>
      <br>
      Le liberté que nous recherchons, c’est d’utiliser notre propre esprit et notre corps, de vivre notre propre vie, et non celle du système de croyance de la société. Lorsque nous découvrons que
      notre esprit est contrôlé par le Juge et la Victime, et que le vrai <em>«&nbsp;nous&nbsp;»</em> est relégué dans un coin, nous avons deux choix. Le premier est de continuer à vivre comme avant,
      de se soumettre au Juge et à la Victime, de continuer à vivre le rêve de la planète. Le deuxième consiste à faire ce que font les enfants lorsque les parents veulent les domestiquer&nbsp;: se
      rebeller et dire <em>«&nbsp;Non&nbsp;!&nbsp;»</em> Nous pouvons déclarer la guerre au parasite et, au Juge et à la Victime, déclencher un combat pour conquérir notre indépendance, notre droit à
      utiliser notre propre esprit et notre propre cerveau.»<br>
      <br>
      [...]<br>
      <br>
      (p. 105, à propos de «&nbsp;devenir un guerrier&nbsp;») Il ne s’agit pas de contrôler d’autres êtres humains mais ses propres émotions, son propre moi. C’est lorsqu’on perd le contrôle qu’on
      réprime ses émotions. la différence entre un guerrier et une victime, c’est que cette dernière réprime ses émotions tandis que le guerrier les réfrène. La victime les réprime parce qu’elle a
      peur de les exprimer. Se réfréner n’est pas la même chose que réprimer. Se réfréner signifie contenir ses émotions puis les exprimer au bon moment&nbsp;: ni avant, ni après. Voilà pourquoi les
      guerriers sont impeccables. Ils contrôlent totalement leurs émotions et donc leur propre comportement.<br>
      <br>
      [...]<br>
      <br>
      (p. 110) Imaginez-vous vivre sans craindre d’exprimer vos rêves. Vous savez ce que vous voulez, ce que vous ne voulez pas, et quand vous le voulez ou non. Vous êtes libre de changer votre vie
      de la façon dont vous le souhaitez vraiment. Vous n’avez pas peur de demander ce que vous voulez, de dire <em>« oui »</em> ou <em>« non »</em> à quiconque.<br>
      <br>
      Imaginez-vous vivre sans craindre d’être jugé par autrui. Vous n’adaptez plus votre comportement en fonction de ce que les autres peuvent penser de vous. Vous n’êtes plus responsable de
      l’opinion d’autrui. Vous n’avez plus besoin de contrôler quiconque, et personne ne vous contrôle non plus.<br>
      <br>
      Imaginez-vous vivre sans juger les autres. Vous pouvez facilement leur pardonner et vous détacher de tout jugement à leur égard. Vous n’avez plus besoin d’avoir raison, ni de donner tort à
      autrui. Vous vous respectez vous-même, ainsi que les autres et ceux-ci vous respectent en retour.<br>
      <br>
      Imaginez-vous vivre sans craindre d’aimer et de ne pas être aimé. Vous n’avez plus peur d’être rejeté, ni besoin d’être accepté. Vous pouvez dire <em>« Je t’aime »</em> sans honte ni
      justification. Vous pouvez parcourir le monde le cœur totalement ouvert, sans craindre d’être blessé.<br>
      <br>
      Imaginez-vous vivre sans avoir peur de prendre des risques et d’explorer la vie. Vous n’avez plus peur de perdre quoi que ce soit. Vous ne craignez plus d’être vivant, et vous n’avez pas peur
      de mourir.<br>
      <br>
      Imaginez que vous vous aimez tel que vous êtes. Vous aimez votre corps tel qu’il est, et vos émotions telles qu’elles sont. Vous savez que vous êtes parfait comme vous êtes.
    </blockquote>On ne perdra rien à interrompre la lecture ici. Car dans le dernier chapitre le lecteur risque de s’engluer dans le sirop de rose de l’Amour Universel, formule qui explique peut-être
    le chiffre de ventes des œuvres de Don Miguel en Amérique du Nord. Mais rien de grave, tout est dit dans les chapitres précédents&nbsp;!<br>
    <br>
    Tout, ou presque, puisque Don Miguel Ruiz a publié, un peu plus tard, <em>Le cinquième accord toltèque</em> (Ed. Guy Trédaniel, 2010) dans lequel il reprend les quatre premiers accords pour les
    compléter par un cinquième qui s’énonce simplement : <em>Soyez sceptique, mais apprenez à écouter</em>. Un magnifique plaidoyer pour un scepticisme éclairé qui dépasse le cadre de ce blog…
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 31 Jul 2011 10:26:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">6f168125954fbb960e7796334bf3a810</guid>
                <category>Lectures, films, radio</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-quatre-accords-pour-une-belle-symphonie-80550863-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Un retour de l’Ordre moral ?]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-un-retour-de-l-ordre-moral-80548806.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <img src="http://img.over-blog.com/217x300/0/11/13/87/PunirLesClients-copie-1.jpg" class="DrteTexte" alt="PunirLesClients-copie-1.jpg" height="300" width="217"> Ainsi donc, Roselyne Bachelot rêve
    d’«&nbsp;abolir&nbsp;» la prostitution en pénalisant les clients. Dans son sillage de vertu indignée, une colonne de féministes porte-paroles de <em>toutes les femmes</em> ou admirateurs
    d’icelles…<br>
    <br>
    Des politiciens de tous bords ont emboîté le pas des militantes anti-prostitution. Au sommet de sa popularité, le candidat DSK aurait sans doute lui aussi apposé sa signature sur leurs pétitions.
    Dans le business d’une carrière politique, l’hypocrisie est un des meilleurs placements.<br>
    <br>
    Partir en guerre contre la prostitution revient à se faire une bonne santé dans la bien-pensance sans trop prendre de risque. Car les seuls à défendre cette activité sont des travailleurs/euses
    du sexe et présumément leur clientèle, autrement dit des gens que —&nbsp;juré craché&nbsp;— on ne fréquentera jamais, et qui de toute manière feraient mauvais genre dans une réunion électorale.
    Quant aux présumés groupes maffieux qui exploitent toutes ces femmes sans exception, on ne les a pas encore entendus menacer les défenseurs de la vertu&nbsp;; car ce que prônent ces défenseurs ne
    met pas en péril leur activités criminelles, mais plutôt la vie et la dignité de celles et ceux qui ne sont pas sous leur influence.<br>
    <br>
    Hormis les déclarations auto-flagellatrices de clients repentis, ou compassionnelles de ceux qui n’ont jamais osé, je n’ai pas vu trace d’une réflexion critique sociale ou politique dans une
    telle proposition. Là où cette forme de prohibition a été instaurée, ses effets délétères ont pu être mesurés. Comme l’écrit ma collègue Marie-Elisabeth Handman,<br>
    <blockquote>
      En Suède, il y a beaucoup plus d’attaques de prostituées depuis 1999 et l’adoption de la loi qui pénalise les clients. Les femmes sont obligées de travailler en appartement et sont donc plus
      vulnérables. Et les mafias russes fleurissent.<br>
      <a href="http://www.20minutes.fr/article/706273/societe-penaliser-clients-prostituees-c-faire-fi-consentement-entre-deux-personnes-majeures" target="_blank">Pénaliser les clients de
      prostituées&nbsp;: «&nbsp; C’est faire fi du consentement entre deux personnes majeures&nbsp;»</a> (13 avril 2011 dans <em>20 minutes</em>)
    </blockquote>Voir aussi&nbsp;: <a href="http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2011/08/impacts-de-la-criminalisation.html" target="_blank">Impacts de la criminalisation suédoise de l’achat
    de services sexuels sur les travailleuses du sexe</a>.<br>
    <br>
    Sans oublier l’augmentation des comportements à risques induite par l’insécurité d’un métier ostracisé, que l’on a pu mesurer en France à la remontée des taux d’infection VIH chez les
    travailleurs du sexe depuis la loi sur le racolage passif en 2003.<br>
    <br>
    Plutôt que répéter en boucle les arguments pour ou contre, il suffirait peut-être de se souvenir que la prohibition n’a jamais fait reculer l’alcoolisme ni la consommation de substances
    illicites… Il faudrait aussi réaliser qu’il n’y a pas un profil unique du client (malade/pervers/violent…) ni du professionnel du sexe.<br>
    <br>
    Ce qui mérite une condamnation sans appel n’est pas la prostitution mais l’esclavage. Une femme (un homme, un enfant) que l’on contraint de faire commerce de son corps n’est pas prostituée mais
    esclave. Comme l’écrit Marcela Iacub, il ne viendrait à personne l’idée de dire que les Noirs qui travaillaient sous le fouet dans les champs de coton étaient des
    «&nbsp;agriculteurs&nbsp;»&nbsp;; c’étaient des esclaves, point final.<br>
    <br>
    La prostitution dont je parle désigne donc une pratique sexuelle lucrative entre adultes <em>consentants</em>. Le consentement n’est pas le désir&nbsp;! Si le désir n’est pas a priori la
    motivation d’une activité rémunérée, il est bien souvent absent ou atrophié dans une relation conjugale… Prétendre qu’il ne peut y avoir de consentement en l’absence de désir est donc un flagrant
    déni de réalité. Bien au contraire, la prostitution <em>librement exercée</em> est une des rares occasions de rapport sexuel pour lequel ce consentement est rendu explicite par une transaction
    financière. On ne saurait en dire autant du chantage affectif qui pollue les rapports entre gens mariés, catholiques et vaccinés&nbsp;!<br>
    <br>
    Je ne vois donc rien de condamnable dans ce commerce, ni de répréhensible lorsque le contrat est respecté sans que les profits soient détournés par des maquerelles ou des proxénètes. Les clients
    ne sont pas a priori des malades ni des sexomanes en manque, même s’il en existe comme dans tout échantillon de la population masculine.<br>
    <br>
    Les femmes et hommes qui ont choisi comme métier la prostitution n’ont pas droit à la parole. Dans son article <a href=
    "http://leplus.nouvelobs.com/contribution/183825;pourquoi-reduire-les-putes-au-silence.html" target="_blank">Pourquoi réduire les putes au silence ?</a>, Gaëlle-Marie Zimmermann écrit :
    <em>…&nbsp;on peut se demander, comme le souligne Christophe Mincke, si les féministes […] ne sont pas en train d'infliger aux prostituées ce que les hommes ont infligé aux femmes pendant des
    siècles&nbsp;: le silence sous prétexte d'incapacité à réfléchir par elles-mêmes.</em><br>
    <br>
    Cela dit, le commerce du sexe (pornographie et prostitution) ne m’attire pas. Je ne crois pas y trouver un plaisir comparable à celui des jeux érotiques entre amateur-e-s. Oui, j’ai essayé, et
    même récidivé, mais ces tentatives ne valent pas le coup d’être racontées. Je me garderais bien, toutefois, de considérer ce choix comme irrévocable&nbsp;: le handicap, la vieillesse ne sont pas
    que pour les autres et ils peuvent susciter d’autres besoins. Sans oublier la curiosité et la fantaisie&nbsp;! Séverine me disait hier qu’elle envie les hommes de pouvoir goûter la peau douce (et
    plus si affinités) des filles des bars asiatiques. Un jour peut-être je la laisserai m’y accompagner&nbsp;!
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 31 Jul 2011 09:40:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">9f923b3502e7fecb613943d8fa7df85c</guid>
                <category>Pensées en vrac</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-un-retour-de-l-ordre-moral-80548806-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La femme des longues patiences]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-la-femme-des-longues-patiences-67776920.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    Dans les sèves<br>
    Dans sa fièvre<br>
    Ecartant ses voiles<br>
    Craquant ses carapaces<br>
    Glissant hors de ses peaux<br>
    <br>
    La femme des longues patiences<br>
    se met<br>
    lentement<br>
    au monde<br>
    <br>
    Dans ses volcans<br>
    Dans ses vergers<br>
    Cherchant cadence et gravitations<br>
    Etreignant sa chair la plus tendre<br>
    Questionnant ses fibres les plus rabotées<br>
    <br>
    La femme des longues patiences<br>
    se donne<br>
    lentement<br>
    le jour.<br>
    <br>
    (Andrée Chedid)
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 22 Feb 2011 00:34:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">7ab2cbd41f6b126fc09977f7028083d1</guid>
                <category>Lectures, films, radio</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-la-femme-des-longues-patiences-67776920-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'art d'aimer d'aujourd’hui]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-l-art-d-aimer-d-aujourd-hui-66513172.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <img src="http://comps.fotosearch.com/comp/CSP/CSP096/solicitation-flowers_~k0967643.jpg" class="DrteTexte" alt="http://comps.fotosearch.com/comp/CSP/CSP096/solicitation-flowers_~k0967643.jpg"
    height="300" width="186">Citations d’une collègue juriste, avec une pensée attendrie pour tous les moralisateurs frustrés qui lisent mon blog…<br>
    <blockquote>
      Ma tante avait quelque chose d’extraordinaire, quelque chose d’un tribun politique&nbsp;; elle aurait dû se présenter aux élections ou, mieux, carrément les boycotter et créer un parti de lutte
      armée contre les hommes, contre les mâles qui maltraitent et violent les femmes.<br>
      <br>
      Mon père qui vivait dans une sorte de crise permanent avec ma tante me disait que ce qui le gênait chez elle, c’était que, à son avis, elle projetait sur toutes les autres femmes son dégoût
      personnel envers les hommes en tant qu’objets sexuels. Il comparait cela à sa propre aversion pour les raisins secs. Il disait que, en dépit de tous ses efforts, il n’arrivait pas à comprendre
      comment une véritable industrie fabriquant ces produits, des circuits de vente qui les distribuaient et des gens capables d’attendre derrière une caisse de supermarché pour les obtenir
      pouvaient exister. Il croyait ma tante victime des pièges que le goût tend à la raison.<br>
      <br>
      Ses soupçons concernant les idéaux politiques de ma tante allaient plus loin encore. Il me dit un jour que, lorsqu’ils étaient jeunes et qu’il faisait venir des copines à la maison, elle
      passait parfois des nuits d’insomnie horribles et que, le lendemain, elle l’injuriait en lui reprochant de souiller ces pauvres filles. Mais, un autre jour, il m’avoua que dans le fond les
      théories de ma tante lui avaient été très utiles dans sa jeunesse pour séduire les femmes, à commencer, je le crains, par ma pauvre mère.<br>
      <br>
      «&nbsp;En m’inspirant des discours de ta tante, j’avais mis au point une théorie qui est devenue par la suite assez connue. Je commençais par convaincre les filles que les hommes étaient des
      salauds, des abuseurs de femmes, des sortes de criminel-nés. J’avais même pris la peine de lire toute cette affreuse littérature féministe américaine, la plus extrêmiste, je veux dire&nbsp;; je
      prenais des notes, j’apprenais par cœur des passages entiers. J’étais considéré comme “différent”, comme un type “bien”, quelqu’un sur qui on peut compter, un bourgeois devenu prolétaire, un
      Engels du sexe, ou quelque chose comme ça. Mais, pour moi, tout cela n’était qu’un jeu à l’époque, tandis qu’aujourd’hui certains en font une véritable profession, et, pire, ne se rendent même
      pas compte de ce qu’ils cherchent et de ce qu’ils obtiennent grâce à tout ce galimatias. Ce sont eux les bons, les autres sont des mauvais. Et ils y croient. Que d’heures ils passent à
      pourfendre le Mal, à faire de grands scandales dans les journaux, à dénoncer frénétiquement les vilains, à étayer des théories et des théorèmes où l’on montre presque mathématiquement comment
      les femmes se font malmener au lit et surtout avant d’y aller, chaque fois du moins que, eux, les preux chevaliers, ne sont pas là pour s’interposer avec leur bouclier entre le prédateur et sa
      victime.<br>
      <br>
      <img src="http://culturelle.asso.univ-poitiers.fr/local/cache-vignettes/L200xH191/iacub2-6bf44.jpg" class="GcheTexte" alt=
      "http://culturelle.asso.univ-poitiers.fr/local/cache-vignettes/L200xH191/iacub2-6bf44.jpg" height="191" width="200">«&nbsp;Mais, tu sais, Louise, ce qui finalement est le plus révoltant dans
      leur attitude, c’est que ces sortes de révolutionnaires de boudoir, qui cherchent à mener de gigantesques croisades pour sauver la vertu des femmes, eux-mêmes les considèrent comme des proies,
      comme des choses stupides et sans défense, qui ont nécessairement besoin d’eux. Car une pauvre femme, perdue dans la forêt du monde, comment ferait-elle, n’est-ce pas, pour se débrouiller sans
      eux&nbsp;? C’est de leur mépris des femmes que naît cette volonté farouche de protection. C’est pour cela à mon sens qu’ils interprètent systématiquement de cette façon le comportement des
      autres hommes. Ils savent bien de quoi ils parlent. Voilà la nouvelle mouture de l’art d’aimer d’aujourd’hui, et dans le fond, il n’y a là rien de nouveau.&nbsp;»<br>
      <br>
      […]<br>
      <br>
      «&nbsp;[…] On oublie que, si les femmes ratent très souvent l’opportunité de faire carrière, d’être autonomes, etc., ce n’est pas à cause du sexe, mais parce qu’elles tombent amoureuses d’un
      homme qui les comble et avec qui elles veulent faire des enfants. Voilà le tombeau politique, moral et social des femmes. Voilà la véritable origine de leur aliénation. Il faut en finir avec
      l’amour. Il faut pourchasser jusque dans ses moindres replis toute cette propagande infernale en faveur du crime et du malheur.&nbsp;»<br>
      <br>
      Marcela Iacub. <em>Qu’avez-vous fait de la libération sexuelle&nbsp;?</em> Flammarion, 2002, p.31-33, 57-58.
    </blockquote>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 05 Feb 2011 15:49:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3e9d01a38a2c024806a98bec72cebe29</guid>
                <category>Lectures, films, radio</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-l-art-d-aimer-d-aujourd-hui-66513172-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Peau à peau]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-peau-a-peau-65526827.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <blockquote>
      <img src="http://img.over-blog.com/300x233/0/11/13/87/yr5b4zj4do0hrybo.jpg" class="DrteTexte" alt="yr5b4zj4do0hrybo.jpg" height="233" width="300"><em>Je n’aurai pas le temps…</em><br>
      <br>
      Dans cette chambre étroite et décrépite, nous sommes longtemps restés à distance sans compter ni mesurer. Elle debout, adossée au mur, son regard posé sur mon corps allongé. Nous avons
      calmement parlé du temps, ce temps qui manque aujourd’hui, et qu’il faudrait nous donner pour vraiment se donner l’un à l’autre, afin que la satisfaction sexuelle soit prolongée par une
      expérience mystique…<br>
      <br>
      <em>…&nbsp;De visiter toute l’immensité<br>
      D’un si grand univers…</em><br>
      <br>
      Mais voilà, c’est un piège tendu par la nostalgie. Le piège des émotions. Aucune qualité particulière n’est attachée à l’instant présent, théâtre d’une intense lucidité, dans ces expériences
      évoquées avec révérence comme un archipel de paradis perdus&nbsp;: <em>satori, maithuna</em>, fusion, extase ou même «&nbsp;ens-tase&nbsp;»… Car il s’agit bien du même «&nbsp;maintenant&nbsp;»
      et du même «&nbsp;moi&nbsp;»&nbsp;!<br>
      <br>
      <em>J’ouvre tout grand mon cœur<br>
      J’aime de tous mes yeux</em><br>
      <br>
      Laissons là Michel Fugain… L’Amante s’est placée à califourchon au-dessus de mon ventre et l’espace s’est ouvert&nbsp;: le ciel en elle et l’océan en moi. Nous écoutons nos sensations comme un
      vent léger balayant les nuages de ses dernières peurs. Glissement vertigineux. Pour nous, tout bascule et nous arrivons au terme de l’attente. Nos mouvements ralentissent pour que l’excitation
      cède la place à la plénitude du désir. Je l’ai touchée, enfin, touchée pour une première fois reliée à toutes les autres «&nbsp;premières fois&nbsp;» de mon existence.<br>
      <br>
      Quand le réveil a sonné nous étions enlacés dans cet apaisement total. Nos corps se sont lentement défaits de leur étreinte, laissant la tristesse suivre son chemin.<br>
    </blockquote>En relisant ces lignes inscrites dans mon journal intime, je réalise la faiblesse de mes descriptions. Il est vrai, l’image du ciel et de l’océan a surgi dans ma conscience, mais
    elle prenait source dans une sensation bien précise&nbsp;: le contact peau à peau de nos sexes. Une vibration qui nous berçait dans le silence et l’immobilité…<br>
    <br>
    C’est grâce à Catherine Millet que je me rends compte de cette autocensure dont souffrent mes écrits et d’une perte de saveur d’expériences transmises sous l’habillage de métaphores. Je reprends
    ci-dessous un passage de <em>La vie sexuelle de Catherine M.</em> qui raconte un vécu très proche avec une maîtrise du vocabulaire devant laquelle je ne peux que m’incliner. Des mots que
    j’oserais à peine prononcer, et encore moins écrire…<br>
    <br>
    Libérée dès son enfance de tout jugement moral concernant la sexualité —&nbsp;elle «&nbsp;baise comme elle respire&nbsp;», selon ses mots&nbsp;— l’auteure n’est pas motivée par un désir de
    transgression, ni de l’exhibitionnisme, et moins encore par une idéalisation du sexe qui lui servirait de rempart contre les attaques des moralistes. Elle parle des corps et des sensations avec
    des mots qui peuvent trouver un écho dans nos propres corps et sensations, pour peu que nous soyons prêts à cette intimité avec le réel… Les commentaires montrent que de nombreux
    lecteurs/lectrices pourtant complaisants avec la pornographie n’en franchiront pas le seuil&nbsp;! Mais j’ai bien apprécié la fin de celui de <a href=
    "http://www.amazon.fr/gp/pdp/profile/A1090I04GTTL26/ref=cm_cr_dp_pdp" target="_blank">Fuchinran Sandrine Monllor</a>&nbsp;:<br>
    <blockquote>
      La Vie sexuelle de Catherine M. est un roman en miroir volontairement à double tiroir&nbsp;: les lecteurs pétris de préjugés n’y verront qu’une nauséabonde série de sessions de baises à la
      limite de la prostitution consentie, les autres trouveront un large panel d’émotions et d’affects qui les troubleront et les feront réfléchir aussi sur eux-mêmes…<br>
      Le problème de la littérature et des mots, c’est que souvent, ils croient donner l’image d’une réalité avec laquelle il y a pourtant une très grande distorsion. Je pense que ce qui choque le
      plus, ce n’est pas tant le sexe si obscène soit-il (qui est très utilisé en littérature) ni même l’aspect pornographique, que le fait de voir une femme se permette d’en parler sous son angle
      mécanique et technique comme nombre d’hommes en n’hésitant pas à se faire passer pour une salope en confondant expérience, plaisir, danger, sexe et rapport…
    </blockquote>Pour moi, il y a bien plus qu’un «&nbsp;angle mécanique&nbsp;» dans le témoignage sans équivoque de Catherine Millet. Elle nous fait partager des sensations qui servent de points
    d’appui à une vision du monde plus vaste, sans limites, mais qui n’est pas le produit de spéculations intellectuelles. Cette escalade sans le garde-fou d’une philosophie morale peut donner le
    vertige si nous perdons pied (en quittant la sensation)… En définitive, Catherine M. nous invite à bâtir en toute liberté la «&nbsp;cité postsexuelle&nbsp;» appelée par Marcela Iacub et Patrice
    Maniglier dans leur corrosif <em>Antimanuel d’éducation sexuelle</em> (Bréal 2005).<br>
    <br>
    Assez de bavardages, je termine en lui laissant la parole&nbsp;:<br>
    <blockquote>
      Comme Jacques a une prédilection pour les baises impromptues dans la campagne, je n’en suis pas privée. Dans la région où nous passons nos vacances, beaucoup de chemins se terminent en cul de
      sac dans les vignes. Parvenus à l’une d’entre elles, située en hauteur et abandonnée, nous nous approchons avec précaution, à cause des ronces, du mur de pierres sèches. Comme je crains de
      retirer mes tennis, j’écarte au maximum les bords de la culotte pour ne pas la salir quand j’y passe les pieds. Je porte une robe chemisier que j’ai déboutonnée et que Jacques rabat sur mon
      dos. Les bras tendus, la culotte roulée dans une main, je prends un appui précaire sur les pierres branlantes. Dans ces conditions, il n’y a pas toujours de préliminaires&nbsp;; Jacques
      s’engage dans la vulve qui s’écarte peu à peu, serrant très fort dans ses poings la chair disponible sous ma taille. La tête pendante, je vois dans la chambre sombre de mon corps plié en deux
      mes seins qui pendent et ballottent, les ondulations régulières de l’estomac et du ventre, et puis, au fond de l’étroite galerie, là où réapparaît la lumière, juste un peu de la surface
      froissée de ses couilles et, par intermittence, la base de son membre. Observer le très court, très mesuré mouvement de va et vient fait monter mon excitation autant sinon plus que le polissage
      lui même.<br>
      <br>
      Je creuse encore plus le dos et relève la tête pour opposer une résistance au bassin de Jacques qui heurte plus vivement mon cul. Sur ce versant de monticule au dessus duquel nous nous
      trouvons, la broussaille a remplacé la vigne. Quand mon con se trouve rendu sensible jusqu’au plus profond, je suis bien obligée de baisser les paupières et, à travers les cils, j’entrevois sur
      la droite le village de Latour de France. Je garde la faculté de me dire&nbsp;: «&nbsp;Voilà Latour de France&nbsp;» et d’apprécier une fois de plus sa situation pittoresque sur une butée au
      milieu de la vallée. Le paysage s’élargit. Je sais le moment où mon plaisir n’ira pas plus loin (quand j’ai eu mon compte, comme on dit, et quelle qu’en ait été l’intensité) et je laisse venir
      Jacques, dont les poussées sont désormais plus espacées, jusqu’aux trois ou quatre à coups de l’orgasme, tandis que mon esprit s’abandonne à un autre épanouissant plaisir&nbsp;: libre, il
      circule et s’attache au contour de chaque colline, les distingue les unes des autres, et se laisse prendre à la magie de l’encre des montagnes en arrière plans. J’aime tant ce paysage mouvant
      qui se révèle par pans tombant lourdement les uns devant les autres, et je suis heureuse, là, simultanément, d’être inondée et débordée du foutre qui sourd quelque part au fond de mon
      ventre.<br>
      <br>
      Dans un pays qui a gardé de la sauvagerie, Céret est une ville d’allure noble. On y dîne dans de très bons restaurants. Arrivés, Jacques et moi, une fin d’après-midi, trop en avance pour nous
      attabler immédiatement, nous décidons de monter jusqu’à un chemin de sable, large d’au moins quatre ou cinq mètres. La pente est douce, le sol est nivelé, si bien que je n’ai pas à quitter les
      très hauts escarpins en vernis noir que je porte pour l’occasion. Dans le presque crépuscule, le contraste entre la blancheur du chemin et la végétation haute et sombre qui le borde s’accentue.
      Du côté du vide, des percées nous permettent de dominer l’imbrication des plans de tuiles rustiques qui s’oppose à la perception que l’on a de la ville lorsque, entre ses dignes façades de
      style dix huitième, on marche sur des avenues dont le toit d’ombre est porté par des platanes de trente mètres. On pourrait croire que la plaine, poussée par la mer comme une immense barge, a
      contraint la ville à se rapetisser contre la montagne. Nous nous arrêtons pour, postés l’un devant l’autre, jouer à repérer comme sur une carte d’autres villages. Les hommes précautionneux vous
      enserrent d’abord les épaules et la poitrine, vous chatouillent des lèvres la base du cou. Jacques, lui, commence toujours par s’emparer des fesses. Compréhension immédiate de sa part qu’il n’y
      a rien sous la robe bustier pied de poule, très couture, dont je me dépouille d’un seul élan comme d’une mue. En se glissant par l’arrière, il me palpe doucement la chatte avec sa petite tête
      chercheuse, sans essayer de pénétrer. Je presse mon dos contre lui. La température de l’air est idéale. Il s’établit une sorte de correspondance entre l’étendue autour de nous et le déplacement
      de ses mains en une ample promenade sur mon buste et mon ventre. Je me soustrais quand même à ces caresses parce que, même lorsque la queue est déjà bien raide, je ne la prends pas dans le con
      sans lui avoir consacré ne serait ce qu’une brève fellation. Enfin, je représente mon cul. En équilibre sur mes talons, les jambes légèrement pliées pour être à hauteur du bel embout lubrifié,
      je pose mes mains, doigts écartés, sur mes cuisses contractées. Maintenir la position sans autre appui est assez fatigant. Mais comme j’ai bien été fourrée ce soir là, l’arrière train empoigné,
      foulé, pétri et le haut du corps projeté en avant, au dessus de la plaine du Roussillon qui lentement se dissolvait&nbsp;! Je me souviens clairement de m’être dit, pendant ces minutes, dans un
      accès de conscience qui cristallise le plaisir, qu’il me faudrait un jour trouver le moyen de fixer par écrit cette joie extrême éprouvée lorsque les corps, attachés l’un à l’autre, ont la
      sensation de se déplier. Pour comprendre, il suffit d’imaginer comment l’on voit, dans les films consacrés aux merveilles de la nature, et grâce à un procédé d’accélération, des pétales de
      roses inhaler l’oxygène et se défroisser avec méthode.<br>
      <br>
      Catherine Millet. <em>La vie sexuelle de Catherine M.</em> Poche, 2002, p.110-ff.
    </blockquote>
    <p style="text-align: center;">
      [<a href="http://www.fils-invisibles.net/article-celebration-86182696.html">Suite</a>]
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 22 Jan 2011 14:57:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">27d567027b138f0f30125004df80eba6</guid>
                <category>Lire de bas en haut</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-peau-a-peau-65526827-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le sexe, c'est fini]]></title>
        <link>http://www.fils-invisibles.net/article-le-sexe-c-est-fini-65354585.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <blockquote>
      <img src="http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgAuteur/020/7139.jpg" class="DrteTexte" alt="http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgAuteur/020/7139.jpg" height="300" width="195">[…]
      c’est précisément en faisant de la «&nbsp;sexualité&nbsp;» non seulement une valeur en soi, mais encore quelque chose que l’État doit protéger en chacun de nous, qu’on a reconduit une morale
      sexuelle restrictive et autoritaire. On a validé l’idée que l’État, au service du bien et de la justice, aurait à gouverner la «&nbsp;sexualité&nbsp;», à garantir que celle de chacun d’entre
      nous soit authentique et vierge de toute pression. On lui a ainsi attribué le pouvoir de nous dire ce qui est sexuel et ce qui ne l’est pas, d’énoncer le sens et la valeur que nous devons
      donner à cette idée de sexualité, comme si ce sens et cette valeur pouvaient être univoques et communs à tous. Mais libérer la sexualité, cela aurait dû être cesser d’en faire une affaire
      d’État, nous libérer de la sexualité comme cible étatique. Et pour cela, […] il n’y a pas d’autre solution que d’arrêter de croire qu’on puisse définir ce qui est sexuel et ce qui ne l’est pas.
      La véritable révolution sexuelle aurait dû nous conduire résolument vers une cité postsexuelle.<br>
      <br>
      […]<br>
      <br>
      J’ai la conviction que les «&nbsp;systèmes&nbsp;», les théories sexuelles, les spéculations audacieuses au sujet des choses du sexe, sont, en particulier pour les jeunes gens, la meilleure
      manière d’explorer cette <em>terra</em> forcément <em>incognita</em> qu’est la «&nbsp;sexualité&nbsp;». Quand on doit se risquer au-delà des préjugés, mieux vaut avoir cultivé son intelligence
      et aiguisé son esprit critique. Faute de quoi, on aura le sentiment d’avoir été trop loin, d’avoir cédé à des forces obscures et coupables ou d’avoir été abusé par d’autres. L’intelligence, au
      contraire, permet de soutenir le désir, de lui bâtir des ponts sur lesquels il puisse s’avancer fermement. Et, réciproquement, le désir donne souvent le courage et la motivation nécessaires
      pour faire l’effort de construire de nouveaux arguments, d’inventer de nouvelles idées, de ciseler de nouvelles pensées.<br>
      <br>
      Marcella Iacub &amp; Patrice Maniglier. <em>Antimanuel d’éducation sexuelle</em>. Rosny&nbsp;: Bréal, 2005, p.&nbsp;14, 17.
    </blockquote>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Wed, 19 Jan 2011 22:23:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">bf7d988215a947bc4ad267993759360f</guid>
                <category>Lectures, films, radio</category>        <comments>http://www.fils-invisibles.net/article-le-sexe-c-est-fini-65354585-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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