Fils invisibles
J’ai rêvé d’une destination inconnue vers une femme invisible mais combien présente dans les brumes du désir. Ouvrir dans la pénombre une porte au fond de nos jardins secrets, et contempler avec un ravissement enfantin les flots tumultueux qui envahiraient nos espaces, l’espace d’une heure ou d’une nuit. Courir le risque d’y prendre plaisir ou de s’enfuir à toutes jambes.
Il fallait pour cela une chambre dans un endroit discret et des volets qui volent vraiment la lumière. Chacun a promis d’apporter son test vih ; chacun se sent libre de dire oui, non, encore, de goûter, de se refuser ou de se reprendre.
14 mars 2006
Je suis arrivé à l’hôtel en premier et je dors quelques heures dans le grand lit. On a convenu qu’elle me rejoindrait un peu plus tard, selon son désir. Elle pousserait doucement la porte dont le penne est bloqué par une feuille pliée en quatre. Je l’entends poser un sac, hésiter dans l’obscurité, prendre son courage à deux mains et s’approcher du lit. S’incliner lentement, écouter mon souffle et poser le sien sur mes narines, comme on le fait pour amadouer un cheval.
(Si l’envie lui prenait, elle se glisserait entre les draps.)
Nous sommes restés étendus sans bouger, dans un semblant de sommeil, écoutant nos cœurs battre furieusement, savourant la griserie de nos présences presque immatérielles. ((Je ne sais plus quelle main a frôlé en premier l’autre visage ; je crois qu’il y a eu un mouvement simultané, un désir unique. Puis, son front contre le mien, des flots de pensées.))
Oui, c’est bien vous, et la lune est pleine aujourd’hui.
Le réveil a sonné.
Il fallait pour cela une chambre dans un endroit discret et des volets qui volent vraiment la lumière. Chacun a promis d’apporter son test vih ; chacun se sent libre de dire oui, non, encore, de goûter, de se refuser ou de se reprendre.
14 mars 2006
Je suis arrivé à l’hôtel en premier et je dors quelques heures dans le grand lit. On a convenu qu’elle me rejoindrait un peu plus tard, selon son désir. Elle pousserait doucement la porte dont le penne est bloqué par une feuille pliée en quatre. Je l’entends poser un sac, hésiter dans l’obscurité, prendre son courage à deux mains et s’approcher du lit. S’incliner lentement, écouter mon souffle et poser le sien sur mes narines, comme on le fait pour amadouer un cheval.
(Si l’envie lui prenait, elle se glisserait entre les draps.)
Nous sommes restés étendus sans bouger, dans un semblant de sommeil, écoutant nos cœurs battre furieusement, savourant la griserie de nos présences presque immatérielles. ((Je ne sais plus quelle main a frôlé en premier l’autre visage ; je crois qu’il y a eu un mouvement simultané, un désir unique. Puis, son front contre le mien, des flots de pensées.))
Oui, c’est bien vous, et la lune est pleine aujourd’hui.
Le réveil a sonné.
[A suivre…]
Mar 21 fév 2006
6 commentaires
dommage pour le réveil le rêve était beau et sensuel... a bientot!
Maylis - le 21/02/2006 à 15h49
Mais... Tu as vu la date ? ;-)
Julien Lem
C'est beau, Julien, ça remue l'intérieur, des papillons dans le ventre ...
Ligérienne - le 22/02/2006 à 05h09
Que fais-tu ici, Ligérienne, à 5h09 ?
« La nuit dernière j'ai trop dormi, espérant vous voir dans un rêve » (Basho)
« La nuit dernière j'ai trop dormi, espérant vous voir dans un rêve » (Basho)
Julien Lem
Pardon, je ne fais que passer, je me suis arrêtée quelques instants à la lecture de ce rêve...réalité tant de fois espérée. Bonne journée.
Muse - le 22/02/2006 à 15h56
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Merci pour ton passage... Maintenant je vois ce dont parle Ligérienne ! |
Julien Lem
ben non dsl j'avais pas fait gaffe pr la date j'suis bête ,-)
Maylis - le 23/02/2006 à 22h35
C'est un rêve, une invitation à la vie, une histoire... ouverte !
Julien Lem
Saloperie de réveil! Toujours pareil!
Auguste - le 24/02/2006 à 00h23
Le test est là, évoqué simplement, dans un respect mutuel.
Ce ne sont peut-être que quelques mots, mais ils sont là et c'est, avec le consentement et la liberté, une condition indispensable à l'abandon je crois.
Quel rêve merveilleux.
Ce ne sont peut-être que quelques mots, mais ils sont là et c'est, avec le consentement et la liberté, une condition indispensable à l'abandon je crois.
Quel rêve merveilleux.
Jazz - le 27/02/2006 à 10h15
Ce n'est que depuis 5 ans que j'ai pris conscience du risque du sida. C'est quelque chose auquel je n'étais pas du tout préparé (ça n'arrive qu'aux autres, pas vrai?) et une amante me l'a envoyé en pleine figure... Aujourd'hui, la prévention fait entièrement partie de ma manière de vivre, mais j'essaie de la pratiquer sans dramatisation. Un bon moyen (même si ce n'est jamais sûr à 100%) est de ne jamais rencontrer un(e) partenaire qui ne fasse pas un test régulier, et qui n'ait pas la même manière de procéder de son côté. Poser le test sur la table de nuit est donc un simple acte de courtoisie.
Je n'engage rien si je ne sens pas du sérieux et de la confiance réciproque. Je n'ai pas envie de jouer à la roulette russe avec ma vie, encore moins avec celle de gens que j'aime.
Il y a 2 ans, une amante très tâtillonne sur la prévention m'a demandé de mettre une capote bien que nous ayons tous deux des tests en bonne et due forme, après plus de 3 mois sans rencontrer d'autres partenaires. Je n'ai pas discuté sa demande, j'ai enfilé la capote. Ça a arrêté nos ébats, car je ne supporte pas cet accessoire, mais au moins j'ai respecté sa demande... Quand ça se produit, il y a mille manières de faire l'amour sans s'exposer!
Je n'engage rien si je ne sens pas du sérieux et de la confiance réciproque. Je n'ai pas envie de jouer à la roulette russe avec ma vie, encore moins avec celle de gens que j'aime.
Il y a 2 ans, une amante très tâtillonne sur la prévention m'a demandé de mettre une capote bien que nous ayons tous deux des tests en bonne et due forme, après plus de 3 mois sans rencontrer d'autres partenaires. Je n'ai pas discuté sa demande, j'ai enfilé la capote. Ça a arrêté nos ébats, car je ne supporte pas cet accessoire, mais au moins j'ai respecté sa demande... Quand ça se produit, il y a mille manières de faire l'amour sans s'exposer!
Julien Lem