Fils invisibles

Et si la vie n’était ni une ligne droite, ni cercle ni spirale, ni rien de connu ?

Kundera écrit dans « L’ignorance » :
[La mémoire] n’est capable de retenir du passé qu’une misérable petite parcellette sans que personne ne sache pourquoi justement celle ci et non pas une autre, ce choix, chez chacun de nous, se faisant mystérieusement, hors de notre volonté et de nos intérêts.Ce qui échappe à l’oubli, dans une relation amoureuse, ce sont des fragments, sensations fugaces et images surexposées qui résistent à tout emboîtement ; nous en avons perdu le fil, le sens, le temps.

Autrement dit : une histoire d’amour n’a pas de sens, pas d’histoire. C’est une perte de temps !

Je m’amuse à relier ces fragments par un fil de mémoire vive — celle de l’écriture — pour les agiter ensuite comme des colliers.
Lun 13 fév 2006 1 commentaire

Je trouve que Kundera donne un peu dans le sofisme. Ce n'est pas une critique au contraire. Il va vers des comportements existenciels qui sortent des sentiers battus. Ce qu'il dit est souvent à la fois tout vrai est tout faux. J'adore cette aptitude qu'il avait à écrire pour tous. chacun y trouve son compte en quelque sorte. Mais ce sont tout de même souvent sur des idées reçues. Dans l'insoutenable légéreté de l'être, il dépeind la femme enfant dans toute sa splendeur. Je ne fais pas là figure de connaisseuse. C'est juste ce que je ressens dans le peu que je puisse comprendre lol.


Au fait merci pour tes petits conseils techniques. (je débute mais ça se voit je pense)

vernnone - le 15/02/2006 à 17h18
C'est vrai que ça fait sentiers battus, ce thème de l'oubli.  Sauf que dans ce roman il suggère que la fragmentation du temps est bien plus poussée que nous sommes prêts à le reconnaître.  Ainsi ce veuf qui vit dans la vénération de sa femme disparue mais se rend compte qu'en mettant bout à bout les images enregistrées cela ne ferait que quelques secondes, sur des décennies de vie commune...

Bravo pour ton nouveau blog, il prend forme !
Julien Lem