Fils invisibles

Après Piazzola elle m’a fait l’amour.

Les interprètes étaient magnifiques : pianiste, violoniste, bassiste et bandonéon, trois femmes et un homme. Au rappel ils ont joué Oblivion que j’aime tant. Les rappels, c’est ce que je préfère, en musique comme en amour. Anne aime m’emmener au bord de l’épuisement, quand mes paupières se font lourdes, les mains abandonnées à la saturation des caresses. Mes doigts qu’elle a su apprivoiser pour le plaisir, mais qui ne comprennent pas encore la catharsis de la jouissance, quand son regard s’enfuit avec la sensation du temps qui passe.

Au restaurant nous avions tiré le Yiking pour elle. Pour ceux qui ne croient pas aux arrières-mondes (et n’ont aucune raison valable d’y croire) il est prudent de ne faire de divination qu’après avoir pris ses décisions sur un mode rationnel !
Il est avantageux de traverser les grandes eaux.
Supporter ce qui a été corrompu par le père.
Si l’on persiste on connaîtra l’humiliation.
Elle m’a regardé avec ses beaux yeux tranquilles. L’intimité est au rendez-vous, au concert, à table, sur le lit pendant que nous parlons, dans nos corps et dans nos sexes au plus sombre de la nuit.

Ce matin, le rappel. Plaisirs encore plus intenses, puis elle est venue sur moi goûter mes dernières forces. Nous avons quitté la chambre à midi.
— Je viens de réaliser que [mon homme] a toutes les raisons de comprendre, pour de fausses raisons, qu'il y a quelque chose entre nous.
— Mais voyons, il n’y a rien entre nous ! :-)

[Suite]

Sam 29 mar 2008 1 commentaire
vérités à demi-dites et faux malentendus... séduction quand tu nous tiens !!! ;-)
Madison - le 06/04/2008 à 09h21
Je dois manquer de sommeil car j'ai du mal à saisir le sens de ton commentaire et son rapport avec le récit de cette rencontre, certes en demi-teintes... ;-)
Julien Lem