Fils invisibles

Étrange habitude des personnes mal dans leur tête de s’asperger de parfum ou d’huiles essentielles… Au bureau, je ne prends jamais l’ascenseur de service pour éviter de subir ce tue-le-désir dans un espace confiné, en tête à tête avec une de ces « femmes finissaaaaantes » hautes en couleurs que Brel prenait en pitié. Araignées géantes, elles captent l’attention de leur proie pour mieux l’anesthésier.

Hier soir, c’est Catherine, mon amie volcane, qui s’est présentée ainsi chez nous. Aimée était furieuse de devoir aérer la maison pour que nous puissions dormir, elle qui ne supporte aucune odeur artificielle. Avant son départ, je l’ai vue, écoutée, touchée, mais je n’ai gardé d’elle que cette odeur insupportable…

Ce soir, une amie parisienne en visite. J’ai commis la maladresse de l’embrasser dans le cou au moment du coucher. Haut le cœur.

J’ai envie de caresses, de peau, de l’ivresse du désir vrai.
Jeu 3 nov 2005 2 commentaires
"Araignées géantes, elles captent l’attention de leur proie pour mieux l’anesthésier."
Ce que je ressens c'est que ces femmes ou ces hommes collent de l'artificiel sur leur image en papier glacé et cette effet est renforcé par les molécule de parfum de synthèse qui me donne très vite la nausée.
Je dirais presque le contraire de ce que tu avances: il ne s'agit pas de capter l'attention, mais de la détourner; il ne s'agit pas d'anesthésier mais de stimuler des réflexes parasites!
J'ai beaucoup trop d'estime pour les vraies arraignées, elles ne se comparent pas aux passagers des ascenceurs!
;-))
Quand aux "désirs vrais", je n'ai absolument aucune idée de ce qu'ils sont. Nous sommes parfumés de ce que nous mangeons, des lieux traversés, des personnes rencontrées... Un sacré coktail!
Je pense avoir toujours le nez au vent, les odeurs tiennent un grande place dans les souvenirs et parmi ceux-ci, l'émouvante odeur de mes grands mères discrètementparfumées, l'une de lavande, l'autre de chypre... je ferme les yeux, l'odeur est là!
J'aime les odeurs en cocktail qui racontent les histoires, qui laissent vagabonder les questions... Ce qui me gène c'est l'odeur qui tue l'odeur!

Marie B
Marie B - le 05/11/2005 à 18h10
> Quant aux « désirs vrais », je n'ai absolument aucune idée de ce qu'ils sont…

Au moment où j’écrivais « désir vrai » j’éprouvais la qualité d’un désir aussi vrai que le vent d’automne sur mon visage.
Mais, au moment de relire, je suis perdu dans le décalage, la translation, la traduction.
Lost in translation…
Julien Lem - le 05/11/2005 à 22h30