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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 14:21
Il y a un peu plus d’une semaine j’ai croisé Marie en sortant d’une réunion. C’était une totale surprise, bien que j’aurais dû me souvenir qu’elle anime une activité chaque samedi dans ce lieu. Il y a huit ans maintenant que nous ne nous sommes pas vus. Parfois un court message auquel elle répond évasivement, sinon par le mutisme quand je lui fais part de sentiments.

Cete courte rencontre et les paroles échangées tandis que nos amis occupaient tout le passage, ont été bouleversants pour moi, et je crois aussi pour elle. Je l’ai sentie gênée par mon regard sur son corps dont les années ont un peu érodé le charme ; mais je n’ai pas pu lui dire (avec des mots) à quel point je la trouvais belle, ni que sa présence faisait revivre la réalité du premier regard que nous avons échangé. Il persiste entre nous un lien invisible que rien ne peut détériorer, même si nos chemins ont divergé et si les corps ont pris de la distance. Elle a regardé le mien avec des yeux brillants, surprise de la transformation qui me fait remonter le temps.

Si nous avions été seuls j’aurais embrassé ses lèvres. Elle a toujours aimé les baisers que je lui volais et je suis toujours fou de l’élégance de sa bouche.

J’ai marché sous la pluie, une pluie qui lavait des larmes de bonheur.

Sur le quai de la gare, juste avant de monter dans le train, j’ai acheté une tarte au citron meringuée et l’ai dégustée en repensant à toute la jouissance vécue avec Marie. Jamais une tarte au citron ne m’a paru aussi savoureuse !

Dans le train j’ai tapé un petit SMS expédié après avoir retrouvé son numéro. Sans réponse. Une bouteille à la mer, je ne peux pas plus.

Le plus bouleversant pour moi était de découvrir qu’elle existe dans le monde réel et pas uniquement comme le souvenir fantasmatique d’une relation passionnelle où je l’avais remisée. Cet idéal de la passion amoureuse surgit fréquemment dans ma relation avec Hannah, tantôt comme un jeu de miroirs, tantôt en contraste. Or je sais aujourd’hui que ce sont deux histoires distinctes malgré la ressemblance physique et certaines expressions de visage. (Il n’empêche que hier, alors que je devais appeler Hannah, j’ai cherché dans mon répertoire le numéro de Marie, et qu’il m’est encore arrivé de confondre leurs prénoms.)

Un soir j’ai parlé de cette rencontre à ma compagne. Elle m’a serré dans ses bras en disant : « Alors c’est vrai, on peut vivre deux passions amoureuses en même temps ? » Oui.

[À suivre]

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Published by Julien Lem - dans Lire de bas en haut
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