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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 15:09
On l’a toujours connue par un surnom qui signifie « amour ». Je l’appellerai donc « Love ».

Tara Le corps de Love est le plus beau corps de femme que j’ai eu le privilège de contempler et de caresser jusqu’au seuil de l’ivresse. L’épisode de notre rencontre ne figure pas, bien entendu, sur sa biographie que je viens de découvrir sur Internet : sans surprise, une vie consacrée à des expériences dégoulinantes de mysticisme et de frivolités ésotériques. Sur une photo vous la reconnaîtrez peut-être avec dans les bras une statue de Tara — ou d’une quelconque déesse sponsorisée par le clergé tibétain — telle une madonne à l’enfant, avec sur le visage cet eternal smile qui avait choqué Grietje mais qui de toute évidence lui assure des fins de mois confortables…

Notre rencontre a été pour elle un bref « retour sur terre » et c’est sans doute la raison pour laquelle elle n’a pas répondu aux messages proposant de renouer contact. Il manque donc à sa biographie quelques détails nécessaires pour comprendre ce que j’ai vécu avec elle.

J’ai fait sa connaissance dans un village d’émigrés tibétains où nous étions plusieurs à nous reposer quelques semaines pendant les grandes chaleurs estivales. Sa chambre donnait sur le même balcon que la mienne. J’étais avec mon jeune fils, ma compagne étant restée en ville. Un jour je l’aperçois assise au sol en train de cuisiner sur le seuil de sa chambre. Elle porte un vêtement ample et léger qui souligne sa beauté sans aucune arrogance. Elle a 27 ans. Nous parlons de choses diverses, certainement de philosophie car mes séjours dans ce village sont l’occasion de lectures et de méditations éloignées de mes occupations quotidiennes.

Puis elle m’expose sa situation : elle est confrontée à un grave problème car son mari est en prison. Il devait venir la rejoindre mais il s’est fait arrêter par les douaniers en possession d’un peu d’or qu’il avait l’intention de revendre ici. Le couple habite dans le sud de l’Inde où ils pratiquent la musique et la danse avec un attrait inconditionnel vers la spiritualité. J’ai même aperçu à son cou un pendentif orné d’un portrait d’Osho — alias Bhagvan Rajneesh, le milliardaire du tantrisme à l’occidentale ! Mais voilà : même si je la trouve un peu ridicule dans son effusion de naïveté, elle est si désirable que je fais tout pour la revoir. Et puis nous pouvons l’aider, l’héberger pendant qu’elle accomplit d’innombrables démarches pour faire libérer son mari.

C’est ainsi qu’un lien d’amitié improbable se tisse entre nous. Un soir, nous marchons ensemble vers un hameau qui abrite une source fraîche. Je lui fais part de mon désir. Elle répond qu’elle est touchée par mon aveu car c’est la première fois qu’elle s’autorise à accueillir le désir d’un autre homme depuis son récent mariage. Au gré de nos échanges elle me racontera ce qui l’a amenée en Inde : il y a quelques années elle exerçait comme strip-teaseuse avec beaucoup de succès, mais, rétrospectivement, une grande culpabilité. « Pour oser me dénuder je faisais en sorte d’inviter au spectacle un ami/amant et je dansais pour lui ! » (Je rêve parfois encore qu’elle m’a invité à son show pour me rejoindre ensuite à la sortie des artistes…)

Après cette période elle est allée dans une expérience plus trash : rabatteuse pour une communauté gay. « J’attirais de jeunes hommes, je leur faisais l’amour pour qu’ils rejoignent le groupe… » C’est là qu’elle a connu la disgrâce. Elle dit aujourd’hui qu’elle a « failli être assassinée ». Je connais surtout l’épisode où, suite à des pratiques à risque, elle a été victime d’une grave infection qui a entraîné une opération qui l’a rendue stérile. Il y a en effet une petite ligne de césarienne au bas de son ventre.

C’est alors qu’elle a opéré un renversement total dans ses choix de vie. Elle est partie en Inde s’engager comme secrétaire d’une organisation philosophique. C’est là qu’elle a rencontré celui qui est devenu son mari.

Pour elle, reconnaître mon désir — et, implicitement, me faire part du sien — est une réconciliation avec une sensualité qu’elle avait refoulée du fait de sa « conversion » et de son installation dans une vie de couple conventionnelle. Elle me dira peu après qu’elle a souvent des douleurs au moment de la pénétration sexuelle, sauf si elle ressent un désir très intense, mais qu’elle tint à focaliser ce désir sur son mari… Je n’ai pas l’intention de briser cette forme de contrat, encore moins de profiter de son désarroi ni de l’absence de son homme, mais je ne fais pas pour autant l’impasse sur mon désir ni sur l’éblouissement que m’inspire sa beauté.

Elle est donc venue loger chez nous, pour quelques jours, chaque fois qu’elle rencontrait l’avocat de son mari. Il faudra un an environ, et beaucoup d’argent, pour qu’il retrouve la liberté. Il sait qu’il se passe quelque chose entre Love et moi, dans le registre du désir, mais il me dit ne pas ressentir de jalousie ni de rivalité.

Un jour nous sommes seuls. Il fait chaud, elle est allongée sur le lit. Elle veut bien que je masse ses jambes. Mes mains ne remontent pas jusqu’à son sexe. Je suis persuadé qu’elle ne me désire pas, ou qu’elle contient ce désir par exclusivité pour son homme.

Un autre soir, il fait très chaud à cause d’une coupure d’électricité et nous sommes allongés nus dans une minuscule piscine gonflable. Je suis blotti entre deux femmes belles comme des déesses, mon sexe épanoui de plaisir. Mes mains caressent leurs cuisses, je fais couler de l’eau sur les seins de Love en titillant leurs pointes dressées. Nous rions à notre propre spectacle. Je n’ose pas la caresser plus intimement. Puis Aimée, ma compagne, nous laisse seuls. Nous nous relevons et chacun prend beaucoup de temps à sécher l’autre dans une grande serviette, simple prétexte à de nouvelles caresses. Je presse sa rose des sables à travers la serviette sans chercher à connaître son désir. J’essuie longuement ses seins dont la forme est encore gravée dans ma mémoire profonde. Puis j’embrasse en le mordillant chaque mamelon et je la sens frémir de plaisir sous cette caresse. Je glisse mon pénis entre ses cuisses, l’invitant à le serrer, immobile et sans contact avec la vulve… Ce sera notre seule étreinte.

Plus tard, Aimée me dira qu’elle nous avait laissé seuls car elle voyait bien que Love était pétrie de désir. C’est probable. Un peu la timidité, un peu la culpabilité, et aussi la crainte d’être confrontée à sa douleur physique, ont fait que j’ai renoncé à jouir avec elle.

Cet hiver nous sommes partis en visite chez Love et son mari, accompagnés d’un amant d’Aimée. Il fait assez chaud pour des baignades sur une plage déserte. J’y vais avec Love. Je la caresse avec gourmandise mais nous n’allons pas jusqu’à nous isoler pour une rencontre sensuelle.

Un autre soir elle est chez nous avec son mari. Je me suis rendu un moment dans une petite pièce que nous consacrons à la danse et à la méditation. Love me rejoint. Elle me dit qu’elle a suivi un de mes « conseils »… Elle m’avait parlé de son professeur de danse, un homme d’âge moyen qu’elle aime beaucoup. Elle reconnaissait qu’il avait certainement envie d’elle maintenant qu’elle osait de nouveau regarder le désir des hommes. Je lui avais dit que, dans ce cas, elle pourrait lui faire le cadeau d’une rencontre amoureuse. C’est ce qu’elle a fait. Après son aveu, elle retire tous ses vêtements, met une musique et se met à danser nue devant moi. Je la contemple, je la désire, mais encore une fois je n’ose pas l’inviter à un accouplement qu’elle aurait certainement aimé connaître en final de sa chorégraphie.

Il y a eu un dernier soir où j’étais seul à la maison et elle a débarqué sans prévenir car son homme venait d’être de nouveau emprisonné suite à un problème de caution. Nous avons dormi ensemble enlacés. Comme je la caressais en espérant cette fois que nous irions au bout de notre désir, elle me dit que « quelque chose ne va pas, avec les caresses ou avec les habits… » Je lui suggère de quitter nos habits mais elle ne répond pas. En fait elle est épuisée et démoralisée, ce qui enlève toute disponibilité. J’essaie quand même d’embrasser ses lèvres mais elle me repousse en disant : « I do not like love kiss! » J’apprendrai bien plus tard, avec Hannah, que le baiser des lèvres est une expérience bien plus sensuelle que l’accouplement des sexes ou même la caresse buccale d’une vulve ou d’un pénis.

Mardi 21 août 2012

J’ai retrouvé sur Internet la trace de Love. Expérience cauchemardesque. Les photos me renvoient l’image d’une femme qui a perdu toute grâce, comme si elle s’était gavée de hamburgers et de Coca, ce qui n’était certainement pas son style. Mais les fanfreluches mysticothérapeutiques sont bien toujours présentes… L’impression désagréable que la tête dit une chose et le corps son contraire.

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Published by Julien Lem - dans Sexe
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