Mardi 16 août 2005 2 16 /08 /Août /2005 00:00
yr5b4zj4do0hryboDans mon journal, 17 octobre 2001

Je tremble en franchissant la porte de l’hôtel Alesia. Concrétiser un vieux fantasme… Je n’ai jamais rencontré G. et ne sais pas à qui elle ressemble, sinon qu’elle serait à peu près de mon âge ; une « juive rousse » privée de sexe depuis le suicide de son amant. On a échangé quelques messages. Je lui ai parlé d’un souvenir savoureux avec S., une femme rousse un peu plus âgée que moi : nous étions étendus nus sur un lit, en plein été à Séville ; elle avait envie de caresses (et plus) ; j’avais goûté sa peau, un goût inoubliable, exalté par la chaleur du lieu et notre désir…

Il se trouve que G. vient à Paris en même temps que moi et qu’on a eu l’idée de faire connaissance. D’abord l’idée d’un dîner ensemble « et plus si affinité ». Puis je lui ai parlé de mon rêve de rencontrer une femme jamais vue dans l’obscurité d’une chambre d’hôtel. Elle a bien aimé, on a convenu d’essayer, parlé des précautions d’usage… Si quelque chose ne va pas, on arrêtera tout de suite et on rira bien ensemble !

Je tremble. J’ai failli faire demi-tour, soudain terrorisé par l’audace de ce projet. Je m’avance à la réception. J’espère presque que G. aura renoncé. Mais non, le réceptionniste me dit : « Votre femme est déjà arrivée, elle est montée à la chambre car elle était fatiguée… » Ça a ajouté à mon malaise que quelqu’un me parle d’une inconnue en la désignant comme « ma femme » ; mais il n’est pas au courant de ce qui se trame, le pauvre ! Il doit être 15h00, elle dort déjà. Ah oui, le décalage horaire…

Je monte à l’étage. Elle a laissé la porte entrouverte comme nous l’avions convenu. Je jette un œil. Dans la pénombre, j’aperçois une masse flamboyante de cheveux qui pendent au bord du lit. Ce serait trop bête de se tromper de porte ! J’entre sur la pointe des pieds. Elle dort. Je m’allonge près d’elle… Elle se réveille. Nos regards se rencontrent, le mien accoutumé à la pénombre. Des yeux bleus. « Mais tu es belle ! » Ce seront nos seules paroles échangées jusqu’à tard dans la nuit.

C’était une belle rencontre, un beau fantasme. Nous avons joui. Elle sent bon, cette peau longtemps convoitée…

Le lendemain, à la lumière du jour, je me suis dit (elle aussi, peut-être) que si nous nous étions contactés normalement le désir n’aurait peut-être pas été au rendez-vous. Puis je me suis rendu chez Marie .  

Cette histoire, j’aimerais la répéter avec un couple qui m’inviterait chez lui. L’homme me recevrait à l’entrée et la femme nous attendrait dans une chambre obscure. Il prendrait mes mains pour leur faire découvrir la peau de sa partenaire… Nombreuses variantes possibles.
Par Julien Lem - Publié dans : Sexe
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