Lundi 22 août 2005
1
22
/08
/Août
/2005
00:00
Dans mon journal, samedi 28 août 2004
4h20 : Aujourd’hui je vais rouler vers l’océan. Je ressens un besoin impérieux de m’en rapprocher pour conjurer la mort annoncée d’un ami cher à des dizaines de milliers de kilomètres.
J’écris à Aimée :
Je viens de sentir un appel de G. Dis-lui qu’il est l’un des rares hommes qui ont une place dans ma vie. Il a été pour moi un porteur de lumière et je continuerai son œuvre à ma manière. Ce que
nous faisons reste inachevé mais le flambeau doit être repris, transformé, partagé avec ceux qui en comprennent le sens.
Mon voyage est difficile, ponctué de conversations téléphoniques avec Aimée.
J’arrive vers 21h mais Iliane ne rentre qu’à minuit. Elle est en colère, en partie contre elle-même, car à la fête d’anniversaire d’une amie de Noémie elle a été témoin, sans savoir comment
réagir, de nombreuses interventions de parents qui ne respectent pas les enfants. Elle est aussi tendue chaque fois qu’elle revoit le père de Noémie, sans savoir pourquoi. Culpabilité ? Nous
parlons longuement. Nous nous endormons vers 4h du matin, elle dans sa chambre et moi dans celle de Noémie.
Dimanche 29 août 2004
Aimée m’appelle tôt le matin. G. ne survivra pas jusqu’au lendemain. Je l’accompagne en silence. J’invite Iliane au restaurant qu’elle avait beaucoup aimé l’autre fois. Nous y passons des heures
paisibles pendant que G. achève son voyage terrestre, sourire aux lèvres. La conversation nous ramène sans cesse à lui.
En rentrant nous restons longtemps enlacés puis nous nous unissons. C’est la pleine lune. Pour la première fois je viens en elle avec toute l’énergie de l’orgasme. Pour la première fois aussi
elle m’accueille vraiment. C’est certainement immoral de jouir pendant le départ d’un ami proche. Mais la pulsion de vie doit triompher.
[Suite]
Voir aussi Entre vie et mort (2)
Par Julien Lem
-
Publié dans : Lire de bas en haut
0
Vos réactions