Dans mon journal, le 17 janvier 2003
Je devais aller à Paris, mais arrivé en gare de M. j’ai changé de direction, sans prévenir Marie, pour me rendre chez Patricia. Elle est heureuse de m’accueillir.
Nous passons ensemble trois belles journées et deux nuits… Deux seulement car le soir de mon arrivée elle avait rendez-vous avec un autre homme « praticien du tantra » ! (À vrai
dire, selon mon interprétation rivale, c’était plutôt un éjaculateur rapide.) Alors que nous échangeons les premières caresses, le téléphone sonne, elle va le rejoindre à son hôtel. Tôt le matin
je l’entends rentrer sa bicyclette et me rejoindre au lit. Nous reprenons les caresses au point où nous les avions laissées. J’aime la sentir brûlante et humide des heures passées avec un
inconnu.
Le lendemain matin je jouis en elle. Elle rit comme chaque fois que cela arrive. Je sens qu’elle n’accueille pas cette forme de jouissance. J’aimerais qu’elle m’y rejoigne mais nous revenons à
cet échange extatique sans orgasme que nous avons connu il y a deux ans.
Le dimanche après-midi, sa fille Noémie est de retour. Nous passons quelque temps au parc. Puis Patricia danse devant moi tandis que Noémie vient me présenter ses plus belles robes, l’une après
l’autre. Rivalité souriante, jeux de séduction… Depuis mon arrivée je n’ai pas repensé à Marie. N’est-ce pas ce que je souhaitais ?
Nous nous quittons sans même un fond de tristesse le lundi midi. Pourquoi les choses ne sont-elles pas toujours aussi simples en amour ?
Chez Patricia j’ai lu un roman de Daniel Odier :
« Tantra, l’initiation d’un occidental à l’amour absolu » assez bien écrit en dépit de l’invraisemblance du contexte et
des personnages. Bien que le récit de son initiation par une
yogini tantrique soit à peu près aussi crédible que « Tintin au Tibet », j’apprendrai plus tard qu’il a fini par y
croire lui-même et en faire son fonds de commerce… Il reste que les références au
Vijnânabhairava tantra ne manquent pas d’intérêt. Je lirai plus tard, du même auteur,
« Tantra,
spontanéité de l’extase » (Actes Sud), un beau texte, puis l’ouvrage universitaire
« Le tantrisme : mythes, rites, métaphysique », de Jean Varenne (Albin Michel
1997). Tout cela me paraît quad même assez éloigné des pratiques de « tantra » dans les stages dont Patricia me parle.
La suite de ma relation avec Patricia est dans
« La voie de l’extase (3) ».
[Suite]
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