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17 août 2005 3 17 /08 /août /2005 23:00
— Dans les moments que nous avons vécus récemment j’ai eu l’impression que ton plaisir montait si fort que si tu t’étais caressée ç’aurait été « en trop », presque douloureux.
— Pas douloureux, mais pas vraiment envie. Il y a une grande différence entre le moment avant de jouir, et après. Le moment avant est délicieux, il est plein de désir, grand désir qui frissonne. Alors qu’après, c’est la jouissance qui prend le dessus, qui prend ses droits, si tu veux. Et le plaisir, paradoxalement, en est affaibli entre chaque jouissance. Ce qu’il y a de bon avec toi, aussi, c’est que ce plaisir revenait, même après.
La beau récit de Marie a marqué le point culminant de notre relation. C’est une histoire en forme de voyage qui a commencé par l’escalade d’un sommet en quête de lumière. Il me faut maintenant parler de la descente, qui s’est écrite en plusieurs étapes.

En juin nous avons campé cinq jours avec un groupe d’amis qui devaient tout ignorer de notre relation. Nous étions assez rusés car rien n’a transpiré. Toutefois, Marie s’inquiétait que Michel ne devienne plus bavard et finisse par vendre la mèche devant son père.

Il y avait de l’amertume entre nous au moment du départ. Une fois de plus, la vie de couple, plus de trois jours, des paroles ou des gestes imprudents. Le 12 juin je lui écris :
Douce Marie,

Je commence à me rendre compte que la gêne, la douleur que je t’ai causée dans mes gestes maladroits étaient bien plus fortes que ce que je sentais sur le moment. Je perçois mon désir comme quelque chose de rugueux, de brûlant, très loin de la brise douce qui nous ennivre ! Tu m’en as parlé avec tendresse et je reste ébloui par l’intensité de ton amour, mais cet éblouissement peut me conforter dans l’égarement — au point de ne pas comprendre que ta gêne est assez forte pour que tu n’aies pas envie de te projeter en pensée dans une autre rencontre. Je crois qu’en ce moment tu as vraiment besoin de silence et de solitude par rapport à ce que nous avons vécu ensemble. Je voudrais me faire tout petit (et tendre comme du miel) dans ton cœur.

Je t’aime
Elle répond :
Je n’ose pas te répondre… Ton message est si beau.

Je n’aurais jamais cru pouvoir rencontrer quelqu’un qui puisse comprendre cela.

C’est depuis toujours, j’oscille entre l’envie d’être désirée, en fait, je lutte contre les hommes qui disent : les femmes ne vont pas assez vite, elles ont moins de désir… contre tous ces préjugés, ce qui me pousse à accepter des avances qui me font mal, en fait… Mais c’est si profond, et si enfoui, et toi, là, tu viens de comprendre. J’en ai parfois parlé à des hommes, mais ils prenaient cela pour un rejet, au lieu de le prendre comme de la confiance. Alors je continuais mon numéro, jusqu’à ce que je sente que ca n’allait plus. C’est ce qui s’est passé avec Patrick, en fait, même si je lui reproche de ne pas avoir assez exprimé son désir.

Et pourtant, qu’ils sont grands mon désir, mon envie de toi.

J’aime ton désir…

J’avais l’impression aussi que tu me voyais vraiment trop belle, trop désirable… Je ne veux pas être idéalisée, même si je sais que tu ne le fais pas.

Je sentais aussi que le désir ne pouvait pas faire partie de cette rencontre.

Je n’avais pas pensé que c’était cela qui faisait que je ne me projette pas en pensée dans une autre rencontre… C’est possible.

Je suis heureuse que tu me dises tout ça !

J’ai tellement l’impression de découvrir des milliers de choses, avec toi. Que tu me fais toucher des trésors, des lumières, des ombres aussi.

Hier, j’aimais que tu sois derrière moi, et que tu me touches, j’aurais voulu que ces instants durent, et perdurent encore, de laisser le désir monter tout doucement, comme il monte en ce moment en moi, maintenant que tu es parti !

Je ne pouvais pas me permettre de laisser ce désir fou de venir. Je voudrais pouvoir te dire, main dans la main, que j’aime tellement le miel que tu m’offres…

Je t’embrasse tendrement… Je regrette d’avoir refusé tes baisers, je ne pouvais pas les recevoir, mais ça ne change rien… Je pense à toi.

Marie
Après cela, nous n’avons plus eu aucun alibi pour nous revoir avant l’été. Je n’ai pas envie d’imposer à Aimée une nouvelle séparation, surtout que de son côté elle vit une situation douloureuse pour d’autres raisons. Notre amour est plus fort que l’aliénation qui est la mienne en l’absence de Marie. C’est une période de souffrance pour nous trois.

[Suite]

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Published by Julien Lem - dans Lire de bas en haut
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commentaires

Nymphe 18/03/2007 21:17

Très beau...

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