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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 15:53
— Ces derniers jours, la mer était déchaînée, le vent soufflait très fort, il a plu aussi, des averses, c’était magnifique. J’ai beaucoup marché dans la colline…
La forêt est devenu le lieu de rendez-vous de nos âmes à l’extérieur des corps … absorbées par les gouttes qui semblent venir de l’invisible, lorsque l’air est gorgé de pluie… (Voir « Magie en creux »). Les mots ni les images n’ont plus la capacité de nous réchauffer, car la distance n’est plus d’actualité : le désir a pris corps, à fleur de peau, et le vent tourne à la rencontre.

J’ai pris possession d’un vaste territoire qui sera notre terrain de jeu. Il me plaît de le traverser dans la pénombre matinale, fouetté par un vent imprévisible qui me parle de toi. En état d’ébriété sexuelle, parfois ;-) Car j’y imprime partout du désir en creux : contre des troncs d’arbres auxquels je pourrai te lier, ou ces grandes pierres plates où je te regarderai, belle et offerte, jusqu’à l’éblouissement.

Tu ne viens pas vers moi, je n’irai pas te chercher. Les vents nous rapprochent, jouant avec nos attentes. Cette approche n’est rien d’autre qu’une descente en nous-mêmes, dans la matrice des sensations. Tu as écrit : « Le chemin vers ma nature profonde, et la tienne, sur lequel j’avance avec toi. » Comme la femme-phoque du conte (« Femmes qui courent avec les loups », chapitre 9), nous rentrons chez nous. C’est le seul sens que je trouve à l’inéluctabilité de cette mise à nu.

Anne vient justement de citer Marc-Alain Ouaknin (Je suis le marin de tes yeux) :
Tu lui écriras : tes doigts sont les pinceaux de mon espoir. Et pousseront, émerveillés, ses doigts. Tu compareras ses bras à de jeunes cascades, sa nuque à un nid d’oiseaux craintifs, et elle sera l’eau délogée de la montagne, le roucoulement discret caché dans le sourire des nuages.
Tu lui écriras : mes yeux s’ouvrent à ton regard.
Et elle dira : mes seins durcissent à ton contact.
Et elle ajoutera : viens, mon aimé.
Règle ton pas sur le mien.
Nous sommes notre chemin.
Il y a deux hommes sur ton chemin et tous mes rêves me parlent aussi de cette femme double dont Manawee voudrait connaître les noms. Souviens-toi de celui d’il y a quelques jours :
Juste avant mon réveil (l’image est encore très forte) j’étais étendu sur un lit. À ma gauche il y avait une jeune fille qui avait dormi là (c’était un peu comme un bivouac, où tout le monde est mélangé) et qui venait de se lever. Elle faisait des pitreries, gamine, pour me faire rire. Les cheveux très courts, elle était jolie mais je ne pensais pas au sexe. Puis une femme est venue s’asseoir à ma droite,cheveux châtains clair mi-longs, vêtue d’un pull couleur noisette, avec des yeux noisette… Elle a approché son visage du mien jusqu’à ce que je sente son souffle. (Ce qu’on fait pour apprivoiser les chevaux !) Elle a posé ses lèvres sur les miennes, une première fois pendant une seconde, des lèvres sèches et un peu gercées. Les miennes aussi étaient sèches. J’ai senti mon cœur bondir de gratitude car son geste était gratuit. Je ne ressentais pas encore de désir. Elle m’a embrassé une deuxième fois en appuyant plus fort. J’ai commencé à y prendre goût, tout en regrettant la sècheresse. La troisième fois elle est revenue très doucement, attendant que nos lèvres soient bien en contact, puis j’ai senti les siennes se desserrer, quelque chose d’humide s’est glissé discrètement — le bout de sa langue, et j’ai explosé de bonheur.

— Je te laisse, on se retrouve dans la forêt ?
— Oui

[Suite]

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Published by Julien Lem - dans Lire de bas en haut
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