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7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 19:37
Il existe pour moi au moins deux visions de la sexualité. La réalité serait un mélange subtil, toujours en mouvement, entre ces extrêmes. La première vision, celle qui prévaut dans les représentations culturelles modernes, je la désigne comme « pénétration-jouissance ». Elle se nourrit d’une énergie sexuelle que je qualifie de « masculine » indistinctement chez les deux partenaires. La seconde vision, plus rarement exposée bien qu’elle soit l’objet principal de mon journal intime, pourrait s’appeler « fusion-extase ». Elle met en œuvre une énergie « féminine » qui s’apparente à la « shakti » de la cosmologie hindoue. (Cette cosmologie ne reconnaissant pas d’autre énergie que féminine, les deux visions ne sont pas symétriques.)

Commençons par une mise en garde : s’il m’arrive de puiser dans un vocabulaire banalisé en Occident sous l’étiquette de « tantrisme », ou encore dans un réservoir idéologique plus vaste — le « monde indien » aux confluents de l’hindouisme, du bouddhisme, du tantrisme, du soufisme etc. — je ne me sens connecté à aucune pratique ni enseignement qui s’en réclamerait. Mon aversion pour les écoles mystiques n’est donc pas seulement motivée par le détournement d’enseignements réputés « authentiques » par les gourous/thérapeutes occidentaux. Elle reflète plutôt mon engouement pour une pensée critique au service de la construction d’une philosophie existentielle.

Le détournement de l’expérience vécue vers la « pensée pure » existe depuis des siècles en Inde. Les textes anciens sont soumis à l’équarrissage lorsque la démarche philosophique cède le pas à des pratiques codifiées. Le procédé n’est pas sans rappeller l’interprétation littérale des textes religieux judéo-chrétiens : certains fanatiques, par exemple, ont inventé des rituels dans lesquels les adeptes doivent manipuler des serpents venimeux sous le prétexte que « ceux qui ont la foi résistent à la morsure du serpent ».

Il y a des images qui n’ont qu’une valeur symbolique, disent les gens raisonnables en réponse à ces dérives intégristes, il ne faut pas les prendre au premier degré. Je ne pense pas que le choix soit aussi binaire. Mon approche consiste plutôt à relier l’image à des sensations vécues dans le corps. Dans cette perspective, la sexualité n’est rien d’autre qu’une « religion du corps ». Toutefois, pour que ce lien soit significatif il faut que la sensation précède l’image et l’interprétation qui en est faite. La démarche fondamentale du tantrisme en tant que philosophie (je me réfère au shivaisme cachemirien dont le texte fondateur serait le Vijnânabhairava tantra) est la reconnaissance des sensations (« tattvas ») comme principes primordiaux, sans aucune discontinuité entre le « physique » et le « psychique ». […] En défendant la thèse de la vérité absolue des sensations (sensualisme), Épicure indique la voie d’une connaissance possible, en coupant court aux illusions de la pensée pure ; mais c’est une voie critique, car en réalité nul n’a montré davantage de prudence dans la mise en œuvre des sensations. (J.-F. Balaudé, introduction de Épicure : Lettres, maximes, sentences, Livre de Poche 4628, p.7-8)

Je m’en tiens là : les sensations comme seule réalité tangible. C’est déjà tout un programme pour un Occidental à qui on a inculqué que toute sensation n’était que subjective et donc sans intérêt… Je me fiche donc éperdument de la suite de l’exposé : l’énumération et la classification des « tattvas » par les théoriciens du tantrisme.

Tout ce qui a été écrit, enseigné, pratiqué par la suite n’est que de l’interprétation, l’adaptation nécessaire de cette philosophie au contexte social de l’époque, et son intégration aux religions officielles. Ainsi, il est convenu aujourd’hui de distinguer entre tantrisme « hindou » et « bouddhiste » (Varenne 1997). J’ai aussi entendu dire que le Vijnânabhairava tantra serait le texte fondateur du yoga, alors que ce que l’on entend par « philosophie du yoga » est principalement orienté vers la maîtrise, le contrôle volontaire, la progression spirituelle, toutes notions étrangères au tantrisme des shivaïstes cachemiriens.

Passons à la pratique. Des textes « tantriques » parlent de rituels d’accouplement entre un pratiquant (forcément masculin) et une femme initiatrice, une « dâkini ». Le rituel commencerait par une éjaculation du mâle, sa semence se mêlerait au « fluide vital » féminin. Puis le pratiquant réabsorberait les fluides mélangés, ce qui marquerait le début d’une expérience mystique de très haut niveau (maïthuna).

Première observation : si l’on prend à la lettre cette description du « rituel », le personnage masculin est seul appelé à vivre une expérience « mystique ». Sa partenaire est, au pire un objet rituel, au mieux une énergie féminine désincarnée. Le premier détournement a donc consisté à mettre en place un système de prostitution rituelle, en Inde, avec des femmes (« devâdasi ») louées à des hommes riches et bien nés (brahmanes) en quête de sensations fortes sous le couvert de mysticisme. (Cf. Varenne 1997)

Il était inévitable que cette forme dévoyée devienne dominante dans une société patriarcale. Abolie à l’aire coloniale, la prostitution rituelle existe encore sous forme clandestine. Les « danseuses de temples » les plus débrouillardes se sont recyclées dans la « danse sacrée » — cf. l’histoire non fantasmée du Bharata Natyam au début du 20e siècle. De leur côté, les « dâkinis » siliconées (certifiées BA in Psychology) sont en vitrine sur Internet. :-(

Pour moi, réfuter cette vision machiste de la sexualité « mystique » n’est pas une position basée sur l’égalité des sexes selon le féminisme. Ce n’est pas non plus inventer de toutes pièces une version dignifiée de la « dâkini », comme l’a fait Daniel Odier avec une initiatrice prétendument rencontrée au fin fond de l’Himalaya — à moins que ce ne soit sur un coin de table de guesthouse pour babacools à Pahar Ganj, New Delhi ?… Ni se lancer dans un discours démagogique sur « la Femme » comme le sinistre Rajneesh (alias Osho)…

Cette évidence s’est imposée à moi par la rencontre de femmes ouvertes, sans aucune prétention mystique ni intellectuelle, à une approche « spirituelle » de la sexualité qui a bouleversé la mienne. C’est aussi une observation attentive qui m’incite à penser que le vécu de la sexualité « fusion-extase » n’est pas fonction de particularités anatomiques qui font de nous un homme ou une femme. Même la sensation physique de pénétrer/être pénétré(e) peut devenir confuse (et sans intérêt) quand s’ouvrent d’autres dimensions du plaisir.

C’est une grossière manipulation d’instrumentaliser la séduction sous le couvert d’une expérience mystique — dont, bien sûr, la partenaire pourra garder quelques miettes. Ce jeu est très répandu, en Occident autant qu’en Inde, avec pour acteurs des hommes qui se prétendent porteurs d’une « tradition tantrique » pour mettre le grappin sur des femmes à la recherche d’une autorité spirituelle.

Pour moi, décider qu’on va vivre une « expérience » avec la personne de son choix (en couple ou dans une rencontre fortuite) c’est aller vers une désillusion totale ou accepter de se mentir à soi-même. Il n’y a pas de technique menant à l’extase. À partir du moment où l’on se soumet à une technique en vue d’atteindre un état particulier, on se détourne des sensations (la seule réalité objective) et d’une relation « de cœur à cœur » avec sa/son partenaire. La première étape d’une ouverture de la sexualité me paraît donc d’admettre qu’il y ait des choses qui se décident en dehors de nos pensées, de nos croyances et de nos sentiments. Une relation peut très bien se vivre de cœur à cœur dans le registre de la jouissance et une autre se dissoudre dans la sècheresse à force d’attentes d’extases jamais comblées. Les désirs ne tiennent jamais leurs promesses. (Schopenhauer)

Je ne vois pas de barrière fixe entre une sexualité sensuelle (« physique ») et une autre qui se prétendrait spirituelle (« de l’âme ») quels que soient les gestes accomplis et l’intimité vécue entre les êtres. Mais l’absence de barrière n’entraîne pas qu’il soit honnête d’aborder une personne du sexe opposé sous le couvert d’une amitié tendre, de nature « spirituelle », tout en espérant que cette relation pourra ensuite se déployer dans la sensualité. J’ai envie d’être honnête, de reconnaître la dimension sexuelle et de la partager avec l’autre. (Ne pas rester dans le non-dit, sans pour autant se noyer dans les confidences.) J’ai envie d’être honnête parce que j’ai éprouvé le goût amer de la manipulation, dans un sens ou dans l’autre.

Se tenir enlacés, sagement immobiles, peut passer pour « non sexuel » jusqu’au moment où je me rends compte que je n’aurais pas envie de cette intimité amicale avec un homme, un enfant ou une femme non désirée. Même s’il a été dit clairement qu’il n’y avait pas un désir partagé d’aller vers l’accouplement, je n’ai pas envie de cacher le plaisir de recevoir de ma partenaire la chaleur de ses seins, de son ventre et de son sexe, l’odeur de ses cheveux, son haleine, qui sont pour moi autant de manifestations sexuelles que son regard et son sourire. Je peux aimer la pression de ses seins sur ma poitrine sans avoir envie de faire rouler un mamelon entre mes doigts, et la pression voluptueuse de son ventre sans lui faire subir la tension de mon sexe. J’aime qu’une embrassade embrasse aussi cette dimension sexuelle, à condition qu’elle soit vécue comme une telle et non comme un « préliminaire ». J’aime aussi qu’une fois l’embrassade terminée on se quitte sans regret : l’art de « défusionner ».

Une autre pratique « tantrique » que je qualifie de détournement est celle qui consiste à prendre au pied de la lettre l’image du mélange des fluides. Dans la symbolique des mystiques « bâul » du Bengale (Bhattacharya 2002) le fluide masculin est le sperme (« bîj ») et le fluide féminin le sang menstruel (« rajas »). Ce qui signifie que l’union sexuelle mystique ne pourrait avoir lieu que pendant les règles de la femme. Ajoutons que la pratique est pimentée par la croyance que l’union avec une fille vierge est hautement souhaitée. (J’aurais été surpris qu’ils recommandent une partenaire ménopausée !) Dans mon expérience il n’y a aucun lien entre le choix d’une période et la qualité de la rencontre. Il y a des femmes qui aiment s’accoupler pendant les règles, d’autres qui détestent, ce choix m’est indifférent. Quant aux femmes ménopausées, elles peuvent être de merveilleuses partenaires !

Cette idée de réabsorber les fluides fait fantasmer beaucoup de monde. En Inde, des hommes essaient de la produire matériellement en s’exerçant à aspirer des liquides à travers leur sexe (Darmon 2002). Ils y parviennent par un contrôle de la prostate après s’être enfilé une sonde médicale à travers l’urètre. Cette manipulation peut les amener au septième ciel, car l’exercice produit des orgasmes d’une grande ampleur qui sont perçus comme des « extases ». Mais pour beaucoup l’expérience se termine à l’hôpital !

Tout cela me paraît aux antipodes du tantrisme originel. Dans des conditions particulières (ce que le tantrisme appellerait « orgasme de la vallée ») j’ai eu la sensation d’une éjaculation très diffuse associée à une perte (ou un oubli) de l’érection et une détente totale du corps et de l’esprit. Dans cet état particulier j’ai eu l’impression que mon corps réabsorbait les « fluides » comme une éponge.

À l’opposé de cela, je peux vivre une jouissance intense pendant laquelle j’ai l’impression que mon sexe est devenu immense, très vigoureux, et cette jouissance se prolonge parfois pendant plusieurs minutes — elle semble ne jamais s’arrêter jusqu’à ce que je le décide. (J’ai surtout vécu cela en jouissant seul, et dans une moindre mesure avec une parternaire.)

Il me semble que les hommes sont conditionnés par la croyance qu’après l’éjaculation tout est fini. Ils sentent leur sexe perdre toute sa vigueur et ils ont envie de s’endormir en tournant le dos à leur partenaire, si ce n’est de se rhabiller et de rentrer chez eux. C’est une triste réalité qu’on entend trop souvent. Je me suis aperçu que si l’homme lachait cette croyance (et sans doute d’autres habitudes néfastes) l’érection pouvait continuer après l’orgasme, alimentée par le désir et non comme une prolongation qu’il conviendrait de programmer pour « satisfaire » sa partenaire. Ce qui permet d’atteindre une telle pratique est le contrôle du périnée pour que l’orgasme ait lieu sans éjaculation, et pourtant dans un lâcher-prise total. (La technique n’est pas très difficile, voir « Certif. fellation ».)

Dans le rituel tantrique décrit par Varenne (1997) et autres auteurs, tout commence par l’éjaculation de l’homme. On peut imaginer qu’il y aurait un orgasme (dont pourrait aussi être gratifiée la partenaire féminine) et qu’ensuite les amants continuent sur ce que j’appelle la « voie de l’extase ». Je ne l’ai vécu que récemment et pour une faible durée. La plupart du temps, quand ma partenaire avait envie d’un ou de plusieurs orgasmes, je n’ai pas senti de prolongation vers une sexualité extatique. Par contre, ce qui me vient sans y penser, c’est le retour de l’érection après l’orgasme qui me libère de l’appréhension de « jouir en premier » et donc de « décevoir ma partenaire ». Cette faculté s’est mise en place progressivement, après une période où des femmes me disaient apprécier que je mette peu de temps à « ressusciter d’entre les morts ».

La bifurcation entre « pénétration-jouissance » et « fusion-extase » se fait spontanément à un certain moment de la rencontre sexuelle. Elle est involontaire mais peut aussi être encouragée par les circonstances : le fait, par exemple, que la femme risque d’être fécondée. Elle peut avoir lieu pendant l’accouplement des sexes ou bien avant. Elle peut se traduire par l’absence d’accouplement ou au contraire un accouplement prolongé pendant des heures. Cette voie m’a été imposée, au départ, par une femme devenue allergique à la jouissance des hommes et qui avait beaucoup de difficultés à « ouvrir son sexe ». Il y aurait de belles pages à écrire sur l’ouverture (thème relié bien sûr à l’enfantement) mais je me contenterai de dire que si pour nous elle se matérialisait dans le sexe il s’agissait avant tout d’ouverture « du cœur ».

Il peut paraître simple d’accoupler les sexes et de rester quasiment immobiles, l’homme allongé sur le dos et la femme à califourchon, mais c’est un apprentissage (fort agréable) car, physiquement déjà, cela suppose que le sexe de la femme reste « ouvert », chaud, ruisselant de désir, tandis que celui de l’homme reste présent et puissamment déployé. Quand j’étais contraint à cet exercice comme seule forme possible d’accouplement, je sentais parfois le sexe de mon amante refroidir, alors qu’elle s’évadait dans des pensées, et le mien finissait par s’ennuyer et se replier. Elle me le reprochait, c’était une lutte entre nous, puis nous avons fait du chemin, ensemble et chacun de son côté, jusqu’à être capables de « présence » et de perméabilité au flot qui traversait nos corps et bien au delà.

Dans cette phase de découverte nous nous sommes aperçus que certains gestes inhibaient totalement le processus. Par exemple tout ce qui visait à exciter l’autre : toucher le clitoris, caresser ou pincer les seins, faire des mouvements brusques. Ce qui n’empêche qu’il lui est arrivé (rarement) de me faire allonger sur elle pour jouir « comme un taureau » en lui pétrissant les seins. Les gestes ne sont donc pas liés aux préférences ni aux habitudes des partenaires mais plutôt à la situation qu’ils sont en train de vivre.

Cet « apprentissage » a débuté, les premiers mois, par des rencontres où nous faisions l’amour pendant des journées entières sans accoupler nos sexes, car elle ne supportait même pas la pénétration de l’homme. C’était frustrant pour nous, à l’époque, mais plus tard j’ai appris à goûter les rencontres amoureuses « jouissives » ou « extatiques » où l’intimité est totale sans pour autant que les sexes ne soient sollicités.

Pour conclure, je regrette qu’on enferme la sexualité dans des stéréotypes, que ce soit la recherche de la jouissance maximum aussi souvent que possible, ou au contraire le désir d’extase supposé nous libérer de cette sexualité « bestiale ». Mon ambition est de devenir un dieu sans cesser d’être un loup. ;-)

Lire aussi :
Le tantrisme : mythes, rites, métaphysique ». Jean Varenne. Albin Michel, 1997.
De sang et de sperme : la pratique mystique bâul et son expression métaphorique dans les chants. Grance Bhattacharya. In V. Bouillier & G. Tarabout (eds.) Images du corps dans le monde hindou, CNRS éditions, 2002 , p. 241-272
Vajrolî mudrâ : la rétention séminale chez les yogis vâmâcâri. Richard A. Darmon. In V. Bouillier & G. Tarabout (eds.) Images du corps dans le monde hindou, CNRS éditions, 2002 , p. 213-240


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Published by Julien Lem - dans Pensées en vrac
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commentaires

mathea 28/07/2010 15:59



Quels beaux mots!


Je ne connais absolument rien au tantrisme et je ne veux pas encadrer la sexualite dans des mots ou des schemas.


Mon experience me fait dire que moins je cours a la recherche de la jouissance et de l'orgasme et plus je jouis...
J'ai vecu de belles experiences, intenses, a en pleurer de joie.


J'ai vecu des experiences etranges aussi, ou je laissais une totale liberte a mon corps, comme s'il n'etait plus mien, et c'est bien seulement ainsi que je pouvais rencontrer l'autre et m'unir a
lui. Se laisser aller, s'abandonner. Faire confiance, prendre le temps, s'ecouter et s'entendre, se lire, se sentir, se gouter.


On est au-dela de l'orgasme, on plonge dans l'infini et on accede a l'universel et l'eternel. On est un et tout a la fois, il n'y a plus aucune limite ni temps ni espace.


Les schemas se brisent: nous ne sommes plus les vagues qui affluent et refluent tel l'orgasme mais l'ocean dans son entier.


L'acte aura pu etre bestial, animal ou au contraire tendre et langoureux... Ce n'est pas tant cela qui compte, mais d'accorder les desirs a l'unisson et s'ouvrir a soi-meme d'abord, a l'autre
ensuite.



Nymphe 26/04/2007 09:57

;-)
Oui, oui...

Blanche 22/04/2007 11:29

Cet article est ancien, mais je viens de le découvrir et de le parcourir jusqu'au bout. J'aime beaucoup ton ouverture d'esprit sur le sujet. Cette fusion sexuelle, que j'appelle "alchimie" entre deux corps, est pour moi un pur hasard. Elle est merveilleuse, mais pour ma part ne m'est arrivée qu'une fois avec un partenaire avec lequel je n'avais rien à faire dans la vie. J'ai essayé depuis, plusieurs fois d'analyser ce phénomène, ou de le reproduire, sans succès.

J'adore tes questions à propos de la légitimité de certaines pratiques qu'il est évidemment conseillé de faire avec de très jeunes filles, comme par hasard !!

Julien Lem 22/04/2007 14:34

J'ai découvert (redécouvert ?) ton blog qui me plaît beaucoup à la fois pour la qualité rédactionnelle et la sincérité du ton - même si tu dis que certains détails sont inventés). J'adore aussi l'histoire du petit neurone…  Par contre, je n'ai pas trouvé de liens pour entrer des commentaires, donc j'en écris un peu plus ici…L'expérience fusionnelle dont tu parles, je crois comprendre que c'était avec le très jeune homme avec qui tu ne peux pas imaginer refaire ta vie (et réciproquement je suppose). Un homme "qui te plaît au lit et plus si affinités", j'aime bien le renversement, mais est-ce envisageable sur le long terme ?En attendant, j'aime bien lire que tu t'es décomplexée au sujet de la différence d'âge pour ce qui est du plaisir sexuel : elle peut pimenter la relation (dans les deux sens) ou passer totalement inaperçue.  Dans les moments de fusion intense, l'aspect physique, les différences d'âge, de culture, d'affinités intellectuelles etc. peuvent passer au second plan ou même disparaître complètement. C'est pour ça que vivre des rencontres d'une grande intensité et faire sa vie avec l'homme/la femme de sa vie, ce sont pour moi des projets complètement distincts, sauf si on est très jeune et pas trop exigeant.Il reste que, à moins d'avoir un sixième sens - un cil de loup ou un sens de l'odorat très affiné - l'aspect physique conditionne encore souvent la possibilité ou non d'une rencontre. Ou bien il faut avoir été touché(e) par des mots écrits, un dialogue à distance…Je ne pense pas que l'alchimie entre deux corps soit un hasard, même si j'en parle comme un moment de "magie". Tu donnes toi-même des clés dans ce que tu as vécu avec ce jeune homme : tu as aimé son odeur, sa tendresse, sa manière de te toucher… L'alchimie est imprévisible mais nous savons au moins que nous ne pouvons la vivre qu'en étant au plus près de nos sensations. Il n'y a pas de mots pour décrire une odeur, et pourtant si on y prête attention l'évidence du désir (ou du non-désir) s'impose immédiatement. C'est pour ça que les parfums (même "naturels") et la tabagie me paraissent des obstacles que seule une bonne dose de fantasme peut nous faire contourner.Il m'arrive d'être assis, dans un lieu public, à côté de femmes plus ou moins jeunes. Souvent j'ai remarqué que l'une d'elles attire mon regard mais qu'une autre, bien moins jolie, si ce n'est "pulpeuse" ou plus enrobée, attire mon… sexe - pour une raison indéfinissable. Finalement, le désir est à la fois quelque chose de "bestial" et d'incroyablement subtil.

M. 20/02/2007 09:04

Ce texte est très bien; je viens de temps à autre le relire et m'en inspirer, mine de rien (c'est à dire sans me prendre la tête, ni le reste !)

Pourquoi parler d'energies "feminine" et "masculine" au début ?

Je ne comprends pas bien: "sensations comme seule réalité objective"; pourquoi les qualifier d'objectives plutôt que subjectives ? qu'est-ce que ça veut dire ?

Il m'arrive souvent d'avoir d'abord envie de jouir pour ensuite aller vers autre chose, dans la penetration, qui est d'une autre temporalité; ça peut aussi m'arriver sans jouissance préalable, mais jouir d'abord me permet d'être plus calme...

Merci pour ce texte, j'espère que tu continuera à partager tes parenthèses !

Julien Lem 20/02/2007 10:16

C'est vrai que la notion d'énergie "masculine/féminine" est discutable, puisque j'ai bien précisé qu'aucune n'était le privilège des hommes ou des femmes. On pourrait utiliser d'autres qualificatifs, mais je l'ai reprise en accord avec la cosmologie indienne qui qualifie l'énergie vitale/sexuelle/mystique comme féminine, représentée par des déesses (shakti). On pourrait se passer de tous ces qualificatifs, mais je trouve intéressant qu'une culture par ailleurs machiste ait "féminisé" ainsi la sexualité."Sensations comme seule réalité objective" - en effet, c'est mal rédigé : je voulais dire "tangible" et je vais le corriger."Jouir d'abord me permet d'être plus calme" - c'est intriguant si c'est dit par un homme, vue la perte de l'érection dans la majorité des cas (mais est-elle nécessaire pour vivre une expérience extatique?) mais j'ai remarqué que des femmes ont besoin d'un ou plusieurs orgasmes avant de fusionner avec leur partenaire. Pour moi, aujourd'hui, la jouissance n'est plus un but en soi mais une "gratification supplémentaire" dans une rencontre fusionnelle. Peut-être qu'en regardant les choses ainsi on pourrait en finir avec la frigidité, l'impuissance, l'éjaculation précoce etc.!

Lukeria 14/01/2007 22:36

Un jour, mon ami avait acheté un DVD sur le massage tantrique et nous l'avons regardé ensemble. Loin de m'emmener vers la sensualité, ce DVD a eu tout l'effet contraire. Il y avait d'abord "l'officiant" qui pérorait de manière insupportable et puis la nana massée à la plastique qui aurait été irréprochable s'il n'avait eu le mauvais goût de la choisir avec de magnifiques seins siliconés... C'est tout ce que j'en ai gardé !

Julien Lem 15/01/2007 00:20

C'est le même CD dont je parle, j'en suis à peu près sûr.  Les seins sont magnifiques, pas trop volumineux à mon goût, mais pas siliconés, je ne le crois pas. Elle a un beau corps, un beau visage et un beau sourire. Et lui une belle tête de nigaud libidineux. :-(

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