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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 12:57
Pour une fois, un rêve érotique qui ne s’achève pas dans une brûlante sensation de manque…

Séverine s’est allongée sur moi, légère comme une plume, à peine protégée par une tunique aux couleurs d’automne. Elle a anesthésié toute résistance (comme si j’avais pu résister !) en m’imposant l’odeur ennivrante de sa nuque. Devenue torrent elle a fait de moi un lit de galets qui gémissent sous des tourbillons de désir. Don du plaisir, elle en connaît les arcanes : voilà que nos cellules se touchent ou se mettent à vibrer de concert.

Seules nos mains s’agitent autour des corps momifiés, comme quatre enfants qui feraient les fous autour d’une procession. Les siennes dans mes cheveux. Il n’y a aucune prise. Ma main droite essaie l’étoffe légère et la peau entremêlées, le creux de ses reins, le flanc d’une petite montagne brûlante — son sein gauche — mais c’est lui qui s’empare de mes doigts pour leur intimer l’ordre de pincer, de pétrir, c’est lui qui commande la caresse… et le cœur, là dessous, s’en donne à cœur joie.

Pourtant nous n’avons pas quitté cette étreinte chaste. Mon sexe était devenu immense, à la mesure du désir qui nous taquinait comme une pluie chaude de mousson, mais j’avais l’impression que nous y étions blottis ensemble — oui, dans mon sexe, ce n’était qu’un rêve — comme deux écureuils dans un arbre creux.

Puis j’ai dormi profondément. Elle dormait peut-être, à des milliers de kilomètres, avec sur les lèvres un sourire que j’ai parfois épié dans son sommeil.

Très tôt le matin, Aimée s’est réveillée dans mes bras, baignée par la vague du désir qui continuait à déferler. Elle m’a pris en elle, laissé venir ma jouissance, sans bruit, puis j’ai eu cette sensation que mon arbre buvait sa propre sève et qu’un plaisir d’une nature inconnue envahissait nos corps enlacés. Le temps s’est arrêté.

L’image : ce bol chantant que je lui ai offert à Noël. Avec beaucoup de patience, une fois épuisés les harmoniques stridents et les râclements du désir, un son très grave venu de nulle part monte imperceptiblement jusqu’à occuper tout le vase (soudain ridiculement petit) puis l’espace ambiant s’il ne rencontre pas d’obstacle.

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Published by Julien Lem - dans Sexe
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commentaires

Ton amie lointaine 12/02/2007 12:37

Magnifique...

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