Partager l'article ! Mémoires d’un surhomme: — (L’autre) Quelqu’un vient d’entrer dans ta chambre. Un homme ? — (Elle) Mais n ...
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— (L’autre) Quelqu’un vient d’entrer dans ta chambre. Un homme ?Elle a raccroché. Il appelait pour lui dire qu’il ne se sentait pas bien.
— (Elle) Mais non, ce n’est pas vraiment un homme, comment te dire… Tu es quoi, au fait, Julien ?
— (Moi) Un surhomme.
— (Voix étranglée) Ah, je m’en doutais !
— (Moi, à l’autre) Ne t’inquiète pas, Adrien, j’avais juste oublié mes chaussettes.
— (Lui) Sans doute à cause de mon boulot, plus mon ex-femme qui est en visite…Elle essaie, mais sans y croire, de le préparer à accepter la réalité de ses amours multiples. Elle y va par petites allusions, sur le ton de la plaisanterie, tout en sachant que leur relation est installée sur un contrat d’exclusivité, dans l’étouffement réciproque, prix à payer pour un sentiment éphémère de sécurité affective. La réalité est au rendez-vous de leur histoire, inscrite même (depuis août) sur son agenda.
— (Elle) Mais non, mon amour, c’est parce que je suis partie m’amuser en te laissant seul.
— Tu bandais pendant que je dansais?Quelques baisers pour enlever les paillettes, car je n’ai cure d’autres éclats que ceux du regard amoureux.
— Oui, mais mes mains étaient occupées à te filmer.
— Tu sais, j’ai vraiment craqué pour ce jeune homme. Lui aussi me désirait, mais il n’osait pas se l’avouer.
— Quand je vous ai vus ensemble à table, vous étiez si beaux que j’ai eu envie de lui faire l’amour… bien sûr, avec toi entre nous !
— C’est drôle. J’essaie de me souvenir des caresses que tu aimes, et surtout de celles que tu n’aimes pas, mais rien à faire, ma tête est vide.J’ai mordu un monticule qui pointait avec arrogance sous le tee-shirt. Elle a crié puis m’a fait venir sur elle. Elle m’a appuyé contre son pubis, appelant la force de mon sexe — je me suis souvenu du « taureau céleste ». Elle a joui, par deux fois. J’ai ri, à mon tour cette fois.
— C’est ça qui me plaît chez toi, quand ta tête est vide.
— Avec toi j’ai toujours la sensation de quelque chose d’illimité, très haut dans le ciel. Je ne peux pas le vivre avec Adrien, car nous sommes repliés sur nous-mêmes, notre couple, notre petite fusion, notre peur de se perdre… C’est nul, le mariage.Ce matin je l’ai revue dans sa chambre un peu avant midi. Elle se frottait les dents, nue devant le lavabo. Je l’ai serrée en lui recommandant de bien passer partout, délicatement de chaque côté, avec plus de conviction en profondeur, joignant le geste à la parole pour ce qui demandait à être frotté, pendant qu’elle riait à s’étrangler. Puis j’ai longuement respiré son désir sur ma main. Une drogue douce et gratuite.
— Vous n’êtes pas mariés !
— Et toi, tu as envie de me faire l’amour avec ton sexe ?
— Oui, bien sûr. Mais je t’ai fait l’offrande de mon désir, et je me sens totalement apaisé.
Iliane,Elle répond :
Tu as pris mon cœur en covoiturage.
Me voilà seul avec cette sensation étrange d’avoir vécu un rêve éblouissant.
Pourtant nous nous sommes à peine touchés… :-)Puis :
Bonjour vous qui rêvez de folles aventures,La lune monte, et ma folie avec.
restant malgré tout sagement assis,
enveloppé d’une chaude couverture,
sur le rebord d’un petit lit.
Qui sait si la lune sauvage
distraite ce soir dans la pénombre
saura faire quelques ravages
dans votre pensée vagabonde.
L’horreur pour un homme de grand talent
que le vide du temps oppresse
est de rester moultes instants en suspens
si proche d’une si dangereuse ogresse.
[Suite]
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