Partager l'article ! La peau de l’autre: Hier j’ai fait l’amour avec une femme qui sentait l’ail. Je déteste l’ail ; sauf en cuisine asiatique, mais m ...
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Et puis il y a les messages de Séverine sur sa séparation et l’impermanence [zou, encore le lien vers nos amours d’il y a 4 ans]. Elle a passé presque deux ans avec Arthur. Aujourd’hui ils se
séparent. Tiens, la photo, là, c’est elle, bon avec quelques retouches d’Arthur car il adore le déguisement ! Séverine, donc, l’éblouissante Séverine (pour qui les femmes me disent
« ben toi ! » quand elles nous voient ensemble) quitte Arthur, et réciproquement. Ils l’ont décidé ensemble, et pourtant ils s’aiment comme des fous. Oui, ils sont fous, et
vivants.— Est-ce que c’est un bon plan d’acheter un vibromasseur ?Une des raisons pour lesquelles Séverine et Arthur se quittent : il voudrait un enfant, elle n’en veut plus. Ce n’est peut-être qu’un prétexte, car il y a d’autres raisons plus profondes. Notamment, elle le dit et le répète, leur découverte commune de l’impermanence au cours d’un long stage de méditation (10 jours de silence, toujours en Thaïlande). Ben oui, elle et moi on se retrouve en même temps aux sommets de l’extase ou sur les plateaux arides de l’ascèse. ;-)
— Yes madam. Mais n’y mettez jamais de piles sinon vous allez vous lasser définitivement des hommes !
J’ai fait un rêve bref et étrange : Arthur était dans le salon torse nu, juste un pantalon relax. Il faisait des mouvements de danse lents en étalant un gel sur son torse. Ce gel devait nous permettre d’être encore mieux dans l’acte d’amour qui allait suivre. C’était comme le bonheur incarné dans un gel…Et que je te remédite… Elle ne se doute pas à quel point je me retrouve dans ses pensées et cette manière de vivre : étudiant, je passais bien plus de temps à écouter le vent dans les pins qu’à user mes fesses en amphi.
Je me suis réveillée, troublée par ce message auquel je ne croyais pas : non, le bonheur c’est pas un gel, ni rien d’autre d’extérieur à nous. Le bonheur (ou le malheur) c’est notre propre création intérieure !
— Cette petite histoire fait écho à l’enseignement récemment reçu dans la méditation, mais avec d’autres mots : everything that arises passes away. Tout le monde est soumis a cette loi universelle. Alors pourquoi s’en faire tant, puisqu’on sait qu’on va s’en remettre (on ne va pas pleurer/souffrir une vie entière pour une même chose) alors pourquoi ne pas s’en remettre le plus vite possible ???!!!Et, en plus, elle m’avait écrit qu’ils avaient décidé ensemble de se séparer.
— Ça me fait penser à ce sage conseil de vivre chaque jour comme si c’était le premier et le dernier jour de sa vie.
Mais, « s’en remettre », je ne sais pas très bien ce que tu veux dire. Surrender ?
Justement, il y a quelque chose d’ambigu dans la situation que tu me décris : un peu comme si Arthur et toi décidiez de vous séparer avant de connaître des difficultés — par exemple l’inévitable attirance sexuelle pour d’autres personnes, ou simplement l’envie de partir alors que l’autre n’est pas prêt. Poussé à la limite, ça me rappelle un thème très populaire de la littérature du 20e siècle au Japon : les jeunes amants qui se suicident au sommet du plaisir pour ne jamais connaître la déchéance de leur relation, ni même du vieillissement. On trouve cette même idée du refus de la déchéance dans le chef d’œuvre de Cohen, « Belle du seigneur », où les amants attendent quand même un peu avant d’en finir, mais qu’est-ce qu’il dégustent…
Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’entre vous il y a une recherche radicale de pureté (ou de purisme) qui vous empêche de cheminer ensemble. Ce n’est qu’un aspect, bien sûr, j’ai compris qu’il y avait d’autres problèmes sans solution, comme un désir d’enfant non partagé, mais je crois lire ça dans tes pensées : puisqu’il faut en finir un jour, alors pourquoi commencer ?
[…]
— Envisager d’autres relations devient (surtout pour la personne délaissée) presque une aversion car c’est envisager la possibilité d’une autre souffrance.
— C’est ça que je n’accepterai jamais. Alors, pourquoi naître si l’on doit mourir ?
— Je n’ai dans mes relations aux autres, sans doute pas la même liberté que toi, le même détachement. Et le fait d’avoir vécu une sexualité suivie avec un homme et atteint de tels sommets ne me donne pas encore envie de passer aux brèves rencontres qui peut-être m’attendent.Arthur, qui ne m’a jamais écrit, vient de m’envoyer sans commentaire des photos de Séverine. Je vais lui demander où il achète son gel.
— Là, par contre, je suis d’accord, et combien… J’ai mis longtemps à me détacher de la nostalgie de l’amour-passion avec Marie (comme plus tôt avec Grietje) et je ne suis pas encore détaché des sommets atteints avec Iliane. […] Je suis d’accord aussi que les brèves rencontres ne nous emmènent jamais dans ces hauteurs. Il y a tout un préalable qui ne se programme pas, et tu sais ce dont je parle !
[Suite]
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Ca résume bien une discussion en cours, sur un tout autre sujet, non ?