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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 10:34
Les semaines qui précèdent ont été pour moi l’occasion d’une importante découverte.

C’est arrivé par hasard : une amie me demande d’acheter pour elle Osez... la sodomie de Coralie Trinh Thi. Elle m’explique : « Tu comprends, je n’ai pas envie que mon homme ouvre le paquet ! ». Oui, ça lui donnerait des idées, d’autant plus que ce petit ouvrage est excellent… Mais ce n’est pas le sujet de cet article.

Lors de la commande, Ah-ma-zone-érogène me propose, comme souvent, un deuxième livre pour « compléter l’achat » : Comment faire l'amour toute la nuit : L'orgasme multiple au masculin. Ce titre me fait rire, mais il y a trop longtemps que j’entends parler d’orgasme multiple chez l’homme, et il coûte moins de 7 euros… Alors, pourquoi pas ?

Le livre m’a accompagné lors d’un séjour dans un endroit austère. Seule occasion, chaque soir, de converser avec ma sensualité.

La méthode proposée par Barbara Keesling est basée sur un principe élémentaire : pour avoir plusieurs orgasmes à brève échéance, il suffit de ne pas éjaculer. Et, pour cela, d’apprendre à contracter son muscle pubo-coccygien au moment de la jouissance. L’ouvrage est entièrement consacrée à une série d’exercices très progressifs qui permettent d’y parvenir. Chaque exercice est justifié par des considérations physiologiques tirées de découvertes récentes en sexologie.

Il est recommandé de pratiquer les exercices dans l’ordre — se donner pour cela quelques mois — et surtout de ne pas brûler les étapes. C’est ce que j’ai fait, évidemment : j’ai tout lu attentivement, sans rien pratiquer mais en intégrant bien les explications, puis je me suis lancé dans le dernier exercice qui consiste, comme annoncé, à jouir sans éjaculer, d’abord seul puis avec un-e partenaire.

Succès immédiat. En réalité, le discours sur le contrôle du périnée m’était familier car les femmes de mon entourage en parlent beaucoup. De plus, cette découverte faisait partie intégrante du long cheminement que m’a fait « subir » Iliane-Patricia dans la première époque de notre relation, et dont j’avais découvert le potentiel surprenant le jour de ma première rencontre avec Marie. Sauf qu’il s’agit maintenant de prolonger ce contrôle dans le déclenchement d’un orgasme.

Ce n’est donc pas le fait d’y être parvenu qui m’a supris, mais plutôt celui d’y trouver du plaisir. Et quel plaisir ! Je me suis rendu compte que j’avais déjà vécu, accidentellement, des orgasmes sans éjaculation, mais que cette expérience avait éveillé en moi une peur ancestrale, celle de l’impuissance : et si mon sexe se détruisait à cause de cet empêchement ? Plus que cela, en répétant l’expérience j’en suis venu à supposer que le besoin, pour un homme, de sentir son sperme couler dans un réceptacle féminin serait lié au désir inconscient de féconder la femme pour se l’attacher. Réflexe inconscient puisqu’il intervient même si la partenaire n’est pas fécondable.

Ma geisha a été la première à exprimer sa curiosité de cette nouvelle pratique. Elle a bien senti que ma jouissance était plus intense, plus profonde, plus taoiste lorsque je gardais mon sperme. Elle a tenu à en vérifier la réalité : cette expérience est maintenant certifiée fellation !

Les mois qui ont suivi, la pratique de l’orgasme sans éjaculation s’est installée « par défaut » dans ma palette de plaisirs sexuels. Je n’ai plus rien à contrôler, le muscle pubo-coccygien se contracte au moment approprié, pourvu que je sois entièrement détendu. J’en viens à croire que ce réflexe a pu exister dans des (rares) sociétés humaines où la maîtrise de la fécondité était associée à une intense activité sexuelle : dans ce cas, les hommes ne féconderaient leurs compagnes que par un geste volontaire.

Une autre découverte surprenante a été qu’après un orgasme sans éjaculation, le plaisir de l’homme ne tombe pas brusquement, au point de lui donner envie de quitter sa partenaire, aller regarder la TV ou rentrer chez lui ! L’érection peut s’effacer lentement mais elle ne tarde pas à revenir. Par contre, l’hypersensibilité des muqueuses peut donner envie d’un peu de repos. Donc, ne pas s’attendre à trouver l’équivalent de ces orgasmes féminins multiples qui « rebondissent » en deux minutes…

Quant à « faire l’amour toute la nuit », cela n’a pas beaucoup changé mes habitudes. Vrai, je peux plus facilement vivre deux ou trois orgasmes à la même rencontre, mais je n’ai pas pour autant envie de les multiplier, surtout quand la « voie de l’extase » se présente à mes yeux comme un chemin de lumière.… Le magnifique enseignement de ce livre, pour moi, est donc plutôt l’interpénétration entre mes « deux visions de la sexualité » : on peut passer d’une branche à l’autre, de l’extase vers l’orgasme (je le savais) mais aussi de l’orgasme vers l’extase. Je comprends, maintenant, pourquoi un rituel tantrique décrit par d’anciens textes débute par l’orgasme masculin…

Merci pour cet enseignement, Barbara Keesling !

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