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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 18:11
À midi je suis allé chez Nelda. Nous avons déjeûné ensemble et parlé sur la terrasse avec un ami qu’elle héberge. Je la regardais en ne pensant qu’à mon désir.

En fin d'après-midi il était convenu que je la ramène chez moi en voiture pour qu'elle parte avec Aimée. Donc voilà la situation : une conversation qui devient aussi insipide que le thé froid sans sucre que nous avalons sous la tonnelle en pleine chaleur Alors elle me propose de l'emmener en promenade…
— Mais pas à la plage car hier j’ai pris un coup de soleil !
Arrivés chez moi, nous laissons la voiture pour aller marcher dans la forêt. Il ne reste que 45 minutes car elle doit bientôt partir. Aussitôt hors de vue elle me dit : « Je n’ai pas envie d’aller loin mais plutôt qu’on se pose… » puis elle me prend dans ses bras. Nous nous allongeons sur un tapis d’aiguilles qui nous fait cruellement souffrir, mais tant pis.

Ses lèvres viennent chercher les miennes, ses mains viennent éveiller mon désir. Puis elle appelle ma main sur son sexe.
— Je n’ai pas envie de frotter mon sexe contre le tien. Caresse-moi plutôt.
— Mais j’aimerais aussi que tu caresses mon sexe.
Non pas tant pour être caressé que pour que mon désir soit accepté. Elle l’a pris et massé doucement. Puis j’ai commencé à la caresser, pénétrant avec mes doigts, et son plaisir montait tandis qu’elle continuait à m’embrasser. Je mordais ses seins.
— Tu regardes l’heure ?
— Il ne reste que 10 minutes.
Elle n’est pas allée jusqu’à la jouissance, un peu déçue. Elle a senti que je ne m’abandonnais pas entièrement dans la main qui la caressait. Parce qu’on n’avait pas le temps… Il aurait fallu que je m'abandonne dans la main qui caresse en oubliant le désir de la pénétrer avec mon sexe. Cette caresse peut durer des heures et le plaisir est plus fort encore. Le soir je lui écris :
C'était délicieux, même si je suis resté sur ma faim, et toi aussi probablement.
Elle répond et je réponds :
C'était très agréable hier dans la forêt ; c'était très fort pour moi de pouvoir dire simplement : j'ai envie que tu me fasses jouir. Mine de rien, ça n'est pas si facile, car dans le commerce des corps, si on laisse faire les choses "comme elles viennent", c'est "comme par hasard" plutôt les femmes qui se mettent au service de la jouissance des hommes. J'ai envie avec toi de me donner la possibilité d'exprimer simplement mes desirs, sans peur de te blesser ou d'être jugée.

C'est bien que tu m'expliques ce que tu as ressenti ; hier je n'avais pas envie de te donner du plaisir, non par refus de ton sexe, puisque j'ai eu du plaisir à l'avoir dans mes mains, mais par une sorte de revendication d'une histoire qui bien entendu te dépasse, nous dépasse : moi aussi je peux vouloir jouir simplement en "mettant" l'autre à mon service ! Je l'ai tant et tant fait, "spontanément" vu que c'est un peu mon rôle de femme, n'est-ce-pas... Mais le contraire, je ne l'ai pas tant vécu que ça, pour un homme généralement il faut toujours qu'il y ait un retour !

Il a quelques semaines, un ami amant était là chez moi ; un matin, je me suis levée avant lui, j'ai commencé à bricoler dans la cour, puis il s'est reveillé, et moi, spontanément, je suis allé m'allonger à coté de lui, me laisssant caresser, bisouter...jusqu'à ce que je VOIS clairement que je n'avais pas du tout envie d'être là, je voulais continuer à bricoler, moi !!

Je subissais ses caresses, ses baisers, et il n'avait AUCUN moyen de le savoir, puisque je donnais toutes les apparences d'être bien...

Pourquoi diable me suis-je retrouvée là, allongée à ses côtés ? C'est à mon sens une question de construction sociale du désir féminin, soumis au désir masculin.

C'est donc une question qui me dépasse largement ; c'est grâce à des lectures féministes, et surtout à des discussions avec des amies féministes, que je peux mettre le doigt sur ce genre de choses.

Je pense que les femmes qui témoignent ne pas vivre ce genre de choses se mettent le doigt dans l'œil jusqu'au coude, mais ce n'est après tout qu'un présupposé...
Je réponds :
Il me plaît d'être au service de ta jouissance tant que tu accueilles mon désir. Sauf par jeu, si on en a convenu ainsi, comme ça peut arriver sur une plage ou dans une salle de cinéma... ;-)

[Suite]

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