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9 avril 2006 7 09 /04 /avril /2006 10:10
Soirée solitaire hier. Au moment de dormir j’ai continué la lecture de « Bienheureuse infidélité », de Paule Salomon, dont je m’étais lassé plusieurs fois. Il faudra bien que j’arrive au bout car on a demandé à me l’emprunter. Les témoignages du chapitre Amour et liberté ont d’abord retenu mon attention, puis le sommeil m’a gagné au moment où je lisais son essai sur Le couple libre. J’ai l’impression que l’auteur zappe sans avertir du vécu réel de ses « clients » à un idéal qu’elle aurait aimé vivre, dérobant son intimité au lecteur pour ne livrer que la forme. Échoué au bas d’une page, j’ai fermé le livre, la lumière et les yeux presque en même temps.

Ce matin, par curiosité, j’ai eu envie de reprendre le texte au point où je l’avais laissé. Les mots ont changé de sens ! Le passage qui m’avait endormi devient lumineux :
L’amour romantique exclusif reste en nous l’idéal de l’amour parce qu’il correspond au sentiment d’unité à la fois originel et ultime, mais dans le mouvement de la vie ce point ne peut pas être constamment atteint. Il est au-delà de l’espace et du temps, dématérialisé par essence même. Nous avons besoin de deux adaptations dans notre manière de penser. D’une part, cesser de confondre nos besoins d’absolu et d’immobile avec une réalité relative et en mouvement, d’autre part cesser de chercher à l’extérieur ce que nous avons à mettre à l’intérieur. L’amour ne s’accommode ni de murs, ni de prisons, ni d’arrêt sur image. Il est nomade, toujours en création et ne peut pas prendre support sur un mariage, une maison, un travail ou quoi que ce soit qui fonctionne en terme de possession. En même temps, il aspire à la totalité, à l’éternité et à l’unité. Et s’il adopte des formes qui semblent répondre à cette aspiration, il dépérit.
Dommage, la suite et la fin de l’ouvrage ne sont pas du même niveau… Mais il pose avec acuité de nombreuses questions incontournables.

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commentaires

flaneur_copiste 12/04/2006 12:17

Bonjour Julien, c'est ma première visite et lecture, et certainement pas la dernière.Notre chère Madison vient de dire ce que je pensais sur l'article de Paule Salomon, et Elise vient d'écrire pour moi l'éloge de ton blog.

Julien Lem 12/04/2006 14:24

Nous voilà 4 maintenant, rendez-vous pour une belotte... ;-)J'aime bien aussi ce que tu écris, mélange de souvenirs anciens et de ton quotidien. Sous le soleil et le vent, aujourd'hui...

Elise et Marc 12/04/2006 01:19

Bonsoir Julien
 
Je viens régulièrement et tout aussi «  furtivement »  te rendre visite … mais cette fois je me lance et me décide à laisser une petite trace de mon passage, puisque un blog est aussi un espace d’interactivité…
J’ai déjà eu l’occasion de lire Paule Salomon (mais pas le livre dont tu parles) ainsi que certains ouvrages de Jacques Salomé. Je te rejoins lorsque tu dis que certaines lectures lassent … Je crois plutôt qu’elles nous rebutent car elles peuvent parfois être fort « dérangeantes » et déstabilisantes puisqu’elles suscitent une remise en question sur nos modes de pensée et, par voie de conséquence, notre façon d’être et d’agir…
Je me suis souvent demandé si Aimer n’était pas -in fine- cette quête mythique du sentiment ou plutôt de la sensation de complétude qui ferait que l’on chercherait «  sa moitié de pomme » : partie manquante  pur nous sentir parfaitement en phase avec nous même… D’où le rêve du couple fusionnel où les mathématiques sont mises en défaut par le un plus un égale… UN ! Et bien des souffrances naissent de cette projection faussée… La vie est mouvement, impermanence, entropie et nous, nous continuons à rêver d’immuable et d’éternité et de vérité absolue…
N’empêche que l’Amour et sa quête permanente sont le moteur qui donne sens à notre existence et, lorsque l’on se donne à soi même la chance de le vivre dans la tolérance, le respect de l’autre et le dialogue ouvert avec le partenaire alors on goûte à l’harmonie ... équilibre précaire qui demande constamment des réajustements tant nos regrets d’un « Eden perdu » reviennent régulièrement réactiver cette nostalgie, vieux rêve récurrent hors de portée de notre humaine condition.
Merci pour tes écrits et la sensibilité de tes mots et réflexions : un affect qu’hélas, encore trop d’hommes répugnent à exprimer en raison d’une éducation stéréotypée… mais je ne désespère pas de voir s'élargir cette voie que tu ouvres ici...
Cordialement
Elise
E&M

Julien Lem 12/04/2006 11:20

Bonjour Elise,De temps en temps je clique sur le lien vers http://elisetmoi.over-blog.com, dans les commentaires que tu laisses sur d'autres blogs. En fait j'aime beaucoup vos prénoms, surtout "Elise", mmmh... Mes visites restent quand même furtives. Bien que j'apprécie l'humour de vos présentations (le Contrat de Première Débauche!), les photos "chaudes" ne le sont pas assez pour m'inspirer un commentaire à chaud. J'ai besoin de rencontrer un visage, un regard, pour éprouver du désir... Mais je comprends bien que c'est une demande impossible à satisfaire en public. (Quand, ado, je faisais de l'exhibitionnisme à la fenêtre de ma chambre, j'avais envie/peur d'être vu en entier. Impossible sans danger, donc j'y ai très vite mis un terme.)Ce qui me lasse chez Paule Salomon, c'est plus la forme que le fond. L'impression qu'elle projette un idéal vécu par procuration - à travers les témoignages de sa clientèle. Mais aussi les fantasmes orientalistes comme l'évocation des "rituels tantriques/sexuels de groupe qui ont existé au Cachemire"... On a toujours besoin d'un paradis perdu dans un coin de sa tête, mais pour un familier de cette culture c'est à mourir de rire. Peut-être pas autant que les aventures du Tintin du tantrisme (Daniel Odier). ;-)Ceci dit, si elle nous faisait grâce de ce baratin orientaliste et "développement personnel" (son fonds de commerce), soit à peu près 50% du texte, il resterait un bel ouvrage sur la question fidélité/infidélité qu'elle aborde exhaustivement.Eh oui, tout cela met en péril le mythe de l'âme soeur. Mais, comme tu l'écris si bien, la vie est impermanence.  A contempler le fleuve on finit par se dessécher, alors qu'il nous invite à naviguer dans ses méandres et ses rapides.  C'est d'ailleurs une image que j'ai trouvée magnifique en revoyant le film "African Queen": l'excitation quasiment sexuelle de la vieille fille quand elle a appris à diriger le rafiot dans les rapides. Je repense aux grandes virées canoë-kayak de mon enfance, qui m'ont certainement appris à aller plus vite que le courant...

Ligérienne 11/04/2006 07:37

Pour lever l'ambiguité ce commentaire est iciComme y répond ThOMas, c'est à chacun de faire ses choix.Ce qui est moche, c'est de ne pas avoir le choix ou de ne pas se le donner.Je n'aime pas  le mot  "coucherie", ton expression "escapade amoureuse" est bien plus belle...

Ligérienne 10/04/2006 18:04

Ca me fait penser à un commentaire lu chez ThOMas : "bonjour, le couple,c'est un combat de tous les jours,diificile à mener dans la société actuelle du zapping.il faut des bases solides : complicité, goûts, valeurs, prix de la vie(BB),difficultés,projets communs.moi,ça fait 19 ans que cela dure et nous n'avons pas envie de tout foutre en l'air pour une histoire sordide de coucherie".Le mot "amour" en est absent, il y a d'un côté le couple, de l'autre les sordides histoires de coucherie qui foutent tout en l'air.Si la vie en couple peut être fort rassurante pour nos "besoins d’absolu et d’immobile",  ce n'est pas le cas pour tout le monde.Il y a aussi des vies de couple assez sordides.

Julien Lem 10/04/2006 19:45

C'est chez ThOMas mais ce n'est pas de chez ThOMas...Un(e) partenaire qui utilise le mot "coucherie" m'aurait fait fuir bien avant 19 ans. Mais l'autoflagellation peut encore séduire…

Madison 10/04/2006 13:31

Je ne l'aurais peut-être pas dit de cette façon mais oui, c'est tout à fait ce que je pense de l'amour..."Il est nomade, toujours en création et ne peut pas prendre support sur un mariage, une maison, un travail ou quoi que ce soit qui fonctionne en terme de possession. En même temps, il aspire à la totalité, à l’éternité et à l’unité. Et s’il adopte des formes qui semblent répondre à cette aspiration, il dépérit."Merci Julien et gros gros bisous

Julien Lem 10/04/2006 13:54

Merci, Madison.  Je crois que cette vision est partagée par de nombreuses personnes qui s'expriment sur les blogs "journaux intimes". Mais toutes n'osent pas l'exprimer, soit qu'elles sont encore dans une histoire de couple fusionnel qu'elles ont envie de croire pérenne, soit qu'elles fantasment sur la prochaine histoire. La ligne de défense la plus courante est d'affirmer que la liberté vécue en couple ne peut pas exister...

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