Hier soir j’ai plongé dans le souvenir d’un lieu familier : ma chambre d’étudiant. Tout cela pour avoir mis en route une infusion de romarin tout en préparant des algues
hiziki… Ce
mélange singulier d’odeurs m’a projeté dans un lointain passé !
Ce matin je découvre une autre sensation merveilleuse en marchant au milieu des fleurs : l’impression de toucher l’espace et de m’y insérer totalement, par une abolition de la distance et
des frontières du corps. L’impression que l’évidence est là, tout le reste n’étant qu’aliénation et déni du bonheur d’exister.
Ce soir Séverine vient d’arriver, épuisée par le voyage mais rayonnante de tendresse. Toujours aussi digne et attirante. J’ai serré quelques secondes sa silhouette de plume, un ravissement et la
promesse de belles journées. Elle est au piano maintenant, trébuchant sur des arpèges.
[Suite]
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