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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 12:00
Journal pour une amante, juillet 2002
Je me suis réveillée au souvenir de caresses à peine ébauchées. Quand il a pris ma taille et passé la main sur mon ventre, une seule fois… Quelle bonne idée de porter ce gilet de laine bleue qui l’a rendu fou ! Quand il a embrassé et mordu ma peau, au dessus de mes seins, de plus en plus bas, de plus en plus tendre. Il avait envie de descendre encore, mais non, je n’étais pas encore prête… Et puis si, j’aurais aimé, mais pas sur le seuil de la maison !

Maintenant je suis nue sur le lit, un peu d’air frais rend ma peau très sensible, je sens de nouveau ses mains sur mon ventre, à moins que ce ne soient les miennes ?

La fraîcheur fait dresser les pointes de mes seins. Elles regardent le plafond, arrogantes comme de petits sexes d’homme. Elles rendraient fou le sexe d’un homme. Mes mains (ses mains ?) remontent doucement, caressent longuement les courbes du bas de mes seins, les contournent. Elles viennent sur les côtés — là où il dit que c’est le plus bel endroit du corps des femmes. Vrai, la courbure y épouse parfaitement celle des paumes. Les mains appuient légèrement, resserrent mes seins, les pointes sont encore plus nettement dirigées vers le ciel, encore plus dures. J’espère qu’il ne va pas se jeter dessus, le charme serait rompu.

J’ai envie qu’il vienne doucement, à mon rythme, et puisque je suis seule je vais laisser mes mains venir, entourer, contourner, pincer légèrement la surface de ma peau, se reposer sur le haut de mon buste — oh que j’aime quand il met une main là et que je peux la couvrir des miennes ! Je me sens presque apaisée… Mais le vent frais continue à me taquiner, mes mains reprennent leur ballet en spirales, elles tournent rapidement, parfois elles effleurent une aréole sans s’y attarder… J’aime ces caresses fortuites. Comme hier quand je me suis avancée pendant qu’il maintenait le calque, et que mon sein s’est appuyé sur le dos de sa main. Sa main n’a pas bougé, mais il était bouillant de désir. Je dessinais des courbes qui étaient autant de caresses dans nos têtes… Caresses qui seront inscrites sur les murs, au vu de tous, et dont nous serons seuls à connaître le secret !

A force de les effleurer, mes doigts ont envie d’entourer un mamelon. Il se faufile de lui-même entre deux doigts. Le désir est trop fort, je serre. C’est une grande vague qui me secoue. Je serre encore une fois, deux fois, comme il essayait de le faire avant-hier à travers mes habits (il devait maudire les sous-vêtements), et je sens cette vague qui me cambre, ouvre mes hanches, contracte mon périnée. J’aimerais qu’il donne un baiser sur les pointes enflammées, qu’il les morde avec tendresse, qu’il aspire, qu’il ouvre grand la bouche comme pour avaler mon sein tout entier… Mais ce sont mes mains qui racontent tout ça !

Mon ventre a soif de caresses. Ma main gauche (bien sûr, je suis gauchère) a déjà entrepris de le satisfaire. Elle pince la peau autour du nombril, elle compte mes côtes un peu saillantes (oui, je suis mince), elle fait des cercles de plus en plus grands sur mon ventre, jusqu’à la petite forêt. Sa main n’est jamais passée par là. Il a trop peur que je la retire, car les caresses des hommes sont souvent impatientes et invasives quand elles approchent le sexe d’une femme. Lui m’a dit qu’il pouvait être patient et à l’écoute de mon désir… Peut-être, mais cette nuit c’est moi seule qui mène la danse. Je vais permettre à ma main de descendre, de fouiller dans la broussaille, de tirer les touffes entre ses doigts. Pendant que ma main droite continue à embraser mes seins, caressant les deux mamelons en même temps…

J’ai replié mes jambes, mes pieds sont contre mes fesses, genoux écartés. Je serais bien vulnérable, s’il était présent, pressé de caresser et mordre mes cuisses, de se coucher sur moi et de frotter son sexe contre mon pubis, de forcer le passage peut- être… Mais je suis seule, avec un amant imaginaire, plus que parfait, libre de mes caresses ! Mes genoux s’écartent encore, ma main peut descendre un peu. Elle effleure les grandes lèvres, une bouche encore fermée. Je me demande s’il oserait les embrasser. Il y a une odeur de plaisir qui doit lui être irrésistible, puisqu’il sent mon désir quand nous sommes sagement assis côte à côte… Je plonge les doigts de ma main gauche dans ma bouche, pour les imprégner de salive, et je retourne à mon sexe. Maintenant, c’est agréable d’effleurer les lèvres, elles s’écartent doucement pour recevoir la salive. Oui, elles aiment les baisers, mais la plupart des hommes ne le savent pas. Tout ce qu’ils cherchent, c’est un endroit chaud et humide pour y fourrer leur queue.

Je remets de la salive sur mes doigts, ces mêmes doigts qui me renvoient la saveur de mon petit jardin. C’est ennivrant, en effet… Mes cuisses s’ouvrent encore, je sens mon bassin s’ouvrir, mon dos se cambrer un peu plus. Maintenant, mon sexe est ouvert, le vent frais lui raconte plein d’histoires pas très racontables ! Il est comme les poissons que nous avons dessinés hier, qui ouvrent la bouche toute grande à la surface… Je passe doucement un doigt à l’intérieur des lèvres… Non, c’est encore trop fort, alors je prends les lèvres dans ma main et je les serre l’une contre l’autre, pour refermer la bouche du poisson. Mais c’est très agréable : au milieu, mon petit bouton de plaisir est en ébullition ! Les hommes n’y comprennent pas grand chose : ils le cherchent, ils le trouvent avec difficulté, et quand ils le sentent ils se jettent dessus avec leurs grosses pattes ou leur langue. Ils croient que c’est comme le bout de leur sexe, qui demande à être frotté et mordu. Non, c’est quelque chose de très intime, il n’y a pas de prépuce, aucune protection… J’y pense en serrant fort mes lèvres, car il répond en me donnant des secousses de plaisir. Oh, trouver un homme qui ressente ça !

J’ai ajouté encore de la salive, peut-être plus pour goûter une nouvelle fois le nectar du plaisir. Car à présent il y a tant de nectar dans mon sexe qu’il est glissant comme la mousse sur les galets d’une rivière, et plein de remous à se réveiller ainsi. Je glisse deux doigts à l’intérieur des lèvres, de chaque côté. Maintenant mes doigts sont comme dans un étui fait exprès pour les recevoir. Ils contournent mon petit bouton, ils l’effleurent parfois, ils serrent très légèrement, s’arrêtant dès que le spasme devient trop fort. Seule une femme sait faire ça !

Je change de main. La gauche remonte sur mon ventre, qu’elle masse doucement, elle passe sous mes fesses aussi (il n’a jamais osé !), elle revient sur mes seins… Que c’est beau, un corps de femme ! Ma main droite est descendue dans le brasier… Elle glisse un peu plus bas. Elle pose un doigt à l’entrée de mon jardin. Toc toc toc, c’est fermé ! Alors elle va chercher une peu de salive, elle y ajoute un peu de nectar de plaisir, et elle frappe encore plus doucement. C’est un clapotis à l’entrée d’une grotte qui donne sur la mer. Mes reins se cambrent, mon vagin s’ouvre un peu. Un homme serait fou, il plongerait ! (Et lui ?) Mais je suis une femme, j’ai toute la nuit pour jouir, mon amant le vent frais ne va pas se lasser… Ma main reprend le clapotis. Elle appuie aussi, légèrement, sur mon bouton, qui continue à m’envoyer des spasmes délicieux. Mon autre main est devenue plus audacieuse : voilà qu’elle recommence à pincer un mamelon ! C’est trop, mon jardin s’ouvre, aspire le doigt qui glisse doucement, hésite, remonte, puis s’abandonne dans cette aspiration. Je sens une douce chaleur pénétrer dans mon ventre. C’est moins brûlant qu’un sexe d’homme, mais c’est un doigt très fin, délicat, familier, qui me rend visite. Je l’aspire en entier.

Le doigt explore un peu les parois. Mon jardin se contracte pour briser l’intrus. Mais le contact avec le doigt minuscule est si agréable qu’il ne peut que répondre par des salves de son propre nectar. J’ai envie de le goûter, celui-ci aussi… Oh, je comprends ce qui ennivre les hommes (et quelques femmes) ! Vite, le doigt retourne à son œuvre. Mais, il a triché ? Un deuxième doigt a profité de la confusion pour se glisser à ses côtés. Ils sont polissons, jamais ensemble, ils s’écartent, s’enroulent l’un sur l’autre, déplient les parois de ma grotte, c’est la révolution là dedans… Et toujours la paume de la main qui, négligemment, écrase mon clitoris. Je n’en peux plus, j’en veux encore ! Je voudrais un sexe d’homme, qui se faufilerait tout brûlant entre mes doigts, apportant son propre nectar. Je voudrais encore les lèvres de cer homme sur mes lèvres.

Un troisième doigt s’est glissé entre les deux, profitant de la viscosité ambiante. Maintenant c’est comme si j’étais visitée par un sexe de forte taille mais tellement plus agile. Et puis, ce sont mes propres doigts qui sont en train de faire jouir une femme. Et cette femme c’est moi ! J’ai envie de monter ainsi dans le plaisir de donner et recevoir en même temps, plus haut que je n’ai jamais osé. Quatre doigts : j’ai été surprise, je me sens écartelée comme pour une naissance, j’ouvre mon bassin, encore, puis je demande au petit doigt de sortir car ce n’est pas de son âge ! Il ressort dépité, imprégné de nectar, et s’en va caresser un peu plus bas, l’autre entrée de mon corps. Mmmh, il s’y aventure un peu, mais ce n’est pas la même sensation… Un jour j’essaierai de savoir ce que les hommes sentent quand on les pénètre. Mais pas aujourd’hui.

Mes doigts, mes mains, mes hanches, ont entamé une danse rythmée. Heureusement, je suis seule au lit. Je peux respirer fort, secouer la tête, mordre mes propres lèvres. C’est bien agréable… Tant pis pour ceux qui m’ait fait croire que ce n’était pas bien ! Je monte doucement dans le plaisir. J’enregistre des sensations pour les faire découvrir plus tard à mes amants. Je me sens comme ces poissons qui sautent à la surface de l’eau, ceux qui frétillaient dans ma main alors qu’on était assis, côte à côte, pleins de désir, et qu’il caressait parfois mes hanches. J’ai la permission des poissons, j’ai droit au plaisir… La vague devient beaucoup plus forte, elle monte et elle descend, et soudain ma respiration se bloque, à pleins poumons, mes seins vont-il éclater ? Je sens une onde qui part de mon sexe et remonte jusqu’à ma tête, un éblouissement de lumière blanche, mon ventre serre mes trois doigts coquins au point de les broyer, ça paraît durer une éternité, puis mon souffle revient, je râle, je crie, pendant que mon ventre est agité de convulsions, une goutte de lait perle à mon sein, ma bouche est remplie du souvenir des baisers…. Je voudrais tant jouir ainsi avec un homme. (Avec lui ?)

Je me suis apaisée lentement. Puis la vague est revenue, encore plus forte… Ça, les hommes ils ne connaissent pas. J’ai cru mourir de plaisir cette fois… Je me suis repliée en fœtus. J’aime mon corps et les plaisirs qu’il vient de me donner. J’aime les hommes qui m’y font penser. Je suis heureuse. Je m’endors doucement.
Le lendemain, Séverine est venue me remercier à sa façon pour ce texte. (Voir « L’île des gauchers »)

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Published by Julien Lem - dans Essais
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commentaires

Loïc 29/03/2006 21:42

très magnifiquement raconté, c'est érotique et beau à la fois. Ca doit être agréable de te regarder faire et vivre tes caresses...

Julien Lem 30/03/2006 15:48

Si tu étais une femme (ou si tu venais avec une femme) je t'inviterais... ;-)))

Madison 04/03/2006 23:40

Si c'est toi l'auteur... je ne peux t'offrir qu'un silence d'admiration...

Julien Lem 04/03/2006 23:51

Admiration réciproque, alors, parce que je viens de passer une belle heure à savourer ton blog...  :-)))

Ligérienne 04/03/2006 19:22

Je m'y croirais, mais je ne vais pas pouvoir m'allonger tout de suite.Question indiscrète : es-tu l'auteur ?Aucune obligation de réponse, bien sûr.

Julien Lem 04/03/2006 19:36

Oui, je suis l'auteur.  Tu veux acheter les droits ? :-b

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