L’autre soir Nelda et moi avons parlé sur sa petite terrasse, accoudés à la table métallique où s’éteignait doucement une flamme de bougie maltraitée par le vent ; puis la seule lumière
froide et insolente de la lune éclairait nos visages transis dans les souvenirs de temps de confontation, de détestation, de trahison. Voilà bien un an que nous avons fait la paix, chacun de son
côté, un an que je ne pouvais me décider à le lui dire car il y avait toujours une pensée, une intention pour s’interposer dans l’élan du cœur.
Il nous avait même fallu attendre la fermeture du dernier bar pour oser se retrouver seuls dans cet air glacé qui nous a poussés à l’intérieur, côte à côte sous une épaisse couverture. Nos yeux
ont supporté les regards, les mots ont su nous réchauffer, puis je me suis blotti dans ses bras, abandonné aux sensations, exempté de l’attente et du renoncement.
J’ai aimé cette vague qui nous portait au pic du désir ; la douceur de ses caresses, l’odeur, le goût de sa peau et de sa bouche, la sauvagerie des frémissements, enfin l’innocence retrouvée
au seuil de l’apaisement. Amitié, bonheur silencieux, sans condition… Présence que rien ne presse.
Rien qui m’appartienne
Sinon la paix du cœur
Et la fraîcheur de l’air
(Koyabashi)
[Suite]
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