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21 février 2006 2 21 /02 /février /2006 14:00
Dans deux commentaires (1 et 2) la question est renvoyée : serais-tu, seriez-vous en train de tomber amoureux ?

Au risque de décevoir les fans de blog-aux-roses, il me faut répondre que l’idée de tomber amoureux ne m’effleure pas un instant. Suis-je tombé amoureux dans le passé ? De Blanche, ma « fiancée » autrichienne, certainement, bien que j’étais plutôt amoureux de l’amour, amoureux d’être aimé, ce qui me semble incontournable la première fois. Je suis vraiment tombé amoureux d’Aimée, un soir sous la pluie, et je le suis encore. Je n’en parle pas ici. J’ai été amoureux (au sens de « dépendant » ou « doucement aliéné ») de Grietje puis de Marie. L’amour de Grietje, j’en ai fait mon deuil ; celui de Marie, je ne sais pas, l’avenir le dira peut-être.

Ces périodes amoureuses coincident avec des paroles échangées — ou des écrits — qui ont pénétré bien plus profondément que je ne m’y attendais. Une sorte d’implosion qui n’a rien à voir avec la jouissance ou l’extase sexuelle. Au contraire : les expériences sublimes que j’ai traversées (avec Grietje et avec Iliane-Patricia) ont été l’achèvement des relations amoureuses qui les avaient amenées. Il m’est impossible de « tomber amoureux » de celle qui me transporte sur une autre rive. Mais cela n’interdit pas les résurgences d’une relation « saisonnière ». (Je crains que mes paroles n’aient aucun sens pour celles/ceux qui ont avalé sans mastiquer le modèle social du couple… Tant pis, zappez !)

Dans « être amoureux » j’entends surtout un air de dépendance. La dépendance est liée à la facilité : Grietje habitait la même ville, à dix minutes de trajet. C’était aussi stressant que si nous avions vécu en couple. Une double vie, même avec l’accord des partenaires, c’est aussi bête et aliénant que l’exclusivité sexuelle, avec la rivalité en plus.

Avec Catherine, c’est la première fois depuis l’époque de Grietje qu’une tendre amie se trouve à portée de mon désir. Heureusement, la route n’est pas aussi facile, et le temps nous manque joliment.

Nous nous sommes interrogés sur le désir. Le nôtre monte furieusement quand nous sommes en présence l’un de l’autre, si bien qu’à la fin de nos courtes rencontres il nous prend souvent l’envie de faire le vœu nous revoir aussi tôt que possible. Mais, une fois séparés, le désir tombe à presque néant ; il nous faut faire l’effort de projeter un autre rendez-vous.

Quand je pars la retrouver, je n’éprouve pas cette espèce de fourmillement du corps qui se réjouit de jouissances annoncées. Je pars à la rencontre de l’amie, de l’âme. C’est seulement lorsque nos corps entrent en contact que le prodigieux courant ascendant nous entraîne.

Le plaisir encore chaud nous fait écrire de belles pages.

Alors, amoureux ? Non, amis. Mais ce mot signifie beaucoup pour moi.

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Published by Julien Lem - dans Pensées en vrac
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commentaires

Ligérienne 22/02/2006 20:30

J'aime bien cet  "espèce de fourmillement du corps". Corps qui peut se réjouir de jouissances annoncées, ou non. Et sans réduire le terme jouissance, il y a tellement de façon de jouir...Je jouis et  me réjouis de plein de choses, pas nécessairement sexuelles.

Julien Lem 22/02/2006 21:31

C'est très curieux car c'est tout le corps qui est sollicité par ce fourmillement - je le sens surtout dans le dos - et pas du tout les parties "érectiles".  C'est pour ça que parfois j'ai parlé de "désir de l'âme"... Mais ça n'a rien de platonique, car ce désir anticipe la rencontre fusionnelle où il n'y a plus ni âme ni corps. :-)> Je jouis et  me réjouis de plein de choses, pas nécessairement sexuelles.Il y a tellement de jouissances interdites aujourd'hui, ça fait du bien, hein?

vernnone 22/02/2006 12:51

J'ai un ami que j'appelerai dwl dans les articles que je vais lui dédier. Nous vivons une histoire similaire à ça près qu'il n'y a jamais aucun rendez vous. nous avons des lieux que nous fréquentons tout les deux. Chaque fois que l'on se croise, le désir nous sort de nos vies respectives et nous entraine vers un autre monde. tes histoires ressemblent à celle là. Sauf qu'il est trés compliqué. mais tu en sauras plus dans un prochain article.

Julien Lem 22/02/2006 13:09

Une relation "volcanique"...  Oui oui, j'aimerais lire comment tu la vis.  Car, dans les stéréotypes mondains, on entend dire que les hommes sont friands de relations inopinées, "d'histoires sans lendemain", qu'ils partent au quart de tour etc., alors que les femmes auraient besoin de lenteur, de sécurité, de romantisme et de préliminaires.  Je crois plutôt que ces comportements et ces besoins varient fortement d'un individu à l'autre et selon les circonstances, mais que la pression sociale inhibatrice n'est pas la même pour les hommes et les femmes.  Ah, si la contraception était simple et parfaite...

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