Mardi 21 février 2006
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19:00
J’ai rêvé d’une destination inconnue vers une femme invisible mais combien présente dans les brumes du désir. Ouvrir dans la pénombre une porte au fond de nos jardins secrets, et contempler avec un ravissement enfantin les flots tumultueux qui envahiraient nos espaces, l’espace d’une heure ou d’une nuit. Courir le risque d’y prendre plaisir ou de s’enfuir à toutes jambes.
Il fallait pour cela une chambre dans un endroit discret et des volets qui volent vraiment la lumière. Chacun a promis d’apporter son test vih ; chacun se sent libre de dire oui, non, encore, de goûter, de se refuser ou de se reprendre.
14 mars 2006Je suis arrivé à l’hôtel en premier et je dors quelques heures dans le grand lit. On a convenu qu’elle me rejoindrait un peu plus tard, selon son désir. Elle pousserait doucement la porte dont le penne est bloqué par une feuille pliée en quatre. Je l’entends poser un sac, hésiter dans l’obscurité, prendre son courage à deux mains et s’approcher du lit. S’incliner lentement, écouter mon souffle et poser le sien sur mes narines, comme on le fait pour amadouer un cheval.
(Si l’envie lui prenait, elle se glisserait entre les draps.)
Nous sommes restés étendus sans bouger, dans un semblant de sommeil, écoutant nos cœurs battre furieusement, savourant la griserie de nos présences presque immatérielles. ((Je ne sais plus quelle main a frôlé en premier l’autre visage ; je crois qu’il y a eu un mouvement simultané, un désir unique. Puis, son front contre le mien, des flots de pensées.))
Oui, c’est bien vous, et la lune est pleine aujourd’hui.
Le réveil a sonné.
[A suivre…]
« La nuit dernière j'ai trop dormi, espérant vous voir dans un rêve » (Basho)
Ce ne sont peut-être que quelques mots, mais ils sont là et c'est, avec le consentement et la liberté, une condition indispensable à l'abandon je crois.
Quel rêve merveilleux.
Je n'engage rien si je ne sens pas du sérieux et de la confiance réciproque. Je n'ai pas envie de jouer à la roulette russe avec ma vie, encore moins avec celle de gens que j'aime.
Il y a 2 ans, une amante très tâtillonne sur la prévention m'a demandé de mettre une capote bien que nous ayons tous deux des tests en bonne et due forme, après plus de 3 mois sans rencontrer d'autres partenaires. Je n'ai pas discuté sa demande, j'ai enfilé la capote. Ça a arrêté nos ébats, car je ne supporte pas cet accessoire, mais au moins j'ai respecté sa demande... Quand ça se produit, il y a mille manières de faire l'amour sans s'exposer!