Vendredi 17 février 2006
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14:19
13h30, dans l’ascenseur, trois étudiantes. Elles sentent la mayonnaise. 13h40. Solveig ne sent rien. Elle me sourit à cœur ouvert.
Très tôt ce matin je pensais au récit d’une rencontre imaginaire, un beau texte que j’aurais voulu écrire à mesure que les mots se mariaient aux sensations, mais plus l’histoire se faisait présente et plus je retournais dans le sommeil. Cette rencontre a dû se produire, choc des âmes…
Puis le soleil s’est levé et la femme à mon côté a capté mon désir. Elle m’a pris doucement et m’a glissé en elle, sans bouger. Mon corps était dans le plaisir, mon âme encore dans le rêve d’une âme inconnue, si bien que j’avais l’impression de servir de lien entre deux mondes sans leur accorder la moindre réalité. J’ai fini par penser à mon rendez-vous de samedi soir, l’amie-amante. Ce fut un lever de roi.
12h00, pause café au café. Paule Salomon parle de l’homme qui découvre sa partie féminine longtemps niée ou refoulée. Je ferme les yeux, et qu’est-ce que je vois ? Il y a plusieurs femmes en moi !
Chacune de mes tendres amies a creusé son puits de lumière, installé ses pensées, laissé des affaires, des cris, des questions, des mots. Je vous dis pas le bordel. Je pense au mélange des fluides que célèbre magnifiquement
Ligérienne, et aussi — moins poétique — à ces fragments d’ADN qui se transmettent du fœtus vers la mère, pour coloniser ses propres cellules et (découverte récente) éventuellement celles des autres enfants à naître. Je ne sais rien de mon ADN, mais les cellules de mon âme ne m’appartiennent plus en propre.
Délicieux poison des amours multiples.
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