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16 février 2006 4 16 /02 /février /2006 14:20
Une amante m’a un jour envoyé ce texte dont je ne connais pas l’auteur. (Le Quid ? L’Almanach Vermot ?)
Lilith fut la première femme d’Adam, même si la Bible évite de mentionner son nom. On trouve son histoire dans le Zohar : « Lorsque Jéhovah créa Adam, il créa en même temps une femme Lilith, comme lui tirée de la terre. Et elle fut donnée à Adam comme épouse. Mais il survint de la brouille dans le ménage, pour une question qui devant les tribunaux ne pourrait se débattre qu’à huis clos. Elle prononça le nome ineffable de Jéhovah et s’enfuit par les airs, laissant là son mari… »

Ainsi le sujet de brouille entre Adam et Lilith était d’ordre sexuel. Plus précisément, Lilith refusa de s’allonger constamment sous Adam pendant l’acte sexuel dans la mesure où cette position consacrait la suprématie d’Adam. Donc, la première fêlure, le premier conflit entre l’homme et la femme portait sur deux problèmes clés et conjoints, le sexe et la puissance. Lilith refusait le jeu de l’oppression et réclamait l’égalité. Autrement dit, encore, la paix avait déjà pour condition une égalité entre les sexes. Doit-on tout de suite extrapoler que la paix ne sera effective sur terre que le jour où l’homme et la femme auront trouvé le moyen d’engendrer une civilisation sans maître et sans esclave, dans le respect et l’épanouissement des deux polarités ?

(…) Adam réclama sa moitié à Dieu qui envoya trois anges à la poursuite de Lilith. Ils la trouvèrent sur la mer Rouge et lui intimèrent l’ordre de regagner le domicile conjugal, sous peine de perdre cent de ses enfants par jour. Mais le coeur maternel de Lilith ne vibra pas, elle refusa d’obtempérer et finalement « Jéhovah donna Lilith à Satan ou Sammaël ». A partir de là, le visage de Lilith prend des connotations répulsives. Elle symbolise la puissance féminine maléfique, démon aux longs cheveux, avec des ailes, un corps de serpent et des griffes, fille des ténèbres, maudite, vivant dans la douleur. Mère terrible et dévoreuse, elle inspire la terreur, tout à la fois Gorgone, Méduse, Chasseresse, Vampire, créature de la nuit et du chaos. Elle s’apparente alors à Lilith de la tradition sumérienne qui représente un esprit de licence et de lascivité, une ravisseuse nocturne qui vient séduire les hommes pendant leur sommeil, une voleuse et dévoreuse d’enfants. Sa séduction est mortelle et elle n’engendre que des monstres.

(…) Comment ne pas s’enfuir, comment ne pas vouloir oublier et nier une image aussi dévalorisante de la féminité ? Associer la liberté de la femme à une image terrifiante pour que l’homme et la femme la repoussent à jamais. Inlassablement, les dieux du patriarcat vont alimenter cette image négative de la femme libre et puissante, qu’elle s’appelle Ihtar, Géa, Cybèle, Kali, Isis. (…) Lilith ne détient sa puissance que de son refus, de sa liberté et de son silence. Donneuse de mort et donneuse de vie, elle est l’irremplaçable médiatrice au moment du grand passage, l’initiatrice, la poseuse d’énigmes, l’éveilleuse implacable, la gardienne des seuils interdits. Comme toutes les grandes déesses mères, elle peut aller jusqu’au sacrifice du fils-amant pour qu’il naisse à sa liberté et à sa lucidité.

(….) Le pouvoir de transformation spirituelle de la femme, en relation avec sa sexualité, ne saurait se développer dans une relation d’asservissement avec l’homme. C’est donc pour sauvegarder sa vertu essentielle que Lilith s’est révoltée contre Adam, pour préserver cette liberté créatrice qui est d’héritage divin. Lilith peut faire un mauvais usage de son pouvoir et de sa liberté tant qu’elle n’a pas acquis la sagesse de son rôle, d’où les errances qu’on lui prête et les peurs qu’elle suscite. (…) La révolte de Lilith apparaît comme l’indispensable condition d’un parcours d’apprentissage initiatique permettant à l’homme et à la femme de se chercher et de se trouver, de s’aider réciproquement à épanouir l’être intime féminin pour l’homme, masculin pour la femme. (….) A l’entrée de Notre Dame, Lilith veille entre Adam et Eve. (…)
Je suis en train de lire le bouquin de Paule Salomon, « Bienheureuse infidélité », car je m’en voudrais d’en rester aux critiques de ses articles dans la presse new-age. Les postulats historico-anthropologiques du premier chapitre me rebutent profondément, mais ça se passera peut-être mieux après les préliminaires. J’en ferai une note de lecture quand ça deviendra sérieux. C’est son paragraphe sur Lilith qui m’a sonné l’idée de ressortir et mettre en ligne le texte ci-dessus.

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Published by Julien Lem - dans Pensées en vrac
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commentaires

vernnone 22/02/2006 11:55

Tu as raison quelle tristesse qu'on puisse ressortir ces infames références pour ce défendre ou chercher à expliquer les différences entre les hommes et les femmes. Et personnellement, atterir en enfer pour avoir voulu préserver mon droit à l'épanouissement est une ineptie. L'enfer est sur terre parce que je vis avec ce genre de texte à la C..... Après, même si le support est nul, il y a quelques idées qui ont un arriere gout de bon sens concernant le pouvoir masculin dans le monde. mais rien qui ne serait au delà du pouvoir religieux. y ont pas bientot fini de nous emmerder avec adam et eve?

Julien Lem 22/02/2006 13:52

Je n'ai pas trouvé infâme le texte sur Lilith, mais je ne le lis que comme un complément d'information sur la vision de la femme selon la mystique judéo-chrétienne.  C'est déjà un scoop que Lilith ait "existé", on regrette seulement qu'elle ne soit pas restée sur le podium...  Ce qui est triste - là je partage ce que tu écris - c'est qu'on ait besoin de références mythiques pour justifier un point de vue dominateur ou émancipateur.  Je trouve ça gonflant, dans les quelques références de Paule Salomé, au début de son livre, qui s'appuient sur les mêmes fondements que le "néo-paganisme" nord-américain.  Fuck les déesses-mères!  On a changé l'eau mais on a gardé les bénitiers... :-(

Ligerienne 16/02/2006 14:34

M'en fous, la reine des chieuses, c'est moi

Julien Lem 16/02/2006 19:24

Je n'en attendais pas moins de toi !  ;-)))

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