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3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 18:01
Un autre rêve du Nouvel an...

Dans une chambre à deux lits de la villa de mes parents est allongée une jeune fille vêtue d’une chemise de nuit étincelante, la peau blanche sur des draps blancs. C’est elle que je surnommais « Blanche », le premier amour de mes 17 ans, dont la virginité était promise à un mariage en blanc. (Je n’aimais pas la sonorité du prénom que lui avait donné son père, un Autrichien converti au nazisme, bien qu’elle fût née après guerre.)

C’est elle, je n’en doute pas, avec ses grands cheveux noirs mais un autre visage, une bouche sensuelle, de celles qui me faisaient peur car je les croyais dévoratrices et capables de me faire perdre raison — mon fonds de commerce amoureux.

Blanche dort les lèvres entrouvertes et son souffle est à peine perceptible. Bientôt je poserai mes lèvres sur les siennes, ce sera l’explosion du désir et le départ d’une vie. Elle attend mes lèvres et mon sexe, car elle n’en a cure d’attendre ihren guten Julien comme une morte vivante drapée dans le catholicisme.

La chambre d’à côté est celle de ma mère. L’absence de mon père est significative. Ma mère, je voudrais qu’elle entende le petit cri de surprise et de plaisir que Blanche poussera au moment où je serai devenu un homme. Mais, pour le moment, mon sexe est encore dans la candeur, celle d’un nouveau-né ; il me faudra d’abord goûter jusqu’à l’ivresse le souffle de la jeune fille.

Et puis, ce rêve n’a ni queue ni tête car je dois bientôt partir : mon train est à 10h25 et je lis 10h00 sur la montre Jäger Lecoultre en inox offerte par mon père. (Il m’a dit qu’il l’avait portée dans son slip pour passer la douane de Suisse en France ; tout cela manque de goût, mais pas de sens…) La Jäger des couilles paternelles m’intime donc de partir — les vacances sont terminées — mais la vie est là, sur les lèvres entrouvertes d’une oie blanche. Et ma mère qui s’inquiète à côté.

J’ai décidé d’oublier le train et de rester un jour de plus. Blanche sourit d’une feinte innocence en devinant, sous le pyjama, un sexe qui ose enfin se dresser.

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Published by Julien Lem - dans Essais
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