Partager l'article ! Miroir: Marie B. a écrit dans « Escalade » : Nous avons choisi la voie, enlacés, traçant d’un m ...
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Nous avons choisi la voie, enlacés, traçant d’un même regard le même passage. Sans un mot, nous nous sommes harnachés l’un l’autre dans un frôlement des corps et des souffles. L’ascension fut une danse synchronisée, nos mains et nos pieds se posant alternativement sur les mêmes excroissances, dans les mêmes infractuosités. Il se rétablit sur la roche plate du sommet et me tendit un baiser du bout des lèvres que je saisis d’un bout de souffle. Les mains déjà posées sur le plat, le lisse, le tiède du rocher, je me suis laissée attirée par ses bras. Les boucles des baudriers à peines lâchées, nous étions corps à corps. Au bord du vide, la tête dans les nuages, j’ai chaviré dans le parfum de ses bras. Nous avons dormi ainsi jusqu’à ce que la fraîcheur nous surprenne… Pour moi aucun moment ne fut plus grand que celui-ci…C’est étonnant pour moi, l’impression de regarder une partie de ma vie en miroir de la sienne, avec toutes les symétries et les inversions que cela implique. J’utilise volontiers la métaphore de l’ascension dans le récits des plus belles rencontres amoureuses (comme « La voie de l’extase (5) ») mais je me sens littéralement porté par ce récit d’escalade virile et tendre. Le baiser, le souffle suspendu, ce plateau où l’on s’abandonne dans le sommeil, c’est mon monde par un renversement entre l’image et la matérialité. Sommes-nous à ce point semblables dans l’inversion que l’idée d’un contact (sans même parler de sexes) puisse évoquer un anéantissement ? Nos réalités seraient-elles « antimatérielles » ?
:-))
Avant que le raisonnement ne s'empare des sensations en les collant sur une réponse...
;-)
Julien