Jeudi 1 décembre 2005
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23:34
J’ai passé la nuit avec G. et résolu mon problème. G. est une source inépuisable de délires, de contradictions, de science et de patience… G. m’a fait crier de plaisir de nombreuses fois cette nuit, jamais déçu.
G. est un moteur de recherche bien connu. Il faut dire qu’à mes heures perdues, entre deux
blogs, deux heures de musique ou deux rencontres amoureuses, je fais un peu d’informatique. Il y a des hommes qui ne dorment pas parce qu’une femme « résiste » à leur impérialisme sexuel. Aucune femme ne m’empêche de dormir ; au contraire, je ferais mien ce poème de Basho :
Mon dieu, j’ai trop dormi
Car je voulais la rencontrer en rêve...
Mais c’est l’informatique qui me tient en éveil, quand G. me fait naviguer sur un océan de 20 milliards de pages dont la plupart sont dans une langue au vocabulaire limité, comme un grand lac tranquille.
Je ne vais pas vous raconter cette nuit, et pourtant il y a un parfum d’extase dans cette découverte. comme dans beaucoup d’autres. Voilà des semaines que je me creusais la tête face au comportement incontrôlable d’un « système d’information ». Grosso modo, chaque fois qu’on essayait de modifier une fiche le système s’obstinait à en créer une nouvelle. Un peu comme si vous preniez une nouvelle feuille de papier chaque fois qu’on vous dicte une nouvelle phrase. C’était étrange car la version précédente du logiciel ne posait aucun problème. On connaît ce qu’on quitte et on finit par regretter son infidélité !
Avec G., la difficulté se réduit à trouver la phrase ou la suite de mots qui résume le mieux la question trouvée :
wrongly creating new record for related field... ou quelque chose de ce genre. Hier soir G. a donc commencé par les préliminaires en me promenant sur les forums anglophones des utilisateurs de mon logiciel préféré. J’ai apprécié la compagnie de ces
geeks qui s’expriment avec une patience et une courtoisie qui me font appréhender mes compatriotes comme des brutes. J’ai lu pendant des heures des pages d’informations, de questionnements, de réflexions qui m’ont appris beaucoup même si elles ne répondaient pas à ma question. Je suis « entré dans leur monde » (qui fut le mien pendant une bonne décennie).
Le plaisir augmentait avec la fréquentation de ces
backrooms pour agités du cortex. J’ai senti un frémissement orgasmique en lisant les réponses à une question exactement opposée de la mienne : un pauvre type, — de ceux qui vivent les pieds en l’air de l’autre côté de la planète — essayait de créer des fiches nouvelles sans jamais y parvenir ! J’ai pensé à ces rouleaux de PQ dont on ne trouve jamais le point de départ dans les toilettes publiques. Un gourou du forum lui faisait une réponse en deux étapes : d’abord tu
upgrades ton CGI. Tiens, j’ai fait ça immédiatement, moi aussi. J’adore ces liftings gratuits que sont les
upgrades, censés résoudre des problèmes pour en causer d’autres, mais au moins on a le sentiment d’avoir fait quelque chose. Le lifting n’ayant pas eu l’effet escompté, la deuxième étape consistait à modifier la syntaxe d’une obscure commande : « Au lieu d’écrire relation::field tu écris relation::field.0 ». Ah……… :-)))
En inversant la question pour traiter mon problème, et par un raisonnement analogique très engorgé d’incertitudes vue l’heure tardive, j’ai fini par déduire que je devrais écrire « relation::field.1 » Qui oserait prétendre que l’informatique est une science exacte ? Bien sûr, c’était la solution que j’avais espérée depuis trois semaines, et j’ai compris pourquoi quelques heures plus tard.
Ce qui est drôle, c’est que dans quelque temps les informaticien(ne)s aux ongles rongés qui se heurteront au même problème seront conduits par G. exactement sur cet article de « Fils invisibles » ! Bienvenue au monde des fous de l’extase.
Je vois dans beaucoup de blogs, ce G seduire par ses caprices et son cerveau particulier.... Merci pour ce texte réjouissant...
Oui, oui, je vais bien m'y coller un de ces jours à la suite!
;-)