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19 novembre 2005 6 19 /11 /novembre /2005 19:28
Dans mon journal, août 2003

— « C’est pour toi. J’ai pensé que tu aimerais ce livre après notre conversation d’hier soir. »

Evelyne, ma nièce et confidente. Entre nous, pas de jeux de séduction, mais une complicité « transgénérationnelle ». Elle est aussi la confidente de mon fils Tony, et à ce titre une trait d’union entre nous. Avant notre rendez-vous musical (voir « La robe bleue ») il l’a mise au courant de ma relation avec Marie — dont il n’est supposé rien connaître. Comme elle me dit, « Les chiens ne font pas des chats ! »

Evelyne, donc, me tend un livre. « L’Ile des gauchers » d’Alexandre Jardin.

— « Tu devrais en faire cadeau à Marie ! »

J’éclate de rire, car je viens de reconnaître l’exemplaire que Marie m’avait offert un an plus tôt (voir « Marie (1) »). Je l’avais lu et fait lire à Aimée qui l’avait transmis à Tony. Quelques semaines plus tard, nous étions à une terrasse de bistrot en compagnie d’un groupe d’étudiants. Ils parlaient tous de ce roman que Tony avait fait circuler. Nous passions peut-être, ce soir là, pour des gauchers bien dégauchis. Ensuite, Tony l’avait donné à Evelyne. Elle me l’offre aujourd’hui.

J’ai le la plupart des romans d’Alexandre Jardin. J’en garde deux : « L’Ile des gauchers », pour la théorie, et « Mademoiselle Liberté » pour la pratique — l’aria des Variations Goldberg. À y repenser, les autres me font un peu l’effet de plats réchauffés. Son « Autobiographie d’un amour » m’a carrément rebuté.

L’intransigeance et le perfectionnisme cultivés par Mlle Liberté ont été les sources d’éblouissement de mon voyage avec Marie, le canevas du quotidien avec Patricia, et sans doute un joli mirage avec Nicole. Ce sympathique roman de gare nous donne à lire que le paradis et l’extase sont si proches que nous passons notre temps à tourner sans les voir.

Je ne me sens pas d’inventer des histoires. N’ayant pas besoin d’écrire pour vivre, je préfère vivre-écrire en apprenant les deux. J’ai besoin de l’esquisse légère des souvenirs, de ces mots qui ressortent de galeries profondes, au moindre désir, comme si la pluie de Golf Links (lien) n’avait cessé de les ensemencer.

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