Partager l'article ! Métaphores: Je réponds à quelques points du blog de Marie B., « Métaphore » : Julien Lem commente su ...
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Julien Lem commente sur AUTOSEXUALITE :Pour moi aussi cet échange se situe sur un plan général qui inclut le particulier de nos récits, rencontres au niveau des mots, des symboles, et « non-rencontres » au niveau matériel. Dans toute relation je perçois des mouvements de désir et de « non-désir ». Mais, ce qui me paraît unique dans notre échange, c’est que j’apprends plus du non-désir que du désir. Il y a un décalage entre nos images, nos lectures des symboles, et je me garderais de le réduire à la sempiternelle différence homme-femme, même s’il est possible que les hormones tirent quelques ficelles dans nos cortex…
Au préalable : il me paraît bien difficile de parler de plaisir ou de jouissance sans jouir ensemble… A défaut, nous utilisons de belles métaphores qui enjolivent la réalité sans lui donner corps. C’est pourquoi je ne sais pas vraiment partager quelque chose qui n’a pas déjà été partagé, reconnu par ma « partenaire ». Certes, c’est une reconnaissance momentanée, révocable à tout moment dans la réécriture du passé, mais elle a été vraie au mois un jour.
Je ne sais pas si les deux premières phrases sont des généralités ou s’il s’agit de nos échanges en particulier. J’embraye donc sur un plan général qui inclut le particulier de nos récits !
Si métaphore il y a, je la trouve dans les jardins et l’arbre qui s’y épanouit au passage ! Je la trouve aussi dans « masturbation de la pensée » puisqu’il n’y a rien de très « manuel » dans la démarche…
Je la trouve encore dans le titre des photos....
Parce que les définitions, tant du plaisir que de la jouissance ne font aucune mention de la présence ou de l’absence d’un partenaire. Il n’y a bien qu’en parlant de masturbation quand on ne conjugue pas la forme pronominale qu’on peut entrevoir une tierce personne !C’est vrai, mais dans tous mes écrits de la série « Lire de bas en haut » je ne parle que de rencontres qui ont eu pour moi une dimension extatique ou « magique » dans laquelle « l’autre » était un acteur indispensable. Il y en a bien d’autres, sur le mode de la jouissance, mais elles ne m’apprennent plus grand chose sur la vie — pas plus qu’une bonne bouteille ou un bon repas.
Quant à l’orgasme défini comme le point culminant du plaisir sexuel, je souris en constatant que le « plateau » serait un ensemble de points culminants à la même altitude…. et qu’il n’en est pas fait mention dans le dico !Pour moi ce fut une grande découverte quand une « partenaire de jouissance » m’a dit sa préférence pour des orgasmes non simultanés. Lâcher prise à tout ce protocole !
Je me souviens, des cours magistraux à la fac qui disséquaient les orgasmes masculin ou féminin avec méthodologie. J’imaginais un couple bardé d’électrodes se livrer aux délices du sexe en faisant bien attention à ne pas décoller les capteurs… Je vois difficilement comment prouver autre chose que ce que l’hypothèse cherchait à démontrer !
J’ai du mal avec le partage. Quand je partage un gâteau, je mange ma part qui n’est pas celle du voisin…. Elle peut contenir la cerise ou non….Le plus souvent, je commence par celle du voisin. J’ai grandi avec des chiens ! ;-)
Trente deux mois de plénitude dans ma vie, voilà un drôle de partage, rempli de poésie, de métaphores, accepté de fait, mais incontrôlé... Ce partage de l'oxygène, des nutriments, de la moindre sécrétion hormonale... Symbiose parfaite...Trente deux mois de ce que j’appelerais une relation passionnelle, ça me donne le vertige aujourd’hui. Je me rends compte que, lorsque j’ai des envies de passion amoureuse, comme dans la solitude d’un jardin public, je suis plutôt dans le fantasme d’un recommencement, d’un déni du temps qui passe. C’est d’ailleurs l’image que me renvoient les couples de grande différence d’âge, lorsqu’ils s’exposent dans des projets de vie commune, d’achat immobilier, d’enfantement… En contrôlant mes sentiments je fais preuve d’ouverture d’esprit, et en même temps je ressens un malaise parce qu’ils me renvoient à ce fantasme.
J’ai des difficultés aussi avec la réalité. Parfois, je vois du bleu et mon voisin du vert……La semaine dernière j’ai parlé de ce qui tu as écrit sur ta vie conjugale avec Catherine, la doyenne de mes amies tendres. Elle s’est montrée très dubitative sur le fait qu’une femme puisse simuler à répétition sans que son partenaire s’en rende compte. J’avais compté chez elle quatre orgasmes et demi avant cette discussion, et je lui accorde que seul le « demi » aurait pu être contesté par un arbitre.
Trente deux mois parasitée, c'est la définition, c'est la réalité...
Après, quand les corps acquièrent une individualité, c'est une autre réalité, d'autres arrangements entre besoins essentiels et désirs désirés partagés...
La réécriture du passé ne serait-elle pas le vécu du présent ?Depuis le début il est clair que mes récits, même copiés de notes « dans le feu de l’action », sont une réinterprétation à l’aune de ce qui me paraît significatif aujourd’hui. Le choix même des événements est une clé de lecture.
Que penser d’une femme qui revisite son accouchement et le trouve soudain violent ?
Que penser d’une femme qui parle de jouir à la sortie de son nouveau-né ?
Que racontent les mots ?
Je ne sais pas quelle est la sensation d’un homme qui jouit. Ni les cours de la fac, ni mes partenaires n’ont pu me faire « comprendre » !Les lectrices qui ne me connaissent pas seront peut-être déçues d’apprendre que je me soucie bien peu de ce que ressent une femme dans la jouissance. Là je veux bien reconnaître une différence homme-femme, car je pars du principe que le prochain orgasme sera encore plus intense. Les hommes peuvent se soucier de leur jouissance parce qu’elle est la plupart du temps unique, dans une rencontre intime, et qu’ils se croient démunis ensuite pour accompagner leur partenaire dans sa ou ses jouissances.
Je frémis à travers mon corps des vibrations du leur, je sens leurs odeurs, j’entends le rythme du dedans et les chuchotements de la voix, je touche leur chaleur, leur moiteur, leur liquide, leur froideur, je goutte le sel de leur peau ou la saveur de leurs sécrétions. Tout se fond, se confond, s’arrange et se dérange au fil des pensées et des attentes….
Car attente il y a…..
Car désir il y a….
Je suis entrée dans cette période stérile ou l‘appel des sens n’est plus celui de la reproduction.Catherine pourrait te parler de sa déconstruction des idées reçues à ce sujet. Mais chacune, bien sûr, a un cheminement singulier…
Quel est-il alors ?
Dans ses revirements hormonaux la femme oscille dès l’enfance passée, chaque cycle, chaque grossesse, chaque cycle… Puis, l’heure venue elle redevient «androgyne » sans plus d’autres promesses que de savoir… Quand elle sait…
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