Etonnante pour moi cette phrase : « Ils nont cessé que lorsque jai décidé dy mettre fin. »
Je nai jamais « décidé de mettre fin ». Plutôt laissé les vagues samenuiser et cherché encore la jouissance dans la plus petite ondulation jusquà ce quelle devienne si peu perceptible que cest limmensité du calme qui menvahit. Jaime le feu. Après la jubilation des flammes et la chaleur des braises qui doucement sestompe, je souffle un peu pour les voir encore rougeoyer Je ne pourrais pas « décider » de mettre fin avant la fin .
Et puis aussi tu parles dune jouissance féminine ? Nest-ce pas sur la base dune croyance ., une de plus ? Je me demande comment parler de jouissance masculine ou féminine !
Beaucoup dhomme parlent de cette capacité des femmes à jouir longtemps Comment lun peut-il savoir au sujet de lautre ? Comment lun peut-il sentir dautres sensations que celles procurées par ses propres sens, ses propres émotions ?
Jai cru longtemps aux bouquins et jai joué longtemps à faire croire aux amants que jétais comme dans les bouquins, jusqu'à avoir le courage de me regarder dans le fond du vrai, du senti, du vécu, jusqu'à chercher la jouissance dans moi et pas à travers lautre ou le désir de lautre. A cet égard mon dernier amour fut révélateur du chemin parcouru, je ne sais pas comment jen parlerai quand jy arriverai .
Autour dinstants « grands » comme la naissance ou « lamour », il peut y avoir des instants de « fusion » que jai clairement ressentis comme tels. Au delà des limites habituelles, je me trouve sans plus pouvoir dire où se trouve « mon commencement » et « ma fin », où se trouve lun ou lune, avec limpression étrange dêtre autant évaporée que concentrée. Et pfouit . Dun coup, dune respiration, latterrissage est effectif, le sol redevient le sol, je reprends mes limites corporelles et mon esprit reprends le cours du temps.
Pour autant, ces sensations ne sont QUE les miennes et dans le même instant, il est probables que les personnes alentours avaient des sensations peut-être aussi étonnantes mais probablement fort différentes. Une photographe naurait enregistré sur son film QUE des corps « normaux »
Jai limpression que je me trouve attirée par la solitude pour lunique bonne raison de ne pas recevoir linterférence inévitable dunE autre qui me ferait atterrir dun geste infime, dun souffle ou dun tressaillement, voir dune pensée .
Enfin il y a une différence précise que je voulais déjà souligner en écrivant le texte. Je nai aucune pensée.
Aucune.
Jinvite mon corps à la fête des sens !
La tête est vide de tout autre désir, de tout autre pensée.
Jai besoin de ce plaisir et jen fais le plein A la différence dune éponge qui a besoin deau pour sen gorger, jai limpression davoir tout lindispensable à disposition .
Jai parfois joué à inviter une personne dans mes pensées, mais dans ce cas là, je pense . Cest comme une masturbation des émotions et le corps ne suit pas. Si le besoin est grand, il se réaffirme plus tard .
Cest vraiment de lauto sexualité
Commentaire n°1
posté par
marieB
le 17/10/2005 à 23h11
Au préalable : il me paraît bien difficile de parler de plaisir ou de jouissance sans jouir ensemble À défaut, nous utilisons de belles métaphores qui enjolivent la réalité sans lui donner corps. Cest pourquoi je ne sais pas vraiment partager quelque chose qui na pas déjà été partagé, reconnu par ma « partenaire ». Certes, cest une reconnaissance momentanée, révocable à tout moment dans la réécriture du passé, mais elle a été vraie au moins un jour.
Parler dautosexualité me semble donc encore plus difficile, et cette difficulté ne se limite pas au fait que les échanges ont lieu entre des personnes qui diffèrent par lanatomie ou les hormones. Cest difficile parce que cest quelque chose de vécu en dehors de toute relation (autre quavec soi-même).
Maintenant je réponds dans lordre :
> Je nai jamais « décidé de mettre fin ».
Ce que jai raconté est un événement unique et inexplicable, mais significatif car il ma montré que, même dans ce domaine fortement (auto-)exploré de la sexualité, mon corps pouvait se comporter de manière inattendue. Jai toujours cru que lexcitation sexuelle masculine seffaçait après léjaculation, dautant plus rapidement que celle-ci avait été intense. Cela nexclut pas une nouvelle érection peu de temps après, mais celle-ci accompagne un plaisir plus diffus qui va en séteignant doucement.
Or ce que jai vécu était tout à fait différent : non seulement lérection se prolongeait, mais les spasmes de lorgasme se reproduisaient avec la même intensité. Je navais pas du tout la sensation dune « ondulation » qui diminuait en intensité. Cétait peut-être du même ordre que la première fois quun apprenti surfeur réussit à tenir sur la crête dune vague : limpression que ça ne va jamais sarrêter, puis un réflexe conservateur qui entraîne une chute car un tel déploiement dénergie est plutôt désarçonnant.
Si lévénement sétait produit une deuxième fois, jaurais peut-être laissé faire jusquà lapaisement naturel. Il nempêche quil a bouleversé ma compréhension de la jouissance. (Je nai pas cherché à le reproduire.)
> Je me demande comment parler de jouissance masculine ou féminine !
Jai mis « féminine » entre guillemets pour simplifier. Quand jai vécu ce que jai appelé un « orgasme féminin », jétais (une fois de plus) dans la sensation dêtre pénétré par ma partenaire. Cest une sensation partagée car plusieurs femmes mont dit, dans ces moments là, quelles se sentaient « pénétrantes ». Mais, cette fois, linversion des rôles est allée jusquà lorgasme, dont jai ressenti les spasmes à lintérieur du ventre sans que mon arbre nait la moindre secousse (« La voie de lextase (6) »). Je suis certain de ne pas avoir projeté la moindre goutte de semence, en accord avec la « consigne » puisque ma partenaire était en période de fertilité.
> Pour autant, ces sensations ne sont QUE les miennes et dans > le même instant, il est probable que les personnes alentour > avaient des sensations peut-être aussi étonnantes mais probablement > fort différentes.
Je nen doute pas jai vécu et entendu parler de décalages flagrants entre les sensations, jusquau point où lun(e) sennuie pendant que lautre croit vivre lexpérience du siècle. Il y a aussi ces nombreuses fois où chacun dit avoir vécu quelque chose de très fort tout en nayant aucune idée précise de ce qua ressenti lautre. Si lon accepte lincertitude et les limites de la communicabilité, si on ne sest pas égaré dans le fantasme du « tout-fusionnel », ces décalages ne sont que de jolis intervalles
En tout cas, ce nest pas suffisant pour que je renonce à toute relation, ni à la frénésie naïve dune rencontre amoureuse à venir. Si nous sommes des « passeurs » les uns pour les autres, il est naturel quil y ait ceux qui rament, ceux qui soufflent sur les voiles et les plus inspirés qui regardent les étoiles ; cest le passage qui compte la nouvelle vision dun monde (de nous-mêmes) qui nous attend sur lautre rive.
> Enfin il y a une différence précise que je voulais déjà souligner > en écrivant le texte. Je nai aucune pensée.
Là aussi nous sommes très différents. Lautosexualité est pour moi une manière dachever ces maudits rêves érotiques qui ont pris fin avec la promesse dune extraordinaire jouissance. Jy appelle la « fête des sens », oui, mais à travers des situations oniriques peuplées de personnages (féminins pour la plupart) qui prolongent mes rêves. Jai déjà essayé de garder la tête vide : soit mon excitation tombe complètement, soit jai la désagréable impression de me « masturber » ! Mais je me garderai bien daffirmer que cest une manière de faire « typiquement masculine ».
Commentaire n°2
posté par
Julien Lem
le 18/10/2005 à 16h24
Je nai jamais « décidé de mettre fin ». Plutôt laissé les vagues samenuiser et cherché encore la jouissance dans la plus petite ondulation jusquà ce quelle devienne si peu perceptible que cest limmensité du calme qui menvahit. Jaime le feu. Après la jubilation des flammes et la chaleur des braises qui doucement sestompe, je souffle un peu pour les voir encore rougeoyer Je ne pourrais pas « décider » de mettre fin avant la fin .
Et puis aussi tu parles dune jouissance féminine ? Nest-ce pas sur la base dune croyance ., une de plus ? Je me demande comment parler de jouissance masculine ou féminine !
Beaucoup dhomme parlent de cette capacité des femmes à jouir longtemps Comment lun peut-il savoir au sujet de lautre ? Comment lun peut-il sentir dautres sensations que celles procurées par ses propres sens, ses propres émotions ?
Jai cru longtemps aux bouquins et jai joué longtemps à faire croire aux amants que jétais comme dans les bouquins, jusqu'à avoir le courage de me regarder dans le fond du vrai, du senti, du vécu, jusqu'à chercher la jouissance dans moi et pas à travers lautre ou le désir de lautre. A cet égard mon dernier amour fut révélateur du chemin parcouru, je ne sais pas comment jen parlerai quand jy arriverai .
Autour dinstants « grands » comme la naissance ou « lamour », il peut y avoir des instants de « fusion » que jai clairement ressentis comme tels. Au delà des limites habituelles, je me trouve sans plus pouvoir dire où se trouve « mon commencement » et « ma fin », où se trouve lun ou lune, avec limpression étrange dêtre autant évaporée que concentrée. Et pfouit . Dun coup, dune respiration, latterrissage est effectif, le sol redevient le sol, je reprends mes limites corporelles et mon esprit reprends le cours du temps.
Pour autant, ces sensations ne sont QUE les miennes et dans le même instant, il est probables que les personnes alentours avaient des sensations peut-être aussi étonnantes mais probablement fort différentes. Une photographe naurait enregistré sur son film QUE des corps « normaux »
Jai limpression que je me trouve attirée par la solitude pour lunique bonne raison de ne pas recevoir linterférence inévitable dunE autre qui me ferait atterrir dun geste infime, dun souffle ou dun tressaillement, voir dune pensée .
Enfin il y a une différence précise que je voulais déjà souligner en écrivant le texte. Je nai aucune pensée.
Aucune.
Jinvite mon corps à la fête des sens !
La tête est vide de tout autre désir, de tout autre pensée.
Jai besoin de ce plaisir et jen fais le plein A la différence dune éponge qui a besoin deau pour sen gorger, jai limpression davoir tout lindispensable à disposition .
Jai parfois joué à inviter une personne dans mes pensées, mais dans ce cas là, je pense . Cest comme une masturbation des émotions et le corps ne suit pas. Si le besoin est grand, il se réaffirme plus tard .
Cest vraiment de lauto sexualité
Parler dautosexualité me semble donc encore plus difficile, et cette difficulté ne se limite pas au fait que les échanges ont lieu entre des personnes qui diffèrent par lanatomie ou les hormones. Cest difficile parce que cest quelque chose de vécu en dehors de toute relation (autre quavec soi-même).
Maintenant je réponds dans lordre :
> Je nai jamais « décidé de mettre fin ».
Ce que jai raconté est un événement unique et inexplicable, mais significatif car il ma montré que, même dans ce domaine fortement (auto-)exploré de la sexualité, mon corps pouvait se comporter de manière inattendue. Jai toujours cru que lexcitation sexuelle masculine seffaçait après léjaculation, dautant plus rapidement que celle-ci avait été intense. Cela nexclut pas une nouvelle érection peu de temps après, mais celle-ci accompagne un plaisir plus diffus qui va en séteignant doucement.
Or ce que jai vécu était tout à fait différent : non seulement lérection se prolongeait, mais les spasmes de lorgasme se reproduisaient avec la même intensité. Je navais pas du tout la sensation dune « ondulation » qui diminuait en intensité. Cétait peut-être du même ordre que la première fois quun apprenti surfeur réussit à tenir sur la crête dune vague : limpression que ça ne va jamais sarrêter, puis un réflexe conservateur qui entraîne une chute car un tel déploiement dénergie est plutôt désarçonnant.
Si lévénement sétait produit une deuxième fois, jaurais peut-être laissé faire jusquà lapaisement naturel. Il nempêche quil a bouleversé ma compréhension de la jouissance. (Je nai pas cherché à le reproduire.)
> Je me demande comment parler de jouissance masculine ou féminine !
Jai mis « féminine » entre guillemets pour simplifier. Quand jai vécu ce que jai appelé un « orgasme féminin », jétais (une fois de plus) dans la sensation dêtre pénétré par ma partenaire. Cest une sensation partagée car plusieurs femmes mont dit, dans ces moments là, quelles se sentaient « pénétrantes ». Mais, cette fois, linversion des rôles est allée jusquà lorgasme, dont jai ressenti les spasmes à lintérieur du ventre sans que mon arbre nait la moindre secousse (« La voie de lextase (6) »). Je suis certain de ne pas avoir projeté la moindre goutte de semence, en accord avec la « consigne » puisque ma partenaire était en période de fertilité.
> Pour autant, ces sensations ne sont QUE les miennes et dans
> le même instant, il est probable que les personnes alentour
> avaient des sensations peut-être aussi étonnantes mais probablement
> fort différentes.
Je nen doute pas jai vécu et entendu parler de décalages flagrants entre les sensations, jusquau point où lun(e) sennuie pendant que lautre croit vivre lexpérience du siècle. Il y a aussi ces nombreuses fois où chacun dit avoir vécu quelque chose de très fort tout en nayant aucune idée précise de ce qua ressenti lautre. Si lon accepte lincertitude et les limites de la communicabilité, si on ne sest pas égaré dans le fantasme du « tout-fusionnel », ces décalages ne sont que de jolis intervalles
En tout cas, ce nest pas suffisant pour que je renonce à toute relation, ni à la frénésie naïve dune rencontre amoureuse à venir. Si nous sommes des « passeurs » les uns pour les autres, il est naturel quil y ait ceux qui rament, ceux qui soufflent sur les voiles et les plus inspirés qui regardent les étoiles ; cest le passage qui compte la nouvelle vision dun monde (de nous-mêmes) qui nous attend sur lautre rive.
> Enfin il y a une différence précise que je voulais déjà souligner
> en écrivant le texte. Je nai aucune pensée.
Là aussi nous sommes très différents. Lautosexualité est pour moi une manière dachever ces maudits rêves érotiques qui ont pris fin avec la promesse dune extraordinaire jouissance. Jy appelle la « fête des sens », oui, mais à travers des situations oniriques peuplées de personnages (féminins pour la plupart) qui prolongent mes rêves. Jai déjà essayé de garder la tête vide : soit mon excitation tombe complètement, soit jai la désagréable impression de me « masturber » ! Mais je me garderai bien daffirmer que cest une manière de faire « typiquement masculine ».