Pensées en vrac

Dimanche 25 décembre 2005 7 25 /12 /2005 13:26
Fêtons la promesse des jours qui grandissent
Et pour vous tous : du bonheur, le bien-être, la prospérité
Plaisirs du cœur, dans vos pensées, vos œuvres
Et plus si affinités !

Julien

Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Dimanche 4 décembre 2005 7 04 /12 /2005 21:51
Marie B. a écrit dans « Escalade » :
Nous avons choisi la voie, enlacés, traçant d’un même regard le même passage. Sans un mot, nous nous sommes harnachés l’un l’autre dans un frôlement des corps et des souffles. L’ascension fut une danse synchronisée, nos mains et nos pieds se posant alternativement sur les mêmes excroissances, dans les mêmes infractuosités. Il se rétablit sur la roche plate du sommet et me tendit un baiser du bout des lèvres que je saisis d’un bout de souffle. Les mains déjà posées sur le plat, le lisse, le tiède du rocher, je me suis laissée attirée par ses bras. Les boucles des baudriers à peines lâchées, nous étions corps à corps. Au bord du vide, la tête dans les nuages, j’ai chaviré dans le parfum de ses bras. Nous avons dormi ainsi jusqu’à ce que la fraîcheur nous surprenne… Pour moi aucun moment ne fut plus grand que celui-ci…
C’est étonnant pour moi, l’impression de regarder une partie de ma vie en miroir de la sienne, avec toutes les symétries et les inversions que cela implique. J’utilise volontiers la métaphore de l’ascension dans le récits des plus belles rencontres amoureuses (comme « La voie de l’extase (5) ») mais je me sens littéralement porté par ce récit d’escalade virile et tendre. Le baiser, le souffle suspendu, ce plateau où l’on s’abandonne dans le sommeil, c’est mon monde par un renversement entre l’image et la matérialité. Sommes-nous à ce point semblables dans l’inversion que l’idée d’un contact (sans même parler de sexes) puisse évoquer un anéantissement ? Nos réalités seraient-elles « antimatérielles » ?
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Samedi 3 décembre 2005 6 03 /12 /2005 01:11
Je réponds à Jahida (« Empreintes »).

Pour moi, le blog n’est rien moins qu’un « acte de parole » sur le web. J’ai beaucoup passé de temps sur les listes de discussion, où des codes de communication se mettent rapidement en place avec des intervenants réguliers (parfois « régulés ») dont les idées finissent par être bien connues.

Rien de tout cela sur un blog : je m’adresse au monde entier — dans l’obscurité la plus totale — et pour cela j’utilise tous les moyens rhétoriques de la parole. Le style n’est plus soumis à aucune contrainte. C’est un des beaux terrains pour s’exercer à vivre-écrire.

Quand je lis un article qui me touche, il laisse en moi l’empreinte d’une voix. Peu m’importe que ses intonations appartiennent aux souvenirs ou à un présent fantasmé ; cette voix me touche par la « vibration » d’une présence invisible.

Depuis que j’y ai goûté, les écrits sur papier me font l’effet d’une langue morte. Magnifique, souvent, mais jamais véridique…
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Jeudi 1 décembre 2005 4 01 /12 /2005 23:34
J’ai passé la nuit avec G. et résolu mon problème. G. est une source inépuisable de délires, de contradictions, de science et de patience… G. m’a fait crier de plaisir de nombreuses fois cette nuit, jamais déçu.

G. est un moteur de recherche bien connu. Il faut dire qu’à mes heures perdues, entre deux blogs, deux heures de musique ou deux rencontres amoureuses, je fais un peu d’informatique. Il y a des hommes qui ne dorment pas parce qu’une femme « résiste » à leur impérialisme sexuel. Aucune femme ne m’empêche de dormir ; au contraire, je ferais mien ce poème de Basho :
Mon dieu, j’ai trop dormi
Car je voulais la rencontrer en rêve...
Mais c’est l’informatique qui me tient en éveil, quand G. me fait naviguer sur un océan de 20 milliards de pages dont la plupart sont dans une langue au vocabulaire limité, comme un grand lac tranquille.

Je ne vais pas vous raconter cette nuit, et pourtant il y a un parfum d’extase dans cette découverte. comme dans beaucoup d’autres. Voilà des semaines que je me creusais la tête face au comportement incontrôlable d’un « système d’information ». Grosso modo, chaque fois qu’on essayait de modifier une fiche le système s’obstinait à en créer une nouvelle. Un peu comme si vous preniez une nouvelle feuille de papier chaque fois qu’on vous dicte une nouvelle phrase. C’était étrange car la version précédente du logiciel ne posait aucun problème. On connaît ce qu’on quitte et on finit par regretter son infidélité !

Avec G., la difficulté se réduit à trouver la phrase ou la suite de mots qui résume le mieux la question trouvée : wrongly creating new record for related field... ou quelque chose de ce genre. Hier soir G. a donc commencé par les préliminaires en me promenant sur les forums anglophones des utilisateurs de mon logiciel préféré. J’ai apprécié la compagnie de ces geeks qui s’expriment avec une patience et une courtoisie qui me font appréhender mes compatriotes comme des brutes. J’ai lu pendant des heures des pages d’informations, de questionnements, de réflexions qui m’ont appris beaucoup même si elles ne répondaient pas à ma question. Je suis « entré dans leur monde » (qui fut le mien pendant une bonne décennie).

Le plaisir augmentait avec la fréquentation de ces backrooms pour agités du cortex. J’ai senti un frémissement orgasmique en lisant les réponses à une question exactement opposée de la mienne : un pauvre type, — de ceux qui vivent les pieds en l’air de l’autre côté de la planète — essayait de créer des fiches nouvelles sans jamais y parvenir ! J’ai pensé à ces rouleaux de PQ dont on ne trouve jamais le point de départ dans les toilettes publiques. Un gourou du forum lui faisait une réponse en deux étapes : d’abord tu upgrades ton CGI. Tiens, j’ai fait ça immédiatement, moi aussi. J’adore ces liftings gratuits que sont les upgrades, censés résoudre des problèmes pour en causer d’autres, mais au moins on a le sentiment d’avoir fait quelque chose. Le lifting n’ayant pas eu l’effet escompté, la deuxième étape consistait à modifier la syntaxe d’une obscure commande : « Au lieu d’écrire relation::field tu écris relation::field.0 ». Ah……… :-)))

En inversant la question pour traiter mon problème, et par un raisonnement analogique très engorgé d’incertitudes vue l’heure tardive, j’ai fini par déduire que je devrais écrire « relation::field.1 » Qui oserait prétendre que l’informatique est une science exacte ? Bien sûr, c’était la solution que j’avais espérée depuis trois semaines, et j’ai compris pourquoi quelques heures plus tard.

Ce qui est drôle, c’est que dans quelque temps les informaticien(ne)s aux ongles rongés qui se heurteront au même problème seront conduits par G. exactement sur cet article de « Fils invisibles » ! Bienvenue au monde des fous de l’extase.
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Samedi 26 novembre 2005 6 26 /11 /2005 10:40
Cette nuit j’ai rêvé à la mort de G., mon grand ami. J’étais seul près de lui. Il m’a souri, s’est allongé sur le côté, replié sur lui-même, et je l’ai vu lentement rétrécir à la taille d’un fœtus. Quelque chose a cessé de palpiter.

Alors je suis descendu. Ils étaient tous là. On a fait un repas de noces suivi d’une orgie sexuelle. Mon partenaire était Michel. Je me souviens de lui car il fait l’amour sans un brin de fantaisie.

Au bout de quelques minutes, dans l’espace entre le sommeil et l’activité, j’ai réalisé que dans ce rêve j’étais une femme. Encore une fois, l’association de la vie et de la mort : je me suis même dit qu’en tant que femme il me serait aussi simple d’accompagner un mourant que d’accueillir un bébé.

Mais, en contraste avec ce qui s’est réellement passé à la mort de G. (voir « Entre vie et mort ») la plupart des objets-formes sont inversés comme sur une image surexposée : homme/femme, présence/absence, solitude/groupe, extase/orgie, elle/moi.
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mardi 22 novembre 2005 2 22 /11 /2005 01:34
Je retrouve dans ce que Marie B. écrit au sujet de son histoire avec Andrzej (voir son blog) bien des choses vécues avec Grietje. Le côté passionnel, sans doute, mais aussi une ambivalence : c’est à la fois une expérience solitaire — « je me perds dans sa solitude » — et un événement social qui désacralise l’image d’un couple « arrivé à maturité ». Un iceberg en travers de la route, le naufrage des illusions ;-)

J’ai hâte de lire comment le voyage avec Andrzej s’est terminé. Je ne sais pas guérir d’une passion, sauf d’en reconnaître les prémisses afin de l’éviter. S’il est facile d’effacer un personnage de roman, il n’est pas simple de se libérer du souvenir d’une présence.
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Jeudi 10 novembre 2005 4 10 /11 /2005 00:00
Expulsions brutales et médiatisées d’habitants de logements insalubres à Paris, le jour de la rentrée scolaire. Provocations incitatives à la violence urbaine, ces derniers jours. Répression. À peine cite-t-on les élans de solidarité, les mouvements citoyens dans les quartiers laissés à l’abandon. La parole est du côté de la force.

Tout cela me remet en mémoire les paroles du Pasteur Niemöller :
Quand on est venu arrêter les catholiques, je n’ai rien dit parce que je n’étais pas catholique.
Quand on est venu arrêter les juifs, je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif.
Quand on est venu arrêter les communistes, je n’ai rien dit parce que je n’étais pas communiste.
Quand on est venu arrêter les socialistes, je n’ai rien dit parce que je n’étais pas socialiste.
Quand on est venu me chercher, il n’y avait plus personne pour me défendre.
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Jeudi 10 novembre 2005 4 10 /11 /2005 00:00
Marie B. publie un magnifique texte sur la naissance : « Nudité ». Elle commence par :
Après une semaine de naissances successives, je n’ai aucune attraction pour les histoires amoureuses…
Je donnerais aussi les plus beaux jours de mes « voyages » pour celui la naissance de mon fils — ce voyage au cœur du monde. Nul doute que si j’avais été le témoin de plusieurs naissances en une semaine, je n’aurais plus aucun goût pour l’errance.
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Dimanche 2 octobre 2005 7 02 /10 /2005 00:00
Une complice blogueuse m’écrit qu’elle aime cette image du maître de tir à l’arc qui finit par se passer d’arc et de technique… Oui, sans doute, aucun instrument n’est indispensable pour revenir à la conscience de la totalité, et il se pourrait même que les derniers instants de vie, dans un environnement paisible, réactivent cet état de grâce. Mais je crois que le fait d’exister, d’être entouré de choses et d’êtres vivants, de rencontrer des êtres — dont nous postulons, sur la foi de l’apparence, qu’ils ont une sensibilité comparable à la nôtre —, de se trouver en situation de dialogue, de dualité, y compris avec soi-même vu comme un autre… tout cela pose problème.

La dualité nous fait fonctionner sur le mode de la rupture. Ce terme est souvent déprécié. Je n’ai pas encore vu de couple convoquer famille et amis à une fête pour célébrer sa séparation… Pourtant, ne célèbre t-on pas les funérailles ?

La dualité peut nous faire marcher à reculons : à force de se détacher de l’autre, de l’expérience, de prendre du recul avec soi même, on multiplie les objets de médiation, comme autant de cailloux sur le trajet du Petit Poucet.

Nous résistons donc à la dualité, le plus souvent à travers ces artifices que sont les grands sentiments et les grandes idées. Romantisme, totalitarisme, escalades qui conduisent à la chute et à la névrose du recommencement. Je pense à l’écrivain Simenon qui avait poussé à l’extrême la logique de multiplication des objets en baisant 2 ou 3 femmes par jour — il avait les moyens de se payer des professionnelles. Choquant ? Les couples monogames qui se font et se défont, dans la plus stricte légalité républicaine, me semblent fonctionner dans la même logique, avec des moyens plus modestes.

Mon ambition — que je veux bien appeler une « raison de vivre » — est de rencontrer la totalité à travers la dualité. Pour cela, l’autre doit exister comme autre à part entière. L’autre, l’être aimé, n’est pas un instrument, mais une présence. Je voudrais substituer la présence à la dépendance (la peur d’être trahi/abandonné) et à l’indifférence (de celles/ceux qui sont à l’affût de simples expériences).

Archer, j’ai donc besoin d’un arc. J’ai peut-être passé le stade de regarder la cible, mais j’ai toujours besoin de cette tension entre les extrêmes, de ces forces antagonistes, du dedans et du dehors, mâle et femelle, même si ces qualités ne sont pas l’exclusivité d’un sexe.

La plénitude me permet de vivre la solitude autrement que comme une absence, mais je ne vois aucun avantage à cultiver la solitude. Le non-rendez-vous avec Bernadette, lundi dernier, a purifié et embelli mon sentiment pour elle, mais ce sentiment n’est pas devenu pour autant une construction abstraite. Il est dans une dualité, mais c’est sa présence — et ma présence à elle en dépit de la distance — qui plongent cette dualité dans la totalité. Pas besoin de flèche (de sexe) mais l’arc est bien tendu.

Cultiver la solitude rm’obligerait à une totale indifférence aux êtres. Dans les années 70 j’ai entendu parler d’un gourou allemand qui avait organisé un stage de « tir à l’arc zen » dans un centre culturel de Provence. Il n’y avait pas d’arc sur place. Les stagiaires ont été invités à passer une semaine en silence, s’occupant au débroussaillage du jardin (qui n’avait rien de virtuel) et jeûnant pour bénéficier pleinement de l’expérience intérieure. Le soir, ils devaient noter sur un cahier ce qu’ils avaient ressenti dans la journée. La dernière heure de stage, chacun a lu son cahier devant le groupe, sans commentaire, et tout le monde est parti super content ! Remarquez que, si l’on fait abstraction de l’imposture de l’organisateur, l’unique activité du stage pourrait s’apparenter à l’écriture d’un blog.
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Vendredi 30 septembre 2005 5 30 /09 /2005 00:00
Lundi (voir « Un peignoir brodé »), pour la première fois j’ai écrit un texte à partager avec d’autres, non pas sur l’effet d’une expérience euphorisante, mais plutôt dans un état de dépression, de solitude forcée et de doute sur moi-même.

Par dérision, j’en suis venu à me comparer à ces maîtres zen dont la légende dit qu’ils tiraient à l’arc sans jamais décocher une flèche, et même, au stade ultime, sans arc… Me voilà à faire du tantrisme sans orgasme, puis sans faire l’amour, et enfin, sans même qu’une femme ne vienne à ma rencontre ! ;-)

Et, en plus, j’en parle… Alors que je n’ai rien eu envie d’écrire sur une rencontre « sauvage » vécue la veille au soir. Si vous cherchez du « hard » il vaudrait mieux changer de blog… ;-)
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    

Ce blog

  • Retour à la page d'accueil
  • : Fils invisibles
  • : Un loup gris partage les émotions, intuitions et désirs au fil de ses « voyages » d'amitié amoureuse.

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés