Lectures, films, radio

Dimanche 8 janvier 2006 7 08 /01 /Jan /2006 13:28
Ligérienne a commenté mon précédent article :
Effacer quoi ? Certains malentendus, et encore, peut-être ont-ils leur utilité.
Je côtoie quelques personnes qui souffrent en regardant leur passé, à un niveau où cette souffrance les empêche « d’aller de l’avant », comme on l’entendait dire aux clients du psychiatre dans le film. Et d’autres qui « effacent », comme cet homme mythomane qui « refait sa vie », jusqu’à nier l’existence des gens qui l’aiment.

Il y a en nous un mécanisme de survie qui permet, peut-être pas d’effacer, en tout cas de réinventer, des souvenirs douloureux. Mais ce mécanisme peut nous prendre au piège. Joel, dans le film, avait oublié qu’il avait passé les plus beaux moments de sa vie près de Clementine. Il en prend conscience à travers une réminiscence activée par une stimulation électrique de ses neurones. J’appelle « réminiscence » un revécu des sensations, là où le souvenir n’est qu’une reconstruction symbolique. Le piège consiste à « réécrire » tous nos souvenirs comme nous voudrions qu’ils aient été, en fonction de notre jugement du moment. C’est un piège car cela peut nous conduire, comme Joel, au déni de très belles expériences. Au moment où il s’en rend compte (« Non, ça je veux le garder ! ») il veut arrêter le traitement électrique, mais personne n’est là pour l’entendre.

Pour moi, ce mécanisme de réécriture est une forme d’aliénation. Joel est aliéné — le film nous le fait découvrir subtilement dans les premiers plans — parce qu’il ne connaît même pas la chanson « Clementine » de Bradfort. Clementine croit qu’il se moque d’elle puisqu’aucun homme ayant grandi en Amérique ne peut ignorer la plus célèbre chanson populaire… Mais, quand on voit le film pour la deuxième fois, on se rend compte que cette anomalie est due au fait que la chanson fait partie de souvenirs effacés par la machine infernale. Ce n’est qu’un petit détail — on peut vivre sans connaître cette chanson — mais ce que j’en retiens, c’est que la manipulation du passé nous conduit, au mieux, à des incohérences qui nous plongent dans un mal de vivre avec soi et avec les autres. Joel et Clementine sont en plein désarroi, à la fin du film, quand ils découvrent leurs propres aliénations.

Je ne suis pas certain que la psychanalyse ou les méthodes « régressives » puissent réparer les dégâts. Il faudrait au préalable, comme le film le suggère, dresser une carte précise de toutes les connexions cognitives, ce qui me paraît bien plus compliqué qu’une carte météorologique détaillée…

Je ne sais pas que faire pour notre ami qui essaie de noyer dans l’alcool (jusqu’à en perdre la vue) des souvenirs inventés, les plus noirs possibles, d’un père inconnu et d’une mère absente. Combler un manque, peut-être, mais que faire si le gouffre est béant ?

Pour moi, l’écriture est une méthode préventive, si l’on prend soin de noter ses propres sensations sans se perdre dans les méandres de l’interprétation. En écrivant, en inscrivant notre subjectivité dans des mots, nous mettons les faits et les sensations premières à l’abri de toute réinterprétation future.

Notre ami ne peut plus écrire, mais nous lui avons offert — sans doute trop tard — une machine à dicter. Il dit que revenir sur son passé est une épreuve très douloureuse dont il reconnaît la nécessité. (Il lui reste à choisir de vivre.)

Je n’aime pas trop le mot « préventive » car il suggère que la vie est une maladie mortelle (sexuellement transmissible, comme le dit Woody Allen). Il évacue complètement la dimension du plaisir. Écrire un journal intime est un plaisir solitaire, disent ceux qui n’écrivent rien. Si c’est le cas, je préfère encore, comme Diogène, me masturber en public. ;-)
Par Julien Lem - Publié dans : Lectures, films, radio
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Dimanche 8 janvier 2006 7 08 /01 /Jan /2006 00:43
Le samedi est souvent une soirée cinéma avec Aimée. Ne riez pas, ce n’est pas une habitude de vieux couple, il y a seulement un an ou deux que nous sortons ensemble. Les samedis où il n’y a rien d’intéressant en ville nous branchons un projecteur vidéo qui illumine tout le mur de ce qui nous sert de salle de séjour. Ce soir, nous avons revu « Eternal sunshine of the spotless mind », un film d’une extraordinaire richesse… Il me faudra le voir encore pour en capter toutes les subtilités. Nous sommes restés dans le grand fauteuil rond pendant que le générique achevait de défiler, puis nos yeux se sont bercés un moment du défilement des images d’écran de veille sur le Mac, le ciel, les étoiles, une aurore boréale, et ma bien-aimée s’est assoupie au creux de mon épaule.

Brusquement elle se réveille et me lance :
— Des fois j’ai l’impression que c’est ce que tu as envie de faire avec moi…
— De faire quoi ?
— Je ne sais plus, je me suis endormie !
— Essaie de te souvenir… De faire quelque chose que tu as vu dans le film ?
— Oui, c’est ça : de m’effacer.
— Il n’y a aucun moment de ma vie que je souhaiterais effacer. Et toi ?
(Elle repense à des choses très sombres)
— Moi non plus. Je veux tout garder !
Nos yeux se sont croisés, j’ai caressé ses cheveux prodigieux, lisses et souples comme tout son être lumineux.

J’avais envie de partager ce petit flash de l’autre côté des fils invisibles : je vis avec une princesse, il y a des jours où j’ai envie que ça se sache.

Ce film m’a remis en mémoire une conversation d’il y a une semaine. Notre amie Yolande parlait d’un couple dont elle était proche. Ils arrivent à la cinquantaine. Un jour, le type annonce à sa femme qu’il veut divorcer parce qu’il ne l’aime plus. Il part « refaire sa vie » avec une artiste de trente ans à qui il se dépêche de faire des enfants, etc. Pendant ce temps, la femme abandonnée déprime, avec pour tout spectacle l’agonie d’un fils qui meurt d’un cancer à 34 ans. C’est une histoire triste à mourir, banale et conventionnelle, mais Yolande a su nous parler de la détresse de ces deux là : lui est le genre d’homme qui « efface », un mythomane qui réinvente sans cesse le passé à son avantage. Elle vit dans le remords, les regrets, la nostalgie. Je ne les connais pas, mais je devine deux êtres qui s’égarent chacun de leur côté après s’être égarés ensemble. Effacer ne sert à rien, s’attarder non plus.
L’homme est malade parce qu’il est mal construit.
[...]
Lorsque vous lui aurez fait un corps sans organes
alors vous l’aurez délivré de tous ses automatismes
et rendu à sa véritable liberté.

Alors vous lui réapprendrez à danser à l’envers
comme dans le délire des bals musette
et cet envers sera son véritable endroit.

Antonin Artaud. Pour en finir avec le jugement de Dieu
Par Julien Lem - Publié dans : Lectures, films, radio
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Lundi 26 décembre 2005 1 26 /12 /Déc /2005 22:35
Publié par Pocket (1998), bien vendu dans toutes les gares (mais pas chez Ah-ma-zone !) grâce à sa photo de couverture très suggestive, les « Contes érotiques d’hiver » sont un joli recueil de textes de dix-sept auteurs. Dont sept femmes, si j’en crois les pseudonymes : dans ce genre de littérature, le genre ou les préférences sexuelles de l’auteur me paraissent significatifs.

J’ai aimé particulièrement le récit de Philippe Cousin : Lady Godiva fait le grand écart chez les célibataires. En fait, j’ai tout aimé, je me suis laissé porter par ces fantasmes déployés comme des guirlandes sur un sapin, lequel avait de quoi agiter ses branches…

Il est difficile de raconter des histoires érotiques, à moins de les avoir vécues. Le style s’enlise très vite dans quelque chose d’insipide. Donc c’est plutôt une bonne idée de changer d’auteur — et de partenaires — à chaque chapitre !
Par Julien Lem - Publié dans : Lectures, films, radio
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Dimanche 20 novembre 2005 7 20 /11 /Nov /2005 21:51
Une conversation continue berce les couples, son courant mélodieux jette un voile sur les désirs déclinants du corps. Quand la conversation s’interrompt, l’absence d’amour physique surgit tel un spectre.

Milan Kundera, L’ignorance (2000)

Par Julien Lem - Publié dans : Lectures, films, radio
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Samedi 19 novembre 2005 6 19 /11 /Nov /2005 19:28
Dans mon journal, août 2003

— « C’est pour toi. J’ai pensé que tu aimerais ce livre après notre conversation d’hier soir. »

Evelyne, ma nièce et confidente. Entre nous, pas de jeux de séduction, mais une complicité « transgénérationnelle ». Elle est aussi la confidente de mon fils Tony, et à ce titre une trait d’union entre nous. Avant notre rendez-vous musical (voir « La robe bleue ») il l’a mise au courant de ma relation avec Marie — dont il n’est supposé rien connaître. Comme elle me dit, « Les chiens ne font pas des chats ! »

Evelyne, donc, me tend un livre. « L’Ile des gauchers » d’Alexandre Jardin.

— « Tu devrais en faire cadeau à Marie ! »

J’éclate de rire, car je viens de reconnaître l’exemplaire que Marie m’avait offert un an plus tôt (voir « Marie (1) »). Je l’avais lu et fait lire à Aimée qui l’avait transmis à Tony. Quelques semaines plus tard, nous étions à une terrasse de bistrot en compagnie d’un groupe d’étudiants. Ils parlaient tous de ce roman que Tony avait fait circuler. Nous passions peut-être, ce soir là, pour des gauchers bien dégauchis. Ensuite, Tony l’avait donné à Evelyne. Elle me l’offre aujourd’hui.

J’ai le la plupart des romans d’Alexandre Jardin. J’en garde deux : « L’Ile des gauchers », pour la théorie, et « Mademoiselle Liberté » pour la pratique — l’aria des Variations Goldberg. À y repenser, les autres me font un peu l’effet de plats réchauffés. Son « Autobiographie d’un amour » m’a carrément rebuté.

L’intransigeance et le perfectionnisme cultivés par Mlle Liberté ont été les sources d’éblouissement de mon voyage avec Marie, le canevas du quotidien avec Patricia, et sans doute un joli mirage avec Nicole. Ce sympathique roman de gare nous donne à lire que le paradis et l’extase sont si proches que nous passons notre temps à tourner sans les voir.

Je ne me sens pas d’inventer des histoires. N’ayant pas besoin d’écrire pour vivre, je préfère vivre-écrire en apprenant les deux. J’ai besoin de l’esquisse légère des souvenirs, de ces mots qui ressortent de galeries profondes, au moindre désir, comme si la pluie de Golf Links (lien) n’avait cessé de les ensemencer.
Par Julien Lem - Publié dans : Lectures, films, radio
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Mardi 15 novembre 2005 2 15 /11 /Nov /2005 00:00
C’est après avoir lu la traduction du blog de Mu Zimei, une Cantonaise de 26 ans, que je me suis décidé à foncer dans le brouillard en publiant les Fils invisibles. Mon idée première était de tout rédiger en anglais pour le donner à publier dans une langue asiatique, mais j’ai préféré commencer, comme Zimei, par la confrontation entre le réel et le virtuel. Parfois, comme elle, je devrai choisir entre vivre et écrire. Miroirs face à face, mise en abyme des acteurs/personnages, fuite en avant du passé…

Le blog de Mu Zimei a fait scandale en Chine et la traduction française se vend sous le titre racoleur « Journal sexuel d’une jeune Chinoise sur le net ». Il faut dire, madame, que cette jeune femme revendique 70 amants sur la courte période qu’elle nous livre de sa vie quotidienne. Elle baise à peu près tous les jours — comme beaucoup d’entre nous auraient aimé le faire à 26 ans — mais elle n’est pas attirée vers une quelconque attache sentimentale. Page 227 :
Bien sûr, je ne fais pas l’apologie de l’infidélité. Ce que je préconise — avec le plus grand respect pour ceux qui croient à l’amour et au mariage —, c’est une petite entaille à la notion de fidélité. La fidélité, c’est le fromage d’amour. Si on le préserve, personne ne peut l’entamer. Mais la fidélité ne doit pas être le fromage sexuel. Comment ne pas crever d’ennui si on consomme le même sa vie durant ?
Donc notre héroïne change chaque fois de partenaire. Je n’ai rien lu de vraiment « sexuel » dans ce témoignage, sinon le plaisir jubilatoire de provoquer une société machiste en inversant les règles du jeu : si la femme prenait le rôle du prédateur ?
Les hommes, c’est comme les CD, tant que je n’appuie pas sur PLAY ils ne font pas de bruit.
Au-delà de l’anecdote, ce texte (dont le style me plaît bien, à travers la traduction) est une radioscopie impressionnante de la nouvelle classe aisée urbaine en Chine contemporaine. Oui, madame, surveillez vos fils et votre fille : « ils » vont bientôt débarquer chez vous !
Par Julien Lem - Publié dans : Lectures, films, radio
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Jeudi 15 septembre 2005 4 15 /09 /Sep /2005 00:00
Introduction à un entretien avec Isabelle Stengers, « Une politique de l’hérésie », par Stany Grelet, Philippe Mangeot et Mathieu Potte-Bonneville (avril 2002)

Isabelle Stengers aime rappeler à ses interlocuteurs français qu’elle est belge : « J’essaie, dit-elle, de faire bafouiller le rapport un peu trop direct que les Français entretiennent avec l’universel. » La remarque, accompagnée d’un rire, est la variation d’un motif qui parcourt tout son travail : Isabelle Stengers demande avant tout qu’on baisse un peu de ton. Depuis la publication, en 1979, de La Nouvelle alliance, co-écrit avec le prix Nobel de chimie Ilya Prigogine, elle n’a cessé de combattre toutes les formes de disqualification péremptoire — des sciences entre elles, de savoirs canoniques vis-à-vis des savoirs dominés, des experts vis-à-vis des citoyens, etc. Aussi a-t-elle lutté sur deux fronts : en rappelant aux savoirs dominants les conditions matérielles et historiques de production des vérités qui sont les leurs ; en donnant de l’écho aux savoirs dominés, qu’ils soient issus de cultures traditionnelles — les sorciers —, qu’ils aient été écartés au profit d’autres pratiques — l’hypnose —, ou qu’ils fassent l’objet d’une élaboration collective — les usages de drogues.

L’effet de liste donne une idée à la fois de l’intérêt et de la perplexité que suscitent chez nous les textes d’Isabelle Stengers. Intérêt pour une éthique politique qui refuse toute espèce d’arrogance ; pour une attention aux savoirs minorisés et aux mécanismes d’empowerment par lesquels ils s’insurgent ; pour un engagement politique à la fois constant et mobile, auprès des junkiebonden néerlandais, du Collectif sans ticket de Bruxelles ou des militants anti-OGM. Mais perplexité face au sentiment que tous les objets en viennent à s’équivaloir, pourvu qu’ils sentent le soufre : le pragmatisme à la hollandaise et le culturalisme de Tobie Nathan, le néo-paganisme américain et l’écologie politique, la contestation de l’expertise médicale par des groupes de malades du sida en Europe et la contestation des thérapies occidentales par des religieux en Afrique. Bref, peut-on généraliser une politique de l’hérésie ?

Mais c’est la gratitude, pas l’aigreur, qui a donné à l’entretien qui suit, à l’occasion, l’allure du débat, voire du désaccord. Nous devions à notre interlocutrice de ne pas la traiter comme une autorité — pas par méfiance pour le savoir qu’elle propose, ni même par fidélité à celui dont nous venons (après tout, le risque de la généralisation pèse aussi sur la « politique des minorités » dont Vacarme cherche le fil), mais pour être à la hauteur de celui qu’elle appelle. La pensée d’Isabelle Stengers est rare en ce qu’elle accueille la divergence et s’expose à l’usage, non pas après coup, d’une manière mondaine, mais par son objet même, d’une manière plus risquée et plus belle. La politique comme politesse, en somme, plutôt que le contraire.
Par Julien Lem - Publié dans : Lectures, films, radio
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Dimanche 28 août 2005 7 28 /08 /Août /2005 00:00
Je lis avec beaucoup d’intérêt « Théorie du corps amoureux — Pour une érotique solaire » de Michel Onfray, auteur du « Traité d’athéologie : physique de la métaphysique ».

Des extraits :
Premier lieu commun généré par l’histoire platonicienne d’Aristophane : le désir est manque. Première idée à détruire quand on se propose le renversement du platonisme sur la question des relations sexuées — car le désir est excès […]

La généalogie idéaliste du désir suppose la définition de l’amour comme recherche de la complétude originaire. Absence à conjurer, vide à combler, métaphysique du trou à boucher, dirait Sartre dans le langage délicat de son ontologie phénoménologique. […]

Depuis Aristophane jusqu’à Lacan — qui a redoré le blason de l’androgyne platonicien dans ses séminaires, on s’en souvient —, le désir passe pour l’énergie de la reconquête de l’unité primitive, la force motrice des restaurations de l’entité première. Il vaut électricité impulsant la lumière amoureuse. Les hommes trompent leurs femmes ? Les épouses désirent d’autres partenaires que leurs maris ? Le monde vit d’énergies sexuelles croisées ? Le réel se structure de puissances génésiques monstrueuses ? Aristophane donne la solution de l’énigme : chacun cherche sa chacune — ou son chacun —, subit la nécessité libidinale aveugle, essaie, ne trouve pas, cherche encore, échoue toujours et subit perpétuellement la réitération d’un désir vécu sur le mode de la souffrance, de la douleur, de la punition pour une hypothétique faute, pourtant jamais commise. Dès lors, culpabilité, maladie et désir se jouent de conserve et se pensent conjoints — et ce depuis plus de vingt siècles.
L’ambivalence du désir est omniprésente dans mon cheminement ; j’y fais référence explicitement dans « Pleine lune » et « La robe bleue ».
Par Julien Lem - Publié dans : Lectures, films, radio
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