Pensées en vrac

Mardi 13 juin 2006 2 13 /06 /Juin /2006 02:36
Le radio-réveil s’est mis en marche. Tais-toi, andouille !

— Aouh, j’ai pas envie de me lever…
— Je vais te chasser du lit !

J’ai bondi comme un chien mal élevé sur le lit de 240.

— Tu as bien dormi ? Pas trop chaud ?
— J’aime dormir à la dure, tu sais bien…
— Et moi j’ai chaud chaque fois que tu arrives.

Elle sait bien. Elle sait tout, la grande. Bientôt elle fera couler du bon café, mettra sur la petite table une baguette, du miel et ma confiture préférée, du beurre allégé — car on se soigne comme des vieux.

De vieux amis. Jamais joui. C’est la seule femme qui me résistera jusqu’à ce que les dents nous tombent. Les siennes, d’ailleurs, sont très belles. Elle est belle, mince, élégante, des jambes de reine, brillante. (Dépressive.) Je me serre contre elle, son joli cul contre mon arbre effervescent, une main sur sa hanche qui glisse sur son ventre, puis gratouiller le sein qui n’a pas été opéré. Nous sommes des jumeaux, l’image me revient.

Elle ne veut pas de sexe sans passion amoureuse, mais elle écoute mes désirs et mes histoires de baise comme une grande sœur limite incestueuse, toujours dans mon camp. (À propos de M.) « Oh ben elle est complètement cinglée, celle-là ! »

Pour elle, aucun doute, les femmes devraient être à mes pieds. Elle n’y sera jamais. Nous restons lovés dans un demi-sommeil. Puis elle se lève doucement, sans se retourner. Elle porte juste un tee-shirt. Jambes et jolie touffe. Je prends une douche en écoutant le percolateur. Elle en fait toujours trop ; je vais être survolté à la conférence de presse.

Il faisait chaud à Paris hier soir. Jeunes femmes aux lèvres de Marie, les seins en vol libre dans le métro. Trop chaud. Heureusement, je suis descendu à Glacière.
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
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Mercredi 24 mai 2006 3 24 /05 /Mai /2006 00:26
Ma psy déprime. Non, ce n’est pas drôle.

Que fait un(e) psy en dépression ? Il/elle consulte un autre psy. Mais voilà, ça n’a pas vraiment marché pour Claudia. Nous voici attablés en train de lui remonter le moral. Ou plutôt c’est elle qui s’est mise à table en espérant comprendre comment nous trouvons de la saveur à la vie.

Elle scrute l’anatomie d’un homme heureux. Le petit couplet sur « moi aussi, j’ai des moments de dépression, l’envie de rien faire » n’a pas été du meilleur effet. Un passage à vide de 24 heures (suis-je même allé jusque là ?) n’a rien à voir avec la dépression qui lui bouffe la cervelle depuis des années. La vague a déferlé encore plus fort quand elle a souffert d’un cancer mal dépisté ; une erreur médicale qui a effacé ses dernières rêves de maternité. Ensuite elle s’est mise à soigner des enfants en difficulté avec beaucoup de cœur et de talent. Ce qui ne l’empêche pas, aujourd’hui, de penser que sa vie n’a aucun sens. Et ce qu’elle envisage pour une retraite annoncée lui paraît futile.

Dans son travail de dissection elle a cru tenir quelques pistes : (1) je ne reviens jamais sur le passé ; (2) je n’éprouve aucun regret pour les erreurs commises ; (3) j’accorde peu d’importance aux liens de parenté et ne me sens redevable de rien envers mes parents ; (4) les problèmes relationnels des autres ne me touchent qu’en surface et je ne fais pas d’effort pour les aider à les résoudre. D’ailleurs, Claudia sait que si je m’intéresse à son « cas » c’est qu’elle a toujours été pour moi une femme digne d’intérêt : j’ai envie de la prendre dans mes bras et de lui faire l’amour. Sûr qu’elle reprendrait goût à la vie. ;-)

Elle conclut que l’épicurisme est sans doute le secret du bonheur. Mais en interrogeant Aimée elle obtient exactement les réponses inverses. Nous sommes aux antipodes sur tous ces points, bien que passionnés de vivre et heureux d’être ensemble dans ces différences.

Le bonheur n’est pas une « attitude face à la vie ». Certes, on a besoin d’attitudes pendant les années de recherche du minimum de sécurité matérielle et de reconnaissance sociale, mais une fois la barque lancée c’est autre chose qui nous échappe. Son sentiment d’inutilité vient peut-être de ce qu’elle a passé sa vie à résoudre des problèmes : les siens, qui étaient de taille — et il en reste — mais aussi ceux des autres dans les métiers qu’elle a exercés. Claudia s’est forgé une idée en creux du bonheur comme « absence de problèmes ». Or elle entrevoit que, le jour où elle sera déchargée des problèmes des autres il ne lui restera que le vide existentiel. Avec des échappatoires : voyager, écrire, peut-être même un blogue…
— « Mais, la saveur, c’est quoi ? » demande-t-elle en plongeant sa cuillère dans un fabuleux marscapone.
— La polygamie !
Confidente depuis des années de mes rencontres amoureuses, elle rit. Or ce n’est pas le libertinage que je cherche à lui vendre, mais la multiplicité des amours de la vie, les choses du présent, les aventures artistiques ou intellectuelles, l’engagement social, les relations humaines… On ne peut pas vivre que pour un métier, une famille, un loisir du dimanche.

Nos regards se croisent. Entre nous, des années d’effleurement, de gestes tendres à peine ébauchés et de désirs contrôlés. Elle n’a jamais pu vivre plus de six mois avec un homme car elle ne veut pas d’intimité en dehors de la passion, avec tout ce que cela contient de destructeur. Claudia a besoin d’aimer avec la peur de perdre ; elle reconnaît se sentir étrangère face à deux êtres qui n’ont pas peur de se perdre.

Elle espérait que la peur de la mort, il y a quelques années, lui redonne le goût de vivre. Mais la pulsion morbide est encore bien présente. Elle pleure, pour la première fois devant nous. Elle dit qu’elle a besoin de passer par cette crise douloureuse.

J’aurais voulu partager avec elle une vision qui sorte de cet enchaînement : aimer, retenir et perdre. Mais les mots que j’utilise n’ont pas de sens en dehors du flot d’hormones de l’amour.

Nous sortons. Elle a retrouvé de la contenance, à défaut d’assurance. Elle nous prend dans ses bras, je m’abandonne au désir.
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
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Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /Avr /2006 11:28

Petit clin d’œil à René Magritte (1898-1967), suite à un reportage aperçu hier soir aux infos de France 2 — je n’ai pas fait attention au prétexte.

Lui qui avait dit :

L’on me reprocha la rareté de mes préoccupations. Singulier reproche de la part de gens pour qui la rareté est signe de grande valeur.

L’on me reprocha encore beaucoup de choses et enfin de montrer dans les tableaux des objets situés là où nous ne les rencontrons jamais. Cependant, il s’agit là de la réalisation d’un désir réel, sinon conscient, pour la plupart des hommes. En effet, déjà, le peintre banal essaye dans les limites qu’on lui a fixées de déranger un peu l’ordre dans lequel il voit toujours les objets. Il se permettra de timides audaces, de vagues allusions. Etant donnée ma volonté de faire si possible hurler les objets les plus familiers, l’ordre dans lequel l’on place généralement les objets devait être évidemment bouleversé ; les lézardes que nous voyons dans nos maisons et sur nos visages, je les trouvais plus éloquentes dans le ciel ; les pieds de table en bois tourné perdaient l’innocente existence qu’on leur prête s’ils apparaissaient dominant soudain une forêt ; un corps de femme flottant au-dessus d’une ville remplaçait avantageusement les anges qui ne m’apparurent jamais ; je trouvais très utile de voir les dessous de la Vierge Marie et je la montrai sous ce jour nouveau ; les grelots de fer pendus aux cous de nos admirables chevaux, je préférais croire qu’ils poussaient comme des plantes dangereuses au bord des gouffres…

Quant au mystère, à l’énigme que mes tableaux étaient, je dirai que c’était la meilleure preuve de ma rupture avec l’ensemble des absurdes habitudes mentales qui tiennent généralement lieu d’un authentique sentiment de l’existence.
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
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Mardi 4 avril 2006 2 04 /04 /Avr /2006 12:06
Cher Nicolas Villepin,

J’ai une bonne nouvelle à t’annoncer : les rues sont vides. Je n’ai croisé ce matin, dans une des plus grandes villes de France, qu’une poignée d’irréductibles, 250 000 à tout casser (ils n’ont même rien cassé) en train de flâner, de chanter des airs folkloriques ou de jouer à la marelle… Il ne faut pas croire ce qu’on raconte à la TV, d’ailleurs ils ne montrent que des images d’archives. Le peuple français a enfin compris où était son intérêt grâce aux brillantes explications du président Chirac. Les français sont bêtes, il faut sans arrêt qu’on leur explique, je ne voudrais pas être à votre place.

Dominique Sarkozy et toi pouvez y aller sans crainte. Les enfants vont retourner à l’école. Nos entreprises vont enfin pouvoir embaucher des jeunes, le chômage va disparaître de la planète, la vie est belle !
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
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Samedi 1 avril 2006 6 01 /04 /Avr /2006 19:40
J’ai entendu à la radio un journaliste affirmer que le meilleur moyen de plomber la vente d’un journal était de publier en première page un article sur le sida. Ce pourquoi le sujet est soigneusement contourné par les médias. Vérification faite : depuis que ce blog affiche « Non au négationnisme » les statistiques ont piqué du nez.

Il ne me reste plus qu’à ouvrir une chronique sur le H5N1 et une autre sur le CPE pour retrouver la tranquillité d’un journal intime. Sous les pavés, la couette… ;-)
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
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Vendredi 31 mars 2006 5 31 /03 /Mars /2006 16:31
Parfois le sexe est triste, parfois il brise des vies.

Si, comme moi, vous aimez les deux, gardez les yeux ouverts…

Ce n’est pas parce qu’on ne croise jamais personne sur une petite route qu’on peut y circuler sans maîtriser sa vitesse. De même, ce n’est pas parce qu’on n’a jamais rencontré le sida que « ça n’arrive qu’aux autres ». La plupart des victimes de l’infection se croyaient « protégées » d’une manière ou d’une autre. Merci de ne pas jouer à la roulette russe avec la vie de ceux que vous aimez !

J’en profite pour aborder quelques points souvent occultés par les militants de la lutte contre le sida :
  1. Une petite proportion de personnes régulièrement exposées au VIH par des pratiques sexuelles à risque n’ont pas été infectées. On ne connaît pas encore les raisons de leur immunité, mais quand on les connaîtra ce sera une piste vers de nouveaux moyens de protection. Si vous êtes dans ce cas, contactez l’Institut Pasteur pour un test génétique.
  2. Il est reconnu aujourd’hui qu’une forte immunité naturelle peut diminuer le risque d’infection lors d’un rapport « à risque ». Mais diminuer ne veut pas dire supprimer — il reste toujours quelques balles dans la roulette russe.
  3. S’il est bien connu qu’une meilleure hygiène de vie contribue à renforcer les défenses immunitaires et peut donc enrayer la dégradation du terrain d’un patient infecté, elle ne fait que retarder les échéances.
  4. Un petit nombre de personnes séropositives ne développent pas les symptômes du sida (perte d’immunité) pendant cinq, dix ans ou même plus. On ne sait pas non plus pourquoi. C’est une petite fraction mais elle suffit à quelques chanceux pour nier l’existence de la maladie ou proclamer leur « guérison » par des méthodes alternatives de médecine, de nutrition ou de psychothérapie. Ce négationnisme est un moyen comme un autre d’échapper à la réalité par le déni de la maladie. Il a reçu l’écho, au début des années 1990, de quelques scientifiques dénonçant le manque de rigueur de certaines hypothèses énoncées dans un climat très malsain de compétition intellectuelle, et défendues au nom du principe de précaution, ainsi que les dérives mercantiles de l’industrie pharmaceutique. Tous ces arguments ont été réfutés point par point, preuves scientifiques à l’appui, par les chercheurs travaillant sur ce qui est devenu une pandémie. (Voir le dossier constitué en 1995 sur le site du NIH)
  5. Aujourd’hui, le sida-négationniste fait son chemin chez les défenseurs de médecines « alternatives » des pays francophones, grâce à la publication des traductions d’articles réfutés depuis plus de 10 ans. Voir notamment la réponse très pertinente de Steven B. Harris The AIDS Heresies: A Case Study in Skepticism Taken Too Far (1994).
Pour ne pas mourir idiot… ne mourrez pas. Profitez de la vie et respectez celle d’autrui !

40 000 000 de malades du sida dans le monde (voir rapport) dont environ 39 000 000 n’ont accès à aucun traitement. Participez à Sidaction !

Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
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Mercredi 29 mars 2006 3 29 /03 /Mars /2006 00:10
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
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Mardi 21 mars 2006 2 21 /03 /Mars /2006 16:01

Blogueurs et gueuses des journaux intimes n’ont qu’une idée en tête : passer de l’autre côté de l’écran, quand ce n’est pas « de l’autre côté du miroir » comme je l’écris pour appâter les âmes sensibles… Inutile de nier, celles et ceux qui écrivent sur le Net ont besoin de rencontres, d’un emploi, ou l’envie de sauver l’humanité — les trois n’étant pas incompatibles comme l’a prouvé Superman.

Le sujet de la rencontre revient donc de manière récurrente sur nos blogs. J’ai déjà donné pour de vrai avec « La cavalière invisible (4) » et j’espère donner encore. Il n’y a pas que des rencontres Q, dieu merci, ou bien ce serait dans un autre registre que nous sommes nombreux à trouver affligeant. Parmi les blogs placés en liens sur celui-ci (j’en lis d’autres, mais moins régulièrement) j’ai particulièrement apprécié les articles de Madison « Ça Vous Dit D'aller Boire Un Verre ? » et de Maylis « Sexualité, chat et Internet », où l’on peut lire des commentaires d’une émission que je n’ai pas vue. Le regard des médias traditionnels sur Internet ne m’intéresse pas beaucoup, c’est tellement plus intéressant de participer à un groupe qui s’articule à la fois dans le « virtuel » et le « réel ».

Les rencontres comblent des besoins affectifs que nous connaissons tous, que nous soyons dans le manque ou dans le culte de l’excès. Si je doute un peu qu’on puisse y trouver le Grand Amour, c’est plus par scepticisme de l’existence de cette bête mystérieuse que de l’arsenal utilisé pour partir en chasse. Je connais même une femme qui a rencontré pour de bon un homme extraordinaire (la preuve, il la supporte…) après quelques années de traque dans les petites annonces puis sur des sites de rencontres. Mais elle en était à un stade où, après de nombreux essais infructueux, elle pouvait rédiger un cahier des charges de l’objet convoité et écarter d’emblée les mauvais candidats. En fait, elle avait une démarche plus rationnelle que romantique, ce qui ne l’a pas empêchée de trouver la romance en bout de parcours. Je crois qu’en se donnant suffisamment de temps, entre la puberté et la ménopause, on a toutes les chances de résussir… ;-)

Quand je n’ai pas d’épisode nouveau de ma vie amoureuse à raconter, je puise dans les souvenirs anciens ou j’invente une histoire (toujours classée dans les « Essais »). Et encore, même les essais sont l’émanation de désirs réels — voir « Perles de désir » où j’ai vraiment vécu ce rêve face à à l’image vraie du corps vrai d’une femme bien identifiée — ou encore de la projection imaginaire du désir d’une femme — voir « Canicule XXX » où je répondais à un défi. Je crois que c’est la vérité du désir ou du vécu qui suscite de l’émotion. Cette émotion, je la retrouve en miroir dans les commentaires, même très brefs comme celui d’une lectrice de « Coïtus impromptus » où je viens de poster « Perles de désir » sans la photo qui en était à l’origine. Je suis ému, limite émoustillé, par ces petites phrases qui témoignent moins de la qualité d’un texte que du « trouble » ressenti, tout est dans les points de suspensions… J’avoue que parfois j’ai envie d’écrire aux femmes troublées pour leur parler de mon trouble, mais ce serait sans fin. ;-)

Nous sommes habitués à des images banalisées. Je ne m’attarde pas devant une photo publicitaire, sauf si elle évoque quelqu’un de connu. Je ne ressens aucune excitation dans une scène de Q au cinéma, sauf si elle me remet en souvenir de quelque chose que j’ai vécu, comme dans « L’Empire des sens » (seulement la première partie, eh couillons !) Le blog, avec ses pseudos et son anonymat, permet paradoxalement de dire des choses vraies, et donc sensibles, sensuelles et pleines de sens, parce qu’on peut y recréer un espace d’intimité qui donne beaucoup de liberté.

Sous condition de s’en servir avec tact et vigilance. Car l’intimité n’est pas une relation transitive. Ouh là le grand mot, je vais m’expliquer avec un exemple : V. et moi écrivons sur nos blogs des épisodes vrais et parfois torrides de nos vies sentimentales. Ce n’est pas pour ça que je vais raconter par le menu l’histoire de notre rencontre, son logement, la couleur de ses yeux, l’odeur de sa peau, que sais-je encore, tout ce que je n’hésiterais pas à écrire si elle n’existait pas quelque part dans notre « entourage virtuel ». Elle aussi a eu la délicatesse de ne pas révéler que je pue des pieds. ;-) Et, probablement, si nous avions fait l’amour, nous l’aurions gardé pour nous, dans notre jardin secret. J’aurais à la limite écrit l’histoire, à une autre date, en brouillant assez les cartes pour que personne ne puisse faire le rapprochement. C’est ça, l’intimité qui n’est pas transitive : si A et B vous font chacun partager un peu de leur intimité, A+B n’ont pas forcément envie de vous inviter dans ce qu’ils vivent.

Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
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Samedi 18 mars 2006 6 18 /03 /Mars /2006 01:02
En rentrant j’ai trouvé un mail d’une collègue qui me propose un poste d’expatrié pour un an, deux ans ou plus si affinités… à Hanoï. Elle m’explique comme c’est beau, le Vietnam. Certes, j’ai adoré le Cambodge et j’aime l’Asie en général. Elle me parle d’une prime d’expatriation à faire hurler le MEDEF, d’années supplémentaires comptabilisées pour la retraite, bref il ne manque que le palanquin et un cortège de geishas. Tout ce que j’aime ! :-(

Je suis sorti contempler le soleil couchant, respirer la pinède en pissant tranquillement dans un courant d’air délicieusement caressant.

J’ai pensé à mon boulot peinard, aux activités associatives, aux fourmilières qui attendent mes coups de pieds, aux femmes que j’aime et pour qui je me bats, qui me le rendent au centuple parfois, à l’insouciance que je peux savourer après des années de galère, à la danse, à la musique, aux films à découvrir, aux virées en TGV carte Escapades… J’en ai parlé longuement avec Aimée qui m’a fait partager son univers à elle.

Je ne quitterai pas ce pays, à moins d’être menacé sérieusement par un mari cocu.

Paix au Vietnam.

Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
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Vendredi 17 mars 2006 5 17 /03 /Mars /2006 16:14
Une femme autoritaire et joviale avec une voix perçante et un accent à couper au couteau. Près d’elle, un petit homme souriant et soumis, moustache grisonnante. Le cliché même du couple de retraités hollandais en route pour sa résidence d’été dans un pays ensoleillé. On a parlé de choses sérieuses, de conférences internationales et de notre nouvelle stratégie pour changer le monde. Ça va être beau, vous verrez. Ils nous ont montré des photos de leur maison, de leur chien, des enfants et de leur bateau.

Juste avant d’aller dormir, elle ouvre encore une fois son ordi portable et m’invite à regarder : c’est une gravure flamande su 17e siècle où l’on voit des bourgeoises dans un magasin en train d’acheter des godemichets. Impressionnant !
— Vous voyez, personne n’était choqué à cette époque. Alors qu’au 18e…
Ce matin, quand ils sont partis, je me suis dis que je ne regarderais plus jamais les retraités hollandais avec un petit air moqueur.
Par Julien Lem - Publié dans : Pensées en vrac
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